•           J'ai fait le 5 juin 2019, un article sur les amphétamines et l'addiction correspondante. Aujourd'hui, je voudrais parler des opiacés (morphine, héroïne) et de la cocaïne.

    Les opiacés (héroïne, morphine)

              L'héroïne ou diacétylmorphine est obtenue par acétylation de la morphine, le principal alcaloïde issu du latex du pavot (l’opium).
              L'héroïne pure est de couleur blanche, mais la drogue produite dans les laboratoires clandestins est de couleur plus ou moins brunâtre selon le degré de pureté, souvent coupée  avec d'autres produits psychoactifs (cocaïne par exemple) ou non,  (caféine  paracétamol) voire toxiques.
              Les pays producteurs sont essentiellement l’Asie (notamment Afganistan, Pakistan et Inde) et le Mexique
              Dans l'organisme, elle est métabolisée en monoacétylmorphine puis en morphine par le foie.
              L'héroïne peut se consommer par :injection intraveineuse, l'effet apparaît en moins d'une minute et s'estompe au bout de 3 à 5 heures; ou par inhalation (fumée ou prisée), entraînant un effet analgésique, puis un effet apaisant.
              Les effets psychologiques recherchés par ceux qui consomment cette drogue sont la relaxation, l’apaisement, une certaine euphorie voire une extase, suivis de somnolence.
              Les effets physiologiques des opiacées à court terme sont un ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration, une hypothermie et une contraction de la pupille, mais aussi des problèmes gastro-intestinaux  et des démangeaisons, des nausées et des vertiges.
              A terme on constate des insomnies, des perturbations hormonales, des carences alimentaires dues à une perte d’appétit, des infections, un affaiblissement général, des problèmes cutanés, et sur le plan psychique, une apathie générale, des troubles de l’humeur et des angoisses.

    Addiction aux drogues dures : héroïne, morphine, cocaïne.          Notre organisme utilise naturellement des substances similaires aux opiacés comme neurotransmetteurs. Il s’agit des endorphines, des enképhalines et de la dynorpine, que l’on désigne souvent sous l’appellation d’opioïdes endogènes. Ces molécules modulent les réactions aux stimuli douloureux, régulent les fonctions vitales comme la faim ou la soif, interviennent dans le contrôle de l’humeur, de la réponse immunitaire, etc.
              Les effets très puissants des opiacés comme l’héroïne ou la morphine s’expliquent par le fait que ces substances exogènes vont se fixer , dans les synapses nerveuses, sur les mêmes récepteurs que nos neurotransmetteurs opioïdes endogènes naturels de notre organisme (en vert sur le schéma).

             En absence d'héroïne, pour empêcher un excès de dopamine, l'hypothalamus fait intervenir in neurotransmetteur inhibiteur, le GABA, qui libère des ions chlore, lesquels bloquent l'influx nerveux du neurone dopaminergique.
              L'héroïne se fixe sur les récepteurs des opiacés naturels et diminue cette émission de GABA. Le neurone dopaminergique n'est plus bloqué et il y a émission d'excès de dopamine  relâchée dans l’ATV et le noyau accumbens qui sont donc sont moins ralentis dans leur action ce qui produit un renforcement du processus de satisfaction.
             L’addiction est rapide (quelques semaines) au bout desquelles les sensations agréables diminuent et obligent à augmenter les doses. De plus s’installent rapidement l’anorexie et l’insomnie, entraînant une fatigue générale croissante.

             En 2017, 0,6 % des filles et 0,7 % des garçons âgés de 17 ans ont expérimenté l’héroïne. Après une période d’évolution stable entre 2000 et 2005, le niveau d’usage de l’héroïne a augmenté jusqu’en 2008 et se trouve actuellement dans une phase de lente décrue, notamment chez les garçons (1,0% en 2014).

