• Puis-je maîtriser mon cerveau ?

     

         J’ai lu une étude d’Andrea Caria et Niels Bribaumer de l'Université de Tübingen, qui m’a intéressé mais aussi un peu inquiété car, comme beaucoup d’avancées dans le domaine des sciences, on peut ensuite s’en servir  à des fins diverses dont certaines peuvent être néfastes.

        Contrôler l'activité de son cerveau pour maîtriser ses émotions ou décupler ses capacités intellectuelles : ce ne sera peut-être plus un fantasme dans quelques années..

        Le procédé se nomme “neurofeedback” et consiste à observer en temps réel pendant que l’on pense et réfléchit, l'activité de son cerveau à l'aide d'un scanner, pour tenter d'amplifier ou de réduire cette activité.
        Par exemple, une personne voit s'afficher sur un écran l'activité du cortex insulaire de son cerveau émotionnel, (appelé aussi “insula”), de ses centres amygdaliens ou de son cortex cingulaire, centres très importants en matière d’émotion et de créativité. (voir schéma ci-dessous)

    Puis-je maîtriser mon cerveau ?

         Des électrodes, placées sur le cuir chevelu, enregistrent les signaux électriques émis par le cerveau, qui reflètent certains états mentaux dans lequel on peut se trouver.
         Ces signaux sont numérisés par un appareil relié soit à un écran d’ordinateur si le programme d’entraînement utilise l’image (par le biais de jeux vidéo le plus souvent), soit à un casque audio s’il s’appuie sur le son (de la musique généralement), soit aux deux.
         Par un travail mental ou cognitif, le patient doit réussir, en augmentant l’intensité de certains signaux et en en “bridant” d’autres, à faire évoluer en temps réel l’image sur l’écran (par exemple déplacer une montgolfière, assembler les pièces d’un puzzle, accélérer une voiture...) ou le son dans les écouteurs (par exemple faire baisser les aigus ou augmenter les graves d’un opéra).

    Puis-je maîtriser mon cerveau ?     En s'entraînant devant l’écran du scanner, à faire baisser l'activité de l'une de ces zones émotionnelles, par essais et erreurs successives le sujet pourrait agit sur son cerveau et sur sa sensibilité aux situations émotionnelles ou stressantes. 

        On constate que des personnes ayant subi cinq séances d'entraînement de 30 secondes ressentent ensuite moins d'émotions négatives à la vue d'images pénibles, qu'il s'agisse de visages agressifs ou de photos d'accidents ou d'attentats. La zone du cerveau concernée, après avoir été « calmée » par l'introspection, est moins alarmée par les stimuli pénibles qu'on lui propose.
        L’inverse est également vrai.
        Un court entraînement où le sujet s'efforce de renforcer l'activité de son insula rend le sujet plus sensible aux émotions et stimulations hostiles.

        Le cerveau apparaît comme un miroir de l'activité mentale, et il peut la moduler.
        Tout le monde n'exerce pas un contrôle efficace sur ces états émotifs : les psychopathes n'arrivent pas à activer leur insula à la vue de la détresse d'autrui, ce qui entraîne une forme d'insensibilité pouvant favoriser les comportements immoraux. Leur apprendre à restaurer l'activité de leurs zones cérébrales par des méthodes de neurofeedback serait d'un grand intérêt thérapeutique.
        De même, les personnes sujettes à des phobies sociales présentent une hyperactivité de ces zones cérébrales qui les rend d'une émotivité excessive dès qu'elles sont en public. Des exercices visant à minimiser l'activité de l'insula en temps réel seraient alors bénéfiques.

        Des exemples similaires sont cités à propos de l'anxiété. De façon générale, le suivi en direct de l'activité du cerveau offre un moyen au sujet lui-même de moduler son fonctionnement, sans implantation d'électrodes, ni administration de médicaments. Une forme d'introspection par scanner interposé.

    Puis-je maîtriser mon cerveau ?    Je suis conscient que cette étude a une portée importante au plan de la thérapie médicale et elle me paraît très intéressante dans la mesure où elle reste sous le contrôle de médecins.
        Par contre la généralisation de cette méthode et la mise à la portée de tous, me paraitrait inquiétante, un peu comme si on mettait à la disposition des gens les médicaments d’une pharmacie (avec leur notice).

