• Le coronavirus va-t'il faire évoluer le monde ?

               La crise du coronavirus nous amène à réfléchir sur l’évolution de notre société et ses carences

               Dans ma ville, les queues s’allongent devant les magasins, et me rappellent la guerre de 40 lorsque j’étais enfant. Mais ce n’est pas parce que les magasins manquent de nourriture, mais parce qu’il faut se protéger du voisin et rester à au moins un mètre de distance. Alors on ne rentre dans les magasins que par paquets de dix, quand dix autres personnes en sont sorties.
               Ce n’est qu’une image banale, mais elle est le reflet d’une situation soudaine qui nous fait réfléchir sur nous mêmes mais aussi sur l’évolution de notre société, du rôle des entreprises et de l’Etat.
                                                          

     

               Nous sommes tous bloqués chez nous : en soi ce n’est pas si grave que cela. On a de quoi manger, on peut ouvrir la fenêtre quand il fait beau, on peut lire, écouter des CD ou voir des DVD,  regarder la télé ou aller sur internet, et on ne risque pas, comme pendant la guerre, qu’une bombe vienne exploser sur la maison.           

               Certes on est isolé, mais on peut communiquer avec sa famille : il y a le téléphone, skype, les réseaux sociaux, la messagerie sur internet.

     

               En fait ceux qui souffrent de la situation actuelle, et risquent leur santé, ce sont ceux qui sont obligés de continuer à travailler dans leur entreprise ou commerce, et surtout ceux qui soignent ceux qui sont malades, dans le cabinets médicaux, les hôpitaux, les EPADS, ou les infirmières libérales, et sont donc en contact avec eux
               Pourtant beaucoup de gens ont peur et certains se promènent dans la rue avec un masque plus une écharpe par dessus, ce qui ne sert strictement à rien, (sauf s’ils sont malades et alors ils devraient rester chez eux) car le masque ne sert qu’a arrêter les postillons et gouttes expulsées par la toux ou un éternuement et nous ne risquons rien à un mètre les uns des autres (et encore moins si, dans une queue ils nous tournent le dos).

     

               Du jour au lendemain le monde est devenu inquiétant, vidé d’humanité, et les gestes réconfortants - manger ensemble, s’embrasser, se serrer la main, discuter - sont maintenant interdits, par précaution tout à fait nécessaire, mais qui bouleverse nos attitudes et nos émotions.

               La peur nous guette, car dans notre société et surtout en France, la santé était considérée comme une chose acquise, d’une part par notre système de protection sociale et d’autre part parce que nos médecins étaient compétents et notre personnel soignant dévoué et efficace. Certes on savait que nos politiques négligeaient les hôpitaux publics, mais les conséquences, on ne les voyait pas. Cent mille lits d’hôpitaux ont été supprimés ces vingt dernières années  et les soins à domicile ne sauraient compenser des lits en unités de soins intensifs, et depuis un an, médecins et infirmières manifestent pour dénoncer les coupes budgétaires qui détruisent peu à peu nos hôpitaux.
               Les crédits de recherche - médicale et autre - ont été réduits au minimum, et les stocks de sécurité ont diminué, comme les masques, les médicaments, les vaccins.

     

              Mais il n’y avait pas de crise, alors on ne s’en souciait pas tellement !           

     

               Certes on sait que la mondialisation existe, mais on en connaissait que les méfaits économiques et les exils de ceux qui étaient confrontés à des situations dramatiques.

                L’Etat était censé garantir notre sécurité, mais il y a eu le terrorisme et les guerres du Moyen Orient, qui sont venu entamer cette certitude.

               Certes il y a le chômage qui est au dessus de nous comme une épée de Damoclès, les faillites, les délocalisations, le manque d’emploi, surtout pour les moins qualifiés. Mais on voyait une lueur d’espoir, l’emploi allait un peu mieux.

               En janvier on  a entendu parler de ce nouveau virus en Chine, mais la Chine c’est loin. Des cas au Japon, en Corée. Puis une alerte en France mais très bien maîtrisée.
               Puis tout à coup l’Italie contaminée, la réunion des évangélistes à Mulhouse, des aviateurs d’une base militaire revenant de Chine et c’est brutalement l’explosion de la maladie en France. On s’aperçoit que la mondialisation, c’est aussi celle du virus, et que les frontières n’existent pas pour lui.

     

              Et l’on découvre tout d’un coup , que l’on ne fabrique plus en grande quantité les masques et les respirateurs en France, qu’on manque de lits de réanimation et que les médicament sont fabriqués à l’étranger, notamment en Chine.

