•      D'habitude je ne publie pas le mercredi. Mais le 1er  et le 8 mai étaient des jours de vacances; alors le mercredi suivant je me sens obligé de travailler. Enfin... pour un intermède, faut pas exagérer !

    Un petit clin d'oeil trouvé sur un site d'animaux.

        J'ai trouvé le trio amusant, la mère et ses deux filles.
    La dernière girafe que j'ai vue au zoo de Vincennes, s'appelle Agathe, comme une de mes petites filles, mais elle a le cou plus long. (la girafe, pas ma petite fille !).

        Je me suis toujours demandé si on pouvait faire du "cou farci" avec les girafes comme avec les canards ?
        SPA au secours !!

    Si cela vous choque, appelez la "société protectrice des animaux !

     

    On se demande parfois ce que pensent les animaux.

    Si cela vous choque, appelez la "société protectrice des animaux !

         Voyez ce criquet, pourquoi se gratte t’il ainsi le crâne ?
        A t’il simplement une démangeaison?
        Est il en train de se dire quelque chose et quoi ?
    “ Mon Dieu que vais je faire ? ”
    “ Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt? ”

    “ Mais il est fou ce Romain !! ”
    “ J’ai oublié de lui souhaiter son anniversaire“
    "Où ai-je bien pu mettre ma batte ? (de cricket bien sûr)."

      Mon petit chien Truffe (un York qui a partagé 18 ans ma vie), aimait jouer au criquet (ce jeu incompréhensible que pratiquent les Britishs) en "petite" Bretagne, dans le jardin à Saint Colomban, près de Carnac.

       Il se promenait nez dans l’herbe jusqu’à ce qu’un criquet  vert saute; il bondissait à l’endroit de son atterrissage et le faisait sauter à nouveau.
        Il s’amusait ainsi une bonne dizaine de minutes jusqu’à ce que le criquet soit trop fatigué pour sauter et se terre dans l'herbe, affolé !!

        Pauvre criquet ! J'aurais dû appeler la SPA !

     

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  •            Modifier un ADN et donc le génome humain est aujourd’hui faisable avec des méthodes de modification de séquences   telle que CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats  = « Courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées »), et des virus transporteurs dans l’organisme, non pathogènes.
               
    On peut donc modifier la génétique d’un embryon humain, mais c’est jouer à l’apprenti sorcier, car on n’en connait pas les répercussions à long terme sur la descendance.
               
    De telles pratiques doivent donc être limitées à des recherches en laboratoire, les embryons étant détruits lorsque la recherche est terminée.

               
    C’est effectivement ce qu’impose la bioéthique dans tous les pays. Certains chercheurs peuvent utiliser des embryons surnuméraires, qui existent notamment du fait des fécondations in vitro, pour faire notamment des études sur des cellules souches et leur développement.

               On peut d’abord améliorer les techniques de fécondation in vitro, si on en connaît mieux le processus. On peut surtout espérer comprendre l’influence des divers gènes, le mécanisme de nombreuses maladies rares et pallier leurs effets. L’études des cellules souches et de leurs développements devrait permettre, à long terme, de créer des organes humains de remplacement et d’améliorer les soins que l’on peut apporter au corps humain.
               Mais il est interdit d’implanter ensuite ces embryons transgéniques en vue d’une naissance, car on ne connait pas quelles seraient toutes les conséquences pour l’enfant, certaines modifications épigénétiques non prévues pouvant intervenir en suite du fait de la modification initiale. Actuellement on peut utiliser ces embryons surnuméraires pendant 7 jours et pendant 14 jours dans les pays anglo-saxons, avant de les détruire
               C’est aussi vrai pour des modifications génétiques qui seraient pratiquées aur des spermatozoïdes ou des ovules.

    Lulu et Nana, les premiers enfants chinois génétiquement modifiés.           Mais un biologiste chinois Jiankui He a franchi cette ligne rouge, en annonçant en novembre 2018, la naissance de deux jumelles génétiquement modifiées, soulèvant une réprobation mondiale, et une enquête des autorités chinoises qui l’ont placé en résidence surveillée. Il a suspendu ses travaux.
               Ce chercheur a été formé à Stanford aux États-Unis et dirige un laboratoire spécialisé dans le génome à Shenzhen, mais son contrat a été révoqué.
               Le but du chercheur chinois était de rendre les jumelles résistantes au VIH, le virus du sida, par inactivation d’un gène appelé CCR5, en le remplaçant par un variant naturel appelé CCR5 Δ32, ce qui empêche le virus de l’immuno-déficience humaine (VIH) d’entrer dans les lymphocytes CD4 et donc de les infecter.
               Des essais avaient été faits au préalable sur des souris.
               Le père des jumelles était séropositif, mais leur mère séronégative, volontaires pour l’essai (mais sous-estimant certainement les conséquences possibles).
               Ce biologiste avait fondé plusieurs sociétés de biotechnologie et séquençage du génome, ce qui lui aurait permis de financer ses propres recherches, menées à titre privé et avec du personnel partiellement étranger. Il avait recruté 8 couples pour ces expérimentations..
               Des essais menés chez la souris ont montré que cette désactivation du CCR5 permet aussi une récupération précoce du contrôle moteur après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un traumatisme crânien. Des modification naturelles de ce gêne chez des américains sembleraient montrer une amélioration des capacités mémorielles. Mais on ne sait pas si des modifications nocives pourraient être transmises à long terme.

