• A quoi peut servir l'hypnose.

          Je ne parlerai pas des applications ludiques et des magiciens en tous genre, mais essentiellement des applications en médecine, qui sont les plus importantes, surtout d’une part dans le domaine psychiatrique et psychologique, et d’autre part de lutte contre la douleur, mais ce ne sont pas les seules applications.

        Les premières applications de l’hypnose ont été d’accéder à l’inconscient des personnes, pas au sens de Freud des refoulement notamment sexuels, qui ne sont qu’une bien faible partie de l’inconscient et ne sont plus une préoccupation importante sauf pour quelques anciens inconditionnels de Freud, Lacan et leurs disciples.
        Il s’agit simplement de retrouver certains souvenirs enfouis au fond de la mémoire, d’expliquer certaines réactions, certains blocages et ensuite ayant conscience de ces notions de trouver avec le patient une solution à ses problèmes.
        Ce qui est le plus proche des refoulements, ce sont certains blocages ou certaines souffrances après un traumatisme psychologique, connu ou inconnu.
        Un traumatisme connu peut être par exemple un accident, un décès, une rupture.
        Mais d’une part la personne s’est renfermée sur elle même et ne veut pas aborder le sujet avec ses proches, et déjà le fait d’extraire ces souvenirs d’en parler est bénéfique, mais d’autre part on connaît les circonstances du traumatisme, mais pas forcément le fait détaillé qui vous a frappé, qui a bloqué quelque chose en vous. Le recours a l’hypnose peut permettre à la personne de découvrir ce détail important et ensuite de voir avec le thérapeute comment diminuer son action, même s’il est impossible à éliminer.
        Le traitement des phobies est un  cas particulier de ce type de blocage.
        On trouve dans la littérature de très nombreux exemple de traitement par des séances d’hypnose, et parfois, on s’aperçoit que la cause initiale traumatique remonte à des années en arrière. Phobie des piqûres médicales, des araignées ou autres bestioles, de la foule, claustrophobie dans les ascenseurs ou dans un appareil IRM, l’agoraphobie dans les manifestations et les foules, la peur du dentiste, d’un accouchement ou d’une opération, voire même la phobie scolaire ou la gestion du stress d’étudiants lors des examens.
        Bref en général la lutte contre les stress et peurs diverses et notamment les crises de panique.
        L'hypnose a beaucoup été utilisée aux USA pour soigner des séquelles de chocs psychologiques, subis par des militaires lors d’opérations de guerre.
        On commence à l’utiliser pour soigner le burn-out et le stress en entreprise.
        Mais évidemment on ne supprimera pas des causes physiologiques : on peut essayer de lutter contre des acouphènes, mais si ceux-ci ont pour origine un défaut de l’oreille, tout au plus, atténuera t’on leur perception.

        L’hypnose est également utilisée dans le traitement des maladies mentales (cela a même été une des premières applications pour des malades hystériques), mais elle est alors un palliatif pour éviter un trop important usage des médicaments psychotropes, et il est évident qu’elle ne traitera pas vraiment un défaut physiologique, mais ses conséquences psychiques.
        L’hypnose a par exemple été souvent utilisée pour soigner des épilepsies chez des enfants pour lesquels les crises n’était pas dues à une anomalie cérébrale, mais essentiellement d’ordre psychique.

        Mais une utilisation de plus en plus fréquente est la lutte contre la douleur.
        L’hypnose permet de bloquer en partie, voire totalement la transmission de la douleur jusqu’au cortex frontal et donc à la conscience. Les principales aires qui interviennent dans cette transmission sont partiellement bloquées : cortex somatosensoriel sur le sommet du crâne, cortex cingulaire antérieur, insula, hypothalamus…)
        L’hypnose est utilisée pour le traitement de douleurs aigües, et même dans certaines opérations, où le malade au lieu de subir une anesthésie, est simplement sous hypnose et tranquillisant.
        Mais elle est aussi utilisée pour des douleurs chronique, notamment les migraines des enfants et permettent de diminuer considérablement la quantité d’antialgiques administrés.
        Elle est aussi de plus en plus utilisée en cancérologie et dans des soins palliatifs de fin de vie, pour soulager de la douleur et du stress, avec moins de recours à des doses importantes de psychotropes ou de morphine.
        Une autre action est la lutte contre les sensations non seulement douloureuses, mais les démangeaisons et même les stress qui en résultent en dermatologie ou dans des maladies inflammatoires, notamment du système gastro-intestinal.

