• Freud et l'interprétation des rêves .

        Pour Freud, les rêves étaient un moyen d’essayer de connaître un peu de notre inconscient, mais il associait étroitement les rêves et les refoulements, essentiellement d’ordre sexuel.
        Pour lui, ce sont des représentations des désirs refoulés dans l’inconscient par la censure interne du “surmoi”, cet ensemble de règles que nous nous imposons. Les désirs se manifestent dans le rêve de manière moins réprimée qu'à l'état de veille et donc arrivent à la conscience au travers du rêve.
        En psychanalyse, l'interprétation à partir du récit par le patient de son rêve, repose sur les quatre considérations suivantes :
               - Le rêve rassemble des idées différentes, plusieurs images, parfois des désirs contradictoires en une seule représentation
              - Le rêve est décentré, trompeur : le désir déformé sera fixé sur un autre objet que celui qu'il concerne, ou sur de multiples objets.
    Le rêve donne également une idée fausse des sentiments vraiment ressentis..
              - Le rêve est une illustration du désir mais il ne l'exprime ni en mots, ni en actes, mais en images qui sont des symboles.
               - Enfin, le rêve est aussi le produit d'une activité également inconsciente, mais très proche de l'activité de veille et elle s'efforce de lui donner une apparence de vraisemblance, d'organisation, de logique interne.

        La neurophysiologie ne conteste pas ces considérations qui sont des observations psychologiques, mais par contre elle n’est pas d’accord sur l’origine du rêve issu des refoulements et donc sur la symbolique qui l’accompagne et que, de plus, les psys adeptes de Freud ont eu tendance à développer en fonctions de leurs idées personnelles et originales.
       
    J’ai fait plusieurs articles sur la physiologie du rêve que vous pouvez consulter dans ce blog (dans la même catégorie “conscience, incionscient, éveil, sommeil, rêves).

        J’ai montré que le cerveau lorsque nous dormions évacuait tout ce que nous avions mémorisé dans la journée ou les jours précédents et qui ne lui paraissait plus utile, ou lui paraissait nuisible ou en contradiction avec nos motivations.
        Pour cela il allait chercher les informations dans notre mémoire et les renvoyait dans les centres de perception, comme des sensations en provenance de nos sens lorsque nous sommes éveillés (et principalement des images). Ce renvoi affaiblissait la connexion correspondante entre neurones et donc le souvenir correspondant. Mais ce “renvoi” se fait dans n’importe quel ordre, en mélangeant donc les souvenirs et les images ou autres sensations.
        Ce travail se fait de façon tout à fait inconsciente et il n’en reste rien, sauf si nous nous réveillons, ne serait ce que quelques secondes, ce qui arrive souvent dans la nuit, notamment dans le sommeil paradoxal.
        Nous sommes alors dans une demi-conscience et les sensations, qui ne proviennent pas de nos sens sont perçues comme si elles étaient des perceptions réelles : c’est le rêve. Bien plus, comme notre cortex cherche toujours à nous donner des explications logiques et rationnelles, il essaie de raccorder entre elles ces images et perceptions incohérentes et à nous en fournir une explication, qui est donc en général farfelue, car il ne trouve pas mieux.
        Les histoires de nos rêves sont donc en général peu cohérentes, mais ont une certaine apparence de réalité.
        Il n’y a pas de symbolique et de signification de rêves, si ce n’est qu’ils nous renseignent sur ce que le cerveau juge sans importance d’une part, mais d’autre part sur ce qui nous préoccupe et nous stresse et qu’il veut éliminer.
        Souvent d’ailleurs les rêves portent sur des sujets auxquels nous avons pensé avant de nous endormir.

       
        La neurophysiologie nous donne une explication physiologique des rêves très différente de l’explication purement psychique de Freud.
        Il peut cependant y avoir une petite partie commune car dans nos préoccupations, dans ce qui nous stresse, et qui donc ressort dans nos rêves car le cerveau aimerait en affaiblir les souvenirs, il peut y avoir des désirs contrariés, des regrets et des remords, des espoirs ou tout simplement le produit  inutile de notre imagination, et les images correspondantes peuvent être alors voisines de ce que Freud appelerait des refoulements.

