•      J'ai déjà fait plusieurs articles sur le sommeil et notamment j'ai décrit les diverses phases de sommeil (17/06/2017 : Les diverses phases du sommeil. et 04/04/2018 : Les divers stades du sommeil (4)) et j'ai expliqué quels étaient les centres du cerveau qui intervenaient dans l'endormissement (05/04/2018 : Qui nous tient éveillés et qui nous endort ? (5)).

         Je vous renvoie à ces articles et je ne traiterai aujourd'hui que des insomnies

      Près de 30 % de la population générale se plaint de mal dormir, quelle qu'en soit la cause, et 10 % présentent une forme grave. Cette forte prproportrion se retrouve dans la majorité des pays industrialisés.
        L'insomnie prend diverses formes: difficultés d'endormissement, éveils noctumes, réveil matinal précoce ou encore sommeil ressenti comme non récupérateur.
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       L’insomnie concerne plus les femmes que les hommes et touche différemment les diverses catégories professionnelles, comme le montrent les graphiques ci-dessus et ci-contre.
        L’insomnie se manifeste 24 heures sur 24, la nuit par un sommeil insuffisant, le jour par des difficultés qui rappellent sans cesse le
    mauvais sommeil.
        Le vécu de l'insomniaque est donc très différent de celui du court dormeur, qui, même s'il dort peu - moins de six heures par nuit -, se sent en forme dans la joumée. Ce n'est pas non plus un sommeil comparable a celui d'un dormeur qui éprouve des difficultés d' endor-missement en raison d'un retard de son horloge biologique, car, dès que le sommeil s'établit, il est normal et récupérateur.
         Je n'ai malheureusement pas trouvé de statistique sur les insomnies pendant le confinement : cela aurait étéintéressant de comparer.
     
        J’ai lu un article sur le sommeil des adolescents et je vous en résume le contenu :
        Le sommeil se modifie au moment de l’adolescence. Les mécanismes de régulation du sommeil homéostatique et circadien, sont influencés par la puberté, notamment par divers facteurs hormonaux.
        Le sommeil lent profond diminue notablement par rapport au sommeil de I'enfance, et la quantité de sommeil lent léger augmente, avec une plus grande difficulté lors de l'endormis-sement et des réveils nocturnes plus faciles. Pourtant les besoins en sommeil restent importants, de l' ordre de neuf heures par jour.        
        Une enquête de l'lnstitut du sommeil et de la vigilance indique que 37% de jeunes de 15 à 19 ans se plaignent d'insomnie (difficultés a s'endormir et/ou réveils fréquents la nuit et/ou réveil tôt le matin sans arriver a se rendormir) ; chez 19% des jeunes interrogés, ces manifestations sont fréquentes, et 10 % des jeunes interrogés prennent des médicaments pour lutter contre l'anxiété,la déprime et pour dormir et 2 % de façon régulière.
        Chez I'adolescent, iI existe une tendance physiologique normale  à retarder l’heure de I'endormissement (23 heures ou minuit et il habite son horloge biologique à croire qu'il est 20h), sans qu’il s’agisse d'une insomnie puisque, dès qu'iI est endormi, son sommeil est normal et de bonne qualité. L'utilisation des moyens audiovisuels et informatiques a aggravé ce phénomène.
        Comme les contraintes scolaires obligent les adolescents a se lever tôt, ce retard de phase du sommeil provoque une insuffisance chronique de sommeil (quand le réveil sonne à 7 heures du matin, l'horloge biologique marque 4h !) : 30  % des adolescents sont somnolents durant la journée, somnolence qui a des conséquences négatives sur les capacités d'apprentissage, et même les adolescents qui dorment bien, sont en manque de sommeil, puisqu'ils sont physiologiquement décalés pour s'endormir tard. Se greffent ensuite des comportements de « couche-tard » qui ne font qu'exacerber les décalages physiologiques normaux.
        Mais la diminution du temps de sommeil est un phénomène général. Une enquête de 2018 montre que la moitié des Français estiment d'ailleurs ne pas dormir suffisamment. Si la moyenne se situe aujourd'hui à 7h30, plus d'un quart des Français dorment moins de six heures par nuit. Il faut toutefois noter une petite population de privilégiés :  15 % dorment plus de 9 heures par nuit, et un tiers des français s'accorde 1h 10 de sieste chaque jour ! Mais globalement, nous avons perdu 1h 30 de sommeil en une quinzaine d'années.
        Quelles sont les raisons de cette raréfaction du sommeil ? 37 % déclarent que les horaires et les rythmes de travail sont en cause et le passage aux 35 heures n'a rien arrangé. Autre cause : l'allongement du temps de transport. Et près de 60 % des personnes avec un enfant déclarent ne pas dormir suffisamment. 