             On prend tout à coup conscience que les personnels soignants ne peuvent être efficaces, malgré leur savoir et leur dévouement, que s’ils disposent du matériel nécessaire.

     

              La crise actuelle est certes gérée au mieux par les pouvoir publics des pays, mais avec un mélange de gravité et d’hystérie, qui cache en réalité une énorme impréparation, et une évolution du rôle de l’Etat, qui lui a fait négliger la santé au profit de la politique et de l’économie. Et là, tout à coup, on s’aperçoit que, sans la santé, il n’y a plus ni économie, ni politique.

              Quand j’étais jeune ingénieur, c’étaient mes anciens, ingénieurs eux aussi, qui dirigeaient les entreprises et ils avaient le souci de ceux qui travaillaient : certes l’entreprise ne devait pas faire de perte, et devait rémunérer ceux qui lui donnaient des fonds, mais son rôle était aussi de procurer du travail pour que les gens puissent gagner leur vie, et subvenir à la vie de leur famille.
            Certains de mes camarades, dans le Ministère de l’Industrie, avaient la tâche de  ce qu'on appelait « l’organisation du territoire », c’est à dire de faire en sorte qu’il y ait des entreprises qui distribuent du travail et qui par ailleurs, produisent en France, les produits et denrées stratégiques, nécessaires à la poursuite de notre activité, même si un de nos partenaires étrangers faisait faux bond.
              Maintenant tout cela n’existe plus, les sociétés sont dirigées par des financiers, l’Etat devient libéral et mondialiste et ne pense que finances et à réduire ses dépenses, ainsi que le coût du travail. L’entreprise doit « produire des richesses » et faire le maximum de profit et ne se sent plus responsable de fournir des emplois. Donc les salaires doivent être au plus bas et on délocalise là où ils le sont. Les états sont aux mains des investisseurs financiers, donc préoccupés par leurs dettes et accaparés par la sécurité et les relations internationales gangrénées par les guerres entre religions et ethnies, qui se disputent le pouvoir politique.

     

             La politique et le goût du pouvoir rendent aveugle. Plutôt que prendre tout de suite les mesures pour endiguer la dissémination du virus, on a attendu car on voulait maintenir les élections municipales. On a attendu de se rendre compte de la pénurie des moyens de soins pour essayer d’y faire face et de passer les commandes nécessaires. Certes les mesures prises sont bonnes, mais très tardives. On aurait notamment pu se rendre compte, début janvier, par exemple, du faible niveau des stocks de masques.

             Finalement la crise sanitaire était aussi impréparée et mal réfléchie de la réforme des retraites absurde et l’économie est à l’arrêt.

            Mais seul l’Etat a pu gérer cette crise. Les GAFA sont impuissants vis à vis d’un virus et Amazon ne peut qu’expédier des colis. Peut être que Google devrait se demander si des recherches médicales ne sont pas plus utiles qu’une voiture robot sans chauffeur.

            Cette épidémie va causer des dommages économiques importants, des faillites et du chômage en résulteront, une croissance négative, et cela affectera le monde entier, les économies asiatiques ayant des chances d’en sortir les plus fortes. 

            Les banques, les entreprises et les sociétés financières vont devoir en supporter les charges, aux côtés de l’Etat, une fois cette crise terminée. Elles devront porter le fardeau de la reconstruction économique, même si cet effort collectif ne génére que peu de profits. 

            L’Etat devra tirer les leçons de la crise. Il devra se demander si notre société n’est pas trop occupée à réaliser des bénéfices, et à exploiter la terre et la main d’œuvre, sans se soucier des conséquences. La crise a montré que l’économie n’existe pas si la sécurité et la santé des personnes n’est pas assurée. 

           La mondialisation et le capitalisme tel que nous l’avons connu doivent changer car ils profitent de la garantie de sécurité, santé et éducation qui est fournie par les Etats, et si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne pourront pas nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié.

           Le retour en France de certaines fabrications stratégiques  devra en particulier être envisagé, malgré son coût plus élevé qu’une fabrication dans les pays à bas coûts.

           Et quand je vois l’envoi d'un million de masques par la Chine à l’Italie, récupéré par la République Tchèque - puis rendus heureusement - je me pose des questions sur l’avenir de l’Europe et je continue de penser qu’on aurait dû rester dans une Europe limitée de 17 membres, sans un certain nombre de pays, qui égoïstement ne pensent qu’à eux mêmes.