        Je pense que la psychanalyse est peut être un outil pour que des médecins psychiatres soignent les maladies mentales.
        Mais la formation aux théories de Freud sur les rêves, des psychologues non-médecins, qui s’occupent de personnes bien portantes, lesquelles ont simplement des problèmes, les amène parfois à faire de interprétations bizarres et ils devraient chercher des explications plus simples et plus logiques, quelquefois très pragmatiques et terre à terre !!
        Deux psys ont dit à deux de mes jeunes correspondantes qui avaient rêvé de guèpes et de leurs piqûres, que les guèpes étaient le symbole d’un phallus, et à l’une d’elle que, comme elle avait eu peur dans son rêve des guèpes, c’est qu’elle avait peur d’avoir des rapports sexuels.!!
        Ma pauvre “guenon” qui était une jeune ado, avait des problèmes du fait du divorce de ses parents et ne songeait guère à avoir un petit ami, était totalement ahurie par celle interprétation, , et heureusement avait plutôt trouvé cela un peu ridicule et amusant.
        Nous avons recherché pourquoi elle avait pu rêver de ces guèpes : en fait elle a été piquée plusieurs fois les années précédentes et la veille, elle avait cueilli des fleurs avec une certaine crainte car de nombreuses abeilles butinaient. Son cerveau avait évacué pendant son sommeil, ces images qui étaient stressantes et évidemment pèle-mèle avec d’autres images qui n’avaient aucun rapport et ne concernaient pas son jardin.
       Le psy aurait mieux fait d'être plus réaliste, plutôt qu'inventer des symboles farfelus.

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  • Freud, le conscient et l'inconscient (2)

        Je vous ai décrit, dans l’article d'hier comment Freud voyait l’organisation de notre psychisme et notamment de notre inconscient.
        Certes, pour les neurobiologistes actuels, l'inconscient existe, mais il est différent de la conception qu'en avait Freud.
    Il est étroitement associé à la mémoire et notament à la mémoire épisodique qui stocke les informations successives de tout ce qui nous arrive, dans l’ordre chronologique et il met en jeu tout le cerveau, lorsque les communications se font entre des centres, sans remonter au cortex préfrontal, qui perd conscience des événements et sensations


        La mémoire stocke d'abord inconsciemment pour des temps courts toutes les informations de perceptions que nous enregistrons tous les quarantièmes de seconde (voir mes précédent article sur le cerveau, la perception et lamémoire). Quand nous conduisons une voiture par exemple, nous enregistrons de nombreuses informations sur la route, sur les autres véhicules environnants, sur le bruit de notre moteur, l’évaluation de notre vitesse... ceci pour des temps assez courts qui permettent de prendre des décisions de conduite, dont certaines sont de purs réflexes quasi inconscients.
        Nous comparons volontairement certaines perceptions emmagasinées inconsciemment (par exemple du paysage), en les rappelant alors dans le cortex préfrontal pour les comparer à celles de notre mémoire et par exemple nous guider sur un itinéraire.
        Ces informations ne sont donc pas “bloquées” dans notre inconscient, mais peuvent avec un certain effort, devenir conscientes.
        Elles resteront plus ou moins longtemps dans notre mémoire puis seront éliminées pour ne pas l’encombrer.
        La plupart des images observées par nos yeux, puis enregistrées par des centres intermédiaires du cerveau sont éliminées rapidement (quelques secondes ou quelques minutes, selon leur utilité) car elles ne servent plus à rien. Nous conserverons plus longtemps certaines informations perçues presque inconsciemment (où ai je garé ma voiture dans le parking?), car il faut s’en servir au bout de quelques heures par exemple.

        Nous pouvons aussi garder en mémoire des souvenirs, par exemple des images que nous n'avons pas conscience d'avoir vues, des paroles ou des mots que nous n'avons pas le souvenir d'avoir entendues ou lus. C'est en particulier ce que l'on appelle les “perceptions subliminales” (au dessous du seuil de perception conscient) utilisées parfois par la publicité (bien que ce soit interdit) et les services secrets (associées à des psychotropes dans les lavages de cerveau).
        Les centres du cerveau mis en jeu dans ces opérations sont essentiellement les centres de perception associés à nos cinq sens, le thalamus, aiguillage de nos perception, et l’hippocampe, “professeur de la mémoire”.

