• Les sujets de philo du bac 2019. série S

     Suite de mes réflexions sur les sujets de philo du bac 2019.

    Sujets de la filière S
    • La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain?
    Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté?

    La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain?

        Il est certain que les diverses parties du monde peuvent abriter des peuples aux cultures très différentes, et donc à des manières de vivre différentes, mais aussi à des règles morales, législatives et économiques spécifiques, des croyances, des connaissances, des émotions artistiques, voire une morphologie et des personnalités différentes.
        Autrefois les conséquences étaient mineures, car les rapports entre personnes de cultures différentes avaient lieu, soit lors de rapports commerciaux (et cela en compliquait souvent l) soit du fait du tourisme, mais qui ne touchait qu’une élite aisée.
        Aujourd’hui, il en est tout autrement; il y a la mondialisation et l’information mondiale possible d’internet, les voyages virtuels, mais aussi un grand essor du tourisme, des études à l’étranger, et beaucoup de voyages des jeunes.
        Il y a donc de plus en plus de confrontation des cultures.
        Mais à l’inverse il y a une réaction,: la montée des nationalismes de toutes sortes, mais ils sont certes plutôt politique plutôt que culturels. Mais on voit aussi un engouement pour les langues locales et les cultures spécifiques d’une province.

        Faire obstacle à l’unité du genre humain, qu’est ce ? C’est assez vague. C’est empêcher que les hommes se reconnaissent comme êtres humains semblables, comme participant, au delà de nos différences à une même humanité.
        Avoir une certaine culture apporte un lien dans la mesure où les personnes ont conscience d’appartenir à cette culture, et donc des cultures très différentes peuvent donc rendre plus difficile le lien entre des personnes de ces cultures.
        Cela dit, à mon avis il y a des problèmes beaucoup plus graves que les différences de culture pour faire obstacle à l’unité du genre humain : rivalités de peuples ancestrales, guerres ou dominations anciennes, régimes politiques différents, rivalité personnelle d’hommes politiques, problèmes économiques et commerciaux …

        Je me rappelle que certains philosophes prônaient une culture universelle qui remplacerait peu à peu les diverses cultures. il ne semble pas que leurs thèses soient suivies d’effets. A vrai dire je ne vois pas ce que serait cette culture, d’autant plus qu’on a tendance à confondre la culture avec tous les étroits particularismes locaux.
        Et culture commune veut elle dire humanité commune, unique?
        Cela dit, il y a une nation France et des cultures locales très vives, auxquelles les gens issus de la région, sont attachés.

        J’ai toujours trouvé que les discussions, quand on n’a pas le même avis, mais qu’on est tolérant, font progresser les idées, et que chacun en tire quelque chose.
        Peut être peut on aussi tirer des enseignements d’une confrontation des cultures. Chacune a sûrement ses bons et ses mauvais aspects. Le difficile , c’est qu’ensuite on ne sait guère en tirer de leçon pratique.
        Il y a dans les diverses cultures des principes communs, des comportements humains, même si ensuite le contenu diverge : c’est la survie de l’homme, de l’espèce, la famille, le couple et les enfants, le travail, les besoins de nourriture et de logement, l’innovation et la recherche de progrès, le goût de la réflexion, des arts et des sciences, la recherche d’une organisation politique et de règles, d’une justice et d’une équité, mais aussi une certaine empathie et une certaine solidarité devant le malheur. J’en oublie surement maintes autres actions.
        Et à l’inverse, rester enfermé dans sa culture, c’est vivre éternellement das son coin, comme si l’on était aveugle, sans se remettre en question, en profitant de l’avis des autres.