        On distingue l’insomnie “transitoire” qui n’apparaît que pendant une période limitée et l’insomnie chronique, qui elle peut durer des mois.
        L'insomnie transitoire survient de façon occasionnelle en réaction ponctuelle à une situation précise, associée à un stress et.qui nécessite une adaptation physiologique ou psychologique.
        Tous les événements de la vie, heureux ou non, les difficultés personnelles ou professionnelles, les changements de conditions environnementales - bruit, température, altitude - peuvent provoquer une telle insomnie, qui dure jusqu'à ce que la situation redevienne normale ou que l'organisme s'adapte; cela demande de quelques jours à quelques semaines.
        Le principal problème de cette insomnie d'ajustement réside dans  ses conséquences éventuelles : il peut s'installer des réactions ou des attitudes qui sont incompatibles avec le sommeil. L'insomnie est entretenue par une anxiété excessive, des traitements inappropriés, l'abus de médicaments pour dormir, la prise d'alcool ou d'autres substances psychoactives. Tous ces facteurs prolongent l'insomnie et risquent de la rendre chronique.

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        Comment lutter contre l’insomnie, voilà ce que recommandent les biologistes et médecins :

        Les bonnes hobitudes
            Limitez le temps passé au lit au temps de sommeil ;
            Évitez de faire des siestes durant la journée ;
            Réservez au moins une heure de détente avant le coucher;
            Allez au lit uniquement lorsque vous êtes somnolent;
            Si le sommeil ne survient pas au bout de 15 a 20 minutes, levez-vous et faites une activité tranquille dans une autre pièce, puis retournez au lit uniquement lorsque vous serez somnolent;
            Levez-vous à la même heure tous les matins (même les week-ends), quelles que soient la qualité et la quantité de votre sommeil ;
            Essayez de vous coucher aussi à des heures à peu près régulières. Plus vos horaires seront réguliers, mieux vous dormirez.  
            Réservez le lit et la chambre à coucher uniquement au sommeil et aux activités sexuelles.
            N'essayez pas de déclencher le sommeil sur commande;
            Ne considérez pas "insomnie comme responsable de toutes les difficultés de la journée ;    
            Ne paniquez pas apres une mauvaise nuit de sommeil ; .        
            Développez une certaine tolérance aux effets du manque de sommeil;
            Si vous vous réveillez dans la nuit, surtout ne ressasez pas vos problèmes;
            Ne prenez de somnifère qu’en toute extrémité et après avis du médecin

        L’environnement :
        Certaines habitudes de vie et divers facteurs environnementaux peuvent avoir un impact sur la qualité du sommeil, notamment I'alimentation, la consommation d'aleool, le confort de la chambre et du lit, ....
    .       Évitez la caféine quatre a six heures avant I'heure du coucher en raison de son effet stimulant; .
            Évitez de fumer a I'heure du coucher et lors des éveils nocturnes ; .    
            Évitez les repas copieux proches de l'heure du coucher;
            Évitez de consommer de lalcool en fin de soirée, puisqu'iI peut occasionner un sommeil plus fragmenté et des réveils matinaux prématurés. .
            Favorisez  l’activité physique durant la journée ou en début de soirée, mais pas en fin de soirée en raison de son effet stimulant ;
            Privilégiez un environnement confortable, sombre et calme pour votre chambre a coucher;
            Évitez les températures extrêmes dans la chambre a coucher, et veillez à une certaine aération (alimentation en oxygène).

        J’espère que ces recommandations, si vous ne les connaissiez pas déjà, vous seront utiles.
     
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  • Souris et anesthésie.

    Souris et anesthésie.Souris et anesthésie.

               Je ne sais pas si vous avez été endormi(e) pour une opération. Moi, c’était uniquement pour un examen de l’estomac avec une sonde.

