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    Que va devenir notre société ?

           Au seuil de chaque nouvelle année, on se demande toujours de quoi sera fait l'avenir.
          J’ai écouté récemment avec beaucoup d'intérêt, la conférence d’une personne dont le métier est de faire de la prospective dans le domaine des nouvelles technologie, mais aussi quant à l’évolution de notre société : Madame Geneviève Bouché.

              J’ai trouvé très intéressante cette conférence, et je vous la résume ci dessous :

              Une civilisation succède à une autre ; elle grandit, se développe, atteint son apogée, puis décline et meurt, remplacée par une autre.
              Les historiens considèrent qu’il y a changement de civilisation lorsque trois composantes de la vie sociale et économique se modifient, de façon concomitante. En particulier : l’énergie, les modes de communication et la remise en cause d’une ou plusieurs valeurs fondamentales.
              C’est actuellement le cas de notre civilisation qui date du 19ème siècle, basée sur l’industrie et la production.
              Certes les techniques de production peuvent encore faire des progrès, mais elles sont orientées dans le même but : produire plus pour un moindre coût. Les robots remplacent peu à peu les hommes et le chômage est inéluctable, malgré les efforts des politiques.
    De plus nous avons deux défis à l’échelon de la planète : l’explosion de la démographie et le changement climatique.
    Il faut donc essayer de réfléchir au monde de demain, pour le construire peu à peu.
              Nouvelle civilisation implique nouveau pacte social et nouvelles monnaies.
              La notion de réseau devient déterminante dans les progrès que nous réalisons. En particulier, elle se retrouvera dans notre manière de réorganiser la société.

              L’ère industrielle que nous vivons ne connaît que le travail de production et ne reconnaît que trois temps « je nais, j’apprends et je fais ». Les 3 autres temps : « j’innove, je transmets et enfin, je me rends utile », sont confiés au volontariat et au bénévolat, autrement dit, à des régimes instables puisque, sans reconnaissance, les individus y renoncent dès la première difficulté.
              Alors, si réellement l’homme désire s’accomplir à chaque étape de sa vie et que la communauté en tire profit, il devient nécessaire de faire évoluer le pacte social.
              Il faut tenir compte de la communautarisation de l’économie. En effet, la compétitivité vient de l’innovation. L’innovation naît dans les activités contributives avant de devenir un projet d’entreprise. Pour créer une entreprise, il faut certes toujours du capital et du travail, mais il faut aussi de plus en plus de savoir, des idées et du réseau, c’est-à-dire des composantes du bien commun immatériel.
    Pour le moment, les startups, qui réussissent, tombent tôt ou tard sous le contrôle, direct ou indirect, des grandes multinationales.et notamment des GAFA de la Silicon Valley. (les GAFA sont les sociétés mondialistes très puissantes comme Google, Amazon, Facebook et Apple).
             Par ailleurs peu à peu la propriété personnelle fait place à l’usage de biens communs : locations, seconde main, échanges, films et musique sur internet …

            Un homme nouveau émerge. Il a été chasseur-cueilleur, puis agriculteur, puis ouvrier, et il devient mobile : socialement, culturellement, professionnellement, géographiquement.
    Sa priorité ne consiste pas à posséder toujours plus, mais à donner du sens à sa vie.
    Il est prêt à confier aux robots la production des biens et des services qui assurent son intégrité physique et physiologique, c’est-à-dire les couches basses de la pyramide de Maslow. Le temps ainsi libéré, il le destine à la couche immédiatement supérieure : l’estime de soi. En clair, il veut s’accomplir à travers sa famille, les savoirs, l’innovation, la culture, la démocratie ou encore la spiritualité. Il veut s’émanciper et en même temps contribuer à la vie de la communauté, car l’estime de soi passe par la réalisation de tâches positives pour les autres et avec les autres.

             Dès lors, la compétitivité d’une nation repose sur les talents et les savoirs. Les ressources humaines deviennent donc un patrimoine précieux, qui ne se gère plus du tout comme la main-d’œuvre des siècles précédents.