        Et, au delà des cultures n’y a t’il pas quelque chose de commun en l’homme : son cerveau.
        Ce qui distingue l’homme des animaux, c’est son cerveau, principalement son cortex. C’est son système d’apprentissage qui lui permettra d’apprendre ‘abord à commander son corps, puis à marcher, parler, lire écrire, compter, puis à faire des études. C’est sa capacité à raisonner à résoudre inconsciemment des problèmes, à avoir de grandes émotions, des sentiments. C’est la possibilité de communiquer avec ses semblables, de comprendre leurs pensées.
        Ce cerveau il est différent d’un homme à l’autre, mais ses capacités générales sont les mêmes quelle que soit la culture originelle.
        Et l’usage de ce cerveau nous confère une personnalité, qui dépend de nos préférences cérébrales, dont les définitions générales sont les mêmes pour tous les hommes.
        Et c’est ce cerveau qui est à l’origine des cultures. C’est un même outil, mais il a produit des oeuvres différentes. Alors pourquoi vouloir les uniformiser. Il suffirait que l’on fasse effort pour une compréhension mutuelle, ce qui est possible avec nos cerveaux qui se ressemblent.


    Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté?

        Bien sûr chacun tient à sa liberté, mais il faut des limites à tout, y compris à sa liberté. On a coutume de dire que « sa liberté s’arrête là où commence celle de son voisin ».
        Actuellement chacun n’a qu’un mot à la bouche « nos droits »
        Sans doute en partie parce qu’il y a trop de différences entre les plus riches et les plus pauvre, entre ceux qui n’ont que peu de soucis et les malheureux. Parce qu’aussi c’est une mode en France de toujours râler et ne pas être satisfaits. Parce qu’aussi normes et règles se multiplient, souvent établies de façon technocratique et sans concertation.
        Mais on se garde bien de parler de « nos devoirs » (je ne parle pas des devoirs de classe, bien sûr LOL)
        C’est pourtant la contrepartie des droits : la communauté nous apportes certains avantages, il est normal qu’en échange, nous lui apportions aussi quelque chose, et par ailleurs il est aussi nécessaire que nous respections certaines règles et lois, qui permettent la vie en commun. Il y a en quelque sorte une « morale sociale ».
        Certes les devoirs imposent des frontières, obligent à se conformer aux règles et c’est effectivement une limitation de la liberté individuelle, mais limiter n’est pas renoncer ou supprimer. Il n’y a qu’à comparer la vie en France avec celle dans des pays totalitaires.

        Il ne faut pas je pense confondre liberté et anarchie, ou liberté et droit de faire ce que l’on veut, sans se soucier des autres.
        Les règles existent chez l’animal, et plus il est évolué, plus il y a une organisation de la société. L’homme est-du moins le pense t’il - un animal supérieur civilisé. Il est normal qu’il y ait une protection de la liberté de chacun par une limitation collective de cette liberté pour qu’elle ne nuise pas à autrui.
        Un exemple flagrant est, de nos jours, internet, où au départ la liberté est totale, et où peu à peu apparaissent maintes nuisances (escroqueries, arnaques, abus de la crédulité, harcèlement, fausses nouvelles, apologies diverses, prosélytisme…). On sera de plus en plus amené à règlementer (et ce n’est pas facile) pour protéger l’internaute.
        Evidemment certaines règles peuvent elles être erronées, injustes, avantageuses pour certains. La perfection n’est pas de ce monde, mais il vaut mieux quelques erreurs que pas de règles du tout. C’est principalement vrai pour l’éducation des enfants.
        Dans la pyramide de Maslow, dont j’ai parlé dans un article, le stade ultime est l’accomplissement de soi. Ce n’est pas un problème de règles, mais d’action orienté.
    Etre heureux de s’étre accompli, n’est ce pas une liberté intérieure?
     

     

     

     

     

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  • Les sujets de philo du bac 2019. série ES

    Suite de mes réflexions sur les sujets de philo du bac 2019.

    Sujets de la filière ES:
    • La morale est-elle la meilleure des politiques?
    Le travail divise-t-il les hommes?

    La morale est-elle la meilleure des politiques?


        Ce sujet ne me plaît pas du tout du fait de son imprécision et par ailleurs je pense dangereux d’aborder un sujet politique au bac, car il est difficile tant pour l’élève que pour le correcteur, de faire abstraction de ses opinions.
        Par ailleurs il y a certainement de très nombreuses paroles d’e philosophes (à commencer par Platon et Machiavel) et d’hommes politiques sur cette question, mais je ne les ai pas en mémoire.
        D’abord je ne sais pas quels sens donner aux mots « morale », et « politique ».