        Certains souvenirs dont nous avons eu conscience sont gardés par notre mémoire, se déforment dans le temps d’autant plus que nous les rappelons peu pour nous en servir, mais ils sont d’autant mieux conservés qu’ils ont pour nous une “charge émotionnelle”.
        S'ils nous ont “traumatisés”, ils ne sont pas facilement évoqués, bien que nous nous en souvenions en faisant un très gros effort.
        C'est une sorte de refoulement, mais il n'est pas totalement inconscient, et les neurobiologiste préfèrent parler de “difficulté de rappel”, et la plupart de ces "difficultés de mémoire" ne sont pas d'ordre sexuel.
        Les difficultés de rappel peuvent être dues au choc subi. Quand j’avais 16 ans je suis rentré à vélo dans la remorque d’un camion de déménagement et suite au choc sur la tête je suis resté une heure dans le coma. Pendant quelques jours je n’avais aucun souvenir de l’accident. puis je me suis rappelé mon réveil, puis l’accident, puis au bout d’une semaine, la minute avant l’accident. C’est un phénomène connu et banal.
        Les difficultés de rappel peuvent être dues, dans le cas d’images traumatisantes, à des blocages de notre cerveau émotionnel et notamment des centres amygdaliens qui contrôlent la peur, l’angoisse, le stress.
        Ces images ont été enregistrées consciemment, mais le cerveau ne veut pas les revoir, et ceci plus ou moins inconsciemment. C’est vrai notamment des images par exemple d’attentat ou d’accident de la route, la vue de gens qui souffrent ou qui meurent. Elles sont intimement mélées à des émotions vives et traumatisantes.
        Plus proches du refoulement des mélanges de perceptions et de traumatismes graves subis nous mêmes, comme une agression non sexuelle ou un viol,
    Là si une nouvelle sensation nous rappelle inconsciemment ce traumatisme, il y a blocage, le cerveau émotionnel bloquant les ordres donnés par le cortex qui réfléchit, soit à d'autres parties du cerveau, soit à notre corps même si le cortex frontal plus ou moins conscient de cela, trouve ce blocage ridicule.
        C'est assez proche de la “censure” de Freud, mais la plupart de ces blocages ne sont pas non plus d'ordre sexuel.

        Autre phénomène, nous mémorisons des émotions, des sentiments.
    Avant de prendre une décision, notre cortex frontal compare diverses informations logiques et objectives ou bien subjectives, et le cortex préfrontal essaie de’évaluer les conséquences de nos actes, avec l’aide du cerveau émotionnel qui, se référant aux émotions et sentiments en mémoire, donne une appréciation émotionnelle avec l’aide du circuit de la récompense (voir mes articles à ce sujet).
        Une partie de ce mécanisme décisionnel est inconscient, même si l’objectif de la décision est conscient.
        Il peut arriver que le cerveau émotionnel élabore des évaluations sans que le cortex lui ait demandé consciemment de le faire et qu’il nous pousse ainsi inconsciemment à l’action.
        Il peut donc y avoir des mécanismes inconscients à l’origine de nos actions conscientes. Colère, jalousie, peur, ou divers défauts ou addictions peuvent ainsi avoir une influence inconsciente certaine sur nos actes.
       Certains neurobiologistes estiment que la plupart de nos décisions sont fortement influencées par une réflexion inconsciente et que ces éléments étant transmis au cortex préfrontal, nous avons l'impression d'une prise de décision rationnelle, alors qu'elle a été principalement subjective.
       
        Notre inconscient peut même nous “tromper” parfois en nous donnant de fausses raisons de nos actes pour nous protéger. C'est effectivement proche du “déplacement” de Freud, mais sur de nombreux sujets très divers et pas uniquement d’ordre ou d’origine sexuels.

        L'inconscient de l'enfant n'a pas plus d'aptitude que l'enfant lui même, contrairement à ce que pensait Freud et l'enfant ne peut donc, comprendre dans son inconscient, plus que ce qu'il ne comprend consciemment, en fonction de son âge.
        Freud attribuait aux jeunes enfants des pensées et des désirs d’adultes qu’ils refoulaient ensuite dans leur inconscient. Cela apparaît impossible au neurobiologiste, car le cerveau de l’enfant n’en a pas la capacité, tant au plan réflexion et compréhension qu’apprentissage et expérience.
        Le “ça” de Freud est donc beaucoup plus restreint pour le neurobiologiste

        Par contre, les neurobiologistes ne font pas d’objection à la distinction du “moi” et du “surmoi” qui sont des notions d’ordre psychologique sans que l’on puisse les relier à des mécanismes précis cérébraux.

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  • Freud, le conscient et l'inconscient

        Les psychologues et les médecins avaient depuis longtemps remarqué que certains phénomènes échappent à la conscience .
        Freud a introduit une conception nouvelle de l'inconscient, car il y place à la fois un certain nombre de données, d'informations, de désirs tenus hors de la conscience, mais aussi l'ensemble des processus mentaux qui empêchent certaines données d'arriver à la conscience et permettent à d’autres données d'y accéder, processus comme le refoulement, les  pulsions, le désir et le plaisir de les satisfaire, mais aussi la possibilité d’y résister par conformité à des règles.
        Ainsi, Freud considère l'inconscient comme à l’origine de la plupart des phénomènes conscients de notre vie.