               Pour le moment les jumelles surnommées Lulu et Nana par la presse, semblent bien se porter, mais on n’en parle guère plus. (voir photos ci-dessous). J’espère qu’on continue à les suivre médicalement.

    Lulu et Nana, les premiers enfants chinois génétiquement modifiés.

    Lulu et Nana, les premiers enfants chinois génétiquement modifiés.

     

     

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  • Il y a, hélas, des enfants battus !

                 Je ne pense pas que la claque ou la fessée soit un bon moyen d'éducation.
                 Il me semble que cela arrive lorsque l'on est excédé, lorsque le jeune a dépassé les bornes et qu'on ne s'y attendait pas. C'est une réaction justifiée, mais qui prouve cependant que l'on n'a pas su rester calme, se maîtriser suffisamment vite, et on le regrette d'ailleurs ensuite, même si on ne le dit pas . Je le sais, cela m'est arrivé parfois avec mes enfants, mais cela ne m'arrive plus avec mes petits enfants et ce n'est pas qu'ils soient plus sages ! Quand j’étais gosse, il m’arrivait aussi d’en recevoir, je l’avais en général mérité et cela me rappelait que certaines règles ne doivent pas être transgressées et qu’il y a des limites à ne pas franchir.
                 Donc la claque il vaut mieux l'éviter, mais cela pose le problème de la “sanction”, et cela ne me paraît pas bien grave quand elle n'est pas violente.

                 Pour moi, bien que les parents croient avoir fait leur devoir d'éducateur, je considère qu'ils sont aujourd'hui d'un laxisme étonnant. La punition est ce que les parents craignent le plus.
                 Certes toute autorité n'est pas répressive : il faut prévenir plutôt que punir, il faut expliquer et convaincre avant tout, mais je pense que l'on ne parvient pas toujours à le faire et qu' il n'y a pas d'éducation sans recours aux sanctions. Il ne faut pas tomber dans l'excès inverse de croire que toute autorité est répressive et que en conséquence il vaut mieux ne pas faire preuve d'autorité. En fait on renonce ainsi à éduquer.

                 Mais on en voit également qui mettent leurs enfants et leur font mal, à la fois physiquement et psychologiquement.
                
     Là, je parle de véritable sévices, d’un parent qui “pète les plombs” et qui bat son enfant avec une ceinture, une laisse à chien, une règle et lui inflige des coups qui laissent des blessures et des marques pendant plusieurs jours, ou bien le tire par les cheveux au point de lui en arracher des touffes entières.
                 Cela ne devrait pas arriver et pourtant on le constate.

                 On lit souvent et on pourrait croire que c 'est surtout dans les classes sociales les plus défavorisées que l’on trouve la plupart des enfants martyrisés. L'insuffisance de ressources, le chômage, les logements exigus et surpeuplés, le déracinement, l'isolement au sein du groupe social sont souvent invoqués. L'instabilité des relations conjugales, les mères célibataires, les concubinages successifs avec enfants de plusieurs lits, la multiplicité des hospitalisations et des placements d'enfants, les nourrices clandestines de mauvaise qualité, l'éthylisme chronique, la débilité mentale, les anomalies de la personnalité des parents sont des éléments qui jouent sûrement sur la génèse de ce fléau.

                 Mais les jeunes qui m’ont parlé de leurs problèmes ne sont pas dans ce cas : ils font partie de familles aisées; les parents sont même souvent des personnes reconnues, qui paraissent “normales”, calmes et appréciés dans leur métier; leurs mères sont jeunes, jolies et cultivées, les maisons sont vastes et avenantes, et les enfants ont non seulement le nécessaire, mais aussi le superflu : chaîne hifi, ordinateur, téléphone portable, accès facile à la télé et ceux que j’ai connus travaillaient bien au lycée et n’étaient pas insupportables.
                 En apparence ces enfants étaient même joyeux, mais quand on apprenait à les connaître, c’était pour essayer de minimiser le fait d'être battues et se sentir mieux dans leur tête. un peu comme s’ils se disaient  "je ne peux pas y échapper, alors autant accepter et prendre cela avec le sourire ! " .
                 Mais en discutant avec eux je me suis rendu compte del’impact de ces sévices, au delà des blessures corporelles :  manque aigu de tendresse, peur et repli sur soi, sentiment d’impuissance et humiliation, grande anxiété, sentiment d’injustice et de révolte, perte de confiance en soi, et même paradoxalement sentiment de culpabilité : “qui suis-je et qu’ai-je pu faire pour que mes propres parents me fassent cela ? “
                 L’ado finit par être convaincu d’être mauvais, de ne rien valoir, et que c’est pour cela qu’il est l’objet de mauvais traitements. Cette culpabilité, cette honte de soi-même finit par mener à de l’autopunition comme la scarification, voire à l’autodestruction, aux pensées morbides.
                 Et ces ados malheureux(ses) avaient à la fois une profonde souffrance, mais cependant une certaine loyauté vis à vis des parents qu’ils ou elles aimaient et défendaient, ne voulant pas les accuser et leur cherchant des excuses.