            Tous ces changements mettent à mal l’emploi, tel que nous l’avions organisé durant le 20ème siècle. En particulier, le salariat ne restera plus le seul mode pour injecter du pouvoir d’achat auprès des ménages.
    Dans l’antiquité, les soldes des soldats étaient délivrées sous forme de jetons à valoir sur les butins des guerres à venir. Avec ces jetons, les soldats pouvaient acheter de quoi subvenir à leurs besoins.
    Or, ces jetons se sont révélés tellement pratiques pour les citoyens, qu’ils ont avantageusement remplacé les bâtons de taille et les tablettes d’argile. Mais surtout, ils ont stimulé l’économie.
              C’est ainsi qu’est née la « monnaie dette » que nous utilisons encore aujourd’hui, qui est garantie par le pouvoir, lequel imprime son effigie sur les billets et pièces de monnaie. 
             Mais que devient-elle dans une économie de plus en plus organique et immatérielle ?
             Notre monnaie actuelle doit son existence à des emprunts liés à de la création de richesses productives. Mais le remboursement ds intérêts liés à ces emprunts, impose de créer toujours plus de richesses productives, ce qui est de moins en moins réaliste du fait que:
                   -    nous savons que les ressources de notre planète ne sont pas extensibles,
                   -    nous avons décidé de consommer moins mais mieux et plus efficacement,
                   -    nous évitons de faire de l’inflation,
                   -    nous allons vers l’apaisement démographique,

            Pour stimuler l’achat sur place, on a vu apparaître de nouvelles sortes de monnaies locales, de formes très diverses, mais elle n’ont pas pu subsister, faute d’un nombre suffisant d’utilisateurs, qui ne couvre pas leur fonctionnement.
    Les nouveaux réseaux poste à poste et les bases de données du type blockchains permettent d’envisager des monnaies nouvelles, pouvant rassembler suffisamment d’utilisateurs.
            Deux essais notamment ont été faits avec le « Bitcoin » et « l’Ether ».
            Le bitcoin a eu son heure de gloire, mais d’une part a été utilisé aux USA par des malfrats pour blanchir de l’argent ou faire du commerce illicite, et a fait l’objet d’une spéculation de change avec le dollar, ce qui a entamé la confiance des utilisateurs et montré le danger d’ententes des « mineurs », chargés de réguler et certifier le réseau.
           L’Ether est expérimenté par la start-up suisse Ethéreum, Microsoft, qui fournit l’architecture, et un certain nombre de banques s’y intéressent.
    Mais le réseau Ether, son organisation et ses logiciels, peuvent s’adapter à des transactions autres que monétaires.

            La mondialisation a d’ailleurs ses limites, car chaque continent se met à produire si possible ce dont il a besoin. Les échanges entre les nations se concentrent sur deux types de marchandises : les matières premières et les produits d’exception, produits avec du savoir et des talents.

           Cette évolution demande un changement complet des mentalités et elle mettra donc du temps. La formation sera un des leviers cruciaux. Elle devra elle aussi évoluer. L’accession à tous de l’école entrainera sans doute un raccourcissement des études générales post secondaire, et par contre une formation continue beaucoup plus importante toute la vie.

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              La télévision nous parle depuis des jours de l’admission des jeunes à l’université, en septembre prochain, après leur bac, et évidemment à condition de le réussir.
              Ils devaient déposer leurs demandes  il y a quelques jours (plusieurs demandes avec un ordre de préférence.
              En région parisienne il y a trop de candidats et les facultés, notamment de médecine avaient l’intention de tirer au sort les admis.
               Je trouve cela scandaleux. Pourquoi à ce moment là, ne pas aussi tirer le bac au sort ?
               Je me demande qui a eu cette idée de génie, et comment notre Ministre de l’Education, qui est toujours aussi inefficace, n’a pas réagi à cette absurdité. 