        Freud a organisé notre psychisme conscient et inconcient en trois entités, organisation qui est encore très utilisée en psychologie.

        Le “Ça” : présent dès la naissance, inaccessible à la conscience, réunit l’ensemble de nos instincts “d’animal”, nos tendances à des pulsions agressives ou sexuelles, de recherche de plaisir et de la satisfaction immédiate, c’est une conséquence de nos désirs refouléset de nos pulsions.
    C’est quelque chose d’individuel, alors que CG Jung, à la même époque, préférait faire référence à un inconscient collectif, résultat de l'évolution au sein de notre civilisation dont les éléments étaient ce qu’il appelait des “archétypes” et n'avait pas de rapport avec le refoulement.
       
        Le “Moi” : en grande partie conscient, il cherche à rendre la vie sociale possible en acceptant les règle de la société, et en évitant les tensions trop fortes du monde extérieur, et en mettant en jeu des mécanismes de défense pour éviter les souffrances : refoulement, régression, rationalisation, etc. .
        Il ressemble à la “Persona”  que décrit CG Jung (cf. mes articles dans la catégorie “psychologie-comportement, notamment les 9 janvier et 30 mai 016)

        Le “Surmoi” : au cours de son enfance et de son adolescence, nous recevons de l’éducation de nos parents, de la société et de notre instruction, de nombreuses règles morales et de savoir-vivre à respecter.
        Dans notre adolescence et en devenant adulte, nous discutons et nous refusons ou nous acceptons ces règles morales ou sociétales en mettant en oeuvre, d'après Freud,  le refoulement qui interdit certaines actions contraires à ces règles.
        Le Surmoi est en définitive l’ensemble des règles acceptées qu’il essaie d’imposer au “Moi”  et si celui-ci ne les respecte pas, il le punit en provoquant le remords et la culpabilité. C’st un “directeur de conscience”, un policier.   

          Les neurobiologistes ne mettent pas en cause cette organisation de notre psychisme, mais ils ont une conception différente et beaucoup plus large de l’inconscient, liée à la mémoire, et à nos innombrables perceptions. Surtout cet inconscient n'est pas une fonction de notre psychisme comme le décrivait Freud, mais il fait partie de tout le cerveau, lié à son fonctionnement conscient et participe notamment à toutes nos décisions et nos réflexions.
         Par ailleurs, ils n’admettent pas la notion de refoulement, mais parlent de “blocage”. Mais l'inconscient est surtout actif et son rôle de blocage est rare.

         Pour eux le "ça" a un caractère biologique et génétique et donc à la fois individuel et collectif, lié à l'évolution. Ce ne sont pas des données, mais des tendances physiologiques et psychologique, qui engendrent des comportements, partiellement inconscients et conscients.

        Ce sera le sujet de mon prochain article.

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  • Freud et ses théories

              J'avais fait le 08/04/2018 un article sur les théories de Freud, qu'une de mes correspondantes (prof de philo ou psy, je ne sais pas) a récemment lu et elle me dit dans un mail, que d'une part je suis trop sévère vis à vis de ce grand psychiatre, et d'autre part que je ne précise pas assez mes critiques.

              Je vais donc revenir sur ce sujet, notamment l'inconscient,  pendant quelques articles.

              Ne voyez pas dans mes articles une critique de Freud. C’est quelqu’un qui a apporté beaucoup à la connaissance du psychisme humain. Mais l’état des connaissances de l’époque et ses conditions de travail ne lui permettaient pas de disposer des données que nous avons aujourd’hui et qui font voir ses théories sous un autre jour