        D’autres applications voient peu à peu le jour, car la plupart des maladies ou des problèmes de santé, ont un aspect psychologique, qui intervient, ne serait ce qu’au plan du confort de la personne qui subit. C’est le cas de traitement des conséquences de la ménopause, des problèmes respiratoires, ou l’insomnie.

        Un des avantage de l’hypnose en thérapeutique, est que, si elle est pratiquée par une personne compétente, ayant bien été formée à ces techniques, elle n’a pratiquement aucun effet secondaire, aucune séquelle psychologique ultérieure, si ce n’est qu’elle n’est pas toujours pleinement efficace.

        L’hypnose est évidemment aussi utilisée par des « coachs » et des gourous divers, pour son pouvoir de suggestion.
        Il n’est pas impossible d’atteindre de meilleures performances sportive, ou certains objectifs professionnels grâce à des séances d’hypnose, mais il faut se méfier, car il est certain que, comme dans tous les domaines, on peut avoir affaire à des charlatans ou simplement à des personnes peu formées, dont l’action sera inefficace, bien que rémunérée.
        On trouve de nombreuses annonces sur internet de « thérapeutes » ou de « mages » qui vont soigner par l’hypnose, les chagrins d’amour, les troubles sexuels ou les addictions, notamment le tabagisme.
        Certes cela est possible si l’on a affaire à un expert compétent, mais il faut s’assurer, si on ne veut pas dépenser inutilement, de cette expertise.
        La plupart des applications efficaces de l’hypnose, restent faites en hôpital ou par des médecins, ou au minimum des psychologues confirmés et formés à cette technique.
     

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  • Hypnose et cerveau

       Pour continuer l’article d’hier, sais t’on ce qui se passe dans le cerveau, lorsqu’on est en état d’hypnose ?
        Il n’y a pas beaucoup de publications sur ce sujet et cela semble encore peu connu.

        D’abord rien à voir avec le sommeil :  si l’on regarde les tracés des électroencéphalogrammes, et les rythmes de certains neurone du tronc cérébral (qui sont entre autres, le métronome du cerveau, son « oscillateur » sous diverses fréquences, et du thalamus, qui coordonne nos sensations, on constate qu’on est éveillé, avec des fréquences autour de 40 hz.
        Ce n’est donc pas non plus le rêve, au sens habituel du terme.
        Ce n’est pas non plus une rêverie, comme lorsque éveillé, notre imagination vagabonde d’une pensée à l’autre. En fait, contrairement à ce que beaucoup croient, le cerveau est, dans ce cas en forte activité, non seulement au niveau du cerveau émotionnel, (sentiments et émotions) mais aussi du cortex frontal (qui dirige l’opération), de l’hippocampe (mémoire), mais aussi des centres d’interprétation des sens (notamment le cortex visuel primaire qui imagine des images) et mêmle des centres de Geschwind et de Broca, à l’origine d’un dialogue lexical intérieur (on se raconte intérieurement une histoire !).
        Lors de l’hypnose, on constate au contraire une baisse d’activité du cerveau.
        Ce n’est pas une méditation non plus, car les électroencéphalogrammes sont différents dans les deux cas. Mais c’est l’état qui se rapproche le plus de l’hypnose.

        Alors que ce passe t’il dans l’hypnose?

        Ce n’est pas facile à définir, car les questions posées aux divers patients ne sont pas les mêmes, et l’activité cérébrale dépend en partie des questions posées. Par ailleurs le mécanisme d’hypnose est avant tout sensoriel, et les sensibilités des organes et des centres d’interprétation du cerveau, peuvent être assez différentes selon les individus.
        Il faut donc trouver des facteurs communs qui seraient importants en cas d’hypnose.
        On a pu notamment observer, par IRM, la réaction de certaines zones du cerveau (voir le schéma ci dessous)
            - le cortex cingulaire antérieur, qui est activé lorsque nous faisons attention, et dans le contrôle cognitif des émotions et sentiments (habituellement en liaison avec le cortex préfrontal). Il reste très actif même quand le cerveau est au repos,
            ll est beaucoup moins actif dans l’hypnose, sauf dans sa région dorsale, qui est au contraire très active, zone qui contrôle la concentration, ce qui explique qu’une personne hypnotisée soit tellement absorbée qu’elle ne se soucie plus de rien d’autre.