             Le niveau d'expérimentation (usage au moins une fois dans la vie) de l'héroïne en population générale en France est faible, à 1,5 % (légère hausse par rapport à 2010 : 1,3%) parmi les 18-64 ans (2,5 % parmi les hommes et 0,6 % parmi les femmes) et l’usage régulier actuel apparaît très rare (0,2 % des personnes interrogées). Le nombre d'expérimentateurs d'héroïne en France parmi les 11-75 ans est estimé à 600 000 personnes 

    La cocaïne :

             La coca est une plante d'Amérique du Sud qui joue un rôle important dans la culture locale et ancestrale, à travers ses utilisations rituelles ou médicinales.
             La cocaïne est extraite de ses feuilles. C’est un alcaloïde classé en occident comme stupéfiant.
             Environ 1 000 tonnes de cocaïne sont produites chaque année. La Colombie est le premier pays producteur
             La cocaïne se présente le plus souvent sous la forme d'une poudre blanche et floconneuse, plus rarement sous forme de cristaux. La cocaïne (ou chlorhydrate de cocaïne de son nom scientifique) qui alimente le trafic clandestin, est la plupart du temps coupée - « allongée » - dans le but d'en augmenter le volume, avec des substances diverses telles que le bicarbonate de soude, le sucre, le lactose ou divers autres produits pharmaceutiques.
       
    Addiction aux drogues dures : héroïne, morphine, cocaïne.         La dépendance à la cocaïne est intimement lié à son action sur les neurones du circuit de la récompense.
             La cocaïne agit en bloquant la recapture de certains neurotransmetteurs comme la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. En se fixant sur les transporteurs chargés d’éliminer l’excès de ces neurotransmetteurs de la fente synaptique, la cocaïne empêche ceux-ci d’être recaptés par le neurone émetteur et fait ainsi augmenter leur concentration dans la synapse
             Ceci va donc amplifier l’effet naturel notamment de la dopamine sur le neurone post-synaptique.
             L’ensemble des neurones ainsi modifiés produit l’euphorie (dopamine), le sentiment de confiance (sérotonine) et d’énergie (noradrénaline) typiques de la prise de cocaïne.
             Avec la prise chronique de cocaïne, le cerveau va compter sur à cette drogue exogène pour maintenir un niveau élevé de plaisir associé à l’élévation artificiel du taux de dopamine dans ses circuits de la récompense. La membrane post-synaptique va même aller jusqu’à s’adapter à ce haut taux de dopamine en synthétisant de nouveaux récepteurs de dopamine dans la partie synaptique des neurones récepteurs..
             Cette sensibilité accrue provoquera la dépression et le sentiment de manque quand cessera l’apport extérieur de la cocaïne et le retour à la normale du taux de dopamine.

             Au plan physiologique, la prise de cocaÎne provoque sur le moment une sécheresse de la bouche et de la gorge, une augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine, de la fièvre, des spasmes, crampes, tremblements, et éventuellement des hémorragies, notamment des saignements de nez et des troubles de l’odorat, des insomnies, une perte d’appétit..
             Au plan psychologique, elle engendre une forte euphorie, un sentiment de puissance intellectuelle (illusion de tout comprendre et d'avoir une intelligence inconcevable) et physique (voire sexuelle) qui provoque une desinhibition, une indifférence à la douleur, à la fatigue et à la faim, éventuellement des difficultés à respirer..
             Ces effets vont laisser place ensuite à un état dépressif et à une anxiété que certains apaiseront par une prise d'héroïne ou d’anxiolytiques.
             La levée des inhibitions peut provoquer une perte de jugement entrainant parfois des actes inconsidérés, tels que la violence, des comportement très agressifs, accidents voire suicides, crimes ou viols.
              A long terme la consommation régulière de cocaïne, outre la dépendance, nécrose les vaisseaux sanguins, dérègle le rythme cardiaque et la tension artérielle et peut donc provoquer accidents vasculaires et cardiaques, ainsi que des insomnies et amnésies, des difficultés de concentration et des tics nerveux. Un usage intensif de la cocaïne par voie nasale, provoque la gerçure des narines par la suite une atrophie de la cloison nasale avec perte d'olfaction, pouvant mener à une perforation de la paroi séparant les narines.
              Au plan psychique, elle entraîne des troubles chroniques de l'humeur : irritabilité, nervosité, panique, anxiété, sentiments de persécution, actes violents crises de paranoïa et hallucinations.
              Un dosage trop élevé peut entraîner la mort par overdose, notamment quand on consomme d’autres substances (alcool, tabac, amphétamines....), qui en aggravent les effets
        S'ils sont partagés entre plusieurs usagers, les matériels utilisés pour "sniffer" peuvent transmettre les virus des hépatites A, B et C, et le matériel d'injection, le virus du sida.

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  •            Je viens de lire un article « cocorico » de « Titibike by Ecovélo », sur un vélo à hydrogène français, dont les journaux ont parlé fin 2018 et début 2019.

    Avez vous déjà vu un vélo à hydrogène ?