              Le contexte dans lequel Freud a élaboré ses théories est en effet particulier.
              Né en 1856 dans ce qui est actuellement la république tchèque, sa famille s’est installée à Vienne quand il était enfant et il y passera la plus grande partie de sa vie.
              Il fera ses études de médecine (après avoir hésité à faire du droit ou de la  philosophie) et travaillera quelques années en hôpital et notamment quatre mois à Paris avec le doctreut Charcot qui prétiquait l’hypnose pour soigner des malades mentaux.
              En fait c’est un scientifique, mais les connaissances de l’époque en neurobiologie du cerveau étaient relativement très succinctes.
              Il a ensuite soigné dans son cabinet de Vienne de nombreuses femmes de la bourgeoisie de Vienne qui avaient des problèmes d’ordre sexuel ou avaient été victimes d’agressions dans leur jeunesse, et une partie de ses théories repose donc sur l’observation de cette population très particulière et l’amènera à exagérer l’importance du sexe et des conséquences de l’enfance sur le psychisme, et ses thèses l’opposeront à son ami CG. Jung, psychiatre qui soignait en hôpital une clientèle beaucoup plus variée.
              Les disciples des théories de Freud étaient ensuite des utilisateurs de la psychanalyse plus que des scientifiques, et on a souvent l’impression que les extensions de la théorie ont été alors faites pour justifier cette démarche thérapeutique, sans vérification scientifique.
       
              Je pense faire plusieurs articles sur les pricipaux apports conceptuels de Freud, pour décrire le psychisme, à savoir :
           
                  - l'inconscient, qui échappe à notre connaissance, et contient surtout des représentations refoulées, c'est-à-dire maintenues par la censure hors du champ de la conscience et pouvant influer nos actions hors de notre volonté

                  - la censure, barrage sélectif engendré par l'éducation, la société et l'expérience et certains traumatismes vécus.

                  - le refoulement, opération par laquelle le sujet repousse dans l'inconscient des idées et images provoquant du déplaisir et concernant généralement nos désirs sexuels ou notre vécu dans l’enfance et l’adolescence.
       
                 - la pulsion, poussée d'origine biologique et essentiellement sexuelle faisant tendre l'organisme vers un but, et destinée à supprimer un état de tension, créé par le désir conscient ou inconscient.

                 - la libido, énergie entraînant des pulsions essentiellement sexuelles et ayant des conséquences dans le domaine psychique;

                  - le transfert, projection sur une personne proche ou sur l'analyste, de sentiments originellement éprouvés à l 'égard des parents, et généralement inconscients.

                  - le complexe d’OEdipe. Pour Freud, la structure de notre personnalité se crée étant enfant, par rapport à la fonction d’autorité paternelle et au complexe d’Œdipe, jalousie sexuelle de l’enfant vis à vis de sa mère et de ses rapports avec son père.

                 - l’interprétation de rêves qui est en partie une conséquences de ses théories.

              En fait une partie de ses théories reste toujours admise, mais en supprimant la référence permanente au sexe.
              Ce qui est par contre assez étonnant, c’est que, alors qu’une partie des théories de Freud apparaissent aujourd’hui comme périmée et qu’elles sont moins utilisées dans les pays anglo-saxons, on continue en France à former essentiellement à partir de ces théories, les psychiatres et les psychologues thérapeutes et certaines de leurs interprétations sont parfois très surprenantes.

         Pour ne pas faire des articles trop longs, je traiterai ces questions en plusieurs fois et je renverrai aussi à d’autres articles sur le cerveau que j’ai déjà publiés.

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  • A quoi peut servir l'hypnose.

          Je ne parlerai pas des applications ludiques et des magiciens en tous genre, mais essentiellement des applications en médecine, qui sont les plus importantes, surtout d’une part dans le domaine psychiatrique et psychologique, et d’autre part de lutte contre la douleur, mais ce ne sont pas les seules applications.

        Les premières applications de l’hypnose ont été d’accéder à l’inconscient des personnes, pas au sens de Freud des refoulement notamment sexuels, qui ne sont qu’une bien faible partie de l’inconscient et ne sont plus une préoccupation importante sauf pour quelques anciens inconditionnels de Freud, Lacan et leurs disciples.
        Il s’agit simplement de retrouver certains souvenirs enfouis au fond de la mémoire, d’expliquer certaines réactions, certains blocages et ensuite ayant conscience de ces notions de trouver avec le patient une solution à ses problèmes.
        Ce qui est le plus proche des refoulements, ce sont certains blocages ou certaines souffrances après un traumatisme psychologique, connu ou inconnu.
        Un traumatisme connu peut être par exemple un accident, un décès, une rupture.
        Mais d’une part la personne s’est renfermée sur elle même et ne veut pas aborder le sujet avec ses proches, et déjà le fait d’extraire ces souvenirs d’en parler est bénéfique, mais d’autre part on connaît les circonstances du traumatisme, mais pas forcément le fait détaillé qui vous a frappé, qui a bloqué quelque chose en vous. Le recours a l’hypnose peut permettre à la personne de découvrir ce détail important et ensuite de voir avec le thérapeute comment diminuer son action, même s’il est impossible à éliminer.
        Le traitement des phobies est un  cas particulier de ce type de blocage.
        On trouve dans la littérature de très nombreux exemple de traitement par des séances d’hypnose, et parfois, on s’aperçoit que la cause initiale traumatique remonte à des années en arrière. Phobie des piqûres médicales, des araignées ou autres bestioles, de la foule, claustrophobie dans les ascenseurs ou dans un appareil IRM, l’agoraphobie dans les manifestations et les foules, la peur du dentiste, d’un accouchement ou d’une opération, voire même la phobie scolaire ou la gestion du stress d’étudiants lors des examens.
        Bref en général la lutte contre les stress et peurs diverses et notamment les crises de panique.
        L'hypnose a beaucoup été utilisée aux USA pour soigner des séquelles de chocs psychologiques, subis par des militaires lors d’opérations de guerre.
        On commence à l’utiliser pour soigner le burn-out et le stress en entreprise.
        Mais évidemment on ne supprimera pas des causes physiologiques : on peut essayer de lutter contre des acouphènes, mais si ceux-ci ont pour origine un défaut de l’oreille, tout au plus, atténuera t’on leur perception.