              C’est une sensation bizarre; on vous fait compter, vous vous rappelez avoir commencé puis plus rien, pas un souvenir, pas une sensation.

     Et j’ai émergé juste au moment où on achevait de me retirer la sonde de la gorge. Après je n’avais pas l’esprit très clair pendant quelques minutes, le temps qu’on m’emmène en réanimation pour un séjour d’observation d’une heure, et j’avais l’impression qu’il ne s’était rien passé, que j’étais entré et sorti immédiatement de la salle d’examen.

              C’est bizarre comme effet, sous l’influence probablement de la kétamine, de l’isoflurane ou d’un autre anesthésiant. J’ai oublié de demander lequel.

              Mais je viens de lire, à ce sujet, un article intéressant.

     

              Les neurobiologistes ont évidemment cherché quels étaient les effets sur le cerveau de tels produits anesthésiants.

              Ce n’est pas un simple endormissement.

              Certes ces produits agissent sur les centres qui régissent le sommeil, à commencer par l’hypothalamus, et provoquent un sommeil, mais accompagné de bien d’autres manifestations. Ils agissent en particulier sur les centres amygdaliens, qui régissent l’angoisse et la peur, et sur l’insula qui remonte à la conscience les sensations internes de notre corps. Ces centres agissent ensuite sur les centres qui remontent à l’hypothalamus les sensations de douleurs, jouant ainsi un rôle analgésique.

              C’est une zone particulière des centres amygdaliens centraux qui est concernée. Les chercheurs ont déterminé la zone correspondante dans le cerveau des souris et ils ont réussi à l’activer artificiellement et ils ont constaté que l’effet analgésique se produisait, sans qu’on ait à utiliser les anesthésiants et à endormir les souris. A l’inverse, en bloquant ces neurones, on rendait inopérante l’action des anesthésiants.

     

              Il n’est pas question de solliciter directement les centres amygdaliens chez l’être humain, car la méthode serait trop intrusive. Par ailleurs l’endormissement est nécessaire pour que l’opéré ne voit pas ce que l’on fait sur son corps. 

              Mais une meilleure connaissance du mécanisme de blocage de la douleur est important, car elle permettra de mieux être certain que le patient ne va pas ressentir des douleurs, qui pourraient ensuite causer un choc traumatique.

     

             Un autre article sur la douleur m’a amusé. 

              Les chercheurs ont demandé à des expérimentateurs de mettre leur main dans de l’eau glacée, ce qui, au bout d ‘un moment, provoque la douleur.

               Une partie d’entre eux devaient se soulager en proférant des jurons, alors que les autres ne devaient employer que des mots corrects et anodins.

     Ceux qui juraient ont vu leur tolérance à la douleur augmenter (seuil plus haut, temps maximal supporté plus long).

              Malheureusement on n’a pas encore élucidé la raison du phénomène

              Mais maintenant, je ne me retiendrai plus de jurer si je me donne un coup de marteau sur les doigts !

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  • Puis-je maîtriser mon cerveau ?

     

         J’ai lu une étude d’Andrea Caria et Niels Bribaumer de l'Université de Tübingen, qui m’a intéressé mais aussi un peu inquiété car, comme beaucoup d’avancées dans le domaine des sciences, on peut ensuite s’en servir  à des fins diverses dont certaines peuvent être néfastes.

        Contrôler l'activité de son cerveau pour maîtriser ses émotions ou décupler ses capacités intellectuelles : ce ne sera peut-être plus un fantasme dans quelques années..

        Le procédé se nomme “neurofeedback” et consiste à observer en temps réel pendant que l’on pense et réfléchit, l'activité de son cerveau à l'aide d'un scanner, pour tenter d'amplifier ou de réduire cette activité.
        Par exemple, une personne voit s'afficher sur un écran l'activité du cortex insulaire de son cerveau émotionnel, (appelé aussi “insula”), de ses centres amygdaliens ou de son cortex cingulaire, centres très importants en matière d’émotion et de créativité. (voir schéma ci-dessous)

    Puis-je maîtriser mon cerveau ?