                Il vante d’abord les avantages de ce vélo :
     

               Le vélo à hydrogène de la société Pragma dispose d’une autonomie de 100 km (contre 50 km en moyenne pour un vélo électrique). Ces qualités qui le différencie d’un vélo standard peuvent justifier son prix actuel de 7 500 € (objectif : 3 500 € prix public en 2020,
               La station de recharge ne consomme que de l’eau et produit de l’hydrogène pour l’énergie des vélos, et c’est donc une technologie très respectueuse de l’environnement.
               Le temps de rechargement est de seulement 2 minutes ! Ce n’est rien en comparaison des 2 heures nécessaires pour recharge un vélo électrique standard.

                C’est la société française Pragma Industrie, basée à Biarritz, qui produit ces vélos d’un nouveau genre fonctionnant à l’hydrogène.
                Ces vélos à hydrogène seront d’abord testés et mis en service à Cherbourg, dans la Manche. Lesvélos seront utilisés par les touristes au printemps ainsi que par le personnel d’un hôpital et d’une entreprise privée. Seul bémol, cette expérimentation a un coût certain : plus de 700 000 € pour 10 vélos sur 3 années et demie.

                Et notre journaliste ajoute : « Un petit cocorico est de mise, car cette technologie française est une première mondiale. Bravo à Pragma pour cette belle réalisation ! »
                Et bien non monsieur le journaliste : renseignez vous avant d’écrire : La société japonaise Iwatani a présenté à l'exposition de Tokio 2010, un prototype de vélo électrique, chargé d'une pile à combustible à la place du porte-bagages arrière, d'une puissance de 60 watts, non encore pour le commercialiser, mais pour démontrer l'intérêt de cette solution technique.

               Je ne sais pas si vous savez ce qu’est une “pile à combustible”. Alors je vais vous l'expliquer rapidement : C’est en quelque sorte un bac à électrolyse qui fonctionne à l’envers.

    Avez vous déjà vu un vélo à hydrogène ?

               On injecte de l’hydrogène à l’anode et de l’oxygène à la cathode, et on a l’inverse d’une électrolyse de l’eau : on produit de l’électricité et de l’eau. En quelque sorte on brûle catalytiquement de l'hydrogène, sans flamme bien sûr et il faut évacuer la chaleur produite, sous forme d'énergie électrique.
               C’est une vieille invention car elle date de 1840, mais les premières piles vraiment opérationnelles datent de 1960 et ce sont encore des appareillages chers et pas très fiables, la principale difficulté étant la sécurité du stockage d’hydrogène, sous très haute pression pour en avoir suffisamment dans un faible volume, et qui détone à l’air libre s’il est enflammé. Il faut trouver un moyen de le stocker autrement qu'à l'état gazeux dans un réservoir.
                L’électrolyte solide acide ou alcalin est constitué par de fines membranes en polymères, rendus conducteurs, séparant les deux électrodes. Ces polymères contiennent du platine (rare, polluant et coûteux) qui sert de catalyseur de la réaction.
               Il semble que des solutions autres aient été mises au point avec des polymères particuliers (polysulfones), avec une cathode (côté oxygène) en argent et une anode (côté hydrogène) en nickel plaquée de chrome 

    Avez vous déjà vu un vélo à hydrogène ?

               La pile conçue par Iwatani, d'un poids de 1,1 kilogramme produit de l’électricité sous 30 à 35 volts et charge une petite batterie au lithium-ion de 4 ampères-heures qui alimente le moteur en 26 volts. 
               
     L'hydrogène est stocké sous la forme d'un hydrure métallique, en l'occurrence un alliage de titane et de zirconium, contenu dans un boîtier en plastique de 750 grammes, d’ un volume d'un quart de litre  Il contient 7 grammes d'hydrogène, soit autant qu'un volume de 80 litres d'hydrogène gazeux à la pression atmosphèrique “normale (0°C).

               Ce petit réservoir prend la forme d'une cartouche aisément détachable, qu'il suffit donc de changer pour repartir , et qui permettrait de produire de l'électricité pendant trois heures.
               Ce vélo original, de 31 kg, peut ainsi rouler sans l'aide des mollets du cycliste durant 45 kilomètres. 

               Le prototype n’était, en 2010 qu'à l'état de démonstration et, par rapport aux vélos électriques traditionnels, le prototype était lourd et peu puissant.    
               