            - le précunéus : il est situé entre les aires somato-sensorielles sur le dessus du crâne (qui nous renseignent sur l’état de notre corps, de nos membres, de nos muscles…) et l’aire d’interprétation visuelle à l’arrière de notre crâne. Il reçoit des informations très élaborées en provenance des divers centre d’interprétation des sens et semble participer à la mémorisation épisodique. Il semble avoir un rôle dans la « conscience de soi ».
        Il a habituellement une grande activité quand le cerveau est au repos, ou lorsqu’on est éveillé et il a alors des connexions nombreuses avec le cortex frontal.
        Il est au contraire presque inactif dans le cas de l’hypnose.

            - dans le cortex temporal, les centres liés à la mémorisation et notamment à la production d’images mentales, qui sont ensuite « visualisées » dans les centre primaires d’interprétation de la vue du cortex occipital, restent au contraire très actifs en cas d’hypnose, comme dans la réalité.

          - Le cortex préfrontal est peu actif dans l'hypnose, sauf le préfrontal dordolatéral qui échange avec l'insularité (qui nous renseigne sur nos états internes), tous deux intervenant dans la conscience de soi et la flexivité cognitive.

    Hypnose et cerveau

        Mais d’autres centres aussi sont activés suivant les circonstances de l’hypnose :
            - les centres de Wernicke et de Geschwind, qui interviennent pour comprendre les paroles du thérapeute hypnotiseur. Mais en fait sous hypnose, il semble qu’il y ait valorisation des termes à répercussion positive et atténuation des termes à répercussion négative.
            - les centres prémoteurs, qui préparent un mouvement (d’habitude sur ordre du cortex préfrontal). Il semble qu’ils provoquent alors des images mentales des mouvements.
    Mais les centres moteurs peuvent également intervenir, car on constate pendant l’hypnose certains mouvements des membres ou des yeux, involontaires ou sur commande de l’hypnotiseur : balancement des pieds, ou lévitation ou de paralysie des bras par exemple.
    Lorsque le thérapeute demande de bouger ou de bloquer un membre, les phases de mouvement ne semblent pas modifiées dans le cerveau, mais ce sont les phases de transmission des ordres moteur et de préparation motrice qui sont différentes dans l’éveil normal et dans l’hypnose.
        On constate même une hyper activité de la partie motrice quand on donne des ordres de mouvement sous hypnose.
        Par contre il y a pendant l’hypnose détente des muscles.
            - les expériences sous hypnose montrent une sensibilité particulière des centres d’interprétation sensorielle.
        Par exemple le centre d’interprétation auditive réagit de la même façon si on écoute un morceau de musique, réellement en étant éveillé, et si sous hypnose, on vous demande de l’écouter, sans qu'il y ait de son extérieur.
        Lorsqu’on présente un  objet rouge à un individu, les neurones « rouges » du centre d’interprétation visuelle restent activés, même si on lui dit que l’objet est bleu. Par contre, sous hypnose, les neurones « rouges » s’éteignent et les neurones bleus sont activés quand le thérapeute lui dit que l’objet est bleu et il peut faire de même avec d’autres couleurs.

        On ne sait pas ce qui provoque l’hypnose dans le cerveau, mais les données ci dessus donnent une approche des conséquences :

        Le cerveau contient une multitude de centres,  qui d’une part interprètent le monde extérieur grâce à nos sens, et d’autre part créent des actions dans notre corps et dans l’environnement par l’intermédiaire de nos membres (et du langage).
        En temps normal, quand nous somme éveillés, notre cortex préfrontal est le chef d’orchestre de ces centres : il reçoit des information sur l’état de notre corps et de l’environnement, consulte notre cerveau émotionnel, réfléchit, organise et donne des ordres pour améliorer son information à partir de nos sens, et pour déclencher des actions.
        Il est aidé par le cortex cingulaire antérieur qui focalise notre attention et oriente notre conscience.
        Il est aidé aussi par le précunéus qui différencie nous même par rapport au monde extérieur, notamment au niveau des images mentales.