         Des électrodes, placées sur le cuir chevelu, enregistrent les signaux électriques émis par le cerveau, qui reflètent certains états mentaux dans lequel on peut se trouver.
         Ces signaux sont numérisés par un appareil relié soit à un écran d’ordinateur si le programme d’entraînement utilise l’image (par le biais de jeux vidéo le plus souvent), soit à un casque audio s’il s’appuie sur le son (de la musique généralement), soit aux deux.
         Par un travail mental ou cognitif, le patient doit réussir, en augmentant l’intensité de certains signaux et en en “bridant” d’autres, à faire évoluer en temps réel l’image sur l’écran (par exemple déplacer une montgolfière, assembler les pièces d’un puzzle, accélérer une voiture...) ou le son dans les écouteurs (par exemple faire baisser les aigus ou augmenter les graves d’un opéra).

    Puis-je maîtriser mon cerveau ?     En s'entraînant devant l’écran du scanner, à faire baisser l'activité de l'une de ces zones émotionnelles, par essais et erreurs successives le sujet pourrait agit sur son cerveau et sur sa sensibilité aux situations émotionnelles ou stressantes. 

        On constate que des personnes ayant subi cinq séances d'entraînement de 30 secondes ressentent ensuite moins d'émotions négatives à la vue d'images pénibles, qu'il s'agisse de visages agressifs ou de photos d'accidents ou d'attentats. La zone du cerveau concernée, après avoir été « calmée » par l'introspection, est moins alarmée par les stimuli pénibles qu'on lui propose.
        L’inverse est également vrai.
        Un court entraînement où le sujet s'efforce de renforcer l'activité de son insula rend le sujet plus sensible aux émotions et stimulations hostiles.

        Le cerveau apparaît comme un miroir de l'activité mentale, et il peut la moduler.
        Tout le monde n'exerce pas un contrôle efficace sur ces états émotifs : les psychopathes n'arrivent pas à activer leur insula à la vue de la détresse d'autrui, ce qui entraîne une forme d'insensibilité pouvant favoriser les comportements immoraux. Leur apprendre à restaurer l'activité de leurs zones cérébrales par des méthodes de neurofeedback serait d'un grand intérêt thérapeutique.
        De même, les personnes sujettes à des phobies sociales présentent une hyperactivité de ces zones cérébrales qui les rend d'une émotivité excessive dès qu'elles sont en public. Des exercices visant à minimiser l'activité de l'insula en temps réel seraient alors bénéfiques.

        Des exemples similaires sont cités à propos de l'anxiété. De façon générale, le suivi en direct de l'activité du cerveau offre un moyen au sujet lui-même de moduler son fonctionnement, sans implantation d'électrodes, ni administration de médicaments. Une forme d'introspection par scanner interposé.

    Puis-je maîtriser mon cerveau ?    Je suis conscient que cette étude a une portée importante au plan de la thérapie médicale et elle me paraît très intéressante dans la mesure où elle reste sous le contrôle de médecins.
        Par contre la généralisation de cette méthode et la mise à la portée de tous, me paraitrait inquiétante, un peu comme si on mettait à la disposition des gens les médicaments d’une pharmacie (avec leur notice).

        De même que l’utilisation de médicaments psychotropes est loin d’être sans danger et sans risque à moyen terme, je pense  que l’utilisation anarchique et intensive de telles méthodes pourarit avoir des conséquences que nous ne soupçonnons pas.
        Heureusement le scanner cérébral n’est pas un outil pour le moment bon marché et facile à utiliser, mais il en était ainsi il y a trente ans pour bien des appareils électroniques.
        De telles méthodes devraient à mon avis rester sous le contrôle de médecins ou de chercheurs en neurobiologie.

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  • Nota : j'ai fermé les yeux en publiant cette image; à 88 ans, je n'ai plus le droit de lire Tintin ! (de 7 à 77 ans, c'est injuste !).
    Mais je vais sacheter une lampe de poche et les relire en cachette la nuit , bien caché sous mon drap comme quand j'étais petit, pour que la lumière ne se voie pas.

    http://lancien.cowblog.fr/images/images/telepathie.jpg
        Il y a sur Eklablog des blog qui traitent des phénomène paranormaux et je vais parfois voir ce qu'ils racontent et j'ai reçu une question, qui peut se résumer ainsi :

    “La télépathie existe t’elle ? Deux cerveaux pourraient ils communiquer entre eux un jour?”
        Avec une sous-question :
    “ A t’on des prémonitions inconscientes ?”