    La société japonaise Iwatani qui produit de nombreux matériels à usage ménager, notamment de cuisson, voulait surtout montrer que sa pile à combustible  fonctionnait bien et qu'elle était suffisamment légère pour s'adapter à toutes sortes d’utilisations.
               
    J’ai trouvé des photos d’un prototype plus récent, mais je n’ai pu trouver d’information sur internet, quant à une commercialisation ultérieure de ce vélo.

    Avez vous déjà vu un vélo à hydrogène ?

    japonais.

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  •     Je vous ai décrit, hier, le mécanisme de modification de l’ADN de virus  par les bactéries, afin de se vacciner, en utilisant un ARN guide contenant une séquence caractéristique de l’ADN viral, qui retrouvera cette séquence sur le virus infectant, et d’une enzyme CAS, capable de couper cette séquence en un endroit très précis, ce qui empêche le virus de se reproduire.

    Faisons d'abord un peu d'historique quant aux essais de modification d'ADN.

        Lorsqu’il s’agissait de couper en laboratoire l’ADN de cellules en expérimentation, que pouvait on faire?
        Bien avant que, en 1944, l'on connaisse l'ADN en tant que support génétique, et que l'on puisse déterminer un génome, l'homme a fait des croisements d'animaux et de plantes, et a ainsi modifié l'ADN, car c'est le seul moyen de modifier durablement un organisme.
        Les scientifiques avaient aussi montré que les rayonnements ionisants, des produits chimiques ou des virus pouvaient entraîner des mutations génétiques, mais on ne pouvait les orienter et elles semblaient se faire « au hasard ».
        La première modification volontaire ciblée du génome d'une cellule animale a été faite en1985, en échangeant deux séquences très proches, l'une de l'ADN de la cellule, par une autre introduite dans la cellule.
        En 1988 Mario Capecchi et son équipe, mettent au point une méthode permettant de cibler et de modifier un gène dans une cellule animale, ce qui lui vaudra le prix Nobel en 2007. En 1994, des biologistes de l'Institut Pasteur montrent que la réparation naturelle d'un gène accidentellement coupé est facilitée si on pratique une coupure avec une enzyme de levure.
        Les chercheurs ont alors essayé de fabriquer des protéines qui reconnaissent de façon spécifique une séquence particulière d'ADN, et de les coupler à des enzymes qui coupent la séquence au bon endroit désiré. Ces composants étaient très difficiles et longs à fabriquer
        En 2010, l'université du Minnesota a utilisé une enzyme fabriquée par une bactérie, qui reconnaissait certaines séquences d'ADN, et en la combinant a une protéine capable de couper le brin. Cette méthode était beaucoup plus simple mais encore laborieuse.
        L'utilisation des enzymes CAS des bactéries et des ARN guides va considérablement faciliter les modifications d’ADN et les rendre très rapides au niveau de la synthèse des produits nécessaires.

    Comment procéder avec CRISPR ?

        Il faut fabriquer un petit ARN, composé de l'ARN «TRACR" et de l'ARN issu de la séquence d'ADN que l'on veut sectionner, et on le couple avec l'enzyme CAS (voir les explications de mon article d'hier). L'introduction de plusieurs petits ARN dans la cellule permet même de réaliser plusieurs coupures simultanées.
        Le schéma ci dessous' tire de l'article de la revue "Pour la science", montre le processus :

    http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/reparationADN.jpg

        Depuis cette avancée technologique en 2013, les études de modifications génétiques en laboratoire de cellules animales et végétales se sont multipliées. Grâce à cette technique CAS, il est possible de couper avec précision n'importe quelle séquence de l'ADN de n'importe quelle cellule et d'y introduire des séquences autres (entre les brins coupés ou à la place d'une séquence ôtée entre deux coupures).
        De plus les chercheurs ont modifié les protéines CAS pour l'inhiber dans certaines conditions, ou au contraire l'activer, par exemple en présence de lumière ou de certains produits chimiques. ARN guides et la protéine CAS peuvent aussi maintenant être éliminés naturellement par la cellule, une fois la mutation réalisée, ce qui est très important au plan sécurité, pour éviter des modifications intempestives ultérieures.

    Les applications médicales futures.