               Les jeunes ont déjà beaucoup de difficultés à travailler, distraits comme ils le sont par les multiples écrans connectés.
              Par ailleurs il m’est arrivé de discuter avec de jeunes étudiants en médecine de P1, et j'ai constaté que certains d’entre eux étaient attiré par une médecine de spécialité, non pas pour soigner et sauver des humains, mais pour gagner de l’argent. D’autres avaient demandé P1 parce que cela faisait bien et poussés par leurs parents. Certains n’avaient pas conscience non plus du travail que demandent les études de médecine, et l’énorme effort de mémoire qu’il faut faire.

               Alors supposez qu’on tire vraiment les places au sort : un jeune qui a la vocation humanitaire pour ce métier, et qui a eu la mention TB au bac pourra être refusé au profit d’un élève médiocre, qui n’a aucune vocation, et qui n’a jamais entraîné sa mémoire. C’est scandaleux.
               Je connais des jeunes qui ne travaillent guère en classe, mais j’en connais aussi qui ont compris que c’était ce qu’on apprenait en classe qui nous formait l’esprit et la mémoire, et qui nous permettait ensuite de faire des études qui nous apprenne un métier. Ceux là travaillent énormément pour réussir, mais aussi parce qu’ils ont pris l’habitude de travailler, que cela ne leur coûte pas trop et satisfait leur curiosité intellectuelle.
               Alors si vous voulez aussi décourager ceux là, tirer la suite de l’enseignement au sort.
              Je suis effaré que des recteurs d’académie puissent avoir de telles solution au problème de l’embouteillage des facultés. Quant aux politiques, ce n’est que de la démagogie et du clientélisme. Le nivellement par le bas est d’ailleurs, semble t’il vu ses réformes, la doctrine de notre actuel ministre.

               Les candidats aux études d’ingénieurs ont toujours été habitué soit à passer des concours, soit à être choses dans une école sur dossier et ensuite dans la partie ingénieur, sur résultats. Personne n’a jamais eu l’idée saugrenue de tirer les entrées au sort. D’une part cela aurait soulevé d’énormes protestations, et d’autre part le résultat technique aurait été catastrophique.
              Or la tâche d’un médecin est plus importante que celle d’un ingénieur : il tient en permanence la vie des gens à la merci de ses décisions. Alors ne pas choisir les meilleurs candidats et ceux qui ont vraiment envie d’être médecins.
              En fait les responsables d’université préfèrent le tirage au sort à la responsabilité d’un choix pour refuser des candidat, car ensuite ils s’en remettent au concours.

              Pourtant dans la vie de tous les jours, dans son métier, il faut faire des choix et en assumer les conséquences.
               Je ne pense pas quelle soit plus difficile d’admettre un élève que d’embaucher un collaborateur;
              Les dossiers des élèves sont en général bien faits. On peut déjà admettre ceux qui ont eu une mention TB ou B au bac
    Ensuite en regardant les notes et les appréciations on peut faire un second tri
              Et pour les quelques qui sont à cheval sur l’admission ou le refus, on peut leur demander une lettre de motivation.
               On peut aussi voir si, à proximité de leur domicile, il y a une autre fac de médecine.

               Et puis ne peut on augmenter le nombre de places, alors que l’on manque partout de médecins ? N’y a t’il pas dans des fac « non médicales », la possibilité de trouver des amphis et des locaux de TD ?

               J’ai dans ma famille des professeurs; ils ne sont pas très différents des professeurs d’autrefois et ont l’envie de bien enseigner. Mais je me demande si les personnes qui sont aux échelons administratifs dans les académies ont vraiment les pieds sur terre et une once de bon sens et de psychologie. Comment n’ont ils pas idée du dégât que fait un tirage au sort sur la motivation des élèves et étudiants.

                Et croient ils que le salaire des travailleurs en entreprise, et leur avancement sont tirés au sort. Sortez messieurs de votre tour d’ivoire !

     Enfin, aux dernières nouvelles il semble que le ministère de l’Education ait exclu cette admission digne de la Française des Jeux.

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  • Dans le vide, une plume chute aussi vite que du plomb !