     

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  • Les cloches ne vont pas à "Roms" qu'à Pâques !

         J'ai entendu à la télévision un élu local qui était parti en guerre contre les "immigrés roms et leurs roulottes" et qui voulait qu'on leur interdise l'accès en France, tout en montrant des scènes d'expulsion qu'il approuvait, à grand renfort de propos xénophobes.
         Cela me rappelle la polémique qui avait eu lieu, il y a dix ans au sujet des noms et plus généralement des campements de nomades.
         J'ai été regarder sur internet quelques statistiques et je je suis tout de même étonné de constater que l’opinion française est à 40 % favorable à l’expulsion des roms, sans distinction entre les divers nomades, ni entre les conditions d'occupation d'un terrain ou de salubrité.

         Parmi les gens en caravane, il y a des Gitans, des Tziganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens, Sintis; des roms, mais aussi des français, des gens du voyage et des vacanciers.
        Les Roms à l’origine étaient issus d’Inde, mais qui ont émigré sur les rives de l’aAtlantique, voire en Amérique  (et ROM veut dire “être humain” !!). Il y en a beaucoup en Roumanie. Les langues, les religions, les coutumes qu’ils pratiquent sont en général celles des pays où ils vivent.
        Les "gens du voyage" sont en fait, une catégorie juridique définie par deux décrets de 1972, qui se référaient à la loi de 1969 sur l'exercice des activités économiques ambulantes. C’était autrefois les “colpolteurs” et les “nomades” : des commerçants ambulants.
        Une catégorie bien connue est constituée par les cirques et théâtres ambulants.
        Beaucoup de noms pratiquent effectivement un commerce mobile, mais, avec le chômage et la misère en europe centrale, il y a aussi beaucoup d’émigrés qui sont au chômage, des pauvres qui mendient. Je pense qu’on n’est pas assez conscient que 100 €, qui n’est pas une très grosse somme en France, est un apport important pour un habitant pauvre des ex-balkans.
        Mais il y a aussi des français qui vivent en caravane car cela les dispensait jusqu’à présent de la taxe d’habitation !
        Il y a environ 160 000 gens du voyage en France, mais ce recensement est très approximatif.
        La loi Besson  du 31 mai 1990 oblige les villes de plus de 5 000 habitants à prévoir des emplacements de séjour pour les nomades, ce qui a pu amener des situations complexes pour les communes proches de cette limite, qui n’ont pas de terrain viabilisé assez grand et des finances modestes.

        L’hostilité de certains aux nomades est en fait un énorme amalgame et une généralisation malheureuse.
        En Bretagne par exemple, il y a surtout des caravanes de touristes et de cirques l’été, les camions mobiles des commerçants des marchés et fort peu de roms ou autres. Mais les touristes ne se comportent pas toujours de façon exemplaires et la population de la campagne a un mauvais souvenir de rassemblements de quelques milliers de personnes pour faire une fête, dans lesquels malheureusement une petite minorité se drogue, se saoule et laisse les lieux dans un état lamentable, après quelques nuits très bruyantes.
        Rien à voir avec les Roms, mais l’amalgame est dans les esprits : manque de bon sens !
        En région parisienne beaucoup de cambriolages sont effectués par des gens des pays de l’est de l’Europe. Des vols à la tire ou des voies de faits aussi, mais c’est loin d’être la majorité des cas. Mais l’opinion publique est inquiète de cela et elle fait l’amalgame entre ces personnes particulières en nombre limité qui commettent des délits et qui sont pour elle des “romanichels” et l’ensemble des Roms. Là encore généralisation intempestive.
        En campagne c’est vrai que lors de l’arrivée de certaines caravanes, les vols de volailles ou les petits larcins augmentent , mais ce n’est pas le cas à chaque fois, mais les esprit associent vols et nomades.
        Il faut reconnaître que pour un maire, ce n’est pas toujours facile d’avoir un terrain viabilisé adéquat et qu’à défaut les caravanes s’installent n’importe où (c’est parfois vrai aussi pour les touristes). Le problème est que les nomades sont en groupes nombreux, souvent pauvres, que les conditions d’hygiène des campements sont souvent mauvaises et que le bruit peut être gênant quand le campement est trop proche d’habitations.

