• Rumeurs et fausses nouvelles sur le Net.

        J’ai déjà fait un article sur les fausses nouvelles qui circulent sur le web.
        Mais j’ai lu un compte-rendu d’une étude faite par Mehdi Moussaïd, de l’Institut Max Planck de Berlin, qui m’a paru intéressant.


       Les rumeurs et fausses nouvelles se répandent sur le Net, mais en général lentement et auprès d’un grand nombre de personnes. L’étude en cause concerne leur diffusion sur Twitter, par paliers successifs que l’on appelle « cascades ».

        Ces cascades sont très peu nombreuses(que ce soit des informations vraies ou non).
        Sur Twitter, 93% des twits ne sont pas lus, et 6,5% sont lus par 3 personnes au plus. Donc seulement 0,5% sont lus par plus de 3 personnes.
        Seulement 1/100 000 donne lieu à une propagation massive  en touchant plus de 500 personnes.

       La diffusion peut avoir deux allures :
            - Soit elle est « horizontale, c’est à dire très importante en une seule ou peu de fois : c’est le cas de sites de personnes très connues, qui ont un très grand nombre de visiteurs. Ces cas sont limités.
            - Soit elle est « verticale », c’est à dire qu’elle touche un nombre peu important de personnes, mais qui la répercutent à d’autres et ainsi l nombre croit très rapidement. C’est le cas le plus fréquent.

        L’étude a porté ensuite sur les rumeurs et fausses nouvelles diverses(notamment politiques),  220 000 twits erronés ont été trouvés parmi un milliard de twits examinés.
        On s’aperçoit que les nouvelles vraies dépassent en général moins de 1000 lecteurs, alors que les fausses nouvelles en dépassent souvent 100 000 et sont presque toutes de nature verticales.. Elles se propagent plus vite et plus longtemps que les informations vraies.
        Ces critères permettent de repérer ces fausses nouvelles, qui ne passent pas inaperçues, d’utant plus que celles qui sont dangereuses sont celles qui ont une grande diffusion.

       Un logiciel a été créé par le MIT et l’université d’Harvardet a été essayé sur 209 rumeurs tirées de 938 000 twits. 75% ont été détectées par le logiciel. Les critères qu’il utilise sont en cours d’amélioration. Ce logiciel pourra servir aux opérateurs du web pour « épurer leurs sites, ou au moins mettre un « indice de fiabilité » des nouvelles.

        Le mécanisme des fausses rumeurs a été étudié : on a demandé à des acteurs initiaux de mettre sur internet un dossier d’information et on a suivi sa transmission.
        Dès la troisième transmission, on constate une transformation importante : 52% des informations ont disparu et les autres sont déformées. A la 10ème transmission, le dossier n’est plus reconnaissable, presque toutes les informations étant inexactes.
        Le dossier représente le point de vue dominant du groupe de transmission.
        Les éléments les plus négatifs et les plus alarmants sont exagérés. Les personnes privilégient les informations en fonction de leurs préjugés. Le dossier est d’autant plus déformé que les lecteurs ont des préjugés communs.

        Cela dit, il n’y a pas que le net qui propage parfois de fausses rumeurs et les journaux, la télévision le font aussi. Les journalistes, à la recherche du sensationnel, ne vérifient pas assez leurs sources.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/file201809101231101nauzyl.jpg

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  •              Habituellement je ne publie pas le mercredi. Mais on est le 8 mai et il pleut tellement que je ne suis sorti que pour chercher le pain. Alors autant publier un article aussi aujourd'hui.

    Les femmes sont elles plus bavardes que les hommes ?

          J’ai lu un article d’une revue, qui affirmait que les femmes étaient plus bavardes que les hommes, parce qu’elles possédaient une quantité plus grande de protéine FoxP2, et le journaliste citait des essais biologiques sur des souris comme exemple (pas des souris d'ordinateur; des souris de laboratoire à 4 pattes, deux oreilles et une grande queue !)
        J’avoue que cela m’a fait rire et je pense que le journaliste, ou n’a rien compris à ce qui était expliqué dans ces essais, ou a voulu faire du sensationnel, sans vérifier ces dires.