        La morale d’abord : le bien et le mal; l’esprit et les règles du bien. Celles aussi souhaitées et plus ou moins imposées par la société (civilisations, coutumes, religions, castes, partis politiques, groupes divers.…) ou même la mode !
        Politique, est ce seulement la politique au niveau de la ou des nations, des collectivités, mais on peut aussi parler d’une politique pour une entreprise; ou de la politique d’une personne, par exemple pour mener sa carrière. C’est assez ambigu, parce que le niveau de conséquences collectives et les acteurs ne sont pas les mêmes.
        En fait morale comme politique ne sont pas des données qui existent en elle mêmes. Elles sont bâties par des hommes, qui , à un moment donné en ont la responsabilité.

        La morale est quand même une affaire très individuelle. Au départ ses règles nous sont enseignées par nos parents; puis par des professeurs d’origines diverses : enseignement, religion, partis politiques…
        Ces personnes ont évidement une culture, des archétypes, des préjugés, des opinions et sont sensibles aux autres, à l’environnement, à la mode, à leurs intérêts ou à celui d’entités supérieures.
        Ensuite il faut que ces règles soient assimilées et ait notre accord : c’est le « surmoi » dont parle Freud.
       
        Alors quelle morale faut il retenir si l’on veut y associer une politique?
        Les chinois n’ont probablement pas les mêmes règles que les occidentaux. A Tahiti où il y a chez les autochtones une certaine communauté de bien, emprunter - sans lui dire - la voiture ou un bien du voisin, n’est pas immoral. Les terroristes ont ils une morale ?
        Les règles morales d’une secte sont elles acceptables? Et même à l’intérieur d’une religion, il y a des libéraux et des intégristes. Certains peuvent être homophobes, contre la PMA, l’IVG ou la contraception.
        Alors que doit retenir le politique parmi ces données contradictoires, alors qu’il a sa propre morale à lui-même.?
        La guerre, où l’on a le droit et même le devoir de tuer son adversaire, est elle conforme à la morale? La religion du fric des GAFA et le mépris de l’homme et de la vie humaine de certaines entreprises, mais aussi de certains pays totalitaires sont elles des politiques morales?
        La démocratie est elle plus morale qu’un régime dictatorial? En démocratie le moteur des hommes politiques est le plus souvent leur réélection et par ailleurs les sont monnaie courante. Les régimes dictatoriaux bafouent en général les droits de l’hommes, mais si on aavit comme dictateur un saint ?
        
    Par ailleurs que se passe t’il en politique : c’est la gestion de certains problèmes, de certaines affaires au niveau de collectivités, mondiales, nationales, locales, industrielles familiales.
        Si le problème est simple, et qu’il ne choque ni ne nuit à personne, c’est assez facile de se conformer à une certaine morale. C’est rarement le cas.
        Ces problèmes sont le plus souvent contradictoires : faut il par exemple accepter sans limite toute forme d’immigration, aux dépens des pauvres et des chômeurs français?
    La morale voudrait qu’on aide les deux parties, mais on n’en a pas les moyens financiers et en matière de formation et d’emplois. Alors comment choisir?
        On trouverait des centaines d’exemples de ce type.

        En fait je crois que l’on voit dans le monde trop d’actes politiques qui choquent nos convictions. Alors on pense que la morale serait la meilleure des politiques mais en réalité le politique ne sait quelle morale choisir et par ailleurs la plupart des décisions qu’il doit prendre sont telles que les deux choix contradictoires qu’il doit prendre sont tous les deux moraux et que l’un des choix conforme à la morale entrainera le refus de l’autre choix qui lui sera immoral (quelque soit le choix effectué).

        Alors si le politique veut être honnête et le plus moral possible, il se dira qui’l faut choisir la solution qui agrée ou qui profite au plus grand nombre, mais d’une part elle peut être catastrophique pour le plus petit nombre et d’autre part le politique n’est pas devin et les conséquences de son choix ne sont pas toujours celles prévues et de plus la nature du profit en cause peut avoir aussi un aspect moral.
        Personnellement tout ce que je regrette, c’est ce qu’exprimait très clairement un des- lecteurs de mes blogs quand il disait :
    « Une question qui n'est jamais abordée en politique : on fait le choix de se cacher derrière des chiffres, des statistiques... J'aimerais juste que, pour chaque décision prise, on se demande si cela va rendre le plus grand nombre de citoyens un peu plus heureux.
    La notion du bonheur collectif devrait être aussi importante que celle de l'effort collectif. »
        Le bonheur collectif est il une notion morale ?
       