                 Les personnes que j’ai connues n’avaient pas de troubles plus graves, mais les psychologues citent souvent, à coté de l’anxiété,des sentiments de dépression et d’auto-dépréciation, constatent dans de nombreux cas des difficultés scolaires qui s’expliquent par des difficultés d’attention et de concentration mais aussi de l’agitation psychomotrice et de l’agressivité. Mais ils constatent même parfois des troubles du langage, du comportement (comportement agressif et violent notamment) et même de l’identité.

                 Alors je me demande toujours comment les parents peuvent en arriver là.
                 On dit souvent que la violence sur les ados entraine l’apprentissage de la violence sur eux mêmes ou les autres, et que les parents qui battent leurs enfants l’ont été eux-mêmes pendant leur enfance. En fait les études récentes montrent que cela n’est pas aussi fréquent qu’on le croyait, mais évidemment ces études ne portent que sur des cas “déclarés”.
                 Dans les cas que j’ai connus, les parents n’avaient pas été maltraités mais avaient eu des parents sévères et souvents absents, un certain manque d’amour et une enfance triste avec des problèmes. Ils avaient aussi semble t’il, des problèmes mal acceptés dans leur couple. Ils donnaient fort peu de liberté à leurs enfants, notamment les filles, les surveillaient exagérément et  paradoxalement, je pense qu’ils les aimaient et en fait voulaient les surprotéger, mais très autoritaires, ils n’admettaient pas leurs envies de liberté et donc les tentatives de contournement et de mensonges qu’ils faisaient pour avoir un “traitement” comparable à celui de leurs camarades; et dans ces cas là les coup pleuvaient.
                 C’est vrai que ces enfants étaient parfois en faute et un peu têtus et impertinents, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se maîtriser et pour les battre.
                 Dans d’autres cas, le problème venait de couples en train de divorcer, et dont l’ado faisait les frais des disputes et de l’énervement des parents, ou bien de famille recomposées avec mésentente avec le beau-père ou la belle-mère.

                 Je suis toujours embarassé par de tels cas. J’essaie d’écouter, de rassurer de consoler, d’apporter l’affection qui manque, de redonner confiance, mais je ne peux agir sur les parents. Alors il m’est arrivé de conseiller d’aller trouver l’assistante sociale, ou l’infirmière du lycée et de tout raconter sans honte.
                 J’ai d’ailleurs constaté que, sur des parents qui tenaient un certain rang dans la société locale ou auprès de leurs relations, et qui craignaient beaucoup que leur comporte-ment ne soit connu, en général, la menace de l’assistante sociale ou de l’infirmière qui disait avoir constaté les marques de coups et qui menaçait de tout révéler, suffisait à les faire évoluer vers une attitude plus calme.
                 Il m’est même arrivé une fois de me charger moi-même de prévenir une assistante sociale, mais c’était un cas grave où le père rentrait ivre le soir et où l’ado courait un réel danger.

                 Si vous connaissez un enfant, un ado qui est ainsi battu, essayez d’abord d’évaluer quelle est exactement la situation et si ce sont de simples claques ou vraiment de maltraitance. Mais dans ce dernier cas, vous devez en parler à un adulte tenu par son secret professionnel, et le meilleur choix, c’est un médecin ou une infirmière, car ils ont ensuite le pouvoir de vérifier si la jeune victime porte des traces de cette maltraitance et de savoir ce qu’ils doivent ensuite faire, selon la gravité du cas rencontré.
                 Ne rien faire, faire semblant de ne rien voir, c’est ne pas porter assistance à une personne en danger, qui de surcroît est votre camarade ou votre ami(e) ou un jeune que vous connaissez.

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  •    Les « thrombocytes » ou plaquettes sanguines, sont des cellules sans noyau, formées dans la moelle osseuse. Elles jouent un rôle essentiel dans la coagulation car elles forment des agrégats qui vont "boucher" une blessure (coupure, plaie) juste après qu'elle se produise, et avant que les autres facteurs de la coagulation ne se déclenchent.
        Les plaquettes permettent donc d’éviter un saignement à l’intérieur du corps.