        Il y a donc des nuisances certaines dues à certains nomades en raison de la malhonnêteté ou de la pauvreté, mais qu’ils soient français ou étrangers, Roms ou autres et pas uniquement de la part de nomades !
        Il est difficile d’empêcher un certain nombre de gens d’en être victimes, de vouloir que cela cesse et de faire ensuite un amalgame et une généralisation.
        Mais les personnes de bon sens et à fortiori le gouvernement devrait faire en sorte d’informer, de dénoncer cette erreur et de prendre des mesures qui visent les vrais coupables.
        Au lieu de cela il encourage, par ses paroles et sa politique d’expulsions, la généralisation anormale faite par une partie de la population, en espérant gagner ainsi quelques voix, ce qui est honteux..
        Personnellement, que l’on mette en prison et que l’on soumette à la justice une personne, française ou pas, rom ou pas rom, qui a commis un délit avéré, je trouve cela normal.
        Que la justice (les tribunaux) après jugement, ordonne de reconduire à l’étranger un groupe de caravanes dont les occupants sont à l’origine d’exactions, je n’y trouverais rien à dire.
        Que le préfet ne laisse pas occuper longtemps des terrains privés par des caravanes et cherche à les loger à un endroit moins dérangeant, c’est normal. C'est son travail.
        Que la gendarmerie les recense ou contrôle des papier, c’est son rôle : je lui présente sans rechinier mes papiers et ceux de mon véhicule quand on me le demande.

        Par contre les taxer d’émigrés clandestins me paraît un amalgame dangereux car ils sont citoyens européens.
        Mais détruire leurs caravanes au bull-dozer, séparer les femmes les hommes et les enfants pour les expulser, comme un l’a vu faire à la télé, et cela même s’ils avaient commis de petits délits et à fortiori s’ils n’ont rien fait de mal, est scandaleux et rappelle, pour les vieilles personnes comme moi, malheureusement des pratiques des nazis vues pendant la guerre.

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  • La réforme des retraites (3)

              J’ai déjà fait deux articles sur la réforme des retraites et les grèves et j’étais assez critique tant envers le projet du gouvernement, que je considère comme un modèle de technocratie utopique, irréaliste et injuste, que vis à vis des grèves menées par les syndicats, car, si elles sont longues et paralysent les transports, ce n’est pas le moyen d’obtenir des modifications des textes de loi, et par contre cela pénalise les usagers et l’économie.
              Tout le monde n’a pas le même avis, c’est normal et un lecteur m’a envoyé un mail me disant  «  tu critiques beaucoup, mais puisque tu es aussi malin, qu’aurais tu fait de mieux à la place d’une part du gouvernement et d’autre part des syndicats.

               A la place des syndicats, devant le texte actuel, j’aurais eu la même réaction de rejet, mais je n’aurais pas déclenché une grève longue qui a de gros inconvénients :
              D’une part elle pénalise énormément les usagers et l’économie et l’opinion publique, plutôt favorable au début aux revendications syndicales, s’est peu à peu détournée d’eux, notamment face aux difficultés de déplacement pendant les vacances de fin d’année et en région parisienne
              D’autre part les jours de grève ne sont pas payés et les grévistes ont, comme nous tous, besoin d’argent pour vivre, et ne peuvent tenir indéfiniment sans salaire. Le gouvernement laisse donc pourrir la situation, et attend que la reprise du travail devienne indispensable, faute d’argent, même si l’on n’a rien obtenu.
               Les ministres habitent en général dans leur ministère et ils ont une voiture avec chauffeur, alors la grève des transports ne les perturbe pas beaucoup.
               L’attitude des syndicats (CGT et FO principalement) est donc une erreur, ce que confirme bien la réalité, puisqu’ils n’ont rien obtenu alors que tous, grévistes comme usagers, commerçants et entreprises ont été tous pénalisés. Et les conséquences sur l’économie sont désastreuses, par le manque à gagner et la désaffection des clients.

               A la place des syndicats, j’aurais organisé deux ou trois journées de grèves et de défilé, pour montrer l’importance des mécontents hostiles au projet, mais j’aurais limité les perturbations à ces trois jours, et en dehors des fêtes de fin d’année. J’aurais ainsi préservé l’appui de l’opinion publique et les finances de mes adhérents.
              Par contre, pour agir sur le gouvernement, et surtout sur les députés et candidats LRM, j’aurais utilisé les quelques fonds dont je dispose à imprimer de nombreux tracs et j’aurais multiplié les interviews et articles sur les journaux et les médias, internet et télévision, en dénonçant tous les défauts du texte de loi, notamment son caractère imprécis quant au futur niveau des retraites, et en appelant tous les français qui n’approuvaient pas ce projet de loi, à voter pout d’autres candidats que ceux du LRM, aux élections municipales, puis aux législatives et à rechercher un autre candidat aux futures élections du Président en 2022
              Tout politique n’a qu’une hantise, celle de ne pas être réélu, et la menace d’une telle campagne de communication aurait bien plus d’influence sur le gouvernement et les députés que les grèves et l’opinion publique lui serait en majorité favorable, si cette communication était bien faite.

