• L'énorme importance de notre inconscient :

          Cela fait longtemps que je n’avais pas fait d’article sur le fonctionnement du cerveau.
        Je voudrais aujourd’hui revenir sur le rôle de l’inconscient
        Celui-ci est beaucoup plus important qu’on ne le croit et très différent de ce que croyait Freud, les connaissances sur le cerveau étant embryonnaires au début du siècle dernier.


        Freud opposait dans notre esprit, le conscient et l’inconscient.L’inconscient était , pour lui, le sein de pulsions que nous devions contrôler ensuite consciemment. Notre psychisme était donc un équilibre fragile entre conscient et inconscient, qui luttaient chacun pour prendre le pas sur l’autre.
        Par ailleurs, pour Freud, le siège de la conscience était le cortex, notamment préfrontal qui organise et raisonne, et le siège de l’inconscient, le cerveau émotionnel.
        En fait, à la lumière des connaissances actuelles sur le cerveau, tout cela est inexact, même si de nombreux psychologues français (qui ont oublié de se recycler), y croient encore.

       L’inconscient c’est d’abord un très grand nombre de sensationsqui sont stockées plus ou moins longtemps en mémoire, sans qu’on en soit conscient : surtout des images et des sons, mais aussi des impressions tactiles; olfactives ou gustatives.
        Quand vous conduisez une voiture, votre attention est fixée sur un endroit de la route qui varie suivant les problèmes de conduite, ou (ce qui est moins recommandé) sur un endroit du paysage. Vous êtes conscient de ce que vous regardez ainsi (c’est le propre de l’attention) et vous enregistrez consciemment les images correspondantes. Mais tout autour de ces images, vous enregistrez aussi inconsciemment tout un environnement. Vous ne vous en apercevez que si arrive un incident inattendu concernant cet environnement, car en faisant un effort de mémoire, vous pouvez en revoir consciemment certains éléments. Par contre si vous n’en avez pas besoin, ces éléments mémorisés sont rapidement éliminés et disparaissent donc de la mémoire.
        Vous arrêtez votre voiture dans une rue, le long du trottoir. Si vous êtes dans un quartier inconnu, vous allez consciemment examiner où vous êtes, pour le mémoriser à votre retour. Mais si vous êtes dans des lieux connus, vous n’y pensez même pas, et pourtant, votre inconscient enregistre les images, et sans réfléchir vous retrouverez votre voiture au retour. Et ces images sont conservées le temps qu’il faut, puis lorsque vous êtes repartie dans votre véhicules, comme elles ne sont plus utiles, elles sont éliminées pour la plupart assez rapidement. Vous vous rappellerez seulement ce que vous êtes allé faire dans le quartier.
        Mais si, au moment où vous avez quitté votre voiture, un incident a capté votre attention, ou si vous réfléchissiez fortement à un problème, votre inconscient n’a pas pu enregistrer assez d’images et vous aurez quelques difficultés à votre retour. C’est encore plus vrai pour votre caddie dans un supermarché.
        Ces sensations sont stockées dans les « aires associatives », d’une part dans le pariétal au devant les centres visuels at au dessus du centre de Wernicke, et dan les lobes pariétaux inférieurs.
        Quelques mots aussi des images subliminales,  Ce sont des images reçues pendant des temps plus courts que ceux permettant la perception visuelle consciente. mais ces images sont néanmoins perçues et l’inconscient les mémorise de telle sorte qu’elle peuvent influencer ensuite des actions futures.

        L’inconscient enregistre aussi en permanence l’état de notre corps : les équilibres chimiques (homéostasie), et l’état de nos viscères ainsi que l’équilibre hormonal.
       Mais il enregistre aussi la position et l’état de fonctionnement de nos muscles et nos membres. Si on vous lance un ballon sans vous prévenir, votre vue va analyser sa trajectoire, vous allez amener bras et mains là où il faut pour l’attraper et vous aller le saisir, tout cela inconsciemment, automatiquement, par réflexe. Ce n’est qu’après que vous réalisez ce que vous avez fait.  Le cervelet apprend ainsi à conduire maints automatismes : aller à vélo, nager, conduire une voiture, taper sur un clavier d'ordinateur ou de piano, lire, et des centres spécialisés savent automatiquement parler, lire, écrire; compter…..
        Chose extraordinaire, vous arrivez même à lire une phrase dont seules la première et la dernière lettre des mots sont exactes, les autres étant mélangées. (voir l’exercice en fin d’article).
        Et le cerveau est câblé pour empêcher des rétroactions néfastes : Wernicke n’écoute pas Broca qui élabore une phrase (sous peine d’hallucination verbale), vous n’êtes pas sensible aux chatouilles faites par vous même, nous n’avons pas l’impression que le monde tourne autour de nous quand nous tournons la tête….)