       
    Le travail divise-t-il les hommes?

        C’est un sujet qui a toujours passionné les philosophes, depuis Rousseau qui pensait que l’homme était bon par nature mais estimait qu’il était très paresseux, Kant qui estimait que le travail est le moyen de se libérer, jusqu’à Carl Marx et la lutte des classes.
        Sans parler de la chanson qui dit effectivement que « le travail c’est la santé, mais ne rien faire c’est la conserver » et de la légende d’Adam et Eve chassés du paradis, à qui Dieu dit « tu travailleras à la sueur de ton front ».
        J’avoue que les idées très théoriques des philosophes à ce sujet ne me passionnent pas, d’une part parce qu’elles sont souvent très utopiques et loin des réalités, et d’autre part parce que la société et les techniques associées au travail évoluent, de même que les acteurs économiques et que les données valables un jour ne le sont plus tellement le lendemain (par exemple la lutte des classes et le collectivisme d’Etat aujourd’hui).
        Mais le travail a des aspects multiples : techniques, économiques, humains, qui sont extrêmement pratiques et concrets.
        Et si on cherche la motivation première du travail, c’est quand même au niveau individuel de gagner sa vie, c’est à dire, que ce soit par un salaire ou tout autre intermédiaire, manger et acquérir les objets et services dont on a besoin.
        Au plan collectif, c’est produire des biens, des services, des innovations.

        Au plan technique, avec l’apparition du chômage, on constate que ceux qui ont le plus de mal à trouver du travail sont ceux qui ont fait peu d’études et que d’autre part ceux qui n’ont qu’un bagage général (le bac par exemple) ont beaucoup plus de difficultés que ceux qui ont un diplôme technique, (BTS-DUT) ou ceux qui ont appris dans un lycée technique un métier manuel.
        Il y a donc une grande inégalité des hommes face au travail, en fonction de leur formation et de leurs aptitudes techniques.
        Les nouvelles technologies ont bouleversé le travail quotidien et l’adaptation des séniors n’est pas facile. Comme leurs salaires sont pus élevés que ceux des débutants, les entreprises ont tendance à s’en débarrasser et ils ont du mal à retrouver du travail.
        La robotique et l’intelligence artificielle risquent d’accroître ces inégalités.   
        La technique est donc plutôt une source de division.`

        Au plan économique, le constat est voisin : les mêmes différences apparaissent aussi au niveau des rémunérations. Le salaire des femmes, à poste et responsabilité identique est inférieur à celui des hommes.
        Le chômage est sans doute le fléau le plus important de l’époque actuelle en France, car sans lui la pauvreté serait moins fréquente, les SDF seraient moins nombreux.
        Ce chômage est la source de divergence s et d’incompréhension avec les non-français. Il est certain que le fait que des travailleurs étrangers aient, quand ils travaillent en France des salaires plus bas pour des horaires plus élevés, que leurs sociétés paient moins de charges, est forcément une concurrence déloyale.
        Et s’il apparaît normal d’accueillir des immigrants qui connaissent la guerre, les exactions et la famine dans leur pays d’origine, on comprend aussi le mécontentement des chômeurs ou des SDF auxquels on n’accorde pas toujours les mêmes avantages.
        De plus les salaires de certains, grands patrons, footballeurs… sont démesurés par rapport à celui des ouvriers et employés qui font le travail pénible, et c’est un fossé supplémentaire qui engendre, à juste titre, le mécontentement.