        De même que l’utilisation de médicaments psychotropes est loin d’être sans danger et sans risque à moyen terme, je pense  que l’utilisation anarchique et intensive de telles méthodes pourarit avoir des conséquences que nous ne soupçonnons pas.
        Heureusement le scanner cérébral n’est pas un outil pour le moment bon marché et facile à utiliser, mais il en était ainsi il y a trente ans pour bien des appareils électroniques.
        De telles méthodes devraient à mon avis rester sous le contrôle de médecins ou de chercheurs en neurobiologie.

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  • Nota : j'ai fermé les yeux en publiant cette image; à 88 ans, je n'ai plus le droit de lire Tintin ! (de 7 à 77 ans, c'est injuste !).
    Mais je vais sacheter une lampe de poche et les relire en cachette la nuit , bien caché sous mon drap comme quand j'étais petit, pour que la lumière ne se voie pas.

    http://lancien.cowblog.fr/images/images/telepathie.jpg
        Il y a sur Eklablog des blog qui traitent des phénomène paranormaux et je vais parfois voir ce qu'ils racontent et j'ai reçu une question, qui peut se résumer ainsi :

    “La télépathie existe t’elle ? Deux cerveaux pourraient ils communiquer entre eux un jour?”
        Avec une sous-question :
    “ A t’on des prémonitions inconscientes ?”


        Traitons le problème des prémonitions : je dirai oui et non comme un bon normand que je ne suis pas.
        Non, car personne ne peut prédire l’avenir. On peut toujours agir sur l’avenir pour qu’il ne soit pas ce qu’il aurait été si on n’avait rien fait.
        Les personnes qui prétendent prévoir l’avenir (et en général en font un commerce) sont de purs escrocs. Cela dit, s’ils sont très intelligents ils peuvent donner de bons conseils.
        Oui car parfois nous disposons d’un ensemble de faits, de données, qui font que le nombre et la nature des solutions possibles n’est pas très grand et que donc on pourrait, par raisonnement, prédire ce qui va se passer et comment, et cela, avec un pourcentage élevé de chances de réussite.
        Mais très souvent nous ne disposons pas de tous ces éléments au niveau conscient, mais certaines observations que nous avons faites sont des images que nous avons vues, des phrases que nous avons entendues, mais sans nous en rendre compte, ont cependant été retenues par notre mémoire épisodique.
        Le cerveau se livre, en discussion entre le cortex préfrontal et le cerveau émotionnel à des raisonnements complexes qui allient éléments rationnels et sentiments plus subjectifs, et des conclusions inconscientes en résultent, et soudain nous arrivent de la mémoire à la conscience dans notre cerveau préfrontal qui pense.
        Parfois cela se réalise conformément à nos raisonnements inconscients et comme alors, nous n’avons pas eu conscience du cheminement complet, nous avons l’impression d’une “intuition prémonitoire”;
        Plus on est logique, mais aussi sensible et créatif, et plus cela vous arrive.
        On fit par s’y habituer, mais il ne faut surtout pas se prendre pour un devin.


        Quid de la télépathie.?
        Une utopie : toutes les expériences scientifiques de communication à distance entre individus “doués” se sont soldées par des probabilités pratiquement les mêmes qu’entre individus “non doués”.

        Vous me direz il y bien les ondes radio  et du courant dans le cerveau.
        D’abord ce n’est pas un vrai courant, mais une dépolarisation qui se propage. Mais surtout si on peut penser aux champs électriques et magnétiques et à des phénomènes d’émission à distance, d’une part on ne voit pas bien ce qui servirait d’antenne, et d’autre part les champs sont si faibles que la distance d’émission-réception serait ridicule. L’énergie mise en oeuvre est trop faible.
        Heureusement d’ailleurs car sinon le cerveau se perturberait lui même !!