        De telles mutations provoquées ouvrent des horizons nouveaux en thérapeutique, surtout en ce qui concerne les maladies génétiques, car on peut espérer trouver un  moyen de modifier les anomalie génétique à leur origine.
        Deux grands problèmes toutefois : il y a en général une multitude de gènes responsables de la maladie et il faudrait les modifier presque tous; il faut par ailleurs introduire la mutation dans un très grand nombre de cellules.
        Mais on peut aussi espérer réparer des cellules souches in vivo, voire réparer un organe défectueux quand la dégénérescence de l’organe est du à une mutation.
        On pourra peut être trouver des solutions durables contre le diabète ou l’excès de cholestérol, ou bloquer l’infection de certains virus.

        Enfin l’étude de modifications génétiques de plantes et de leurs conséquence sera  grandement facilitée.
        C’est donc bien une grande avancée que ces progrès, bien peu décrits par les médias.
        On peut penser aussi à pratiquer des modifications sur le génome d’embryons humains pour éviter des enfants anormaux, ce qui serait un grand progrès.
        Mais évidemment, comme toute avancée scientifique, cela pose des problèmes d’éthique car une découverte peut être mal utilisée, et notamment pour des recherches de nature eugénistes..
    (voir mon article sur les jumelles chinoises génétiquement modifiées.)

     

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  •           Dans mon article du 14 mai 2019, j'avais signalé l'expérience, théoriquement interdite d'un chercheur chinois, qui avait fait naître les premiers enfants modifiés génétiquement.
              Dans mon article, j'avais dit qu'il était facile de modifier un ADN avec des outils tels que CRISPR, sans expliquer ce que c'était et, cela est normal, on me demande ce qu'est ce "ciseau biologique".
              Je vais essayer de vous l'expliquer le plus simplement possible, en 2 articles, mais ce n'est pas très facile et j'espère que je ne vous raserai pas .

              Pour comprendre la méthode mise au point, il faut d'abord que je vous explique comment les bactéries se protègent contre des virus, par une sorte de vaccination. Ce système de protection a été baptisé CRISPR-CAS9 et il est schématisée ci-dessous.

              Pour se défendre contre les virus, la bactérie possède une mémoire et constitue une banque de données des ADN ou ARN des menaces auxquelles elle peut être exposée.
              Lorsqu'une bactérie est en contact avec un virus, elle va isoler des séquences de l'ADN ou l'ARN viral, en les repérant grâce à de petites séquences spécifiques appelées PAM,et va les insérer dans son génome, grâce à des enzymes appelles CAS qui permettent la découpe de cette séquence, dont les gènes sont insérés également dans le génome du virus. De plus, pour être efficaces, ces gènes ont besoin d'une autre séquence du génome, un petit ARN spécifique nommé par les chercheurs « Tract ».
              La banque de données CRISPR des bactéries est donc composée de suites des trois petites séquences Tract, CAS et  l’extrait d’ADN du virus rencontré, et elle regroupe donc le signalement de nombreux virus, qui sont ensuite transmis par réplication, aux descendants de la bactérie, constituant ainsi une sorte de vaccin.
        Cet extrait complémentaire du virus est ce qui permettra ensuite à la bactérie de le reconnaître.

    http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/CRISPRCAS.jpg
    Commentaires du schéma :
        1 - La bactérie est infectée par un virus elle découpe, dans l'ADN du virus, une séquence ciblée, qui lui est indiquée par un repère : la séquence PAM.
        2 - Si elle réchappe à l’infection, elle a incorporé dans son génome cette séquence, suivie de deux gènes : le premier est celui d’une protéine CAS et le second celui d’un ARN guide TRACR
        3 - Une nouvelle infection du virus se produit.
        4 - Le gène CAS s’exprime et génère l’enzyme CAS. Le gène de TRACR libère un ARN Tracr, qui se lie à la séquence ciblée du virus. Il va à la rencontre du viruset sert de modèle de référence.
        5 - Grâce à cet assemblage modèle, ce guide reconnait le virus et localise sa séquence PAML suivie du morceau d’ADN à sectionner.
        6 - La protéine CAS a coupé l’ADN du virus en un point précis et il ne peut plus se reproduir