        Traitons le problème des prémonitions : je dirai oui et non comme un bon normand que je ne suis pas.
        Non, car personne ne peut prédire l’avenir. On peut toujours agir sur l’avenir pour qu’il ne soit pas ce qu’il aurait été si on n’avait rien fait.
        Les personnes qui prétendent prévoir l’avenir (et en général en font un commerce) sont de purs escrocs. Cela dit, s’ils sont très intelligents ils peuvent donner de bons conseils.
        Oui car parfois nous disposons d’un ensemble de faits, de données, qui font que le nombre et la nature des solutions possibles n’est pas très grand et que donc on pourrait, par raisonnement, prédire ce qui va se passer et comment, et cela, avec un pourcentage élevé de chances de réussite.
        Mais très souvent nous ne disposons pas de tous ces éléments au niveau conscient, mais certaines observations que nous avons faites sont des images que nous avons vues, des phrases que nous avons entendues, mais sans nous en rendre compte, ont cependant été retenues par notre mémoire épisodique.
        Le cerveau se livre, en discussion entre le cortex préfrontal et le cerveau émotionnel à des raisonnements complexes qui allient éléments rationnels et sentiments plus subjectifs, et des conclusions inconscientes en résultent, et soudain nous arrivent de la mémoire à la conscience dans notre cerveau préfrontal qui pense.
        Parfois cela se réalise conformément à nos raisonnements inconscients et comme alors, nous n’avons pas eu conscience du cheminement complet, nous avons l’impression d’une “intuition prémonitoire”;
        Plus on est logique, mais aussi sensible et créatif, et plus cela vous arrive.
        On fit par s’y habituer, mais il ne faut surtout pas se prendre pour un devin.


        Quid de la télépathie.?
        Une utopie : toutes les expériences scientifiques de communication à distance entre individus “doués” se sont soldées par des probabilités pratiquement les mêmes qu’entre individus “non doués”.

        Vous me direz il y bien les ondes radio  et du courant dans le cerveau.
        D’abord ce n’est pas un vrai courant, mais une dépolarisation qui se propage. Mais surtout si on peut penser aux champs électriques et magnétiques et à des phénomènes d’émission à distance, d’une part on ne voit pas bien ce qui servirait d’antenne, et d’autre part les champs sont si faibles que la distance d’émission-réception serait ridicule. L’énergie mise en oeuvre est trop faible.
        Heureusement d’ailleurs car sinon le cerveau se perturberait lui même !!

        Par contre si la vraie communication de pensée n’existe pas, il existe un phénomène possible qui est la “conception simultanée”.
        J’avais au lycée deux camarades de classe que nous appelions les “jumeaux bambini”, (qui avaient le même âge, mais pas les mêmes parents) et qui étaient tout le temps ensemble pour travailler comme pour se distraire. Ils partageaient les mêmes activités, lisaient ensemble le même livre, inventaient des petites comédies dont ils jouaient à deux tous les rôles, (ils récitaient à eux deux et mimaient les grand classiques et notamment une version du Cid un peu arrangée, qui avait fait  la joie de la classe, mais avait fait rire jaune la professeur de français, qui leur avait demandé de raconter la pièce de Corneille).
        Quand nous discutions avec eux  nous déclenchions exactement les mêmes réactions chez l’un et chez l’autre, un peu plus vive et spontanée chez la fille. Mais surtout l’un pouvait commencer une phrase et l’autre la finir et réciproquement. C’était effectivement comme de la transmission de pensée, mais c’était simplement que leurs cerveaux, formés en permanence de la même façon, avaient fini par être assez en osmose, pour avoir des réactions voisines vis à vis des événements extérieurs.
        Ils avaient les mêmes goûts, mais je sais aussi aujourd’hui qu’ils avaient les mêmes préférences cérébrales, ce qui évidemment rapprochait leurs comportements.
        Je suis sûr que beaucoup d’entre vous ont connu des cas analogues.

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  • Le temps qui passe et la procrastination.

      Le temps qui passe et la procrastination.

