• Bac 2017; sujets de philo; culture, œuvre d'art

     

    Bac 2017; sujets de philo; culture, œuvre d'art

    Encore ce que m’inspirent les sujets du bac 2017.
    Aujourd’hui, je traiterai successivement de deux sujets différents :

    Bac S : Peut-on se libérer de sa culture ?

              Je ne pense pas que le terme se libérer soit équivoque, c’est « faire abstraction de », « s‘affranchir » ou « ne plus subir la contrainte de ».
              Par contre les limites du terme « culture » mériteraient d’être définies.

              Le mot culture recouvre deux notions assez différentes : 
                     - d’une part ce qui relatif à l’héritage de civilisation : mœurs, valeurs, codes sociaux, archétypes chers à CG Jung, y compris des aspects négatifs tels les préjugés.
                    - d’autre part ce qui est relatif à notre vie : éducation des parents qui ont transmis certaines règles morales et de vie et on laissé à leurs enfants plus ou moins de liberté de choix. Instruction ensuite, qui apporte des connaissances de culture générale et de spécialisation, mais surtout une formation (et par là même une déformation par habitude) de l’esprit. Enfin notre evécu ajoutera, renforcera ou diminuera ces diverses influences.
              On pourrait d’ailleurs réfléchir à l’influence du langage sur notre culture, les diverses langues ne permettant pas de décrire tous les notions de la même façon et avec le même détail.
              En fait les habitudes ancestrales dont nous héritons sont certes spécifiques de la culture occidentale et dune certaine façon de vivre qui a évolué, qui a évolué, soit au niveau global, soit au niveau national, soit à celui d’un groupe de société.
               Certaines notions sont devenues universelles (par exemple la suppression du cannibalisme), d’autres assez générales (la monogamie). Des incitations sont universelles propres à l’humain : l’instinct de survie, l’amour la haine, un certain altruisme et ont donc inspiré partout des us et coutumes, mais différents selon les endroits.
              Si l’on examine ces règles sociétales et une partie de celles transmises par l’éducation de nos parents, on s’aperçoit quelles sont de deux sortes :
                    - certaines sont des règles de la vie en commun, morales, religieuses, de bienséance; elles règlent nos rapports avec les autres. Certaines sont assez générales telles les aspirations de liberté et d’égalité, d’autres plus spécifiuqes comme le souhait français de laïcité.
                  - d’autres sont plus personnelles et aboutissent à notre propre jugement sur nous mêmes. Il y a évidemment un certain lien entre elles car le jugement sur nous mêmes peut interférer avec notre conduite vis à vis d’autrui (tu ne tueras point ou tu ne voleras point le bien d’autrui par exemple).
              Par contre l’instruction nous apporte une culture qui nous est propre et personnelle, même si elle est partagée par d’autres.

               Je pense que l’enfermement dans une culture résulte d’une vue trop étroite sur notre environnement. Plus nous sommes solitaire, plus nous sommes dans un milieu replié sur lui même, plus nous sommes sujets à obéir aux règles de ce milieu.
               On le voit bien dans les milieux de ségrégation qui aboutit à un communautarisme ethnique, qui existe dans de nombreux pays.
               A l’inverse, je connais des jeunes qui ont profité de l’enseignement Erasmus, qui se sont frottés à différentes cultures et qui ont appris à relativiser leur acquis culturel en le comparant à celui des autres, tout aussi valable. Cela ne veut pas dire qu’ils ont abandonné leur culture, mais qu’ils ont compris qu’elle n’était pas unique, et qu’il était bon de connaître celle des autres, voire d’en adopter certains éléments.
              Ceci est vrai pour des éléments culturels hérités de notre société, mais aussi pour des éléments personnels : il est certain qu’enfermés sur nous même nous resteront attaché à nos idées, même si nous en souffrons. 
              L’instruction au collège et au lycée qui en français, en histoire et en philosophie, nous ouvre sur les idées des autres, nous aide déjà à relativiser. Mais à coté de ces exemples abstraits, un contact concret avec des personnes d’horizons divers aux idées différentes, obige à discuter de la portée des règles, de leurs origine, de leurs conséquences et de leur efficacité, et les exemples autres nous amènent à évoluer.
             Je dirai que le moyen de s’affranchir de certaines contraintes de notre culture est l’instruction et le contact avec autrui.

              Le plus difficile sera surtout d’être conscient de certaines déformations qu’apportent la culture d’instruction de spécialité;. Il est certain par exemple que ma culture essentiellement scientifique a développe des réflexes, des habitudes et des méthodes rationnelles et logiques, ainsi qu’expérimentales d’aborder les problèmes.
             Cela est bénéfique et il ne s’agit pas de s’en débarrasser, mais cela peut me faire moins bien comprendre ceux qui ont une culture différente, par exemple littéraire. Là encre un effort d’éducation dans un sens différent peut apporter une solution.