         Un de mes plus jeunes correspondant sur un autre blog, qui est en 4ème, me dit que leur professeur leur a fait un cours sur l’attraction universelle entre les planètes et les astres, et également sur l’attraction terrestre. Il leur aurait dit que, pour des corps qui auraient des qualités aérodynamique égales, si on les jetait d’une grande hauteur, ils arriveraient en même temps au sol en même temps.
        Mais il ne leur a pas expliqué pourquoi et mon correspondant n’arrive pas à croire qu’une plume, un bout de bois et une bille d’acier tomberaient de façon identique.
        En fait mon correspondant a raison, mais son professeur aussi, car ils ne parlent pas de la même chose.


        Mon correspondant a raison : s’il laisse tomber, même de 2 mètres de haut seulement une plume et une bille d’acier, cette dernière arrivera la première, alors que la plume tournoiera doucement dans l’air en en descendant.
        Mais le phénomène est dû à la résistance de l’air et aux qualités aérodynamiques de la bille et de la plume qui dont très différentes.
        La bille est une sphère; l’air s’écoule facilement autour d’elle et même si la résistance augmente avec la vitesse, elle restera assez faible. Mais si on avait lâché la bille de très haut (4000 m par exemple), la résistance de l’air augmentant comme le carré de la vitesse, la bille aurait fini par ne plus accélérer, car les forces de frottement de l’air auraient été équivalente à l’attraction terrestre (la pesanteur).
        Cette force d’attraction terrestre est proportionnelle à la masse m de l’objet et lui confère une accélération g en l’absence de toute autre force :  f = m g

        Mais le professeur avait bien dit : des objets ayant des qualités aérodynamiques égales, c’est à dire la même résistance de l’air à leur chute, et dès lors il a raison.
        En général on préfère ne pas parler d’aérodynamique, mais de dire que la chute se fait dans le vide, dans un tube où il n’y a pas d’air (donc pas de force aérodynamique de frottement).

        Alors pourquoi une bille d’acier et un bout de bois beaucoup plus léger arriveront en même temps.?

        Votre professeur ne vous a pas encore expliqué ce qu’est « l’inertie ».
        Si vous avez reposant sur la route plate et sans pente, dont la réaction compense la pesanteur, une voiture d’une tonne, et une voiture jouet de 300 grammes et que vous poussiez dessus pour les faire rouler, cela ne posera pas de problème à faire avancer votre jouet, mais, même avec les freins non serrés, vous aurez beaucoup de mal à faire bouger la voiture qui est très lourde.
        En effet, si l’on veut faire bouger un corps, et donc lui communiquer une vitesse, il faut d’abord exercer sur lui une accélération G pour atteindre cette vitesse, et le corps résiste : cela s’appelle l’inertie. Cette inertie est proportionnelle à la masse du corps et pour faire bouger le corps, il faut exercer une force m G, pour vaincre cette inertie et lui donner une certaine accélération G.   
        Cette inertie, l’opposition des corps au mouvement, est, comme l’attraction des corps, une des lois fondamentales de la nature et de la physique.
        
        Revenons à la chute de deux corps de masses différentes, par exemple dans un rapport 1000, mais dans le vide ou supposant les résistances de l’air identiques.
        Les forces en présentes sont la pesanteur et l’inertie : la pesanteur entraine 1000 fois plus vite le corps mille fois plus lourd, mais la force inertielle le retient 1000 fois plus,; ces deux effets se compensent et les deux corps atteignent finalement les mêmes vitesses, dont s’ils ont été lâchés en même temps, parviennent en même temps à l’arrivée au sol.

        Il y a cependant un petit bémol : c’est que la masse gravitationnelle doit être égale à la masse inertielle, pour que, pour une même accélération g = G,  les forces m gravitation g et m inertie G soient identiques Toute la physique des mouvements est basée sur cette hypothèse qui n’a jamais été prise en défaut, lors de mesures.
         Cependant les études faites sur l’origine du monde et le « bigbang » laissent supposer que, peut être, à l’origine, cette égalité n’était pas totale, mais dépendait de la nature chimique des corps.