       D’abord qu’est ce que cette protéine FOXP2
        La protéine « Forkhead-box P2 » (FOXP2) est une grosse protéine, qui contient 715 acides aminés.  Présente dans un gène du chromosome 7 chez les humains, dès le foetus, elle a un rôle de transcription dans la formation des centres du cerveau qui commandent les mouvements, notamment l’aire de mouvements complexes qui participe à l’articulation du langage et surtout les ganglions de la base  (notamment le noyau caudé), et du cervelet, qui jouent un grand rôle dans l'apprentissage des capacités motrices complexes, et elle joue peut être un rôle dans la formation d’une partie du centre de Broca
        Les modifications de cette protéine peuvent entraîner une inaptitude à prononcer les mots, et à utiliser syntaxe et grammaire et des difficultés dans l’apprentissage d’automatismes. Il s’ensuit des troubles de l’expression orale qui peuvent être très importants, voire une difficulté d’apprentissage du langage écrit et donc des difficultés de communication.
        Chez la souris, la quantité de FoxP2 est plus forte dans le cerveau des souriceaux mâles que des femelles, or ceux-ci interagissent plus avec leur mère par ultrasons.
        Chez les oiseaux sa présence augmente en phase d’apprentissage du chant dans l’équivalent du striatum humain, qui intervient dans la gestion des mouvements et surtout dans la motivation sexuelle et alimentaire et les circuits du plaisir. En la réduisant, on perturbe cet apprentissage en diminuant la coordination motrice du chant.
        Chez l’être humain, la présence de FoxP2 s’est avérée plus importante à l’autopsie dans le cerveau gauche de filles que de garçons, âgés de 4 ans, ce qui a été rapproché de la meilleure maîtrise verbale observée à cet âge chez les filles. Mais il n’y a aucune preuve de cause à effet.

        Les femmes sont elles plus bavardes que les hommes ?
        C’est une idée assez répandue, mais la réalité est différente.
        D’abord cela dépend des individus, qu’ils soient homme ou femme.
        Les extravertis, qui tirent leur motivation du contact aux autres, parlent beaucoup plus que les introvertis, qui sont à l’aise dans leur univers intérieur. Il leur arrive même de parler sans réfléchir, alors que les introvertis réfléchissent d’abord, mais en oublient parfois de parler.
        Ensuite la formation des personnes à l’expression orale joue. Quelqu’un habitué à intervenir en public, bien qu’introverti, parlera probablement plus facilement.
        Et le sujet est important : la plupart du temps, les hommes seront plus bavards à propos de football, et les femmes sur la mode ou la beauté. Un ingénieur parlera plus technique et un artiste de son art.
        En moyenne et à priori avant éducation, il y a peu de différence entre les capacités d’un homme et d’une femme. De même pour une formation identique, chez les adultes.

        Par contre la formation du cerveau n’est pas aussi rapide pour les hommes et les femmes, sur certains points.

        On admet que chez le enfants, les filles sont meilleures en expression orale et les hommes en orientation spatiale. Mais ensuite les différences s’atténuent chez les adolescents.
         Il est possible que la protéine Fox soit pour une part responsable de la meilleure performance des petites filles en communication orale, mais rien ne le prouve, et l’éducation et le rôle des parents doivent probablement être aussi influents.

       Je pense donc qu’il n’est pas judicieux de tirer de conclusion générale hâtive, et que dans ce domaine de facilité de discussion, la protéine FOXP2 n’est pas l’essentiel.
       

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  •     La maladie d’Alzheimer se rencontre de plus en plus chez les personnes âgées, du fait du vieillissement de la population.
        Rare avant 65 ans, elle représente 2 à 4% de la population des 70 ans et le pourcentage augmente ensuite vers 15% à 80 ans.
        Les femmes (60%) sont plus exposées que les hommes (40%), mais ce n’est peut être dû qu’à la différence d’espérence de vie.
        Il y a aujourd’hui environ un million de malades, mais leur nombre devrait atteindre 1,3 millions en 2020.

        La maladie d’Alzheimer est une lente dégénérescence des neurones, qui est caractérisée par deux sortes de lésions :

     La maladie d'Alzheimer        - des « dépôts amyloïdes, principalement près des axones, dus à une protéine, la peptide bêta-amyloïde. (Nota amyloÏde vient d’amidon, car le médecin Rudolf Virchof, qui a découvert ces dépôts croyait à tort que c’était de l’amidon alors que c’était une protéine; il n'y avait pas, à l'époque de moyens analytiques suffisants).
        Il existe naturellement dans la membrane des neurones, des protéines transmembranaires appelées APP (« Amyloid Protein Precursor », précurseur de la protéine amyloïde), qui aident les neurones à croître, à survivre et à se réparer quand ils subissent des lésions. (cf. les trois schémas ci-dessous)
        Des enzymes peuvent couper en deux endroits cette APP et libèrent alors une petite protéine, qui se replie en feuillets plissés, la protéine beta-amyloïde. Ces protéines ont tendance ensuite à s’agglutiner en plaques, stables et insolubles.
        Ces plaques coupent la communication synaptique, en perturbant le rôle d’un neurotransmetteur, la choline.
        De plus il semble que ces amas finiraient par devenir toxiques pour les neurones.