        Dans le cas de l’hypnose, les connexions semblent modifiées.
        Le rôle du cortex préfrontal, de cortex cingulaire antérieur et du précunéus sont fortement diminués. Nos sens et nos centres moteurs n’obéissent plus au contrôle rationnel et aux ordres du cortex préfrontal.
        Notre attention est relâchée et nous avons une conscience du « moi » très réduite et surtout de sa place dans l’environnement.
        Les mouvements sont déconnectés de l’intention et de l’attention.
        D’où notre dépendances aux ordres de l’hypnotiseur.
        Par contre il y a une hyper activité des centres qui interprètent les données des sens, activité sous forme d’images mentales, non liées aux perceptions réelles. Une particulmarité des sensations sous hypnose est que les sujets ont une impression beaucoup plus grande de "vivre dans un souvenir" avec toutes ses sensations, que s'ils se remémoraient ce souvenir en état normal de veille.
         L’hypnose, par sa capacité à modifier la perception de la réalité, favorise la « flexibilité psychologique », soit notre aptitude à prendre du recul face à une situation donnée, car si l’on est trop en prise avec un problème, on fait obstacle à sa résolution.
        Elle nous met dans une forme de perception globale dans laquelle nous recevons toutes les informations en même temps, sans fournir de signification. Cet état de confusion permet de circuler d’un élément de la réalité à un autre sans avoir à justifier de liaisons logiques et de sortir de notre manière habituelle d’assembler des pensées, et de faire des choix.

        Cependant il reste une veille de nos sens et même de notre cortex frontal :
    Des personnes sous hypnose et placées en position d’écriture automatique, et dont on avait plongé la main dans l’eau glacée écrivaient « sortez ma main de l’eau » l’individu étant encore sensible aux états dangereux, et si on veut imposer à un sujet sous hypnose, une action qui le choque profondément, il sort de son état.

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  •  

    Qu'est ce que l'hypnose

         J'ai fait les 5, 7, et 9 février 2018 trois articles sur les "états de conscience"
         Un lecteur m'a demandé ce qu'était et ou se plaçait l'hypnose
         Pour répondre à cette question, je vais essayer d'abord de décrire ce que sont divers états d'hypnose.

         Milton Erikson est un psychiatre américain, du début du 20ème siècle, qui a fait de nombreux travaux sur l'hypnose, ses application thérapeutiques, et une nouvelle conception de l'inconscient.
    (ne pas confondre avec Erik Erikson, psychiatre germano-américain très connu pour ses travaux sur  les stades du développement psychosocial et sur le développement des enfants.)

         En effet, il faut raisonner autrement que les anciens adeptes de Freud, et se dire, comme Erickson et les neuropsychologues, que l'inconscient n'est pas un perturbateur psychologique, par les pulsions et refoulements notamment sexuels qu'il engendre, mais une partie utile de notre psyché, qui peut être une ressource pour le patient, si on lui apprend à l'utiliser pour trouver des solutions à ses problèmes, en changeant ses comportements.
        Il faut aussi savoir que les divers sujets ont une sensibilité différentes vis à vis de l’hypnose, 10% des personnes sont très faciles à hypnotiser, 80% sont sensibles à l'hypnose, et 10% seulement sont réfractaires (et beaucoup plus quand on voulait les « endormir » dans les méthodes anciennes).
      Enfin l’hypnotiseur n’est pas tout puissant et dominateur, et on ne peut faire dire ou faire n'importe quoi à la personne sous hypnose, et notamment quelque chose de contraire à ses principes.