        L’hypnose est également utilisée dans le traitement des maladies mentales (cela a même été une des premières applications pour des malades hystériques), mais elle est alors un palliatif pour éviter un trop important usage des médicaments psychotropes, et il est évident qu’elle ne traitera pas vraiment un défaut physiologique, mais ses conséquences psychiques.
        L’hypnose a par exemple été souvent utilisée pour soigner des épilepsies chez des enfants pour lesquels les crises n’était pas dues à une anomalie cérébrale, mais essentiellement d’ordre psychique.

        Mais une utilisation de plus en plus fréquente est la lutte contre la douleur.
        L’hypnose permet de bloquer en partie, voire totalement la transmission de la douleur jusqu’au cortex frontal et donc à la conscience. Les principales aires qui interviennent dans cette transmission sont partiellement bloquées : cortex somatosensoriel sur le sommet du crâne, cortex cingulaire antérieur, insula, hypothalamus…)
        L’hypnose est utilisée pour le traitement de douleurs aigües, et même dans certaines opérations, où le malade au lieu de subir une anesthésie, est simplement sous hypnose et tranquillisant.
        Mais elle est aussi utilisée pour des douleurs chronique, notamment les migraines des enfants et permettent de diminuer considérablement la quantité d’antialgiques administrés.
        Elle est aussi de plus en plus utilisée en cancérologie et dans des soins palliatifs de fin de vie, pour soulager de la douleur et du stress, avec moins de recours à des doses importantes de psychotropes ou de morphine.
        Une autre action est la lutte contre les sensations non seulement douloureuses, mais les démangeaisons et même les stress qui en résultent en dermatologie ou dans des maladies inflammatoires, notamment du système gastro-intestinal.

        D’autres applications voient peu à peu le jour, car la plupart des maladies ou des problèmes de santé, ont un aspect psychologique, qui intervient, ne serait ce qu’au plan du confort de la personne qui subit. C’est le cas de traitement des conséquences de la ménopause, des problèmes respiratoires, ou l’insomnie.

        Un des avantage de l’hypnose en thérapeutique, est que, si elle est pratiquée par une personne compétente, ayant bien été formée à ces techniques, elle n’a pratiquement aucun effet secondaire, aucune séquelle psychologique ultérieure, si ce n’est qu’elle n’est pas toujours pleinement efficace.

        L’hypnose est évidemment aussi utilisée par des « coachs » et des gourous divers, pour son pouvoir de suggestion.
        Il n’est pas impossible d’atteindre de meilleures performances sportive, ou certains objectifs professionnels grâce à des séances d’hypnose, mais il faut se méfier, car il est certain que, comme dans tous les domaines, on peut avoir affaire à des charlatans ou simplement à des personnes peu formées, dont l’action sera inefficace, bien que rémunérée.
        On trouve de nombreuses annonces sur internet de « thérapeutes » ou de « mages » qui vont soigner par l’hypnose, les chagrins d’amour, les troubles sexuels ou les addictions, notamment le tabagisme.
        Certes cela est possible si l’on a affaire à un expert compétent, mais il faut s’assurer, si on ne veut pas dépenser inutilement, de cette expertise.
        La plupart des applications efficaces de l’hypnose, restent faites en hôpital ou par des médecins, ou au minimum des psychologues confirmés et formés à cette technique.
     

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