    Dans le vide, une plume chute aussi vite que du plomb !    Les physiciens font actuellement une expérience étonnante correspondant au schéma ci contre, qui aura lieu dans des conteneurs situés dans un satellite. Deux cylindres coulissants l’un dans l’autre chutent dans le vide. Dans un premier cas deux cylindres de platine et dans un second cas un cylindre de platine dans un cylindre de titane. Les deux cylindres de platine arriveront en même temps, mais qu’en sera t’il des deux cylindres de métaux différents.
        Evidemment s’il y a une différence, elle est très faible : la mesure du temps se  fera à 10-15 seconde près (un millionième de milliardième de seconde). C’est cent fois mieux que les mesures réalisées jusqu’à présent.
        L'expérience aura lieu bientôt, le 22 avril 2016.
        Si jamais on décelait une différence et qu’elle ne soit pas due à un artefact, un nouveau domaine de la physique verrait le jour.

        Si vous voulez avoir plus de renseignements vous pouvez voir à l’adresse suivante l’explication de la mission « Microscope », mais je vous préviens, l’article n’est pas simple et facile à lire, même si c’est très bien expliqué..
    https://www.oca.eu/IMG/pdf/seminaire_Microscope-Artemis-Mai2015.pdf

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    Que faire pour éviter les attentats ?

             Comme je crois tous les français, les attentats de Bruxelles, après ceux de Paris, m’ont horrifié et indigné, mais malheureusement, à titre personnel, on ne peut pas faire grand chose, sauf si sur place, on peut aider les blessés et garder une vie normale dans Paris pour ne pas céder au chantage.
             On souhaiterait que cela ne se reproduise plus, et évidemment on se demande comment faire pour cela, et si les mesures prises par le gouvernement sont suffisantes.
            J’entends beaucoup de réflexions à ce sujet et je trouve que beaucoup d’entre elles ne sont guère pertinentes. Pourquoi.?

           Je crois que la difficulté vient de ce que nous traitons les terroristes comme des gens « normaux », c’est à dire qui ont les mêmes réactions, la même mentalité que la majorité d’entre nous, or il n’en n’est rien.
            Aucun d’entre nous, même si on lui fournissait les armes et lui garantissait son impunité, ne tirerait ainsi sur d’autres personnes, encore plus sur des innocents.
    Même ceux qui savent manipuler une arme moderne (et ils ne sont pas nombreux), ne s’en serviraient que si on menace directement leur vie ou celle des êtres qu’ils aiment.        
            Même si certains parmi nous ont des envies suicidaires (j’en ai connu), ils ne le feraient pas en tuant en même temps autrui. Le pilote de la Lufthansa est un fou et une exception.

           Bref notre personnalité, notre éducation, notre vie, nous pousse plutôt à aider les gens qu’à les tuer. Même dans une guerre, le soldat répugne à tuer celui d’en face, et il ne le fait que s’il sent sa propre vie menacée ainsi que celle des siens. Il tuera des ennemis mais pas des innocents et il le fait avec l’espoir de faire cesser le conflit par son action.
          Il n’en n’est pas du tout de même des terroristes actuels, qui ne sont pas des gens normaux. 

         D’abord, on constate que ce sont pour la presque totalité des repris de justice, et des gens qui en veulent à la société, aigris en quelque sorte par leur échec. Le vol ou le crime les a endurcis et la prison a accru leur haine de la société.
         Puis on les a conditionnés, voire drogués, pour qu’ils acceptent de tuer des innocents, de se sacrifier en héros pour faire parler d’eux, d’être kamikaze. Je ne suis pas sûr non plus que la plupart soient intelligents et la drogue qu’on leur donne diminue leurs facultés et leur vision de la réalité.

         Nous tous et même un combattant aguerri, nous tenons à la vie et nous craignons pour la nôtre.  
         Notre civilisation occidentale n’aime pas la mort et même si notre prochain n’est pas toujours respecté, cela ne va pas jusqu’au crime, sauf de la part de grands délinquants ou de malades mentaux.
         Nous ne comprenons donc pas la mentalité des terroristes, nous avons du mal à nous mettre à leur place et donc les mesures que nous proposons pour les contrer ne sont pas la plus souvent, pertinentes. Elles peuvent rassurer, mais n’empêcherons pas les attentats par de telles personnes.