              Quand se produit une infection virale de la bactérie, chaque séquence CAS est alertée, ainsi que la zone adjacente du génome. Une enzyme CAS est alors produite ainsi qu’un petit ARN composé d’une séquence tract et du morceau du génome du virus stocké dans la mémoire génétique CRISPR de la bactérie.
              Ainsi peuvent être formés autant de petits ARN de reconnaissance que la bactérie a stocké de séquences virales dans son génome.
              Ces ARN vont aller à la rencontre du virus infectant, et si celui ci était connu de la bactérie, l’ARN Tract spécifique du génome de ce virus va le reconnaître.
              Lorsqu’il est reconnu, l’enzyme CAS va le couper en un endroit précis, l’empêchant ainsi de se reproduire. La bactérie est ainsi sauvée de l’infection.
              Ce mécanisme est voisin de celui des vaccins humains qui produisent des anticorps, capables de reconnaître le microbe infectant et ensuite de le faire détruire par les lymphocytes
              C’est assez extraordinaire de voir ainsi les bactéries s’immuniser contre les virus quand évidemment elles n’y ont pas succombé à la première infection, et transmettre ainsi cette immunité à leurs descendants.

    Comment appliquer ce mécanisme à d'autres ADN, par exemple humains.

              Les chercheurs qui ont mis en lumière ce mécanisme, ont réalisé que cette enzyme CAS avec son dispositif ARN de reconnaissance d’une séquence d’ARN ou d’ADN constituait un  remarquable outil pour couper la chaîne en un endroit précis et donc pouvoir ensuite la modifier        ;
              C’est évidement une source de manipulations génétiques, mais aussi un très grand espoir de possibilités de soins pour les maladies d’origine génétique, contre lesquelles nous sommes actuellement très démunis.
              C’est ce que j’essaierai de vous expliquer dans l’article de demain.

        Nota : Sans doute vous demandez vous ce que veut dire
              CRISPR:  je n’ai pas voulu vous ennuyer avec cela, mais pour les curieux c’est 
    « Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats » (Courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées); il s’agit de ces répétitions dans le génome de la bactérie qui sont à l’origine du mécanisme de vaccination).

                CAS veut dire « Crispr associated protein » (protéine associée à Crispr). C’est une enzyme spécialisée pour couper l'ADN avec deux zones de coupe actives, une pour chaque brin de la double hélice.
                PAM signifie « Protospacer adjacent motif » (motif de reconnaissance adjacente); il est très court : quelques bases.

        Vous pouvez trouver pas mal de doc sur Google, mais elle est souvent un peu indigeste et la plupart en anglais.


     

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  •        Je regarde tous les jours le journal télévisé pour savoir un peu ce qui se passe en France et dans le monde. On nous montre malheureusement souvent la pollution, qui sévit chez nous, mais encore plus en Inde ou en Chine et on voit de nombreuses personnes qui circulent, un masque antipollution blanc sur le nez.
          C’est vrai aussi dès qu’on parle d’épidémie de grippe ou autre maladie respiratoire .
         Cela me laisse perplexe, car j’ai travaillé autrefois dans un labo où l’on étudiait la protection des voies respiratoires et je crains que ces précautions soient malheureusement souvent plus nocives qu’efficace.
        En effet tout dépend contre quoi on veut se protéger.

        En matière de protection des voies respiratoires, on trouve divers matériels d’efficacité croissante :
            - de simples masques de tissus qu’on met devant le nez et la bouche, attachés par un élastique derrière la nuque. C’est ce que portent les personnes vues à la télévision. C’est évidemment bon marché.
            - des masques plus élaborés de chirurgiens, qui épousent davantage les formes du visage et dont le tissus est spécifique.
            - les masques de peintre, destinés à ne pas respirer la peinture dans une cabine de pistolage.
            - les masques à gaz que l’on portait pendant la guerre (ou en service dans l’armée)
            - les respirateurs à bouteille des pompiers.
        Tout dépend contre quoi on veut se protéger.

        Je rappelle d’abord que 1 micromètre (µm) = 1/1000ème de millimètre et 1 nanomètre (nm) = un millionième de millimètre.
        A titre de comparaison un globule rouge mesure 7µm, une bactérie environ 1µm.

        Lorsque nous respirons, nous aspirons environ 1/2 litre d’air pour en absorber l’oxyg§ne et rejeter ensuite du gaz carbonique (CO2). Nous respirons en même temps des particules et gouttelettes qui flottent dans l’air, et divers polluants gazeux, provenant des activités industrielles du chauffage, et surtout des rejets des moteurs de voiture : oxydes d’azote (NO et NO2), dioxyde de soufre (SO2), ozone (O3).
        Il peut y avoir évidemment des polluants autres : oxyde de carbone (CO), lors de combustions, produits chimiques lors d’épandages… dont certains peuvent être dangereux.