               A la place du gouvernement je n’aurais jamais imaginé ce sytème de retraite universel qui forcément heurte la majorité du fait que tous les métiers sont différentset que l'on porte atteinte à toutes les habitudes et les avantages acquis depuis des années.
              En ce qui concerne la SNCF, la dernière réforme de 201! prévoyait la mise en concurrence européenne et la fin du statut pour les nouveaux embauchés. C’était l’équivalent de la « clause du grand-père ». Alors pourquoi vouloir aller plus loin : c’était de la provocation !
               Et pourquoi se presser tant, sans presque aucune discussion et sans même avoir étudié la situation de nombreux métiers et l’état d’esprit correspondant.
               Certes il faut atteindre un équilibre financier, mais cela tout le monde en est conscient, et tout le monde sait que la longévité augmente et que le rapport actifs/retraités diminue. L’opinion publique comprend qu’il faut modifier certaines choses, mais imposer le même âge de départ en retraite est absurde, les métiers ayant une pénibilité différente.

               Le président Macron avait dit un jour qu’il préférait augmenter le nombre de trimestres nécessaires pour avoir une retraite à taux plein, plutôt que de fixer un âge légal. Pourquoi diable a t’il changé d’avis ?. Certes cela augmente le nombre d’années de travail, donc l’âge de départ, s’il faut plus de trimestres, mais cela se module de façon beaucoup plus souple. D’une part ceux qui ont commencé à travailler jeune peuvent partir plus tôt, et d’autre part on peut accorder des bonifications de trimestres dans certaines circonstances : pénibilité, grossesse, chômage…ce qui permet de rendre le système plus juste. Et on peut choisir de partir plus tôt avec une retraite inféreure au taux plein.

              Dès lors il n’aurait pas fallu tout de suite faire une loi sur un système complet, mais lancer des études et discussions par secteur, par métier, qui examineraient les règles actuelles et les modifications possibles et raisonnables et notamment les problèmes d’évolution des carrières et des métiers en fonction de la pénibilité et donc les aménagements à apporter aux différents régimes. 
             
    En particulier face à des régimes spéciaux qui fonctionnaient bien (comme par exemple la plupart des professions libérales et n’étaient pas en déficit, pourquoi les modifier. Tout au plus pouvait on regarder s’il n’y avait pas quelques règles abusives. Et leur confisquer leurs réserves qu'on versé leurs adhérents est une véritable spoliation. 
             
    En fait Jean-Paul Delevoye, outre qu’il avait peu de scrupules à cumuler sa rémunération de ministre avec des émoluments privés, a bâclé son travail, qui n’était qu’un projet technocratique sans étude sérieuse de la multitude des cas. Son projet aboutit parfois à des situations grotesques : par exemple l’application du projet aux infirmières libérales qui doublerait leurs cotisations, sans augmentation de leur retraite et sans qu’elles puissent augmenter leurs tarifs règlementés par la Sécurité sociale.

               Le régime par points a un gros inconvénient : le montant de la retraite dépend de la valeur du point, et celle-ci est à la merci des gouvernants. Et par ailleurs c’est difficile d’estimer les points du début de carrière, et les études étant plus longues en moyenne, on entre plus tard dans la vie active. Il était plus simple pour les travailleurs du privé de ne tenir compte que des 25 dernières années.
              Quant aux fonctionnaires il est à peu près impossible  de savoir ce qu’entraînera le sytème par point, même avec l’intégration des primes, par rapport au système actuel de 70% du salaire des six derniers mois, sans les primes. (qui sont très variables).  Je crains en particulier que pour les enseignants, le nouveau système n’entraine, malgré l’augmentation de salaires qui va coûter cher à l'Etat à court terme, (et donc aux contribuables), et en définitive, une baisse du niveau des retraites;

               Finalement le projet actuel va aboutir, vu les contestations et pour sortir de la crise, à un système bancal où l’on n’aura plus aucun idée du montant de sa retraite future, et donc où tous craindront d’avoir des retraites plus faibles
               Par ailleurs de nombreuses catégories de métiers auront obtenu des dérogations diverses et on aura de nouveau affaire à des systèmes divers. Mais certains n’auront rien obtenu et se sentiront oubliés et lésés, notamment ceux dont la pénibilité du travail ne sera pas reconnue.
               Et, en fait d’économies, on se rend compte de plus en plus que ce projet d’unification univer-selle, va finalement coûter plusieurs milliards chaque année à l’Etat par rapport à la situation actuelle, et finalement ce sera la contribuable qui va payer cet excédent, alors que l’on aura fait un maximum de mécontents.