       L’inconscient, c’est ensuite le lieu d’émotions , de pulsions, qui peuvent rester longtemps inconnues avant de parvenir à la conscience. La perception émotionnelle immédiate, (cf. les préférences cérébrales) en fait partie.
        C’est ce que Freud a longtemps développé, mais il considérait que presque toutes ces pulsions étaient d’origine sexuelle, et que notre conscient raisonnable les empêchait de s’exprimer (en général pour des raisons morales), et qu’elles étaient alors refoulées, tant qu’elles n’auraient pas pris le dessus sur le cortex raisonnable.
        Tout cela n’est pas exact.
        Il y a toutes sortes d’émotions et de pulsions autres que sexuelles et le refoulement est plutôt un blocage de certains souvenirs ou certains comportements, soit sous l’effet d’un traumatisme, soit pour des raisons diverses semi-conscientes, morales, sentimentales, ou de peur.
        Mais Freud faisait trois autres erreurs :
            - le siège du conscient n’est pas limité au seul cortex raisonnable; L’attention est déterminée par des centres du cerveau émotionnel et les mémorisations conscientes à un instant donné sont celles qui transitent par les mémoires tampons entre le cortex préfrontal et les autres centres du cerveau, mémoire lexicale et calepin visuel intermédiaires. ainsi que les sensations en provenance du thalamus.
            - l’inconscient ne s’oppose pas au conscient raisonnable; ils travaillent tous deux en étroite collaboration.
            - le cortex préfrontal ne prend que peu de décisions après un examen logique et raisonnable. La plupart des décisions sont dues au travail de l’inconscient.
       L’inconscient est la face cachée de notre cerveau qui décide de presque tout.
        C’est ce que nous allons voir maintenant.

    L'énorme importance de notre inconscient :



       Lorsqu’un problème se pose à nous (et il y en  des petits à tout instant), l’inconscient l’analyse et essaie de le résoudre, sans que nous le sachions.Tout le cerveau émotionnel y participe, principalement le cortex cingulaire, important pour l'attention et la conscience, les centres amygdaliens, le système d’apprentissage et de récompense, le thalamus et ses synthèses de perceptions, l’hippocampe et son contrôle de la mémoire…
        Mais surtout le cerveau participe inconsciemment à nos décisions conscientes de façon très importante.
        Il analyse les situations, consulte la mémoire du passé, et essaie de prédire ce qui va arriver. Des expériences ont montré que le cerveau analysait inconsciemment les probabilités de certains faits et en tirait des règles statistiques inconscientes pour influencer certaines de nos décisions conscientes, pour lesquelles nous ne savons pas bien ensuite, pourquoi nous les avons prises. Certes ses centres travaillent lentement par rapport à un ordinateur, (la milliseconde), mais ils travaillent en même temps sur des millions de circuits parallèles.
        Nos préjugés ont aussi leur influence, par exemple sur un pré-opinion que vous vous faites automatiquement et inconsciemment, en quelques secondes, sur un interlocuteur que vous ne connaissez pas.

       Cependant nous avons conscience de certains faits et notre cortex préfrontal fait des analyses logiques, réfléchit, organise, décide, commande l’action.
        Alors comment coopère t’il avec le reste du cerveau et ses actions inconscientes ?

        Il semble que la conscience naisse d’erreurs de prédiction de l’inconscient .
        L’analyse de notre inconscient est permanente pour prédire ce qui va se passer et si tout est ensuite conforma, nous ne sommes pas averti du problème.
       Mais s’il y a erreur de prédiction, si l’inconscient est en panne de solution, alors l’information « d’erreur » est transmise, via les mémoires de travail tampon au cortex préfrontal pour qu’il trouve une solution rationnelle.
        Les sensations dont nous avons conscience, vers lesquelles se porte notre attention, le flux de nos impressions, nos émotions spontanées, la façon dons nous les interprétons, quels souvenirs et qu’elles idées nous viennent à l’esprit, comment nous percevons les personnes autour de nous, ce qu’elles font, et pourquoi elles le font, les buts que nous poursuivons, nos décisions, tout cela résulte de processus automatiques, qui tout à coup quittent l’automatisme pour demander de l’aide à notre conscience et au cortex préfrontal pour résoudre le problème; lorsqu’ils ne savent plus le résoudre seuls.
       Nous ne serions donc conscients que des problèmes que notre inconscient ne sait pas résoudre tout seul !
        Ceci résulte de l’évolution. Si nous devions réfléchir à tous les problèmes, nous ne saurions les résoudre tous et l’homme aurait disparu de la terre. Le pilote automatique que nous avons dans notre tête a fait de nous ce que nous sommes, pas notre conscience !   