         Très souvent le travail sépare les hommes au plan des relations humaines.
        Avec la généralisation des smartphones, le travail vous poursuit plus qu’autrefois dans votre vie privée, l’avalanche des SMS et autres messages fait vivre dans une fébrilité permanente, et le fossé s’est creusé dans la hiérarchie, car des relais intermédiaires tels les chefs d’équipes ont été supprimé pour des raisons économiques, les niveaux hiérarchiques ont été réduits et le supérieur n’a plus assez de temps pour être sur le terrain au contact de ses collaborateurs et de ceux qui font le travail sous leurs ordres.
        Les patrons comme les politiques sont coupés des préoccupations et des problèmes de la base, et les décisions prises n’en tiennent pas compte et sont donc contestées. Le climat dans les grandes entreprises est parfois devenu délétère, entrainant des arrêts de travail, des burn-out, voire des suicides, compte tenu de l’incompréhension de la hiérarchie et des méthodes de management qui ont mal évolué.

        Cependant il ne faut pas non plus tout noircir. Si le travail dicise effectivement les hommes, il  quand même certains avantages et certains apports.
        D’abord, le travail apporte liberté. Il permet de vivre de son salaire (si celui-ci est suffisant)
        Il y a ensuite l’intérêt du travail que l’on fait, de son métier, des succès et des tâches accomplies. Beaucoup de gens que je connais sont heureux dans leur travail et pas seulement des cadres et des ingénieurs ou des médecins.
        J’ai connu des ouvriers fiers d’avoir réalisé des pièces très complexes, d’avoir monté des matériels performants, des infirmières qui se dévouaient corps et âme à leur soins, des artisans et cultivateurs fiers de leurs réalisation, de leur boutique ou de leur domaine.
        Le travail peut contribuer au bonheur.
        Enfin le travail peut être l’occasion d’une aventure humaine, diriger, faire partie d’une équipe développe un esprit et une cohésion particuliers, il se crée des liens humains au travail, qui souvent se prolongent dans la vie privée.
        Il y a bien des cas où le travail divise les hommes, mais il y a aussi des circonstances où il les rapproche.

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  • Les sujets de philo du bac 2019. série L

     Tous les ans, quand paraissent les sujets de philo et de français du bac, bien que je sois essentiellement un scientifique, j’aime bien faire deux ou trois articles sur ce qu’ils m’inspirent.
    Il ne s’agit en aucun cas de corrigés. Je n’ai pas de formation dans ce domaine, je n’ai jamais été prof et mes études prébac sont lointaines 72 ans. Mais cela m’amuse de réfléchir et de me rappeler le temps où je passais le bac.

                                                    Sujets de la filière L:
                                      • Est-il possible d’échapper au temps?
                                      • À quoi bon expliquer une œuvre d’art?

    Est-il possible d’échapper au temps?

        J’aime bien le premier sujet, probablement parce que je suis âgé.
        Nous naissons, nous vivons et nous mourrons. C’est inexorable et même si cela exige des durées différentes selon les personne, aucune n’échappe à cette destinée.
        Certes les catholiques peuvent croire à une résurrection et à la vie éternelle, mais personne n’a encore dit quand elle aurait lieu.
        Les scientifiques savent que l temps n’est qu’une dimension comme les dimensions spatiales et que les lois de la relativité indiquent que ce temps s’écoule différemment si on atteint des vitesses proches de celle de la lumière. Mais comme il est impossible à un corps ayant une certaine masse, d’atteindre de telles vitesse, en raison de son inertie, nous ne pourrons jamais être témoins de ce phénomène
        Alors oui nous n’avons pas prise sur le temps

        Notre organisme est pourtant fait pour le mesurer. Nos horloges circadiennes ( voir mes articles des), sont sensibles à l’alternance des jours et des nuits, et notre hippocampe, s’il fonctionne encore correctement, (c’est en effet un des problèmes de la maladie d’Alzheimer), nous permet de dire approximativement à quel heure de la journée on est ou quelle a été la durée d’un phénomène (sauf s’il est très court).
        Nous sommes donc immergés dans le temps au plus profond de nous mêmes.

        Par contre le temps des horloges, qui dans notre système cartésien s’écoule de façon linéaire, a de singuliers caprices dans notre psyché.
        Quand nous ne savons que faire et nous nous ennuyons, le temps s’écoule lentement et nous trouvons « le temps long ».
        Au contraire quand nous somme très occupés, en général le temps « passe trop vite », de même que lorsque nous sommes plongés dans la joie et les émotions positives.