        Jusqu'à Erickson l'hypnose consistait à plonger le patient dans un pseudo sommeil profond. Il a mis au point une méthode d'hypnose brève et "éveillée", fondée sur la relation patient-thérapeute et à mettre au point l’auto hypnose, et les méthodes thérapeutiques actuelles s’inspirent de ses travaux.
        Dans les séances selon les méthodes thérapeutiques actuelles, (je ne parlerai pas des méthodes utilisées sur scènede cabarets!) le sujet reste éveillé, les mains sur les genoux et les yeux fermés.
        Il a donné son consentement à cette séance car il la pratique dans un but thérapeutique précis, qui lui a été expliqué, et il sait qu’en rouvrant les yeux il peut arrêter le phénomène.
        Il a au préalable décrit son problème au thérapeute qui connait donc le problème et la façon dont le patient l’exprime.
        Le thérapeute centre alors l’attention du sujet sur son corps et ses sens : les sensations qu’il a sur la position de son corps et les sensations (sons, odeurs,..) perçus de son environnement.
        Puis on lui demande de se remémorer un souvenir agréable, éventuellement, s’il le souhaite, de le décrire en quelques mots, puis de se concentrer sur lui.
        La personne éprouve une sensation de bien être, ses muscles se détendent, voire sont parfois animés de mouvements involontaires (notamment des tapotements des doigts), Souvent la déglutition, la respiration et les cillements de paupières se font plus lents ou plus rapides. Les perceptions sensorielles paraissent plus claires, plus précises, plus sensibles, et d'autre part la fatigue musculaire disparaît (par exemple si on maintient une jambe levée).
        Le thérapeute demande alors au sujet de se remémorer les sensations de son souvenir, images, sons, odeurs, toucher, formes couleurs et il évoque ce souvenir par des questions auxquelles le patient ne répond en général que par oui, rarement par non car c’est une notion que l’inconscient a peine à avoir), ou par un signe.
        Puis le thérapeute aborde des questions sur le problème en cause, et il va se guider dans ses questions sur les expressions du patient qui trahissent ses émotions, positives ou négatives.
        Les questions ont pour but de mieux définir le problème, d’évoquer certaines raisons enfouies dans l’inconscient, puis de suggérer des solution, mais par un dialogue, où à tout instant, on sollicite l’accord du patient.
        Les problème ne sont pas évoqués brutalement, mais on utilise des métaphores, des comparaisons, des sensations, pour petit à petit arriver au réel problème. Il faut en effet ne pas heurter le patient, car, dans ce cas, le sujet sort de l’état d’hypnose.
        A la fin de la séance, en rouvrant les yeux, en respirant profondément, en bougeant ses membres et son corps, le patient reprend en quelques secondes, le sens de la réalité et de son environnement.
        Malheureusement je n’ai jamais subi d’hypnose, alors je ne peux vous donner mes impressions, mais seulement rapporter ce que j’ai lu.
        Je n’ai jamais non plus essayé de pratiquer cette technique sur quelqu’un : comme toutes les techniques, ce n’est pas facile, et il faut donc avoir été formé pour la pratiquer.
       
        Il est également possible, semble t’il, de pratiquer ce que l’on appelle l’auto-hypnose.
        Ce n’est ni conduire une voiture en hypnose, ni tenter d’hypnotiser votre véhicule, mais seulement d’avoir un dialogue avec votre inconscient.
        J’ai essayé quelques fois, mais sans guère de succès. C’est relaxant, mais pas très efficace sur moi. Sans doute suis-je trop rationnel ou bien je n’avais pas la bonne méthode. Je n’ai d’ailleurs jamais bien su détendre mes muscles.
        
        Peut être que certains d’entre vous qui auraient pratiqué cette technique pourraient compléter ce texte par leur commentaire.

        Demain je reviendrai sur le comportement du cerveau sous hypnose.

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    Le sommeil est indispensable à notre cerveau.Le sommeil est indispensable à notre cerveau.Le sommeil est indispensable à notre cerveau.     
          Une de mes jeunes correspondantes me demande si cela serait possible de mémoriser des cours en passant un CD pendant son sommeil, qui les lise à haute voix.
     Hélas non !
        Cela ne veut pas dire que le sommeil n’ait pas d’effet sur la mémorisation, mais ce n’est malheureusement pas aussi bénéfique.


       D’abord, à quoi cela nous sert il de dormir ?
          - Pendant le sommeil le cerveau est au ralenti et économise de l’énergie, car il consomme 20% de l’énergie qu’utilise notre corps (alors qu’il ne représente qu’environ 2% de notre poids).
        - Les espaces entre les cellules du cerveau s’élargissent pandant le sommeil, ce qui permet d’évacuer les déchets toxiques vers la mœlle épinière, pour être éliminés.. La circulation sanguine en évacue également et des synthèses de protéines se font pendant cette période defaible activité.
        - Lorsque nous cherchons à résoudre des problèmes, il arrive souvent que la solution vienne après le sommeil, à notre réveil (éventuellement pendant la nuit). Il semble que le cerveau traite les informations acquises et les traite pour les ordonner et les simplifier, cequi permet de dégager plus facilement des solutions aux problèmes.
        - Les connexions synaptiques sont affaiblies pour éliminer des souvenirs ou au contraire augmentées pour les renforcer.
        Le sommeil augmente la mémorisation de ce qu’on a appris avant de dormir et il rend la mémoire plus libre pour le réveil, en éliminant les souvenirs inutiles et en diminuant l’intensité des souvenirs lancinants et traumatisants.
       