    Exercice de lecture ( lcetrue )

    Si vuos  pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle  de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt  56  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je  n'en cyoaris pas mes yuex que je  sios  cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le  povuoir phoémanénl du  crveeau huamin.  Soeln une rcheerche fiate à l'Unievristé de  Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur  l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la  suele  cohse imotprante est que la  priremère et la derènire letrte du mot siot  à  la bnone palce. La raoisn est que le  ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par  letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt  n'est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé  que svaoir élpeer éatit ipomratnt!


    Mais pour apprendre à lire, il faut passer par la méthode syllabique et ce n’est que lorsque nous avons parfaitement lire que nous interprétons les mots comme un tout, globalement sous forme orthographique (et non d’images).
    C’est seulement à ce moment que nous arrivons à lire le texte ci-dessus, qui suppose cependant une analyse littérale :  première dernière lettre et nombre de lettres pour des comparaisons inconscientes en mémoire..

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  • Freud et le rêve.

              Nous avons vu hier qu'une partie des théories de Freud n'étaient plus valables, les neurosciences ayant apporté des connaissances nouvelles qui les infirmaient.
              Aujourd'hui nous verrons plus particulièrement ce qui concerne les rêves.

              Freud ne croyait pas aux rêves prémonitoires et il l'a affirmé. Il était pour cela en avance sur son temps.

              Rappelons ce que j'ai dit dans de précédents articles : il n'y a rêve que parce qu'on s'en souvient et, pour cela il faut qu'il y ait eu un réveil, si court soit il.
              Mais lorsqu'on est endormis, le cerveau produit des perceptions et notamment des images mentales internes virtuelles, analogue à celles des rêves  sans qu'il y ait conscience de ces images et surtout mémorisation.
              On sait par exemple (grâce aux électroencéphalogrammes) que les animaux produisent des images mentales  virtuelles pendant leur sommeil, mais rêvent ils à leur réveil ? Scientifiques ou psys n'ont jamais réussi à faire raconter ses rêves à un singe, un chien ou un chat !!!
              Le rêve existe chez les mammifères et les oiseaux depuis des millions d'années. Quand un chat rêve et que l'on observe son comportement onirique, il reproduit les comportements instinctifs spécifiques de l'espèce : attaque, défense, toilette, postures de chasse. Mais il n'a jamais raconté ses rêves !! 

              Le rêve n'est en aucun cas le gardien du sommeil, comme l'affirmait Freud.
              La répression des désirs n'est pas la cause du rêve : L'activité automatique et périodique des neurones du tronc cérébral et de l'hypothalamus est responsable du sommeil et de ses phases et on en connaît le mécanisme.
              Le rêve n'est pas seulement psychique, comme le croyait Freud, il a une base neurobiologique : la physiologie moderne sait où, quand et comment une activité psychique se produit. On sait cartographier le cerveau et visualiser les zones actives, la consommation d'énergie et d'oxygène :
                        • pendant le sommeil lent, le cerveau fait des réserves de glucose, synthétise certaines protéines et évacue lentement certains souvenirs superflus.
              Le cortex frontal est peu actif et il y a peu de mémorisation.
                        • pendant le sommeil paradoxal, les neurones consomment glucose et oxygène en grande quantité. Le cortex frontal est légèrement actif et il y a une forte activité de “mise à zéro” de la mémoire en évacuant des souvenirs vers les centres d'interprétation des perceptions créant ainsi les “perceptions mentales virtuelles".
              Le sommeil “léger “ de Freud n'existe pas.
              Le sommeil paradoxal est la base physiologique du rêve. La fonction mnésique est liée à un éveil cortical, absent du sommeil lent. et n'intervient lors du sommeil paradoxal qu'à l'occasion de multiples “microréveils”.
              Le rêve est indépendant des besoins instinctifs : Les enregistrements du comportement onirique du chat montrent qu'il n'est pas influencé par la faim, par la soif ou quelque autre besoin instinctif réprimé.

              Chez les humains, la production d'images mentales existe avant les premiers désirs instinctifs du nourrisson et ses refoulements éventuels. Le foetus in utero est en état de "rêve" presque permanent, Au moment de l'accouchement, le nourrisson dort et a une activité d'images mentales.
              Le traumatisme psychique du nouveau-né au moment de la naissance,  n'existe sans doute que dans l'imagination de certains analystes. La capacité "psychique" du nouveau né est presque inexistante, car elle résulte de l'apprentissage tout au long de sa vie.
              La production de perceptions mentales représente 80 à 50% du sommeil du nouveau-né selon son âge : cette activité intense ne résulte pas de désirs refoulés. Ce n'est pas un résidu de l'activité de veille. Il s'agit d'une activité autonome, automatique, rythmique. Elle précède les autres fonctions neuropsychiques et le développement du cerveau et de la conscience. Les enregistrements permettent d'affirmer que l'activité d'imagerie mentale est antérieure à la conscience.
              Quand un nourrisson rêve, son visage exprime tour à tour l'inquiétude, le plaisir, le dégoût, la tristesse, la peur, émotions qu'il manifestera réellement un peu plus tard, mais il ne s'agit pas de vrais sentiments, mais de mécanismes instinctifs hérités de notre évolution.