        Le temps se dilate et se contracte au fil de nos émotions et de notre activité.
   Donc au travers d’elles nous avons une prise sur le temps

        Autre point important, pouvons nous oublier le passé, être actifs dans le présent ou le fuir, et se positionner dans l’avenir ou ne pas y songer?
        Au cours du temps, l’environnement évolue et les hommes changent, de même que les civilisations.
        Il est certain que ce qui est passé ne peut plus être changé, (« le temps perdu ne se rattrape pas », et que nous avons une certaine prise sur le présent et surtout sur l’avenir, selon l’orientation de nos actions.
        D’une part nous constatons qu’il existe des personnes qui ont l’air de ne pas vivre avec leur temps, soit qu’elles soient absentes, soit qu’elles n’aient pas pu évoluer, et d’autre part nous voyons aussi de nombreux cas où certains ne peuvent se débarrasser de leurs remords et leurs regrets et vivent dans le passé, tandis que d’autre ne peuvent envisager l’avenir ou au contraire rêvent en permanence d’un avenir utopique. J’ai déjà fait des articles sur ces sujets.
        Nous connaissons tous aussi des personnes qui procrastinent sans cesse.
        C’est en apparence un refus d’avoir conscience du temps. En réalité cela correspond à des phénomènes bien plus complexes : préférence cérébrale J ou P qui nous amène à agir sur les événements pour les maîtriser ou à nous y adapter; sensibilité au stress , pessimisme ou optimisme, préférence S ou G qui nous oriente plus ou moins vers l’avenir. Mais aussi influence de nos souvenirs heureux ou malheureux, de traumatismes que nous avons subis, d’émotions tout au long de notre vie.

        En fait pour nous qui vivons, le temps n’est pas une donnée mathématique et physique de la vibration d’une molécule ou d’un atome. C’est une suite de souvenirs de notre passé que nous avons en mémoire et qui influent, à travers notre inconscient, sur notre présent et sur notre futur, souvenir de faits, d’émotions, mais aussi de personnes avec lesquelles nous avons eu des relations humaines.
        Sur ce temps nous avons une certaine prise et c’est souvent ce que j’essaie d’apprendre à des jeunes que j’aide.
        Certes ne pas oublier le passer, se rappeler ses instants heureux, les gens qui nous ont aimé, mais sur les moments douloureux ou les échecs, savoir tirer les leçons et ensuite tourner la page.
        Le présent c’est réfléchir aux problèmes, les analyser, prendre des décisions et agir. C’est vivre avec son temps, s’adapter à l’évolution de la société, ne pas négliger l’avis des autres, et jouir de tous les petits instants de bonheur auxquels nous ne faisons pas assez attention. «  Carpe diem » disaient les anciens.
        L’avenir c’est essayer de prévoir les conséquences de nos actions, le construire le meilleur possible, le nôtre, celui des instances familiales ou professionnelles dont nous somme responsables, voire réfléchir à ce que peut être notre action pour la collectivité, le climat et la biodiversité, par exemple
        Finalement, avoir prise sur le temps, c’est ne pas rester inconscient, c’est vivre consciemment notre vie.


    À quoi bon expliquer une œuvre d’art?

        J’avoue que ce sujet m’intéresse, mais me laisse perplexe.
        J’aime beaucoup la musique classique (certaines chansons aussi mais il faut qu’il y ait un air et de bonnes paroles). J’aime les musées notamment de sculpture et de peinture. J’aime aussi la photographie. Beaucoup moins le cinéma. J’aime lire mais je n’ai pas tendance à considérer mes lectures comme des oeuvres d’art, et pour certaines d’ente elle j’ai probablement tort puisqu’elles provoquent en moi des émotions.
        J’ai entendu de nombreux guides dans des musées ou des monuments; certains m’ont intéressé, certains m’ont fait fuir. Je lis parfois des critiques d’arts; le plus souvent ils me paraissent très ésotériques et ne réussissent pas à me convaincre. Les historiens et des professeurs m’ont aussi parlé d’art et je ne peux pas dire que cela m’a passionné.
        Comme ces métiers existent et semblent utiles, je pense que c’est moi qui ne suis pas sensible aux explications sur l’art.