    La maladie d'Alzheimer   - d’autres protéines, les protéines Tau (pour « tubulin associated unit », sont aussi présentes naturellement dans l’environnement des neurones. Elles constituent une ossature comprenant des micro-tubulures qui assurent le transport de nutriments des neurones aux extrémités de l’axone, comme sur un « rail ». Ces micro-tubulures sont aussi appelées « fibrilles ».

         Sous l’effet d’une trop grande phosphorilation, ces protéines peuvent devenir »collantes » et quitter les microtubulures pour s’agglutiner. Les microtubulures ne peuvent plus acheminer les nutriments et l’axone meurt, puis ultérieurement le neurone.

        Cette destruction s’appelle la « dégénérescence neurofibrillaire ».
    Certains chercheurs assimilent ces protéines à des prions.


        Non seulement des neurones meurent, mais les communications avec les neurones suivants sont détruites et donc toute une chaine de communication cesse de fonctionner.

        Quelles sont les conséquences sur le fonctionnement du cerveau ?

        A partir de 20 ans et en vieillissant, le cerveau perd des neurones qui meurent. C’est particulièrement vrai pour l’hippocampe, le centre d’aiguillage de la mémoire. Donc nous avons tous des « trous de mémoire » en vieillissant, sous des aspects divers : difficulté pour trouver un mot, oubli de l’endroit où l’on a mis un objet, difficulté pour mémoriser de nouvelles connaissance, oubli d(une action mineure…
        Les malades d’Alzheimer voient ces difficultés de mémorisation augmenter progressivement. De plus une diminution importante de l’attention et de la concentration s’ensuit. C’est la mémoire épisodique immédiate qui est la plus atteinte. Puis progressivement des souvenirs plus anciens.
        Le cortex endorhinal (qui fait partie de l’hippocampe) contrôle notre notion du temps qui s’écoule et d’autre part notre « GPS interne » qui nous guide en permanence (voir mes articles des 7 et 9/11/2016).
        Il en résulte que les personnes qui développent la maladie se perdent sur un trajet habituel ou ne savent plus se situer dans le temps.
        Les troubles peuvent ensuite s’étendre au cortex préfrontal et entraîner des troubles des fonctions exécutives (programmation, séquence de réalisation d’un but, par exemple ne plus savoir comment se servir de son téléphone, de la télévision ou d’un ordinateur, ou comment préparer une recette jusque-là bien connue.)
        En temps normal le cortex préfrontal contrebalance l’influence des centres amygdaliens. Si son rôle diminue, ces derniers prennent l’avantage, entraînant des troubles du comportement et de l’humeur (anxiété, dépression irritabilité).
        L’extension de la maladie peut se traduire par des troubles progressifs du mouvement (apraxie), et plus rarement, des troubles du langage (oral : aphasie et écrit dysorthographie), ou de la vision élaborée (lecture, repérage des objets…).

        ll faut cependant souligner que cette progression de la maladie n’est ni unique, ni forcément catastrophique : tous les patients ne vivent pas la même évolution, et ne souffrent pas du même handicap. On peut bien souvent longtemps continuer à avoir une vie sociale, intellectuelle et affective avec la maladie d’Alzheimer...

      Un progrès important serait fait si l'on savait dépister assez tôt la maladie d'Alzeimer pour pouvoir en retarder les effets. 
      Il semble que ce soit possible car des tests relativement sensibles ont été mis au point, permettant de  déceler dans le sang, des marqueurs de la présence dans le cerveau, des beta-amyloïdes et des protéines Tau.

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  • L"enseignement par groupes de niveaux

        J’ai dit plusieurs fois que les résultats scolaires seraient bien meilleurs si on mettait dans une même classe les élèves de niveaux analogues, car cela permettrait d’ajuster l’enseignement au niveau de la classe, d’éviter que les moins bons ne se découragent et que les meilleurs s’ennuient au point de n’avoir pas d’effort à faire pour suivre et donc de ne plus faire grand chose.
        J’ai reçu récemment deux mails de professeurs, l’un qui est d’accord avec moi et l’autre qui ne l’est pas, au nom de la mixité sociale.
        Je pense que la mixité sociale n’est pas en cause. car les enfants de différentes classes sociales peuvent continuer à se retrouver dans l’établissement d’enseignement et même dans une même classe, même si on fait un enseignement par niveaux..
        Le problème est de savoir si on trie les enfants par âge, qui correspond au nombre de classes parcourues, puisque il y a très peu de redoublement; ou si on les trie par niveau de connaissances et surtout aptitude à suivre un certain rytme de travail en ayant assimilé l’enseignement délivré.
        Les expériences réalisées ont montré que le regroupement par âge était le moins bon pour l’efficacité et la réussite de l’enseignement.