              De nombreuses personnes, y compris des psys, accordent une symbolique aux rêves, faisant correspondre sujets des rêves et état psychologique souvent liée aux aspects sexuels du fait des théories de Freud, par exemple tout objet long et fuselé (fusées, obus, guèpes et abeilles .;;) symbolisant un phallus ! (ne riez pas s'il vous plaît ).
              Ces divers catalogues symboliques n'ont aucune valeur ni scientifique ni expérimentale.
              Tout au plus les rêves peuvent renseigner sur les préoccupations conscientes ou non de l'individu, sur ses pensées les plus fréquentes au moment de s'endormir, et certaines peuvent évidemment correspondre à des désirs.

              Pour vous faire mieux comprendre, je vais prendre un exemple vécu.
              Une de mes correspondantes m'a envoyé, il y a quelques années, un mail affolé, car elle avait rêvé qu'elle avait blessé son père en le frappant avec un bâton, et son psy lui avait dit que c'était normal et qu'elle était inconsciemment obsédée par le désir de tuer son père pour prendre la place de sa mère sur le plan sexuel et que c'était un refoulement sexuel normal !.
              Ma jeune ado, qui était encore au collège, et avait été élevée dans une morale religieuse assez stricte, était bouleversée et très culpabilisée.
              J'ai dû lui expliquer que son psy n'avait pas dû beaucoup se recycler depuis ses études de la psychologie freudienne. On a d'abord examiné ses rapports avec son père et on s'est aperçu qu'ils s'entendaient bien, mais avec quelques heurts comme pour tous les adolescents, à propos d'interdictions, pas suffisamment expliquées quant à leurs raisons.
              On a parlé aussi de ses désirs et elle est arrivé à la conclusion que ses "refoulements sexuels" étaient quasi nuls.
              On a discuté des événements des jours précédant son rêve. Nous nous sommes aperçu qu'elle avait été en colère contre son père parce qu'il lui avait refusé une autorisation d'aller dans une soirée chez des camarades de classe, et que la veille, elle avait vu à la télévision un film policier dans lequel un jeune garçon frappait à coup de batte de base-ball quelqu'un qui l'agressait.
              Son cerveau avait évacué ces images et les avait mélangées avec d'autres souvenirs de son ressentiment et de son père. D'où ce rêve.
              La plupart des rêves ont ainsides raisons proches de la date à laquelle ils se produisent ! Certaines sont conscientes, d'autres non; mais en réfléchissant on peut finir par trouver les bonnes explications sur leurss origines.

     

     

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  •  

                Dans mes articles sur les rêves, j'ai écrit que certains psys interprétaient encore les rêves en fonction des théories de Freud et que cela était vraiment très arriéré. Cela a un peu étonné certains de mes correspondants qui m'ont demandé de préciser ma pensée.
    Je vais donc faire deux articles l'un sur les théories de Freud, ce qui reste vrai et ce qui est contesté et un second article plus particulièrement sur les rêves.

                Sigmund Freud était un psychiatre (et donc docteur en médecine) qui vivait autour de 1900 à Vienne. Il est confronté aux problèmes sexuels de son époque, mais chez une clientèle particulière et restreinte, principalement constituée de bourgeoises de cette ville qui avaient subi des traumatismes sexuels. Contrairement à son ami Jung, il n'a jamais exercé la psychiatrie en hôpital, c'est à dire sur des cas multiples et pas forcément sexuels.
                En tant que médecin, il a essayé d'utiliser les connaissances de neurobiologie de la fin du 19ème siècle, encore très frustres, mais il a eu le mérite de mettre en lumière d'une part la notion d'inconscient qui reste toujours valable, et d'autre part, celle de refoulement qui est beaucoup plus contestée à la lumière des connaissances neurologiques modernes.
                Par contre il a fait une construction intellectuelle du refoulement  sexuel démesurée. Il n'apporte aucune justification expérimentale de ses théories et ses interprétations paraissent souvent biaisées pour conforter sa théorie, que réfute actuellement la neurobiologie récente.
                Pour Freud, l'inconscient est une collection de pulsions angoissantes et incompatibles principalement sexuelles (la libido), que la conscience doit maitriser et rejeter. 