        Par contre si la vraie communication de pensée n’existe pas, il existe un phénomène possible qui est la “conception simultanée”.
        J’avais au lycée deux camarades de classe que nous appelions les “jumeaux bambini”, (qui avaient le même âge, mais pas les mêmes parents) et qui étaient tout le temps ensemble pour travailler comme pour se distraire. Ils partageaient les mêmes activités, lisaient ensemble le même livre, inventaient des petites comédies dont ils jouaient à deux tous les rôles, (ils récitaient à eux deux et mimaient les grand classiques et notamment une version du Cid un peu arrangée, qui avait fait  la joie de la classe, mais avait fait rire jaune la professeur de français, qui leur avait demandé de raconter la pièce de Corneille).
        Quand nous discutions avec eux  nous déclenchions exactement les mêmes réactions chez l’un et chez l’autre, un peu plus vive et spontanée chez la fille. Mais surtout l’un pouvait commencer une phrase et l’autre la finir et réciproquement. C’était effectivement comme de la transmission de pensée, mais c’était simplement que leurs cerveaux, formés en permanence de la même façon, avaient fini par être assez en osmose, pour avoir des réactions voisines vis à vis des événements extérieurs.
        Ils avaient les mêmes goûts, mais je sais aussi aujourd’hui qu’ils avaient les mêmes préférences cérébrales, ce qui évidemment rapprochait leurs comportements.
        Je suis sûr que beaucoup d’entre vous ont connu des cas analogues.

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  • Le temps qui passe et la procrastination.

      Le temps qui passe et la procrastination.

     

     

     

     

     

     

     

     



        Lorsque l'on ne fait rien ou que l'on ne sait pas quoi faire, on a l'impression que le temps s'écoule lentement, on s'ennuie. Au contraire si on est très occupé, on trouve que le temps passe trop vite et que l'on n'a pas le temps de faire tout ce que l'on avait prévu.
              Lorsque nous sommes occupés nous ne pensons pas au temps qui passe, mais si nous nous demandons tout à coup, "mais quelle heure est il ?", en général nous ne nous trompons pas beaucoup. D'où nous vient cet instinct inconscient ?
              J'ai lu récemment un compte rendu de recherche dans Nature Neurosciences, qui donne un éclairage nouveau sur ce problème. 

               Pour le moment il ne s'agit que d'études sur des souris que l'on a dressées à attendre six secondes après un signal lumineux et sonore, pour appuyer sur un levier et sortir d'une cage. Il a fallu un délai d'apprentissage, mais ensuite elles faisaient sans problème ce test.
              Les chercheurs on vu des neurones du "corps enhorinal médian" (c'est à côté de l'hippocampe, (le sommaire de notre mémoire), qui s'activaient successivement l'un après l'autre, comme les lampes d'une guirlande de Noël. Lorsque le sixième neurone "s'allumait", la souris appuyait sur le levier.
              Ces souris ont donc dans leur cerveau un "chronomètre" qui compte les secondes.
              Mais en mesurant le temps écoulé, les chercheurs ont trouvé que certaines souris partaient au bout de 5 secondes et d'autres au bout de 7 seulement, mais c'était toujours quand le 6ème neurone s'activait : en fait les "compteurs" des souris n'avaient pas tous la même rapidité,

           J'ai déjà fait plusieurs articles sur les préférences cérébrales, et je vous ai décrit la différence entre les personnes de préférence "jugement" J, qui préférent anticiper sur les événements, essayer d’avoir barre sur eux, concevoir des projets qui soient réalisables et les réaliser conformément aux prévisions (ceci implique certes de percevoir les faits, d’avoir de l’information, mais encore plus de faire au préalable des prévisions et en permanence des choix), et les personnes de préférence "perception" P, qui préférent s'adapter aux événements, en faisant évoluer les projets en fonction des réactions extérieures, afin d’avoir plus de chances de les réaliser ensuite (ceci implique beaucoup mois de prévisions et de choix, mais par contre une collecte permanente de l’information pour adapter ses attitudes et ses actions).
           La personne de préférence P risque de remettre au lendemain certaines décisions et donc certaines actions, parce qu'elle cherche toujours à parfaire son information. Si c'est systématique, les psychologues appellent cela de la "procrastination". (Cras signifie demain en latin et donc "pro cras", c'est "pour demain").