        Des études ont été faites notamment par deux chercheurs ddu Laboratoire de neurosciences cognitives de l’Ecole Normale Supérieure Coralie Chevalier et Nicolas Baumard, qui ont d’abord montré que le développement des enfants peut se faire à des vitesses différentes, de telle sorte que les mêmes aptitudes sont atteintes à des âges différents.
        En France les classes sont actuellement organisées par âge, et 20% des élèves sortent du système scolaire sans formation et 10% sans le brevet des collèges.
        Les élèves les moins adaptés décrochent progressivement, et beaucoup de ceux qui pourraient être de bons élèves s’ennuient et prennet l’habitude de ne rien fiaire. Ils réussissent - même brillament- leur bac, mais calent ensuite très rapidement dans le supérieur, faute de pouvoir fournir un travail suffisant.
        On croit pouvoir améliorer la situation en faisant redoubler ceux qui ne suivent pas ou en faisant sauter des classes aux meilleurs, mais cela ne résout pas les problèmes, car cel ne change que peu l’hétérogénéité des classes. Le redoublement décourage encore plus ceux à qui on l’impose et sauter des classes entraîne des lacunes de connaissances (sauf en tout début de cycle).
        Créer des classes de « bons élèves » et de « moins bons » apporte nettement de meilleurs résultats d’enseignement, pour les moins bons comme pour les meilleurs, mais c’est relativement stigmatisant.
        Le meilleur résultat est un tri par compétences initiales dans chaque matière, (ou du moins dans les matières les plus importantes, de telle sorte que les groupes peuvent être différents d’une matière à l’autre.
        Cela n’exige pas de moyens supplémentaires en locaux et professeurs, et les emplois du temps restent les mêmes, les élèves se regroupant simplement au même moment du cours par groupes, dans des locaux, et avec des professeurs différents selon les matière, pour former des classes de niveaux relativement homogènes.
        Actuellement environ 50 millions d’enfants reçoivent un tel enseignement, notamment en Inde et les résultats sont bien meilleurs.

        Deux chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusset, Esther Duflo et Abhijit Barnegee, ont étudié les effets d’un enseignement par groupes, sur 30 000 élèves indiens et ont montré que le résultat était spectaculaire quelque soit le niveau des enfants.   
        Ester Duflo et des chercheurs de l’Université de Stanford ont effectué des études comparatives au Kenya, pendant plusieurs années, sur 120 classes de CP, en effectuant l’enseignement classique dans 60 d’entre elles et en faisant de l’enseignement par groupe dans les 60 autres, avec des programmes identiques.    
        Les résultats ont été bien meilleurs dans les classes par groupes, tant pour les élèves les plus faibles que pour les plus doués.
        Ils ont montré que les élèves doués ne « tirent pas vers le haut » les plus faibles dans les classes mélangées.  Ces derniers sont marginalisés et dégoûtés, alors que les meilleurs restent pour la plupart peu travailleurs.
        Le dédoublement des classes a aussi été testé. Il améliore les résultats, mais moins que le regroupement par groupes de niveaux et il est consommateurs de moyens (il faut presque les doubler), alors que le groupement par niveau n’en consomme pratiquement pas.
        En France, on se cantonne, sous prétexte de mixité sociale, à un regroupement par âges alors que cela n’a rien à voir. Et on n’a jamais voulu admettre ce regroupement par niveau, différent selon les matière, qui ne demande pas de moyen supplémentaire, mais exige seulement une organisation un peu plus complexe de la correspondance élèves-salles de cours et professeurs, qui est alors variable. (mais cela ne touche pas les emplois du temps).
        C’est dommage catr cela permettrait à notre enseignement de retrouver la qualité qu’il aavit autrefois, perte qui résulte, non pas de la qualité des professeurs, mais de la qualité de l’organisation.

       

     

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  •           J'ai trouvé, sur internet des montages de photos de l'artiste britannique Rich Mc'Cor, qui, sur des photos de sites connus, rajoute des découpages en papiers qui les complètent de façon humoristique.
             Voici quelques unes de ses créations :

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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