                L'inconscient existe, mais il est différent de la conception qu'en avait Freud.
                La mémoire stocke d'abord inconsciemment pour des temps courts toutes les informations de perceptions que nous enregistrons tous les quarantièmes de seconde (voir mon artic-le sur le thalamus). Nous pouvons garder en mémoire des souvenirs, par exemple des images que nous n'avons pas conscience d'avoir vues, des paroles ou des mots que nous n'avons pas le souvenir d'avoir entendues ou lus (voir mon article sur les perceptions subliminales).
                Certains souvenirs sont gardés par notre mémoire, se déforment dans le temps et s'ils nous ont “traumatisés”, ne sont pas facilement évoqués, bien que nous nous en souvenions en faisant un très gros effort. C'est une sorte de refoulement, mais il n'est pas inconscient.Et la plupart de ces "difficultés de mémoire" ne sont pas d'ordre sexuel.
                Il y a aussi des “blocages” : le cerveau émotionnel peut intervenir au passage sur les ordres donnés par le cortex qui réfléchit, soit à d'autres parties du cerveau, soit à notre corps. S'il a été traumatisé il peut systématiquement bloquer certaines réactions ou certains sujets que nous ne voulons pas évoquer. C'est assez proche de la censure de Freud, mais la plupart de ces blocages ne sont pas non plus d'ordre sexuel.
                Notre inconscient nous “trompe” parfois en nous donnant de fausses raisons de nos actes pour nous protéger. C'est effectivement proche du “déplacement” de Freud, mais sur de nombreux sujets très divers. (le déplacement c'est le transfert de l'intérêt de l'intensité, de l'énergie, d'une représentation, vers d'autres représentations originellement peu intenses, reliées à la première par des associations d'idées).

                 Un idée intéressante de Freud est celle de la personnalité et de sa distinction entre le "mo", le "ça" et le "surmoi". Même si la neurobiologie a un peu modifié ces notions, leurs grandes lignes restent valables.
                 Je pense faire un article à ce sujet.

                 L'inconscient de l'enfant n'a pas plus d'aptitude que l'enfant lui même, contrairement à ce que pensait Freud et l'enfant ne peut donc, comprendre dans son inconscient, plus que ce qu'il ne comprend consciemment.
                L'enfant n'a pas de vrais désirs sexuels avant la puberté (sauf évidemment si on le conditionne par des lectures). Il y a certes notamment à l'adolescence des divergences et des heurts entre parents et enfants, les filles s'entendent souvent mieux avec leur père et les garçons avec leur mère, il peut y avoir une certaine rivalité entre parents et enfants dans la famille, mais ces problèmes ont la plupart du temps bien d'autres causes que les problèmes sexuels et les refoulements systématiques d'inceste et d'anthropophagie ne correspondent pas à la réalité et ne sont constatés que dans des cas très particuliers.
                Freud a tiré des conclusions générales (d'ailleurs niées par ses psychiatres et amis Jung et Adler) de l'observation de malades sexuels de Vienne et peut être de son propre cas personnel.
                 Le "complexe d'Œdipe" n'existe pas : par exemple lorsqu'une très petite fille de 3 ou 4 ans dit  “je vais me marier avec mon papa”, les psys qui y voient un complexe d'Oedipe, sont dans l'erreur. L'enfant aimerait rester avec son père comme sa maman, jouer davantage avec lui; elle peut être jalouse quand son père s'occupe de sa mère, car sa mère lui porte alors moins d'intérêt, mais il ne faut pas y voir un complexe sexuel chez un enfant de cet âge pour lequel toute réaction d'ordre sexuel est physiologiquement impossible, l'hypothalamus n'étant pas encore développé complètement et n'ayant pas provoqué les sécrétions hormonales de la puberté.

                 Freud pensait que les pulsions étaient “stockées” dans ce qu'il appelait les “neurones phi “ , qu'elles étaient universelles, refoulées pendant l'enfance et provoquaient une accumulation de désirs inconscients qui poursuivent l'adulte toute sa vie, chaque individu se refusant, souvent avec violence, à prendre conscience de ses propres désirs sexuels infantiles réprimés.
                 Ces neurones “phi”  n'existent pas. Les neurones ne stockent rien, excepté le glucose nécessaire à quelques minutes de fonctionnement ou des neurotransmetteurs chimiques. Ils transmettent simplement des informations et ils établissent de très nombreuses connexions entre eux (environ 10 000 /neurone en moyenne).
                L'information résulte des connexions entre de multiples neurones.