        Essayons de réfléchir :

        Les vigiles non armés qui fouillent votre sac, à l’entrée de certains bâtiments, vous rassurent mais à quoi cela sert il d’autre.  Si deux terroristes se présentent ils le frapperont ou le tueront et ils renteront impunément se faire exploser ou se servir de leur arme.
        Pour que ce soit efficace, il faudrait qu’il y ait près de lui, trois ou quatre militaires armés et même une balle dans le canon pour réagir plus vite, ce qui , au milieu d’une foule, n’est pas très prudent, en l’absence de menace immédiate.
        Le travail que l’on donne aux militaires qui arpentent nos rues est exténuant, mais ils ne peuvent être partout à la fois, et si des terroristes font des ravages à un endroit, (ce qui ne prend que quelques minutes), peuvent ils y être rapidement et en état d’intervenir.
        Des gens normaux seraient dissuadés par le risque qu’ils puissent être pourchassés et annihilés par ces soldats en armes, mais à partir du moment où ces terroristes de moquent de mourir, cette crainte ne les arrête plus.

       Cela dit ces terroristes ne sont pas des monstres aussi insensibles que ce que nous pourrions croire. Ils ont discuté avec des gens qu’ils ont épargnés au Bataclan, alors que, vu le temps dont ils ont disposé, et le fait qu’ils ne voulaient pas fuir, ils auraient pu exécuter tout le monde. Un simple gardien non armé a réussi à empêcher d’entrer un des terroristes au stade de France, qui prétendait ne pas avoir son billet et attendre un copain. C’est curieux qu’il n’ait pas forcé le passage. Est ce par bêtise, par remord, parce qu’il était drogué, mais pas par peur puisqu’il s’est fait sauter ensuite.
       Le logisticien qu’on vient d’arrêter en Belgique avait une ceinture d’explosifs, à Paris, et ne s’est cependant pas fait sauter. Etait ce parce qu’il était plus intelligent ou non drogué, et qu’il était un des rares à avoir peur pour sa vie ?

      Je suis très sceptique sur le fait qu’un homme intelligent et non drogué, accepte d’être kamikaze, pour un résultat qui, certes fait des victimes, mais innocentes et sans pouvoir, ce qui ne changera pas le monde, comme cela me parait peu probable que des repris de justice du grand banditisme, deviennent tout à coup des fanatiques d’une religion, parce qu’on leur a promis qu’ils auraient au paradis, des vierges à leur service, s’ils se comportent en martyr.  Pour cela il faut être naïf et un peu illuminé. Cela n’est en général pas le cas de bandits et d’assassins.

       Je crois qu’il faut que l’on se dise que c’est très difficile d’empêcher un commando de terroristes à faire un attentat, au moment où ils vont le commettre.

      Alors que peut on faire ?

      Il me semble que la prévention et le renseignements sont des outils fondamentaux.

      Je ne comprends pas ceux qui refusent l’état d’urgence, la possibilité d’examiner ce qui se passe sur internet ou sur des téléphones mobiles, de faire des perquisitions, d’avoir un fichier des passagers d’avions, que l’on contrôle les frontières et les déplacements de suspects.

      Le contrôle des ventes d’armes et de la drogue est aussi très important dans ce domaine, ainsi que celui des explosifs et produits pouvant en faire. Il n’est pas nécessaire pour une ceinture, d’avoir des explosifs sophistiqués et qui se conservent longtemps. Des produits plus élémentaires, fabriqués à la demande, suffisent.

       L’embrigadement dans les prisons devrait être plus contrôlé, de même que des mesures pour brouiller les sites djihadistes et pour essayer de dissuader les jeunes dont ils lavent les cerveau. Certes c’est difficile et demande des moyens, mais a t’on étudié ce qu’on pourrait faire dans ce domaine. Ceux qui font cet embrigadement devraient être recherchées et mis sous contrôle ou renvoyés chez eux pour les étrangers.
      Je trouve qu’on ne devrait pas donner le nom des terroristes morts ou arrêtée, mais les appeler « assassin 1 », « assassin 2 », pour leur enlever leur notoriété.