        Pour moi une oeuvre d’art soulève ou non des émotions, difficiles à définir. J’aurais souvent du mal à dire pourquoi je trouve beau un objet, un tableau, un monument, un paysage une musique. Il m’arrive d’être ému aux larmes et je ne sais pas trop pourquoi. Et c’est l’objet lui même qui en est responsable et pas ce qu’on me dira sur lui.
        Alors lorsqu’on me donne des explications (et en supposant que ce soit bien fait), qu’est ce qui m’intéresse : des données factuelles mais en aucun cas émotionnelles : quelle a été la vie de l’artiste, où cette oeuvre se place dans sa vie, des détails techniques comme sa façon de peindre; éventuellement attirer l’attention sur une particularité qui se voit peu.
        Par contre quand on veut m’expliquer ce qu’à voulu faire voir, dire, exprimer l’artiste, avec parfois d’ailleurs des théories curieuses, alors cela m’agace et je fuis; à la rigueur cela m’intéresserait si c’était l’artiste lui même qui me le disait,
        Mais faire des hypothèses hasardeuses sur ses intentions, et souvent farfelues sur ce que représente son œuvre, cela me parait prétentieux voire parfois ridicule quand par exemple l’œuvre est peu représentative de la réalité. Je me suis amusé un jour, quand j’étais jeune, à commenter des tableaux de peinture moderne, avec une certaine ironie, et les visiteurs qui sont venus m’écouter me prenaient pour un guide! (Depuis d’ailleurs mes filles ne veulent plus m’accompagner dans les musées de peinture non représentative, mais je les laisse volontiers y aller seule !! Je me contenterai du Louvre et du musée d’Orsay).
        Cela dit je suis conscient qu’il faut faire connaître les artistes, les aider à subsister et donc je suis d’accord pour qu’il y ait des catalogues, des articles sur eux et leurs œuvres. J’ai moi même des livres sur les musées, les peintures , l’architecture et je lis volontiers ce que disent certaines bloggeuses sur les livres qu’elles lisent.
        Mais il faut que ce soit un compte rendu simple, direct, qui donne envie de voir l’œuvre et pas celui d’un « expert » qui se gargarise de mots et de connaissances ou qui veut absolument vendre quelque chose.
        Le pire que j’ai entendu, c’est un guide qui voulait me persuader qu’un tableau : une toile toute blanche avec un losange bleu au milieu, était une œuvre d’art extraordinaire. Je l’ai vexé car je lui ai dit avoir fait beaucoup de tableaux analogues quand j’avais 4 ans.!

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  •           Comme de nombreux adeptes d'eklablog, j'ai été très touché par l'incendie de Notre Dame de Paris et j'avais d'ailleurs publié un petit article le lendemain de l'incendie, le 16 avril.
    Bien entendu je m'intéresse à sa reconstruction avec un double intérêt, celui sentimental, mais aussi celui d'ingénieur, qui d'ailleurs ne croit pas possible une restauration en 5 ans.
              Un concours international d'architecture a été lancé par le premier ministre et déjà des esquisses ont été réalisées, mais assez extraordinaires et qui, à mon avais ont peu de chances d'être retenues, vu leur originalité un peu trop grande !
               Je ne suis pas sûr d'ailleurs que les architectes qui ont fait ces propositions aient pensé être retenus. Je crois qu'ils voulaient simplement qu'on parle d'eux et que cela leur fasse de la pub.
              Vous trouverez des vues et un article sur l'Internaute https://www.linternaute.com/actualite/magazine/1906187-notre-dame-de-paris-les-propositions-d-architectes-les-plus-surprenantes-pour-sa-reconstruction/?een=c5f75190dc92b9a0af690d4b5759db12&utm_source=greenarrow&utm_medium=mail&utm_campaign=ml276_notredamedejad

              Je me contente de lui emprunter quelques unes des photos les plus originales et les moins affreuses, car il y en à quelques une que je trouve horribles.

    Un toit plat et transformé en jardin: original mis peu esthétique. Le jardin est mieux en bas.

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

    Dans la même idée une verrière transparente autour de la charpente et un sol végétalisé.