               Je pense que c’est ce qu’on m’a toujours appris à éviter en management : la solution « perdant - perdant ». Je pense que ces erreurs vont coûter cher au LRM et à Messieurs Macron et Phiilippe.
              Monsieur Macron aurait mieux fait de s’occuper de nos hôpitaux que des retraites et, s’il avait dirigé du personnel en entreprise, il aurait su que, plus un projet et important et délicat, plus il faut en étudier tous les aspects et plus il faut une communication précise, objective, pragmatique et compréhensible par tous.

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  • Les vœux de notre Président

              J’ai écouté, comme beaucoup de français; le discours de notre Président, mardi soir. Il m’a profondément déçu.

     Je l’ai trouvé certes bien construit sur le plan de la langue française, mais très intellectuel, moraliste et peu réaliste, celui d’un homme qui considère qu’il détient "la voie, la vérité et la vie", sans se soucier si cela correspond aux souhaits de la population. 

     Il s’est félicité de la consultation nationale de l’année dernière, qui certes a provoqué de nombreux débats et une remontée importante d’avis et de propositions, mais dont ensuite on n’en a tenu compte que dans la mesure où elles correspondaient aux objectifs du gouvernement. Toutes les autres propositions sont restées lettres mortes.

     Quant à la grève actuelle, il n’a pas eu un mot pour les gros désagréments des personnes qui en subissent les conséquences (évidemment, d’une part peu lui importe leurs ennuis et d’autre part c’est un échec pour lui puisqu’il n’a pas su empêcher la grève pendant les fêtes).

    Aucune avancée pour essayer de l’arrêter. Pas une concession, pas même un encouragement à des possibilités d’accords par négociation d’acceptations mutuelles. On reste dans un projet quasi immuable, car seul le Président détient la vérité et lui seul sait ce qu’il convient à la population et à la France, au mépris de tous les avis dès qu’ils diffèrent de son projet. Et les raisons avancées sont la proclamations d’avancées et de justices sociales, sans aucune preuve concrète et la montée en épingle des quelques avantages de la réforme, principalement le minimum de retraite et l’augmentation de salaire des enseignants, sans savoir pour ces derniers, si cela suffira à ce que leur retraite ne diminue pas de façon importante.

     En fait le gouvernement laisse pourrir la situation, car il sait que le manque de salaires aura raison de la grève et qu’il pourra alors faire voter sa loi. Quant aux dégâts collatéraux sur l’économie et les usagers, il considère que c’est du détail, le prix à payer pour une réforme qu’il veut conserver pour ne pas reculer et conserver sa réputation de réformateur à tout crin. Tout au plus s’en sortira t’on en opposant les français entre eux, notamment par des clauses type « grand-père » .

     

              Je ne suis pas d’accord avec les syndicats car d’une part ce n’est pas réaliste de refuser de négocier tant que le projet n’est pas retiré, et d’autre part je pense qu’ils ont eu tort d’ennuyer ainsi la population au moment des fêtes de fin d’année. (Je le dis d’autant plus que je ne bouge pas de chez moi !).

     Mais on ne m’a toujours pas convaincu que l’universalité de la retraite est un facteur de justice sociale, car tous les métiers sont différents, de même que les salaires.

     Par ailleurs instituer brutalement un système à points, quelle que soit la profession, les études correspondantes, les risques de chômage, les contraintes de chaque métier, la progression des salaires, et le type de contrat, notamment à l’embauche; me paraît être d’un irréalisme total, surtout si on ne définit pas comment seront calculées les correspon-dances points-niveaux de retraite. Les premiers calculs faits semblent aboutir à une baisse des retraites à venir, comme le montre l’exemple suédois.