      Je ne suis pas sûr que de nombreux militaires en armes, mais à pied, puissent être suffisamment efficaces. L’attaque ne se produira pas où ils se trouvent. Il vaudrait mieux trois militaires bien armés et protégés, ayant été entraînés, plus un chauffeur dans une voiture munie de radio, faisant des rondes et qui dépendent d’un centre de surveillance, qui puisse les envoyer rapidement en intervention, s’il se passe quelque chose.

      Quant aux contrôles des bagages à l’entrée du métro ou des aéroports, ils détecteraient certes les anomalies, mais n’empêcheraient pas un commando d’intervenir en force et surtout créerait à l’extérieur un tel embouteillage que ce serait facile de faire un attentats dans la foule de ceux qui attendent.

      Bref je ne crois pas qu’on puisse empêcher un attentat en cours, mais il faut plusieurs semaines pour le préparer et c’est là où une organisation très rigoureuse et une coopération européenne, permettrait peut être d’arrêter les terroristes, avant qu’ils ne le commettent, de même qu’on pourrait en réduire le nombre, en luttant contre leur embrigadement.

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  •   Depuis les attentats du 13 novembre, je recherche des études sérieuses sur la façon dont Daesh embrigade les jeunes, (et j’ai déjà publié deux articles à ce sujet), et je me pose des questions sur la motivation des kamikazes. Comment peut on se tuer ainsi pour tuer d'autres hommes et femmes voire des enfants, tous innocents ?
        Sur ce point, on trouve des déclarations, des interviews, mais pas d’études de psychologues qui chercheraient à analyser le problèmes : en fait ils n’ont pas de personnes sur lesquelles ils pourraient travailler.
        Les données qu’on trouve proviennent de renseignements donnés par des déserteurs de Daesh, et si elles sont intéressantes à lire, il est difficile de savoir quelle est la part de vérité.

        D’après une personne qui avait une responsabilité importante au sein de cette organisation, il semblerait que sa direction soit principalement assumée par des anciens sunnites de la police secrète de Saddam Hussein, formés autrefois par le KGB russe. Certes ils combattent l’Occident, mais leur but principal serait surtout d’éliminer toutes les populations chiites.
        En ce qui concerne les attaques en Europe, l’objectif ne semble pas être de faire le plus grand nombre de morts ou de dégâts, mais d’avoir un impact psychologique, de faire peur et de paralyser les gens par la médiatisation et la panique. C’est plus une guerre psychologique qu’une guerre réelle. C’est un moyen de coercition pour obliger un gouvernement à modifier sa politique.

        Les articles sur les kamikazes concernent essentiellement ceux qui sont intervenus au Moyen Orient et je ne sais pas si c’est applicable à ceux qui sont intervenus en France.
        En fait il y a peu de différence semble t’il entre celui qui se fera volontairement sauter avec des explosif et celui qui interviendra en armes avec la quasi certitude d’être abattu comme c’est en général le cas en Israel.
        Les articles que j’ai lus font état de motivations très diverses et probablement assez différentes selon les individus, leur origine et leur personnalité et c’est difficile de faire la part des choses. Quelques journalistes ou politologues ont essayé de faire des synthèses.

        De celles-ci il ressort que les fanatiques qui « veulent mourir en martyrs » ont en général entre 20 et 35 ans, et ne sont pas forcément au départ, des gens anormaux, des gens isolés et inadaptés socialement, des personnes au dessous du seuil de pauvreté ou sans instruction. Une partie d’entre eux proviennent de classes moyennes, avaient fait des études, et avaient des ressources et une famille. Ce n’étaient pas non plus en général des fanatiques religieux, certains étaient même d’une autre religion ou athées. Certains, quelques années avant étaient parfois des musulmans qui aavient une vie normale et même en partie agitée, consommant alcool et drogues.
        Et au plan nationalité, la plupart ne sont pas Irakiens.
        Alors on est encore plus perplexe quant à leur motivation, car l’opinion courante selon laquelle ce sont des demeurés qui croient n’importe quoi et des personnes exclues de la société, s’avèrent fausses dans la plupart des cas.
        En fait il doit y avoir des motivations très diverses et différentes selon les individus et notamment entre les kamikazes des régions du Moyen Orient et ceux occidentaux.