        Il y a deux grandes catégories de phases de sommeil (voir mon article du 4 avril 2018) : le sommeil profond et le sommeil paradoxal, avec entre les deux des stades intermédiaires, notamment le sommeil lent stade 2.
        Pendant le sommeil profond, le cortex cérébral (et notamment le cortex préfrontal), sont parcourus d’ondes « lentes » (voir schéma ci-dessous); pendant les montées de ces ondes lentes, des « fuseaux » sont émis dans le thalamus, qui coordonne nos sensations; et pendant les creux des fuseaux, ont lieu des bouffées d’ondes à haute fréquence dans le thalamus, qui est le « carnet d’adresses » de la mémoire.

    Le sommeil est indispensable à notre cerveau.


        Les connections des souvenirs que nous voulons garder sont renforcés : le cerveau rappelle les éléments de chaque souvenir, ce qui augmente les connections entre les neurones qui le composent. Cela peut avoir certains aspects particuliers. Par exemple si un pianiste a appris dans la journée un morceau de musique, le cerveau va « rejouer » en actionnant les centres qui commandent les mouvements des mains. Mais comme pendant le sommeil profond, la commande des muscles est désactivée, les mains ne bougeront pas, mais les connections des synapses qui sont concernées par le jeu du morceau de musique, auront été renforcées.

        Pendant le sommeil paradoxal, le cerveau réactive successivement tous les souvenirs qui sont inutiles. Le cerveau fait ainsi de la place pour de futurs souvenirs.(dans un ordre aléatoire); les sensations sont envoyées dans les centres d’interprétation correspondants. Les connexions des synapses correspondantes sont alors désactivées et les souvenirs supprimés. Le cerveau fait ainsi de la place pour les futurs souvenirs, après le sommeil.
        Les centres d’interprétations des perceptions fonctionnent alors comme s’ils recevaient des sensations de nos sens lorsque nous sommes éveillés. Si l’on se réveille, ne serait ce que quelques secondes, le cortex frontal reçoit alors ces perceptions qui arrivent dans un désordre complet et il essaie de les interpréter, comme si l’on était éveillé : c’est un rêve, souvent incohérent, illogique.
       
        On peut cependant insérer quelques informations dans le cerveau pendant le sommeil, mais il s’agit de notions très simples et élémentaires, associées à des odeurs, car l’odorat est le seul sens dont ‘l’information va directement au centre d’interprétation, sans être filtrée par le thalamus. On emande par exemple de mémoriser l’emplacement d’objets à des odeurs de rose, alors que les personnes étaient éveillées. Puis pendant leur sommeil on les soumettaient à nouveau à cette odeur de rose. A leur éveil ces personnes se souvenaient mieux des emplacements des objets que celles qui n’avaient pas subi ce rappel d’odeur.
        Plus complexe des fumeurs étaient pendant leur sommeil soumis à deux odeurs simultanément : celle du tabac et une odeur putride désagréable. Au bout de quelques séances, les patients lorsqu’ils étaient éveillés, associaient ces deux odeurs , et leur consommation de tabac diminuait nettement.
        Mais il ne semble pas possible d’entrer ainsi dans le cerveau, des notions complexeset donc d’apprendre ses leçons en dormant avec un magnétophone qui vous les serine.

        Un enfant doit dormir beaucoup, et un adolescent a davantage besoin de sommeil qu’un adulte, car son cerveau n’est pas encore mature. Pour les adultes, les besoins de sommeil sont différent selon les individus, et varient de 7 à 10 heures par nuit.
        De nombreux jeunes passent leur temps sur les réseaux sociaux au lieu de dormir. C’est dangereux : des études ont par exemple montré que dormir régulièrement moins de sept heures par nuit, augmentait le risque de surpoids, de diabète, d’AVC, d’hyprertension, sans compter les risques d’accident sur machine et notamment sur la route et de dépression.
        Le sommeil est nécessaire comme on l’a vu, pour le cerveau, mais il a aussi un rôle reposant et régénérateur pour l’ensemble de l’organisme.
        Le manque de sommeil désorganise nos horloges biologiques (voir mes articles des 29, 30 et 31 mars 2018), il modifie notre régulation de pression artérielle, la sensibilité au glucose et à l’insuline, il diminue notre résistance immunitaire, il peut perturber les sécrétions hormonale, ou celles de neurotransmetteurs, notamment la sérotonine. (dépression) ainsi que les envies alimentaires.
        Des études menées notamment sur des militaires et des équipages d’avions civils soumis au décalage horaire, ont montré que le manque de sommeil diminuait considérablement les performances, notamment l’attention et la concentration et la mémoire. (Plus de 3 à 6 jours selon les personnes, sans sommeil, conduisent, après des erreurs, à l’incohérence et un état proche de la démence).
        La figure ci-dessous, empruntée au journal »pour la Science », montre les perturbations entraînées par la fatigue du cerveau qui manque de sommeil.