     Les français ne sont pas idiots. Ils savent que la longévité s’accroit et que donc le nombre de retraités par rapport aux actifs aussi. Ils savent qu’il faut équilibrer les comptes et que donc il faudra cotiser plus, c’est à dire travailler plus longtemps. Mais fixer un âge minimum à 62 ans comme une faveur et ensuite un âge pivot malus/bonus à 64, c’est une méthode qui donne l’impression aux gens qu’on se moque d’eux et qu’on les prends pour des imbéciles, et je comprends la rancœur du patron de la CFDT.

     En fait je n’ai jamais vu présenter un projet avec une impréparation aussi complète, avec une aussi mauvaise communication et ignorance de la psychologie des humains.

     Je pense que les gens responsables du projet n’ont jamais dirigé un groupe de personnes de leur vie, ou n’en ont tiré aucun enseignement.

            Bref je pense que nos enfants souffriront, quelque soit leur métier, de la réforme actuelle.

     Certes je pense que M Macron est un Président honnête et qui veut bien faire, mais un utopiste irréaliste, imbu de sa personne, qui n’a pas les pieds toujours sur terre et qui vit dans sa bulle.

     Je ne voterai pas pour lui la prochaine fois, mais comme je ne veux pas voter pour Marine Le Pen ou Mélenchon, je me demande pour qui je voterai car je ne vois aucune personnalité intelligente sortir du lot, sans parler de tous les incapables ou les malhonnêtes qui ont été choisis par les autres partis à diverses reprises.

     Le général de Gaulle était très autoritaire, mais il avait un sens psychologique qui lui évitait des bêtises comme celles actuelles, et je regrette des Présidents plus réalistes comme M.Chirac, même si je n’approuvais pas toujours ses actions.

     

     Sans doute une telle réforme n’est pas facile.et elle ne peut être bâtie au galop en restant dans sa tour d’ivoire.

     Qu’il faille réformer tout le monde le sait. que l’on prenne quelques mesures générales sur l’allongement du travail ou la durée et le montant des cotisations, pour commencer à équilibrer les comptes c’est  sans doute possible si on explique bien.

     Mais ensuite présenter l’universalité comme un dogme d’équité sociale, me paraît ressembler à un dogme religieux. Mais la religion est spirituelle et ne concerne pas la vie matérielle de tous les jours.

     Une réforme, pour qu’elle passe doit être étudiée métier par métier, secteur par secteur et prévoir une adaptation progressive.

     Comment considérer par exemple comme "cas universel" un artiste de l’Opéra. Irez vous voir danser ou chanter une personne de 64 ans. Bien sûr elle peut être professeur ensuite, mais pas toujours et il faut donc examiner le déroulement de sa carrière.

     J’ai pris un cas singulier, mais il y en a des centaines.

     Je connais quelqu’un qui doit travailler jusqu’à 67 ans dans une clinique pour jeunes très handicapés et qui se demande si elle aura encore suffisamment de force physique. Mais sa retraite est incomplète car elle s’est arrêtée de travailler pour élever ses enfants.

     La centralisation des études par le gouvernement et sa fébrilité sont catastrophiques. Les grands projets doivent être délégués aux échelons subalternes qui peuvent étudier les détails du projet, selon les secteurs concernés et les particularités, avec simplement certains objectifs mais qui ne doivent pas être fixés à l’avance de façon trop précise et identique. Au niveau supérieur de rassembler les projets, de les faire compléter s’ils sont trop loin des objectifs attendus, puis de faire une synthèse qui soit acceptable et surtout comprise. Cela peut prendre plusieurs années.

     Mais pondre un projet qui veuille tiout réformer de fond en comble, j’appelle cela rechercher à mettre la pagaille.

     

     Cela me paraît aussi condamnable que la position absurde de la CGT , qui formulée comme telle ne peut qu’être vexatoire.

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  •             J’avais fait un article sur le projet de réforme des retraites et je disais que je trouvais le projet du gouvernement très technocratique et théorique, profondément injuste, car la retraite est la poursuite et la conséquence d’une vie de travail, et que les métiers et les salaires sont très différents d’une personne à l’autre, et que, par ailleurs, ce projet était mal défini et qu’il bafouait le contrat passé à l’embauche avec les travailleurs, qui prévoyait les conditions d’emploi et de fin d’emploi.
                Certes il faut arriver à ne pas creuser le déficit des systèmes de retraite, mais cela doit se discuter et doit entraîner certaines modifications, mais ce n’est pas une raison pour tout modifier à la fois et vouloir tout uniformiser. Là c'est provoquer le mécontentement général et chercher la grève par une telle provocation.
                Par ailleurs affirmer que la raison de la réforme est une meilleure justice, alors que seules des économies sont recherchées, c’est prendre les gens pour des imbéciles.
                Et penser qu’un projet qui diminue la retraite des enseignants de 20 à 30% (eux qui ont déjà des salaires et des retraites inférieures aux personnes de formation équivalente), sera accepté, c’est vraiment le signe d’un manque complet de bon sens et de la moindre psychologie.
                Nos politiques sont complètement coupés de la réalité !