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

    Une flèche assez traditionnelle, mais blanche; je ne trouve pas cette couleur très appropriée

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

    Encore une flèche traditionnelle mais sur un toit en verre. Je trouve que cela va mal ensemble.

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

    Autre projet du même genre avec une flèche plus belle.

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une flèche moderne mais dont les aspérités ne me plaisent guère :

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

    Un toit et une flèche en verre; c'est joli de loin, mais c'est assez étonnant pour une cathédrale.

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

    Un toits en vitraux : je le trouve beau, mais je suis assez sceptique quant à sa solidité.

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

     

     

     

     

     

     

     

     

          vue de dessus et à droite vue de l'intérieur

     

     

     

     

    Et enfin un projet plus "techniques modernes" qu'architecturales : une flèche virtuelle qui est un spot lumineux. Certes c'est original, mais cela fait un peu trop spectacle.

    Que sera la future Notre Dame de Paris ?

              Personnellement j'aimerais mieux que l'on conserve à notre belle cathédrale, son aspect d'avant, du moins pour l'extérieur et que l'on reconstruise une flèche analogue à celle de Violet le Duc.

              Par contre le problème des matériaux est un autre problème. reconstruire une charpente en bois qui peut brûler à nouveau, me paraît une erreur. Il vaudrait mieux une structure d'acier plus légère pour les bâtiments fragilisés, et bien entendu la couverture en plomb, lourde et dangereuse au plan sanitaire (tous les environs sont couverts de poussière de plomb à la suite de la fonte en minuscules gouttelettes sous l'effet de la chaleur de l'incendie) me semble exclue. Des plaques de zinc ou d'acier, comme sur les immeubles, sont bien plus souhaitables; mais une autre solution me semblerait intéressante comme symbole la lutte pour le climat. Ce serait de recouvrira charpente de panneaux solaires, qui fourniraient l'électricité nécessaire à la cathédrale. Le toit serait simplement plus brillent, comme s'il y avait une glace et la nouvelle flèche pourrait se refléter dedans.

     

     

     

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  •            Après incendie de Notre-Dame de Paris, je me suis intéressé au passé de l'île de la cité et j'ai retrouvé une adresse que j'avais trouvée, il y a quelques années, par hasard, en cherchant des reconstitutions en 3D, sur une site sur Facebook d’une société qui s’est spécialisée dans les reconstitutions historiques en images de synthèse 3D. Cette société a fait un DVD qui semble exceptionnel sur Paris au Moyen âge : voir à l’adresse http://www.grezprod.com/docu-poma.html.
    Il y a aussi un Youtube sur cette reconstitution.

               Pour vous donner une idée j’ai glané quelques photos :

      http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2003.jpg

               La photo ci dessus montre les rives de la Seine, à gauche le Marché-Neuf et sa grande halle, place où se trouve aujourd'hui la préfecture de police. Au centre le pont Saint Michel et on aperçoit les tours de Notre Dame, et à droite l'imposante prison de la Bastille.
               Celle ci dessous montre la pointe de l'île de la Cité


    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2004.jpg

               Et sur la photo ci après, les jardins du roi sur l'île de la cité :
    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2007.jpg

               Et voici le Palais des rois dans l'île de la Cité, tel qu'il était au Xème siècle :

    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2008.jpg

               A l'époque des maisons étaient construites sur des ponts et les parisiens franchissaient la Seine sans la voir et s'en rendre compte. Ici le Petit Pont, en face de la prison de la Bastille et sur la photo suivante, on voit une vue de la prison :
    :
    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2005.jpg

    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2010.jpg

               Et voici la place de Grève, avec l'ancêtre de l'Hôtel de Ville. On y faisait des fêtes, mais aussi les éxécutions.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2009-copie-1.jpg

               Bien sûr une vue de Notre Dame et des maisons autour, et celle du Chatelet, bâtiment de police et de justice aux cachots célèbres.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2011.jpg
     
               Voyez, ci dessus, les maisons qui existaient sur l'actuel parvis de Notre Dame.
               Enfin une vue des ponts construits : le Pont des Changes, et le pont des Meuniers, en fac de la tour de l'Horloge du Palais royal de la Cité :http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2012.jpg


    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages7/ParisauMoyenAge2015.jpg

     

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