    Le sommeil est indispensable à notre cerveau.


        Les chercheurs ont mis en lumière un des mécanismes : les neurones en travaillant consomme de l’énergie sous forme d’adénosine-triphosphate  (ATP), qu’ils décomposent et rejettent ensuite de l’adénosine, qui s’accumule donc tout au long de l’éveil. Cette accumulation d’adénosine se fixe sur des récepteurs des  synapses et ralentit leur fonctionnement. Elle entraîne une grande fatigue et une envie importante de dormir. Si on passe outre, les neurones ralentissent leur action, d’où un manque d’attention, de concentration, des erreurs, des accidents.
        Actuellement il semblerait que plus de 30% des adultes ont moins de 7 heures de sommeil par nuit, et des chercheurs évaluent les coûts correspondants à plus de 20 milliards d’€ / an.

    Le sommeil est indispensable à notre cerveau.

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  •           Le petit exercice de lecture que je vous avais proposé à la fin de mon article d'hier sur l’inconscient, m’a valu plusieurs messages de personnes, étonnées d’avoir réussi à lire aussi facilement, et de deux jeunes qui avaient eu plus de mal.
              
    Alors je vais reprendre cet exercice, et vous en proposer un autre ensuite, qui sera un peu plus difficile.

    lecture  =   lcetrue 

    Si vuos  pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle  de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt  56  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je  n'en cyoaris pas mes yuex que je  sios  cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le  povuoir phoémanénl du  crveeau huamin.  Soeln une rcheerche fiat à l'Unievristé de  Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur  l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la  suele  cohse imotprante est que la  priremère et la derènire letrte du mot siot  à  la bnone palce. La raoisn est que le  ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par  letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt  n'est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé  que svaoir élpeer éatit ipomratnt! Si vuos  poevuz le lrie,  fitaes le svirue 
     

              Comme vous l’avez constaté, l’auteur a conservé tous les mots, mais en a mélangé les lettres, en gardant toutefois la première et la dernière à la bonne place initiale.
            
     J'avoue avoir été étonné car j’ai lu ce texte sans aucun problème et sans aucune hésitation, presque comme s’il avait été écrit correctement, juste avec un effort plus grand d’attention, et une vitesse de lecture plus lente.

              Je me suis demandé ensuite ce que faisait mon cerveau.
              En fait il n’avait rien de nouveau à apprendre ni à retenir.
              Je pense que mon centre de Wernicke, qui déchiffre les mots, le faisait conformément à ce qu’il voyait, mais évidemment la plupart n’étaient pas des mots connus. Il les envoyait pour interprétation au centre voisin de Geschwind, qui gère la mémoire sémantique.
              C’est une chose connue que, lorsqu'il a appris à écrire à partir des syllabes depuis un certain temps et qu'il a donc l'habitude de lire, le cerveau déchiffre le mot en entier et non par lettre , toutefois ce n’est pas une « image globale » (qui n’est interprétable que par le cerveau droit) du mot que voit le cerveau, mais un assemblage de lettres, donc une mémorisation d’un ensemble orthographique de lettres, les unes après les autres.
              Il est aussi connu que la première et la dernière lettre sont plus importantes que les autres. Mais je n’ai jamais vu exposée une raison très claire de cela.. Peut être parce que ce sont les limites du mot et que donc c’est un des signes de reconnaissance.
              Ce qui est sûr, c’est que Geswind rapproche ce que Wernicke lui envoie, des mots réels qu’il connaît et c’est possible que les deux bouts soient un repère.
              Vous avez des dictionnaires de mots croisés  qui classent les mots par ordre alphabétique de la première lettre et une autre liste de la dernière; ils classent les mots par nombre de lettres : pourquoi le cerveau ne ferait il pas cela ?
              Dès lors le centre de Geschwind peut trouver plusieurs mots possibles et voir si les lettres médianes sont les mêmes. Il reconnait alors le bon mot.
              Il est aussi probable que notre inconscient, qui a interprété le début de la phrase, imagine la suite à partir de ce contexte (sens et grammaire), et donc permet sans doute à Geschwind de restreindre les mots possibles, comparer au mot lu.
               Ce que j’ai constaté en lisant le texte, c’est que si le mot est court, j’ai à peine l’impression qu’il avait été mal écrit, (c’est souvent un article, un adverbe), alors que lorsqu’il est long j’ai l’impression que je mets un dixième de seconde à le lire. Sans doute y a t’il un échange inconscients entre Geschwind et le cortex frontal pour choisir le bon mot !