                Le discours du premier ministre n’a rien arrangé au contraire, car toujours caractérisé par le même manque du sens des réalités. Penser que reculer les dates d’application des mesures arrêterait le mécontentement car une partie des personnes ne seraient plus concernées, est vraiment une naïveté; les gens ne sont pas égoistes à ce point et ils pensent aussi aux jeunes et à leurs enfants.
                Certes il promet une prise en compte de la pénibilité et du niveau des retraites des fonctionnaires et des enseignants, mais sans aucune précision : acceptez le projet et demain on s’occupera de vous, on rasera gratis !
                Et le système qui consiste à laisser la limite d'âge à 62 ans, mais établir l'âge pivot à 64, c'et prendre les gens pour des imbéciles. C'est en fait mettre l'âge limite à 64 ans.
               Alors je comprends qu’il y ait de forts mécontentement et des mouvements de grève et je suis d’accord sur les raisons correspondantes.

                Mais je ne suis pas du tout d’accord sur les modalités de cette grève?  Et je le dis d’autant plus que personnellement je n’en souffre pas puisque je suis retraité et je ne suis pas obligé d’aller au travail, et que par ailleurs je me déplace peu en dehors de mon quartier.
                Je vois d’une part les difficultés de ceux qui veulent utiliser les transports en commun, ou circuler en voiture, et d’autre part les pertes économiques de salaires pour les travailleurs ou de recettes pour les commerçants, artisans et entreprises.
                Je trouve cela inadmissible, et si le gouvernement est en partie responsable du fait d’un projet inepte et d’une méconnaissance du contact avec les autres, je considère l'intransigeance et l’esprit obtus et égoïste de certains syndicats, comme également responsable de la situation actuelle. N’avoir comme position que l’abandon du projet est tout aussi naïf et un manque de bon sens. Et ne pas se rendre compte que la population ne continuera pas à les soutenir éternellement et que les conséquences économiques sont néfastes, même pour eux mêmes, n’est pas une preuve d’intelligence.
                De plus la SNCF et la RATP sont des services publics, et en agissant ainsi, ils oublient leur mission. Ils devraient assurer un minimum, le transport le matin et le soir des personnes qui travaillent et doivent aussi gagner leur vie. 

                La population , qui les soutient encore, va se lasser et finira par estimer que la SNCF devrait être réduite à son rôle de réalisation d'un réseau fiable et qu'ensuite, le trafic devrait être privatisé et ouvert à la concurrence européenne. Et que pour la RATP l'ensemble des lignes devraient être équipées du pilotage automatique des rames par ordinateur, ce qui augmente la fréquence du trafic, le sécurise grâce aux doubles portes et supprime l'obligation des conducteurs.
                Le gouvernement, fort de ce soutien, passera le projet en force et il sera voté tel quel, alors qu'une discussion plus poussée et une grève moins pénalisante aurait permis d'obtenir plus de concessions.
                La plupart des gens sont convaincus q'il faut modifier le système de retraite du fait de l'allongement de la longévité, mais ils sont attachés à un système solidaire, qui ne pénalise pas ceux qui ont eu un début de carrière difficile, surtout en raison du chômage, ni ceux qui ont des salaires plus bas, comme les enseignants, et à ce que ces changements n'entraînent pas une baisse des retraites, qui déjà ne sont pas très fortes pour beaucoup.
                Le gouvernement n'aurait pas généralisé le régime à points, aurait mis l'âge légal et pivot à 62 ans, aurait aussi augmenté de 2 ans les âges des régimes spéciaux, aurait augmenté de façon raisonnable le nombre de trimestres exigés à 62 ans, et aurait instauré le minimum qu'il prévoit, il aurait eu de fortes chances de ne pas avoir une grève de longue durée et aurait eu l'assentiment de la population, à condition fade ne pas lui raconter n'importe quoi, notamment en citant uniquement les rares cas qui bénéficient du projet actuel et en taisant tous le cas défavorables.

     

               

     

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