     

     

     

     

     

     

     

     



        Lorsque l'on ne fait rien ou que l'on ne sait pas quoi faire, on a l'impression que le temps s'écoule lentement, on s'ennuie. Au contraire si on est très occupé, on trouve que le temps passe trop vite et que l'on n'a pas le temps de faire tout ce que l'on avait prévu.
              Lorsque nous sommes occupés nous ne pensons pas au temps qui passe, mais si nous nous demandons tout à coup, "mais quelle heure est il ?", en général nous ne nous trompons pas beaucoup. D'où nous vient cet instinct inconscient ?
              J'ai lu récemment un compte rendu de recherche dans Nature Neurosciences, qui donne un éclairage nouveau sur ce problème. 

               Pour le moment il ne s'agit que d'études sur des souris que l'on a dressées à attendre six secondes après un signal lumineux et sonore, pour appuyer sur un levier et sortir d'une cage. Il a fallu un délai d'apprentissage, mais ensuite elles faisaient sans problème ce test.
              Les chercheurs on vu des neurones du "corps enhorinal médian" (c'est à côté de l'hippocampe, (le sommaire de notre mémoire), qui s'activaient successivement l'un après l'autre, comme les lampes d'une guirlande de Noël. Lorsque le sixième neurone "s'allumait", la souris appuyait sur le levier.
              Ces souris ont donc dans leur cerveau un "chronomètre" qui compte les secondes.
              Mais en mesurant le temps écoulé, les chercheurs ont trouvé que certaines souris partaient au bout de 5 secondes et d'autres au bout de 7 seulement, mais c'était toujours quand le 6ème neurone s'activait : en fait les "compteurs" des souris n'avaient pas tous la même rapidité,

           J'ai déjà fait plusieurs articles sur les préférences cérébrales, et je vous ai décrit la différence entre les personnes de préférence "jugement" J, qui préférent anticiper sur les événements, essayer d’avoir barre sur eux, concevoir des projets qui soient réalisables et les réaliser conformément aux prévisions (ceci implique certes de percevoir les faits, d’avoir de l’information, mais encore plus de faire au préalable des prévisions et en permanence des choix), et les personnes de préférence "perception" P, qui préférent s'adapter aux événements, en faisant évoluer les projets en fonction des réactions extérieures, afin d’avoir plus de chances de les réaliser ensuite (ceci implique beaucoup mois de prévisions et de choix, mais par contre une collecte permanente de l’information pour adapter ses attitudes et ses actions).
           La personne de préférence P risque de remettre au lendemain certaines décisions et donc certaines actions, parce qu'elle cherche toujours à parfaire son information. Si c'est systématique, les psychologues appellent cela de la "procrastination". (Cras signifie demain en latin et donc "pro cras", c'est "pour demain").

           Des chercheurs chinois ont étudié le comportement de 132 personnes vis à vis de la procrastination, en même temps qu'ils leur faisaient passer des examens IRM de leur cerveau. Ils ont remarqué alors des anomalies :

           Les procrastinateurs ont deux régions hyperactives : des centres du cortex préfrontal ventromédian et d'autres du cortex para-hippocampique. Ce sont des régions qui favorisent le "vagabondage cérébral".
           Quand il faut décider et agir, ces régions commencent à vagabonder et à nous distraire de notre but et nous faisant apparaître des tas d'idées, plaisantesntes de préférence, mais pas indispensables en général.
           A l'inverse une autre zone est plutôt sous-active : le cortex préfrontal antérieur et c'est justement le centre qui modère l'activité des régions de vagabondage, qui sont donc d'autant plus actives qu'elles ne sont pas tempérées.
           De plus, quand on commence ainsi à se détacher des buts poursuivis, les centres amygdaliens qui gèrent peur, colère et les émotions déplaisantes, prennent le pas sur le cortex préfrontal qui réfléchit, et n'incitent donc pas à agir, si cette action vous paraît ennuyeuse.
             Les centres amygdylien n'ont pas la notion du temps qui passe, et donc ils vont inciter à faire ce qui est désagréable plus tard, et donc à reporter au lendemain.
            D'où la procrastination.

            Mais en outre l'étude que j'ai citée en premier sur les souris nous fait nous poser la question : les procrastinateurs auraient ils des neurones qui égrènent le temps plus lents que pour les autres personnes.? Ainsi ils mettraient plus de temps à se décider.
             Ce n'est pas facile d'extrapoler des souris à l'homme

    .

     

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