                  Dans le prochain article nous reparlerons des rêves

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  • Un exemple de rêve et ses explications

        Comme je vous l’ai dit dans mes précédents articles, le rêve se forme à partir des données en notre mémoire, qu’elles soient conscientes ou non, que notre cerveau “évacue” pendant le sommeil. Toutes les sensations et  notamment images ainsi renvoyées de façon automatique et inconsciente de notre mémoire dans les centres de traitement des sensations pendant notre sommeil, ne viendront pour la plupart jamais à notre conscience et nous ne connaitrons pas leur existence.
        Nous n’aurons conscience d’un rêve que si nous nous réveillons ne serait ce que quelques secondes.
        Ces sensations  vont alors être prises pour des sensations réelles par notre cortex préfrontal qui commence lui aussi à se réveiller, et il va chercher à interpréter comme il peut ce flot d’informations, mélange de réeel et d’irréel, de conscient et d’inconscient, qui arrive de façon désordonnée et dans un mélange aléatoire et incohérent.

        Je vais vous donner un exemple, inventé en partie, car je ne veux pas prendre des rêves qui m’ont été racontés par discrétion vis à vis de mes correspondantes, mais il ressemble à certaines parties de rêves réels que l’on m’a raconté il y a quelques années, et dont j’ai fait un “mix” en inventant quelques raccords.

        Hier votre père était en voyage et tous les matins, votre mère part à son travail à sept heures, et si vous êtes réveillée, vous entendez la porte qu’elle referme derrière elle. Ce matin vous serez seule pour prendre votre petit déjeuner avant d’aller au lycée.
        Vous deviez  réviser votre code avant la leçon de demain soir, à l’auto-école, mais vous avez préféré, hier soir, voir un film policier dans lequel les gendarmes traquent un pédophile qui a violé une jeune ado.
        Vous avez regagné votre chambre et vous avez pesté en rangeant vos habits, contre la porte de l’armoire qui ne ferme plus, et que vous avez eu la flemme de réparer.
        Vous avez une dissertation à faire pour la semaine prochaine et vous aviez fait de la documentation, que vous aviez consignée sur quatre pages, mais vous ne savez plus où vous avez mis cette feuille et cela vous a tracassé toute la journée.. Vous l’avez cherchée et vous y avez encore pensé avant de dormir.
        Vous vous êtes enfin endormie en écoutant la sonate “Pour Elise” de Beethoven sur votre réveil-radio.

        Vous devez aller au lycée et votre réveil radio se met en route à 7 heures et vous entendez encore endormie, la voix du journaliste qui présente le journal de 7 heures.
        Vous l’entendez dire “mademoiselle Falbala a retrouvé son dossier de littérature dans l’armoire”. Vous “croyez avoir entendu cela” car Falbala c’est vous ! Etonnant aux nouvelles du matin !
        Puis vous vous retrouvez dans la voiture de l’auto-école,  et votre auto-radio diffuse une sonate jouée au piano.
        Mais arrivé à un carrefour, vous vous trouvez devant des gendarmes qui vous arrêtent. Un gros gendarme barbu arrive et dit “je suis le gendarme Elise”, montrez moi vos papiers s’il vous plaît ! “
        Vous n’avez pas encore votre permis et le moniteur a tout à coup disparu : vous êtes seule et sans permis : ils vont vous mettre en tôle, votre père est absent, et votre mère ne le saura pas et sera très inquiète !
        Vous vous retournez brusquement et vous heurtez bruyamment le bois du lit et ce son ressemble au bruit de la porte que votre mère referme chaque matin.
        Vous vous rendormez quelques secondes et là vous tremblez de peur.Cette porte qui a claqué, c’était peut être le pédophile qui entrait, il va monter l’escalier et vous surprendre dans votre lit.
        Vous vous réveillez alors en sursaut le coeur serré de peur. Et vous vous rendez compte que tout cela n’était qu’un rêve.
        Et vous vous reppelez tout à coup que la feuille de documentation que vous cherchez depuis avant hier, est dans une poche de votre pantalon, rangé dans l’armoire !