           Des chercheurs chinois ont étudié le comportement de 132 personnes vis à vis de la procrastination, en même temps qu'ils leur faisaient passer des examens IRM de leur cerveau. Ils ont remarqué alors des anomalies :

           Les procrastinateurs ont deux régions hyperactives : des centres du cortex préfrontal ventromédian et d'autres du cortex para-hippocampique. Ce sont des régions qui favorisent le "vagabondage cérébral".
           Quand il faut décider et agir, ces régions commencent à vagabonder et à nous distraire de notre but et nous faisant apparaître des tas d'idées, plaisantesntes de préférence, mais pas indispensables en général.
           A l'inverse une autre zone est plutôt sous-active : le cortex préfrontal antérieur et c'est justement le centre qui modère l'activité des régions de vagabondage, qui sont donc d'autant plus actives qu'elles ne sont pas tempérées.
           De plus, quand on commence ainsi à se détacher des buts poursuivis, les centres amygdaliens qui gèrent peur, colère et les émotions déplaisantes, prennent le pas sur le cortex préfrontal qui réfléchit, et n'incitent donc pas à agir, si cette action vous paraît ennuyeuse.
             Les centres amygdylien n'ont pas la notion du temps qui passe, et donc ils vont inciter à faire ce qui est désagréable plus tard, et donc à reporter au lendemain.
            D'où la procrastination.

            Mais en outre l'étude que j'ai citée en premier sur les souris nous fait nous poser la question : les procrastinateurs auraient ils des neurones qui égrènent le temps plus lents que pour les autres personnes.? Ainsi ils mettraient plus de temps à se décider.
             Ce n'est pas facile d'extrapoler des souris à l'homme

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  • http://lancien.cowblog.fr/images/images/image001410012259desideeslumineuses.jpg
       Le confinement a posé bien des problèmes aux élèves et étudiants, et j'ai aidé certains d'entre eux en philo, maths ou physique.

        Il est certain que la classe sans le contact avec le professeur, rend les cours plus difficiles à comprendre, et j'ai donc dû essayer de donner des explications complémentaires. Cela m'a parfois embarrassé quand les explications du professeur ne correspondaient pas aux notions que j'avais apprises.

       Une question m'a rappelé mes lointaines études de philo, mais aussi tout ce que j'ai appris depuis sur le fonctionnement du cerveau : “qu’est ce que l’intuition” et j’ai trouvé cela intéressant au point d'en faire aujourd'hui un article sur mon blog.

        Je crois que son professeur a présenté l’intuition comme un mode particulier de perception, qui n’est pas une perception détaillée et précise, mais une sensation globale, moins consciente, moins dirigée.
        Effectivement au 19ème siècle, les psychologues considéraient l’intuition comme une sensation.

        CG Jung, par exemple, dans son livre “les types psychologiques” classe les modes de perception en deux types : “sensation” qui est le mode de l’observation détaillée, raisonnée et pas à pas, et “intuition” qui est la perception globale, instinctive, moins consciente.
        Et mesdames Myers et Briggs, à l’origine des “préférences cérébrales” (le MBTI) faisaient la même distinction, en anglais cette fois.
        Personnellement cette interprétation me gêne (et je vais vous expliquer pourquoi) et si le terme de sensation (S) me convient, j’ai remplacé intuition par “global” (G).

        La langue évolue au cours des années et aujourd’hui l’appellation courante d’intuition ne désigne plus une sensation, mais un mode, un critère de décision, de choix.
        Je vous traduis dans les lignes qui suivent l’extrait d’un cours de psychologie de l’université d’Oxford :
                         
    " Le terme d'intuition (du latin intuiteor : je vois), est employé en philosophie pour parler du pouvoir supposé de l’esprit de percevoir ou de “voir” certaines vérités auto-évidentes, notamment dans le domaine des relations humaines et sociales. (cf. Jung).
        Prise sous cette acception, l’intuition est peut être en grande partie le fait de perceptions subliminaires issues des mimiques, des gestes, des remarques en passant, ainsi que des connaissances des modes de communication et de motivation, et plus généralement du comportement des hommes et des femmes.                                                                               
    Le statut de l’intuition s’est dégradé au cours du vingtième siècle, sans doute en raison de l’insistance croissante sur la logique formelle, dans notre culture,
        L’Anglais moyen et même l’Anglais cultivé ne lient plus l’intuition à la perception, mais à la décision. De nos jours, il s'agit essentiellement du fait d'arriver à des décisions ou à des conclusions en l'absence de processus conscients de raisonnement.
        On pense parfois pouvoir se fier aux intuitions, et il est vrai que nous agissons en effet le plus souvent sans savoir pourquoi, et dans l'ignorance de nos raisons. Il est sans aucun doute rare d'exprimer un argument en termes formels, et d'avancer pas à pas de la manière prescrite par les logiciens. En ce sens, presque tous nos jugements et presque tout nos comportements, sont intuitifs."


