• Apprendre en classe (2) : utiliser notre cortex préfrontal.

     

    Apprendre en classe (2) : utiliser notre cortex préfrontal.

        Puisque nous avons vu ensemble ce que faisait notre cortex préfrontal, avant d’aborder les problèmes d’enseignement, je voudrais évoquer la participation de ces centres aux actions d’apprentissage, et notamment à l’étude en classe
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        Je résume d’abord ses fonctions pour ceux qui n'ont pas lu ou ont un peu oublié mes articles à ce sujet
        Je vous ai dit que notre cortex préfrontal  remplissaient le rôle d’une cabine de pilotage qui permet au pilote d'établir le “plan de vol” de l'apprentissage, d'éviter les changements de direction intempestifs, et de fixer des objectifs et notre attention sur les actions à mener, tout en maîtrisant nos émotions et nos pulsions.
        C’est la flexibilité mentale du cortex préfrontal qui va nous permettre de sélectionner les bonnes informations mémorisée ou extérieures, d’élaborer des règles et de donner des éléments pour définir une stratégie d’action, mais aussi de trouver des idées nouvelles, en associant la représentation mentale et la flexibilité.
        Notre cortex préfrontal agit en matière de planification comme le chef d’une équipe : il sélectionne des objectifs, émet des hypothèses d’actions qu’il essaie d’analyser, puis consulte les membres de son équipe et ayant fait la synthèse des avis et des risques, il décide ce qu’il juge être la meilleure solution;
        Puis il focalise notre attention sur chaque action et contrôle l’exécution des actions et rectifie éventuellement les dérives.
        Enfin il nous évite de succomber à de trop violentes émotions et de succomber à nos pulsions en modérant l’action de notre cerveau émotionnel.

        Voyons maintenant les conséquences sur le comportement des élèves à l’école.

        La capacité de représentation est une chose essentielle à développer.  Sans elle nous ne pouvons rien imaginer, nous restons prisonniers de nos sensations. Elle nous permet d’imaginer les choses autrement, d’imaginer ce que serait notre chambre ou notre séjour si on changeait les meubles de place, de faire un puzzle, d’imaginer le montage d’un meuble en lisant la notice, et de trouver des solutions à bien des problèmes.
        Je connais un gymnaste de haut niveau qui avant de faire son passage ferme les yeux, se concentre et répète dans sa tête tous les mouvements qu’il va être amené à faire..
        L’apprentissage de cette capacité se fait en mathématiques par la géométrie, mais aussi en français en imaginant les scènes décrites par les écrivains, ou en histoire en imaginant le passé, comment vivaient nos ancètres.
       
        La flexibilité mentale est aussi une qualité importante pour sortir des sentiers battus, pour ne pas rester sur des clichés, pour ne pas croire n’importe quoi, de ce qu’on veut nous faire croire.
        Là ce sont surtout les lectures des auteurs qui nous apprennent les diverses opinions que l’on peut avoir des problèmes humains, mais le “doute” du scientifique vis à vis des phénomènes tant qu’il n’en a pas une explication satisfaisante, est aussi  formateur. Les dissertations qui nous obligent à voir les divers aspects des problèmes sont des exercices essentiels.
        L’apprentissage de cette flexibilité est difficile car il faut abandonner ses certitudes.
        Sur le plan émotionnel, il faut faire prendre conscience à l'élève de sa propre peur de se tromper, pour qu’il puisse s'en libérer. Sur le plan cognitif, on peut demander aux élèves de préciser leur pensée, de faire des hypothèses, de se tromper, recommencer, tâtonner, utiliser les erreurs comme des informations utiles. De cette façon, l'abandon des idées préalables n'est plus vécu comme une angoisse, mais comme un moyen de progresser.