        Je pense que vous avez compris ce qui s’est passé et que vous n’avez pas besoin de beaucoup d’explications.
        La voix du journaliste a commencé à vous réveiller, mais votre cortex préfrontal lui, ne l’est pas encore, et donc le mode de fonctionnement des centres de votre cerveau et de votre mémoire est donc encore peu performant.
        Les centres qui étaient le plus sollicités ces jours derniers et notamment la veille, renvoient des perceptions et notamment des images qui interfèrent avec ce que vous entendez réellement et votre cortex préfrontal, pas encore réveillé totalement, ne fait pas la différence.
        Votre inconscient a enregistré que vous avez mis la feuille de documentation dans une poche de votre pantalon, et que vous l’avez rangé dans l’armoire, mais votre cortex frontal ne se le rappelle pas, c’est à dire ne sait pas accéder à cette information concernant un geste machinal.
        L’information que la feuille tant cherchée est dans l'armoire, remonte au moment où vous entendez la voix du journaliste  et votre cortex préfrontal qui ne peut pas ne pas donner d’explication logique, fait le lien entre ces deux événements.
        Vous n’avez pas révisé votre code et cela vous réoccupe inconsciemment, d’où l’auto-école et les gendarmes, qui représentent la peur de ne pas réussir votre permis, et avoir ce petit document  “sauf conduit”.
        La musique de l’auto-radio  appelle le mot Elise, mais la musique que diffuse maintenant votre réveil matin et que vous entendez à demi-réveillée, n'est pas la sonate "Pour Elise" d'hier soir, et votre cortex frontal se demande ce que vient faire ce prénom et comme il n’y a que vous et le gendarme, et que vous c'est Falbala, il lui attribue ce prénom (ce qui évidemment est ridicule, mais il n'y a pas d'autre explication logique disponible !).
        Puis vous avez peur de ce qui va se passer, car l’absence de votre père et de votre mère vous inquiète un peu : vous n’aimez pas être seule.
        La liaison se fait alors dans votre mémoire avec les images du film vu la veille. L’image du pédophile vient à votre conscience en même temps que le bruit du choc de votre bras sur le bois du lit et l’impression de crainte due à l’absence de vos parents.
        Votre cortex frontal qui cherche des explications logiques attribue ce bruit à la porte, qui claque habituellement à cette heure là, et suggère que quelqu’un a pu s’introduire, comme le pédophile du film. Il envoie cela à vos centres amygdaliens pour préparer votre défense et donc vous vous réveillez en sursaut.
        Là votre cortex frontal est tout à fait réveillé et il se rend compte que tout cela était irréel. Un rêve et ses incohérences !
       
        J’espère que maintenant vous vous rendez compte du mécanisme des rêves qui n’a rien de mystérieux, mais simplement vous donne accès à vos préoccupations conscientes et inconscientes et aux mémorisations correspondantes.

     

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  • L'interprétation des rêves (9)

              Depuis l’antiquité, les augures, cartomanciennes, les prêtres et même les médecins essaient d’interpréter nos rêves et ce avec les idées les plus bizarres, à l’instar de l’incohérence de nos rêves.
              Les psychanalystes français qui croient encore en Freud, associent encore une symboliques au contenu des rêves, ce qui ne correspond pas aux connaissances que nous avons aujourd’hui en matière de neurobiologie. Je me souviens d’une correspondante qui rêvait d’essaims d’abeilles et qui était effarée car son psy lui avait dit que les abeilles étaient le symbole de phallus !!! Absurdité déroutante.
              Que peut on dire sur la signification et l’interprétation des rêves, en se rappelant ce que nous avons vu dans les articles précédents.?

              Tout d’abord le rêve n’a pas de valeur prémonitoire; il ne présage en rien de l’avenir : ce n’est pas un message de l’extérieur mais de l’intérieur de nous mêmes et tous les éléments qui forment nos rêves sont des sensations mentales qui proviennent du passé.
              Les circonstances peuvent nous paraitre prémonitoires. Par exemple j’ai rêvé la mort de mon grand père, deux jours avant son décès. Mais je l’aimais beaucoup, il avait eu un infarctus et était très mal et faible. Donc mon cerveau a voulu évacuer ces images, cette idée qui me préoccupait, et je me suis sans doute réveillé quand ces images mentales transitaient par les centres d’interprétation de la vue, et mon cortex préfrontal, qui a reçu ces images non réelles alors qu’il fonctionnait encore au ralenti, a essayé de les interpréter comme il a pu, et il a conclu : mon grand père est mort. Cela n’avait rien de prémonitoire, mais c'était  le réflexe d’une adolescent qui ne voulait pas perdre son grand père !! Cela indiquait une de mes souffrances du moment, mais ce n’était ni de l’astrologie, ni de la psychanalyse !!

              La plupart du temps le rêve ne signifie rien du tout. Le cerveau évacue des perceptions inutiles de la journée précédente, et ceci en vrac et en désordre. Les images et autres sensations défilent dans nos centres d’interprétation des sensations et nous n’en avons pas conscience. Si un micro-réveil ou un réveil plus long survient, le cortex préfrontal  se trouve face à des images incohérentes n’ayant aucun rapport entre elles. Il va chercher une explication mais qui sera farfelue, illogique et sans rapport avec la réalité.
              Le rêve dont nous nous rappelons ne signifie donc rien.

               On peut cependant tirer quelques renseignements des rêves, mais une réflexion sur soi-même les donneraient également.
             