        Parlons d’abord des particules qui constituent la pollution la plus courante et la plus dangereuse.
        Les pics de pollution en France peuvent aller jusqu’à plusieurs millions de particules de particules fines par litre d’air que nous respirons toutes les deux inspirations, voire à chaque respiration si nous sommes en train de faire un effort physique.
        Les particules dans l’atmosphère se classent en quatre principales catégories, vis à vis de notre respiration :
            - Les particules les moins fines de diamètre supérieur à 10 µm.
        Ce ne sont pas les plus dangereuses car elles sont pour la plupart arrêtées par le nez et la gorge où elles se déposent. D’autre part, comme elles sont lourdes elles tombent et de déposent sur le sol.
        Les particules de diamètre inférieur à 10 µm. sont appelées PM10
            - Les particules de diamètre compris entre 2,5 et 10 µm.
        Ce sont elles les plus dangereuses, car elles pénètrent dans les poumons, et constituent la majeure partie en masse. Certaines en ressortent, mais d’autres s’y accumulent et encombrent les alvéoles pulmonaires en perturbant la respiration
        Les particules de diamètre inférieur à 2,5 µm. sont appelées PM2,5
           - Les particules de diamètre compris entre 2,5 et 0,1 µm.
        Elles sont également dangereuses car elles ont tendance à rester en suspension dans les poumons sans en ressortir et surtout leur concentration correspond en général au maximum de la pollution et donc au maximum d’absorption possible.
        Elles encombrent les alvéoles pulmonaires et les plus fines traversent les parois des vaisseaux sanguins.
            - Les particules de diamètre inférieur à  0,1µm.  (100 nm : PM0,1).
        Elles ne représentent qu’une faible masse, mais sont très nombreuses et peuvent franchir la paroi des vaisseaux sanguins du poumon et donc circuler ensuite en même temps que le sang dans l’organisme. Mais on ne sait pas quel est exactement leur comportement, car à cette taille, les matériaux ont des comportements particuliers.

        L’organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que la pollution entraîne la mort prématurée de 7 millions d’e personnes dans le monde dont 48 000 en France.
        Les dangers sont les suivants :
            - Des réactions inflammatoires des poumons
            - Des symptômes respiratoires : difficultés à respirer.
            - Des effets néfastes sur le système cardiovasculaire.
            - Un risque de cancer au moins pour certains produits
            - L’accroissement de la prise de médicaments, de l'hospitalisation et de la mortalité des personnes souffrant de problèmes respiratoires, étant cardiaques ou asthmatiques (et considérées comme les groupes à risques).
            - Les personnes âgées et les enfants sont également considérées comme les groupes à risques

        Malheureusement tous les masques que l’on porte sont inefficaces, que ce soit de simples tissus jusqu’au 215 références de marques, vendues en France, et tant pour les particules fines que pour la pollution gazeuse.
    L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation de l’environnement et du travail (ANSES) a étudié ces masques et dénonce leur inefficacité.
        Les masques ne sont conçus que pour filtrer les particules fines et n’ont aucun effet sur les gaz. Leur adhérence au visage est souvent mauvaise et donc leur étanchéité n’est pas bonne. La filtration dans les conditions d’usage est très inférieure à celle mesurée en laboratoire. Si la filtration des particule de diamètre supérieure à 10 µm est bonne (mais de peu d’intérêt, celle des particules autour de 2,5 µm est moyenne et celle des particules PM0,1 est pratiquement nulle.
        En outre ces masques sont conçus pour des personnes normales au repos et non pour des personnes à risue ou faisant un effort physique.
        Les masques de chirurgien n’ont pas une efficacité beaucoup plus grande : ils sont destinés à empêcher les particules liquides issues de la bouche et du nez du chirurgien d’aller sur le champ opératoire.
        Les masques militaires sont plus efficaces, mais d’un port pénible et inconfortable, que ne supporteraient pas les personnes non entraînées.
        A noter qu’aucun masque n’arrête les molécule gazeuses de petite taille telles que CO, O3 ou NO. Seul le scaphandre des pompiers, complètement étanche et alimenté en oxygène, est efficace dans ce cas.

       Contre cette pollution, le seule solution est de diminuer son intensité, et ensuite de réduire l’activité des personnes pour moins respirer, mais les masques sont inefficaces et, si l’on reste chez soi, il est cependant nécessaire d’aérer pour éviter des accumulations de produits dans les pièces.

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