        Nous utilisons la planification dans toutes nos tâches quotidiennes. Son apprentissage est dont indispensable.
        Cette planification, nous l’apprenons par la logique des sciences mais aussi chaque fois que nous rassemblons des idées, et que nous faisons le plan d’un exposé écrit ou oral.
        On ne fait plus malheureusement ce que les professeurs nous faisiaent faire jadis, où ils nous prenaient individuellement pour faire le point chaque trimestre, pour avoir une vison claire de ce qu’on savait faire et de ce qu’on avait appris, des progrès faits et des efforts à faire encore On savait ainsi d’où l’on partait et où on arrivait, on avait une idée des compétences acquises et le professeur nous aidait pour réfléchir à notre orientation future, avant d’en parler à nos parents. Il n’y avait pas de “psy d’orientation”, mais les professeurs étaient bien plus compétents pour cela car ils nous connaissaient bien et discutaient de nos goûts et compé-tences et non de nos tendances freudiennes;

        L’enfant, l’adolescent, le jeune doivent apprendre à s’autodéterminer, à avoir de plus en plus d’autonomie. Cela s’apprend aussi.
        Quand je faisais réviser des maths ou de la physique à mes petits enfants, je ne leur disais pas “fais les exercices n de la page p". C’est une injonction externe qui ne laisse pas d’initiative.   
        Je leur disais quand je pensais qu’ils avaint compris la leçon : choisis trois exercices pour vérifier que tu as compris et essaie d’inventer seul une méthode personnelle mnémotechnique pour te rappeler les formules. Et je vérifiais ensuite et j’expliquais s’ils se s"étaient trompés. Je leur demandais aussi d’expliquer quel raisonnement ils avaient suivi.
        En fait l'élève devrait être plus actif que le professeur et celui-ci devrait être un guide, mais on ne fait pas avec 30 élèves ce que l'on peut faire avec un seul.


        Les jeunes aujourd’hui ne savent pas faire suffisamment attention pendant assez de temps. Sans doute cela est dû à la dispersion des activités et des moyens dont ils disposent (notamment dans le domaine multimédia), et l'élève peut ne pas être attentif à ce que l'enseignant lui propose mais ressent plutôt envie de distraction, attitude de refus ou de confrontation, besoin de sensations immédiates. ...
        C’est au fond un problème de motivation.
            - La motivation par sécurisation, à l'origine du plaisir lors de la réalisation de tâches maîtrisées, ou lorsque l'élève reçoit de l'affection ou de la reconnaissance ;    
            - La motivation d'innovation qui procure du plaisir lorsque l'élève se sent progresser, ou en phase de découverte, quand il imagine des choses nouvelles.
            - La motivation d'addiction, foncièrement négative, qui pousse l'élève à satisfaire des jugements qui ont été émis sur lui (il rate son devoir de mathématiques, car il a toujours entendu dire qu’il était mauvais en mathématiques, ou il cherche à avoir une bonne note en français, car on lui a dit qu’jl est excellent en français).
        Le problème est d’arriver à activer l’une des deux premières motivations.
        En fait c’est un travail de longue haleine d’intéresser les élèves à ce qu’ils apprennent et d’arriver à peu à peu leur faire acquérir une curiosité intellectuelle.
        C’était probablement plus facile pour les professeurs autrefois. Ils étaient sans doute mieux formés à cela pédagogiquement. Toutefois ils n’avaient pas tous les moyens audiovisuels dont on dispose aujourd’hui, mais leurs élèves étaient plus réceptifs et respectueux.
        Mais la motivation et la curiosité intellectuelle sont aussi une conséquence de l’éducation familiale et  il est certain que les parents sont beaucoup moins disponibles qu’autrefois et que l’école ne peut tout faire.

        La maîtrise de l’état émotionnel est plus difficile à cultiver et c’est effectivement un  problème plus personnel et familial.
        Mais savoir apprécier son état de "débordement émotionnel" serait cependant utile, car l’apprentissage est compromis si l’on n’est pas soi-même dans un état réceptif.
        Apprendre c’est être dans une attitude favorable, contrôler ses actes et ses pensées, être dans une certaine empathie avec le professeur.
        Il est certain que les enseignants ne sont pas des psys, mais loin de supprimer tous les cours de pédagogie, comme l'ont fait les gouvernements passés, leur donner des notions de psychologie et de fonctionnement du cerveau, leur permettant de déceler les états anormalement émotifs de certains élèves à un moment donné, leur donneraient sûrement des éléments intéressants d’action.

     

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