              Et voici le second exercice que je vous propos, beaucoup plus difficile à mon sens.
              
    Là des lettres sont remplacées toujours par les mêmes chiffres.
              
    J’ai réussi sans problème à déchiffrer le message, mais ce n’étais plus de la lecture courante. Pour certains mots c’était immédiat, mais pour d’autres beaucoup plus laborieux et j’avais conscience de les relire pour essayer de comprendre.

     

    > > > UN B34U JOUR D'373, 

    > > > J'37415 5UR L4 PL4G3 37 J3 R3G4RD415 D3UX J3UN35 F1LL35 JOU4N7 D4N5 L3 54BL3. 3LL35 CON57RU15413N7 UN CHÂ734U D3 54BL3, 4V3C 7OUR5, P4554G35 C4CH35 37 PON7-L3V15. 4LOR5 QU'3LL35 73RM1N413N7, UN3 V4GU3 357 4RR1V33 37 4 7OU7 D37RU17, R3DU154N7 L3 CH4734U 3N UN 745 D3 54BL3 37 D'3CUM3.J'41 CRU QU'4PR35 74N7 D'3FFOR7, L35 F1LL37735 COM3NÇ3R413N7 4 PL3UR3R, M415 4U CON7R41R3 3LL35 COURRUR3N7 5UR L4 PL4G3, R14N7 37 JOU4N7 37 COMM3NÇ3R3N7 4 CON57RU1R3 UN 4U7R3 CHÂ734U. J'41 COMPR15 QU3 J3 V3N415 D'4PPR3NDR3 UN3 GR4ND3 L3ÇON. NOU5 P455ON5 UN3 GR4ND3 P4R713 D3 NO7R3 V13 4 CON57RU1R3 D35 CHO535 M415 LOR5QU3 PLU5 74RD UN3 V4GU3 L35 D3MOL17, L35 53UL35 CHO535 QU1 R3573N7 5ON7 L'4M1713, L'4MOUR 37 L '4FF3C71ON 37 L35 M41N5 D35 G3N5 QU1 5ON7 C4P4BL35 D3 NOU5 F41R3 5OUR1R3.

              Je me suis rendu compte d’une chose, mais qui m’est peut être personnelle.
              
    En fait j’essayais de deviner chaque mot par sa signification dans le contexte.

              J’aurais pu croire que mon cerveau allait mettre en mémoire que 3=e, 4=a, 5=s 7=t (et 1=i, mais là, on rétablit parce que la lettre est presque la même); mais en fait, il ne s’en sert que peu ou pas du tout et j’avais lu la phrase sans avoir conscience du code.
              C’est vrai que c’est plus facile quand première et dernière lettres ne sont pas des chiffres. Mais c’est certain que remplacer les signes est plus dur que simplement les remettre en ordre.
              J’ai eu l'impression que plus ou moins inconsciemment mon cortex frontal essayait plusieurs mots avant de trouver le bon, et qu’il y avait donc cet “échange” dont je parlais dans l’exercice précédent.
              Et j’ai remarqué que sur les deux ou trois mots les plus difficiles, je suis revenu lire deux mots en arrière, sans doute pour une analyse du sens supposé de la phrase, sabns doute pour différencier plusieurs mots, seul le mot final trouvé étant ensuite communiqué par les mécanismes inconscients à la conscience de mon cortex préfrontal.

        Je serai curieux de savoir ce que vous avez ressenti ?

     

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