• Apprendre en classe (3) : les clés de la réussite.

    Apprendre en classe (3) : les clés de la réussite.

       Il m’arrive souvent de faire des cours de maths, physique chimie autrefois à mes enfants et à mes petits enfants, et j’ai souvent aidé certain(e)s de mes correspondant(e)s de mes blogs en sciences ou pour trouver des idées pour des devoirs de français ou de philo.
        Je parle avec presque tous ceux qui m'écrivent régulièrement de leurs problèmes scolaires (collège, lycée, fac, prépa...) et donc souvent de la réussite ou de l’échec dans ce domaine et de leurs causes.
      
        Je viens de lire quelques études de chercheurs faites sur quelques milliers d’élèves, et cela m’a donné envie d’en parler sur ce blog.

        Dans ces études on a recherché quels sont les ingrédients de la réussite scolaire dans le primaire et le secondaire.

        On s'aperçoit alors que c'est la mémoire des connaissances quî joue le rôle principal dans cette réussite. C’est donc, la capacité d'apprentissage, le fait de savoir aborder une leçon, de mémoriser son contenu, de se constituer un bagage de connaissances.
        Apprendre la littérature, l’histoire, la géographie, les SVT, apprendre les règles d'orthographe, les règles et formules mathématiques ou de physique...etc, cela peut servir, mais surtout cela exerce notre mémoire et notre capacité d’apprentissage.
        L’ intelligence entre aussi en ligne de compte, et parmi les composantes de l'intelligence, la capacité d'abstraction.
        La motivation est aussi essentielle, mais ce n’est pas un problème uniquement scolaire, mais une donnée sociologique et familiale. Elle conditionne la curiosité intellectuelle, l’effort et le plaisir d’apprendre.


         Toutes les études montrent que c'est en premier lieu la lecture qui sert de passeport pour la connaissance :  les élèves maîtrisant la lecture sont à la fois plus à l'aise en cours, moins stressés, moins inhibés, et plus curieux d'absorber de nouvelles connaissances.
        Le savoir appelle le savoir. Par un phénomène de boule de neige, l'élève qui saît lire et qui comprend ce qu'il lit, veut en savoir plus sur ce qu'il découvre, et trouve des réponses dans les livres, voire sur Internet : il n’y a pas de connaîssance sans lecture.
        Ma grand mère m’avait appris très tôt à lire et à comprendre ce que je lisais. Elle m’a donné le goût de lire et cela m’a aidé toute ma vie.

        Il y a eu une polémique quant à la méthode d'apprentissage de la lecture à utiliser.
        La neurobiologie montre que  l'idée selon laquelle à partir de la seule forme d'un mot, il est possible d'accéder à son sens (c'était le postulat de la méthode globale) est fausse. Il faut passer par l'étape de décodage des phonèmes, c’est à dire l'approche syllabique, durant les stades précoces de l'apprentissage.
        On sait aujourd'hui que I'œil ne peut voir plus d'un mot complet. En raison du câblage des cellules photo-réceptrices de la rétine au cerveau, nous ne voyons avec précision qu’un tout petit secteur sur le papier, et les enregistrements réalisés avec des caméras  montrent que les yeux de l'enfant réalisent de courtes pauses sur les lettres au rythme de trois par seconde, saisissant de petits groupes de lettres les uns après les autres.
        Mais il faut ajouter par la suite des exercices de compréhension mettant en relation des mots et un sens, et la méthode globale constitue finalement ce qui se met en place naturellement chez un lecteur plus ou moins expert qui est passé par la méthode syllabique pour acquérir les éléments initiaux du déchiffrage des mots.
        ll faut aussi faire fonctionner la mémoire sémantique de l'élève, sa mémoire du sens; il faut lui apprendre le sens des mots rencontrés, et établir une relation entre ces mots et des images (j'en parlerai dans un prochain article).
        Vous vous rappelez peut être ce que j’ai dit sur les préférences de perception S et G. Il faut apprendre aux S à être plus globaux (schémas, synthèses) et aux G à être davantage S (observation, analyse).

        La connaissance passe donc en grande partie par la lecture (y compris en fac) . Comment alors en développer le goût.?
        Pour développer ses aptitudes de lecteur, la méthode est très simple : il faut lire. C'est en lisant et en s’intéressant à ce qu’on lit qu'on devient lecteur.
        Or le niveau de lecture des petits Français baisse à peu près régulièrement depuis 20 ans. On ignore la raison exacte de cette tendance, mais nous vivons de plus en plus dans une culture de l'image et  le contact avec les écrans (télévision, jeux, internet) diminue globalement le temps passé au contact de l'écrit.
        Si la pratique de la culture orale (téléphone, SMS, langage phonétique) se renforce, les compétences de lecture ne pourront pas augmenter. Il faut se rendre compte qu'en 1950, quand un enfant voulait communiquer avec un proche à distance, il devait écrire (c’était mon cas). Aujourd'hui, cette communication passe un peu par la parole beaucoup par  la phonétique SMS et les phrases courtes et peu sensées des réseaux sociaux.
        Les parents ont leur rôle à jouer en incitant leurs enfants à lire, car le plus souvent ils ont tous un goût pour lire à partir de quatre ou cinq ans, avant même de connaître vraiment la lecture : l’important est que le fil de l'intérêt ne se rompe pas, qu’il soit toujours bienvenu.

        L’orthographe est le garant de l'écrit. Les linguistes vous expliquent que l'orthographe d'un mot renferme son étymologie, son sens, et le contexte historique de son apparition.
        C’est le support de la communication, qui doit saisir les nuances pour éviter les malentendus.
        Certes me direz vous, je peux comprendre le sens de phrases où il y a des fautes d'orthographe et moi même il m'arrive de ne pas voir des fautes de frappe que j'ai commises. C’est vrai, mais essayer d’éviter des fautes, c’est montrer qu’on attache de l’importance à ce qu’on écrit, c’est respecter le lecteur, c’est montrer que l’on a essayé d’apprendre la langue française en classe (et donc probablement les autres matières).
        Il ne faut donc pas s’étonner si les entreprises qui ont trop de candidats, mettent à la poubelle les lettres qui comportent beaucoup de fautes d’orthographe.
        Je suis parfois horrifié des expressions que je vois utiliser, qui ont “glissé “ de leur sens initial ou qui sont employées à tort, et notamment quand j’entends au journal télévisé parler d’ “au jour d’aujourd’hui”, de faire quelque chose en un “tour de main” (au lieu d’un tournemain), de “fier comme un bar tabac” (au lieu d’Artaban), de “mal en pire”, ou des “calandres grecques” (au lieu de calendes), ou se faire remonter la ceinture (évidemment on ne porte plus de bretelles)!!
        Par contre je trouve que les bloggeurs d'éklablog même jeunes écrivent un français au dessus de la moyenne et avec peu de fautes en général (évidemment les nombreux profs d'éklabog aussi heureusement !). C’est assez rare pour le souligner. Et certain(e)s de mes correspondant(e)s (et pas seulement les littéraires) ont même un style et  une expression tout à fait excellents.
       
        Dans les prochains articles, je parlerai de la mémoire et de la mémorisation, puis de la motivation d’apprendre, enfin de l’attention.
        Mais aussi d’une autre clé de la réussite : le travail, car sans un minimum, on n’arrive à rien.

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