    Chacun de nous a des problèmes, des préoccupations, plus ou moins importants et dont certains sont lancinants. Ils sont donc trop souvent présents dans notre cerveau et celui-ci voudrait bien être moins sollicité

               Dans la journée ou les jours précédents on a pu être témoin ou acteur d’une situation éprouvante qui a laissé des traces dans à la fois le conscient et l’inconscient. Un traumatisme est un sujet obsédant
               Le cerveau va essayer d’amoindrir ces préoccupations en en renvoyant des sensations dans les centres d’interprétation des perceptions, et donc si un réveil se produit à ce moment, nous allons avoir un rêve en rapport avec elles, mais qui évidemment sera assez irréaliste et illogique.
              De façon analogue, nous pensons souvent avant de nous endormir à des choses plus ou moins importantes que nous devrions faire ou ne pas faire et le cerveau considère que pour que ces préoccupations ne nous empêchent pas de dormir par la suite, il va les éliminer au premier sommeil paradoxal, d’où la possibilité de rêves sur des sujets évoqués dans notre esprit avant de s’endormir.
               Si on arrive à reconnaître, malgré l’absurdité du rêve, les sujets qui sont à l’origine, on peut donc mieux connaître les difficultés ou traumatismes que nous rencontrons et qui nous préoccupent.

               Lorsque nous dormons, l’organisme continue à vivre et donc des informations remontent au cerveau, notamment si un danger se présente ou si une situation physiologique anormale se présente, et qui est gênante. Ces sensations peuvent se mélanger à celles internes, que le cerveau envoie aux centres de perception.
              La gêne ou le danger ressenti peut entraîner le réveil, par sauvegarde, et nous faisons alors un rêve où les sensations corporelles vont être interprétées par le cortex préfrontal de façon illogique. Mais le réveil permettre ensuite de réagir à la gêne ou au danger.
              Voici un exemple : je dors et je me suis trop tourné la tête presque dans mon oreiller, alors que je suis légèrement enrhumé. J'ai beaucoup de mal à respirer et cela me réveille un peu. A cet instant, je rêvais que j'étais au bord de la plage en train de regarder la mer. Mon cortex réagit et veut que je respire. Mais il mélange rêve et réalité qu’il veut expliquer ensemble : alors il va chercher en mémoire des images d'une grande vague qui arrive et me suggère que je suis en train de me noyer. Je me débats (ou je pense que je me débats), je me retourne et du coup je me réveille en sursaut en respirant une grande bouffée d'air.

               Lorsque nous dormons, nous ne sommes pas coupés complètement de l’extérieur, et par ailleurs au moment du rêve, le cortex préfrontal reprend conscience et il reçoit donc aussi quelques sensations réelles de l’extérieur, mais qu’il ne sait pas bien analyser et qu’il mélange aux sensations internes incluses dans le rêve. Des événements extérieurs qui se produisent au moment du rêve peuvent donc influer sur lui.
             
    Au réveil, images, sons, senteurs et sensations de toucher ou de nos organes internes sont retransmises à nouveau au cortex préfrontal qui réfléchit. Mais comme il n’est pas encore complètement actif, il confond ces sensations externes avec celles internes désordonnées du rêve et il les mélange et  essaie d’expliquer rationnellement l’ensemble, ce qui est évidemment impossible. D’où les éléments irrationnels des rêves.

              Voici aussi un exemple : je dors et il y a de grands coups de vent qui mugissent dans ma fenêtre entrouverte, alors que j'élimine des images d'une sortie en mer la veille, images inutiles parce que non extraordinaires. Ce bruit me réveille quelques secondes et mon cortex qui veut expliquer les images du rêve et le bruit réel du vent, me suggère qu'un coup de vent arrive sur mon bateau et qu'il faut se dépêcher de déborder les voiles et de me mettre au rappel.

              Les rêves ne peuvent donc être "interprétés", mais ils peuvent fournir des renseignements sur les préoccupations que vous avez, souvent à l'origine de stress, voire même sur des blocages inconscients du cerveau émotionnel et sur les conséquences de nos émotions profondes..
              Ils peuvent donc apporter une aide, mais dénuée de toute symbolique, dans la recherche de nos préoccupations, leur connaissance, et donc la recherche de solutions à nos problèmes.
             
    Enfin ils peuvent mélanger des éléments d ’un rêve à des sensations physiologiques ou de perceptions réelles, qui ont lieu au moment du rêve, et qui peuvent même en être l’origine indirecte en ayant provoqué notre réveil. 

              Demain, pour que vous compreniez mieux, j'essaierai d'analyser un  rêve qui mélange sensations réelles et images internes virtuelles. Oui nous passerons à d'autres sujets que le sommeil et les rêves.

     

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