        Ce texte est tout à fait explicite et ne s’applique pas qu’aux anglais, mais dans tous les pays occidentaux : c’est un problème de culture.

        Mais il est intéressant de réfléchir davantage aux causes possibles de l’intuition.
        Certains d’entre vous me parlent de “prémonition” et ont l’air de croire, lorsqu’elles ont une intuition vraie, notamment sur ce qu’il va se produire et qui donc conditionne leurs décisisons, ou lorsqu’il y a coïncidence entre leur intuition de ce qu’il faudrait faire et la réalité, qu’il s’agit d’un phénomène extraordinaire, presque divinatoire.
        En fait, l’intuition n’est qu’un processus tout à fait normal et banal de fonctionnement inconscient de notre cerveau.
        L’intuition découle de la connaissance et de la mémoire.

        L’intuition ne paraît pas faire appel à la raison et semble une évidence qui se manifeste soudain, sans que ce soit la conclusion d’un raisonnement et donc sans que nous puissions en justifier la teneur.

        De nombreux philosophes ont donné leur définition de ce phénomène.
        Les neurobiologistes sont plus explicites. Ils pensent qu’une personne qui n’a ni instruction, ni expérience a peu d’intuition.
        Pour eux l’intuition est due à un raisonnement inconscient mené en collaboration entre le cortex frontal qui fait preuve de logique, le cerveau émiotionnel qui évalue les situations et apporte l’aspect émotions et sentiments et l’hippocampe qui consulte la mémoire des connaissances et des faits.
        Ce sont l’ensemble de ces données qui donneraient lieu à des hypothèses et des conclusions, qui, lorsqu’elles arrivent à la conscience par le canal du cortex préfrontal, donneraient naissance à “l’intuition”.

        Vous cherchez la solution d’un problème de maths ou de physique et vous “séchez”. Puis tout à coup, intuition de génie, vous avez trouvé ce qu’il fallait faire, sans avoir en apparence fait l’effort de raisonner de trouver la solution pas à pas.
       Désolé, vous n’êtes pas un génie ! Simplement les données se sont rassemblées dans votre mémoire, votre cortex réfléchissait avec ses mémoires tampons et puis il a trouvé tout à coup un chemin possible, alors c’est venu au niveau conscient. Mais pour que cela se fasse, il fallait que vous ayez appris un minimum de choses en maths et en physique : sans la connaissance du cours, pas de réussite aux exercices !!
        Et mes petits enfants lorsqu'ils préparaient le bac, il y  quelques années, étaient toujours étonnés parce qu’en lisant simplement l’énoncé, je sais comment résoudre leur problème. Cette intuition, c’est juste parce que j’ai fait beaucoup plus de maths qu’eux après le bac, et notamment beaucoup plus d’exercices !!! Je n’ai pas la “bosse des maths”. J'ai juste un peu d'expérience et de mémoire. 

        Prémonition : cela n’existe pas en tant que devin de l’avenir.
        Mais vous rassemblez par exemple inconsciemment des données sur la météo et vous mémorisez certaines d’entre elles, les impressions de vos sens.
        Moi qui suis vieux et habitué à la Bretagne, je peux “prédire” le temps du lendemain (et je me trompe rarement), en regardant le ciel, les nuages, le vent, en “sentant” l’humidité, en voyant le comportement des mouettes. Tout ceml est plus ou moins conscient. Mais en méditerrannée, je me tromperais beaucoup plus, car je n’aurais pas en mémoire les bons éléments.
        Vous pouvez vous attendre à ce que quelqu’un vous téléphone, car votre cerveau a rassemblé des données sur la probabilité de cet évènement et au moment où cela arrive à votre conscience, le téléphone sonne. Réflexion inconsciente et un peu de coïncidence heureuse !

        Et la créativité me direz vous, qu’elle soit scientifique ou artistique ?
    C’est un peu la même chose. Vous ne créez pas “ex nihilo”.
        Votre mémoire a stocké des données multiples.
        Et inconsciemment une connexion se fait entre neurones, qui rapproche des données de façon originale, des données que personnes n’avait encore songé à rapprocher. C’est cela la créativité, l’invention.
        Mais sans données emmagasinées avant, vous n’auriez rien inventé, rien créé de nouveau.