        Il est probable, semble t’il que pour des musulmans du Moyen Orient, les raisons issues du fondamentalisme islamique, jouent : le fanatisme contre des non-musulmans ou les rivalités entre diverses tendances comme sunnites/schiites,  l’aura donnée à un martyr, les récompenses promises au Paradis (comme les 70 vierges), les récompenses matérielle sur terre pour leur famille, le sentiment de s’être dévoué à l’Islam, la haine d’Israel et la vengeance, dans ce secteur géographique (c’est la mort d’un parent ou d’un ami qu’il veut venger).

        Il n’en n’est probablement pas de même pour les kamikazes européens, sauf en ce qui concerne le renom qu’il connaîtra, via les chaînes de télévision arabes – comme Al-Jazira ou Al-Manar .
        Les articles que j’ai lus mettent en avant des raisons diverses, mais deux communes : un embrigadement type sectaire, que j’ai décrit dans mon article du 29/11, qui isole la personne de sa famille, détruit sa personnalité et y substitue le culte du groupe; un lavage de cerveau qui va persuader la personne qu’elle est victime d’une machination de la société dans laquelle elle vit et qu’il faut la détruire.
        Une conversion religieuse pour exacerber le fanatisme est souvent un troisième facteur, mais la motivation religieuse n’est pas indispensable.
        Le kamikaze djiadiste, même s’il est seul en apparence, est le membre d’une communauté à laquelle il est dévoué corps et âme. Il est motivé par l’exemple d’amis, de camarades ou de proches ou tout simplement par l'image idéalisée d'un collectif.
        Daesh prétend qu’il ne force personne et se contente de demander qui est volontaire pour le sacrifice.
        Les candidats sont des hommes et des femmes jeunes en quête de repères. La propagande islamiste s’est donc adaptée à ces cibles et a insisté sur les motivations personnelles, sur le sens la détermination et les convictions afin comme je l’ai montré dans mon précédent article, d’aboutir à l’abandon de sa personnalité antérieure, à apprendre à se défaire de ses goût jugés futiles, de ce à quoi il pouvait tenir, ainsi qu'à justifier et glorifier son geste aux yeux de ses proches.
        L’horreur qu’on leur a inculqué de leur société et de ses membres justifie à leurs yeux leur geste, même s’il tue des innocents. C’est se dévouer pour débarrasser leur « secte Daesh » de gens pourris qui font partie d’une société qui doit disparaître pour faire place à celle de leur idéal.

        La dimension médiatique du djihadiste est donc essentielle. Son geste est un discours politique et un exemple pour ceux destinés à le suivre. Le djihadiste se doit d’être déterminé. Il a droit à la propagande des médias, et donc un djihadiste hésitant, qui renonce par exemple à se faire exploser, est une contre-propagande.
        Alors pour que cela n’arrive pas, il semble qu’au dernier moment on le drogue avant l’action, notamment avec de la kétamine, qui est un produit en partie tranquillisant, antidouleur, et qui déshumanise car il endort les réflexes naturels, émotionnels ou raisonnables. Une amphétamine, le captagon, est aussi utilisée, la Syrie en étant le principal producteur. L’assaillant se sent supérieur et cela augmente son agressivité et il se rend moins compte du danger
        Malheureusement d’une part ces kamikaze font des victimes innocentes, mais de plus, alors qu’ils pensent mourir pour un idéal, ils ne meurent en fait que du fait d’une manipulation des cadres et dirigeants de Daesh, qui voient en eux une arme psychologique.
        Car la religion musulmane au nom de laquelle ils agissent, dans la réalité, condamne formellement le meurtre d’innocents et le suicide. Les islamistes violents justifient les attentats par l’idée de guerre sainte, mais aucun texte islamique traditionnel n’autorise ni de se tuer, ni de tuer des femmes ou des enfants ou même des hommes innocents.

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