     

    Bac ES : Une oeuvre d’art est-elle nécessairement belle ?

              Là encore le vocabulaire est important : qu’est ce que la beauté.
             Je me rappelle que tous les philosophes et les dictionnaires sont d’ accord pour dire que c’est une é motion, ressentie par une personne après une sensation, une perception causée par un objet ou une personne, notamment la vue. Toutefois les autres sens peuvent intervenir et on peut parler de beauté musicale.

              Certains dictionnaires vous disent que le beau est esthétique et attirant, mais il faut alors dire ce qu’on entend par esthétique.
              Mais après je me rappelle que les philosophes n’étaient pas d’accord et je suis allé consulter mon vieux bouquin de philo des années 45, qui est encore dans un coin de ma bibliothèque.
              Pour Platon, ce qui est beau procure une sensation de plaisir; mais cette sensation peut être dépassée pour parvenir à la contemplation de la beauté, se rapprocher d’un idéal. Elle n’est pas seulement une qualité de l’objet, mais aussi celle de l’individu qui y est sensible. L’objet est beau s’il est fidèle à l’idée qu’on s’en fait.
             Kant ne reconnait pas le plaisir ressenti, mais est un jugement de goût désintéressé, qui est propre à l’individu, mais aussi à l’oeuvre. Il pense que l’oeuvre a cette qualité en elle-même pour tous : « Est beau ce qui plaît universellement sans concept. » : on ne peut démontrer la beauté d’un objet.
             Hume, au contraire, estime qu’il n’y a pas de beauté universelle. Des personnes différentes n'ont pas le même jugement sur le même objet : « La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente »  Il admet toutefois que l’éducation et l’instruction peuvent amener à un consensus pour trouver certains objets beau. Il associe, lui aussi l’idée de beauté au plaisir ressenti.
             Des philosophes ou des intellectuels ont essayé de définir des caractéristiques logiques, matérielles de ce qui est beau ou plutôt esthétique, mais leurs conclusions n’ont jamais été satisfaisantes.

              Notons qu’on ne nous parle dans l’énoncé du sujet que d’une œuvre d’art.
              Certains philosophes ont en particulier mis un peu à part une oeuvre d’a rt par rapport à la beauté d’une femme ou d’un paysage, plus généralement d’une œuvre réelle de la nature.

              L’œuvre d’art est pour certains par essence une création esthétique, un ressenti qui implique déjà une émotion au moment de la création. « Est qualifié "d’art" une oeuvre, une production de l’esprit, dont on estime qu’elle est belle ».
             Mais qui est ce juge « on »? Si c’est chacun de nous selon ses goûts il n’y aura pas accord sur la beauté d’une œuvre. Est ce la statistique, une majorité de personnes, qui vont définir les standards du goût ? Ou bien peut on donner des critères pratiques précis pour définir la beauté ?
            Dire en effet qu’une oeuvre est nécessairement belle reviendrait à affirmer qu’il existe des critères a priori permettant de déterminer la valeur esthétique d’une œuvre artistique et donc qu’on pourrait établir scientifiquement la beauté d’une oeuvre.
            Personne n’a réussi à quantifier la beauté par des critères divers. Par ailleurs si notre environnement est quantifiable, la vison de l’artiste le transforme, l’imagine autrement, le sublime. Et enfin on ne peut quantifier une émotion, mais encore moins les diverses proportions de ses causes.

             Cela dit la notion d’œuvre d’art est assez subjective et variable, et relativement soumise à la mode, et surtout de nos jours à la mercantilité et à la publicité qui jouit des moyens énormes électroniques.
             Personnellement j’ai visité de très nombreux musées en Europe et dans le monde, et j’ai apprécié la beauté de nombreuses œuvres figuratives.
             J’avoue être assez imperméable aux œuvres non figuratives, par exemple un Picasso connu mais qui représente une femme à la fois de face et de profil, avec des fesses et une poitrine en triangle et le nez et les yeux à des places habituelles. Je ne ressent aucune émotion à cette vue car je trouve cette femme pas du tout à mon goût, mais j’admets que certaines personnes aient une émotion à la vue des couleurs et de leur enchevêtrement.
             Là où je ne comprends lus du tout c’est qu’un appelle œuvre d’art un tablea tout bleu avec une bande rouge au milieu. Qui peut être ému par cette œuvre que n’oserait même pas faire un peintre en bâtiment. Pourquoi pas une toile toute blanche, sans peinture dessus. Où est la création ?
             Mais la publicité, l’appât du gain et la bêtise des gens fait vendre de telles tableaux à des prix démenties vu leur nullité.

             Une oeuvre d’art n’est pas nécessairement belle, mais encore moins une pseudo-œuvre d’art.


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