        Pour avoir une intuition, il faut d’abord connaître, et plus votre savoir sera important plus vous aurez des intuitions dans ce domaine.
        Ce qui nous épate, c’est que le cerveau fasse ainsi un travail intelligent de résolution de problème, de façon inconsciente en comparant des données de notre mémoire, et que nous n’en ayons conscience que lorsque le résultat est trouvé. Voilà l’intuition.

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  •  
    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/ilyaunalligator.jpg    On croyait jusqu’à présent que lorsqu’on s’endormait, tout le cerveau plongeait très rapidement en même temps dans une activité réduite, de façon globale et homogène.

        Une étude du Service de neurologie de l’Hôpital de Lyon, et de l’INSERM et de l’université de Lyon, dont les équipes  étudient les phases de l'endormissement et la façon dont le cerveau change d'activité au moment de basculer dans le sommeil, remet en question cette conception.
        Un patient épileptique est soigné dans ce service et il a fallu lui implanter des électrodes dans le cerveau pour localiser l'origine de ses crises. Michel Magnin et son équipent en profitent pour suivre l'activité de différentes aires de son cerveau, 24 heures sur 24.
        Quand le sommeil commence à envahir son cerveau, ces chercheurs constatent que, contrairement aux hqpothèses qui prévalaient jusqu'à maintenant, c'est le thalamus qui passe le premier en mode sommeil, avec des décharges périodiques des neurones  qui passent de 40 à quelques décharges par seconde.
        Le thalamus coordonne nos sensations (voir mon article du 20/04/2018), les trie et envoie au cortex frontal les informations qu’il juge importantes et qui viennent alors à la conscience.
        Donc quand il se met ainsi en sommeil, nous ne percevons plus avec nos sens ce qui se passe à l’extérieur ou du moins, même s’il restes quelques perceptions, nous n’en sommes plus conscients

        Lentement, l’activité se ralentit ensuite ensuite dans d'autres zones : notamment frontales et temporales. On n’a plus conscience de ce qui se passe, on ne réfléchit plus, on ne coordonne plus le fonctionnement rationnel du cerveau, car le cortex préfrontal se met lui aussi en sommeil.

        Le patient dort, et pourtant, certaines zones de son cortex sont encore éveillées. Plus de 15 minutes après le début du sommeil, on note encore une activité de haute fréquence caractéristique de l'éveil dans certaines aires cérébrales.
        Tout se passe comme si le thalamus, sorte de relais entre les informations extérieures et le cortex préfrontal, donnait le signal du repos au reste du cerveau, qui met ensuite du temps à s'abandonner entièrement aux bras de Morphée.

        Selon les neurobiologistes, le thalamus répond aux consignes de deux autres centres régulateurs, l'hypothalamus et une zone du tronc cérébral, lesquels tiennent compte de l'état de fatigue de l'organisme et de l'avancement de la journée, certains neurones du tronc cérébral battant la mesure de la fréquence des oscillation  et, peu,à peu, ce mécanisme enclenché, l'activité à quatre oscillations par seconde environ au lieu de 40, gagne ensuite progressivement l'ensemble du cortex, provoquant l'assoupissement, cette fréquence faible permettant une économie d'énergie essentielle au repos.

         Lorsqu'on s'endort, il faut ainsi savoir que certaines zones du cerveau restent actives et continuent de produire des perceptions, des images, des bribes de pensées, après la baisse d’activité du thalamus et de notre cortex frontal siège de la pensée consciente.
        Dans les moments qui précèdent le sommeil total ces activités rémanentes et fragmentaires de diverses zones corticales qui tardent à s'endormir se manifestent et échangent encore, notamment au niveau de la mémoire et ainsi certaines de nos préoccupations ou de nos sensations des dernières minutes, interfèreront ensuite avec l’activité nocturne du cerveau au repos, qui va éliminer toutes les mémorisations inutiles, et interviendront ainsi dans nos rêves.
        
         Cela explique ce que l'on constate chez les personnes âgées qui parfois "déraillent" un peu au moment du sommeil et du réveil ou chez les malades d'Alzheimer. Au réveil, des mémorisations erronées n'ayant rien à voir avec la réalité, provenant de cette période d'endormissement, ou des rêves au réveil, sont prises pour la réalité et ces personnes ont des souvenirs complètement erronés dont certains sont d'ailleurs liés à leurs préoccupations profondes.
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