        Elles  sont de forme lenticulaire, en disque biconvexe, et mesurent entre 1.5 et 3.5 µm de diamètre. Les plaquettes sont présentes à raison de 150 000 à 400 000/µL de sang. Leur durée de vie moyenne est de 9 jours.
        Les thrombocytes sont formés par fragmentation des méga-caryocytes, grandes cellules contenues dans la moelle osseuse. Ils ne sont donc en fait pas des cellules complètes mais uniquement de petits fragment de cellules.
    Un méga-caryocyte produit environ à lui seul 1 000 à 10 000 plaquettes, en environ 5 jours, le temps nécessaire au mégacaryocyte immature de se remplir de protéine, de cyto-squelette et de granules que chaque plaquette emportera.

        Des cellules souches de la moelle osseuse donnent naissance à des méga-caryoblastes qui possèdent une potentialité de différenciation et vont devenir des "méga-caryocytes". Ceux-ci subissent plusieurs cycles de division cellulaire durant lesquels ils répliquent leurn ADN. Cependant, aucune n'étant menée à son terme, le noyau double sa quantité d'ADN à chaque division. La cellule mesure alors de 100 à 150 micromètres (les mégacaryocytes sont les plus grosses cellules de la moelle osseuse, mais aussi les plus rares) et le noyau comporte jusqu'à 128 fois la quantité normale d'ADN ..
     Le mégacaryocyte va alors se diviser en « proplaquettes » (5 à 7), qui vont être libérées, et « exploser » pour donner naissance à 1 000 voire 1 500 plaquettes chacune, conférant un pouvoir de production de l'ordre de 10 000. plaquettes par méga-caryocyte, ce qui se justifie par la courte durée de vie (9 à 10 jours chez l'humain) des plaquettes dans le sang (environ 10puissance11 plaquettes sont produites chaque jour pour garder le taux constant dans le sang humain). Les plaquettes sont alors libérées dans le sang, afin qu'elles puissent remplir le rôle fondamental dans la survie du corps.

        Aujourd’hui, pour éviter les hémorragies, lorsqu’il y a carence naturelle des plaquettes, la seule source existante est la transfusion de plaquettes provenant de dons du sang, dont les besoins continuent d’augmenter, ce qui encourage les chercheurs à envisager des sources complémentaires au don du sang, d’autant plus que les plaquettes sont aussi difficiles à conserver, contrairement aux globules rouges, ce qui nécessite qu’elles soient transfusées dans les 5 jours après le don du sang..
        Une équipe associant physico-chimistes, biologistes médecins des Universités de Paris Descartes et Diderot, du CNRS, de l’Ecole supérieure de Chimie de Paris, de l’Inserm et la start-up PlatOD a développé un dispositif microfluidique (une sorte de « puce »), qui produit en quelques heures une grande quantité de plaquettes sanguines. (la figure ci-dessous est empruntée à leur compte-rendu d’étude)


        Le puce est constituée d’un canal, encombré par de nombreux « micropiliers », dans lequel on injecte des mégacaryocytes (schéma a). Ceux-ci adhèrent aux piliers grâce à une protéine identique à celles de la paroi du vaisseau sanguin, qui recouvre la surface des micropilliers et qui reconnaît spécifiquement la membrane des mégacaryocytes (schéma b).
        Les mégacaryocytes subissent les cycles de transformations qui donnent naissance aux plaquettes, qui sont emportées par le flux qui traverse la puce, (photo c), et peuvent être recueillies, et sont, après une activation chimique, capables de remplir leur fonction anti-hémorragique chez un receveur.
        Avec une source plus importante de mégacaryocytes et une puce de plus grande capacité, une production de plaquettes sanguines in vitro à grande échelle sera possible.
        Le procédé est actuellement validé, il faut le redimensionner, faire des essais sur des animaux, puis, dans quelques années, passer à l’expérimentation clinique.

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  •           La science formule des hypothèses, les vérifie en partie, mais ensuite les connaissances progressent et on remet en cause ce qui a été dit, sans forcément le renier, mais en le complétant, en le précisant.
              Le psychologue suisse Jean Piaget (1896-1980)  a observé et enseigné la psychologie des enfants et a défini 4 stades dans le développement de leur mental.

     Le stade sensori-moteur (de la naissance à environ 2 ans)

               Il correspond au développement et à la coordination des capacités sensorielles et motrices du bébé.
               L’intelligence du bébé est pratique et liée à l’action, à ses gestes, à faire la différence entre son corps et les objets externes.
               Il finit par avoir des représentations mentales, c’est à dire pouvoir se représenter une personne, un objet, en son absence.
                Sa famille est là pour le servir, notamment sa mère. Marcher lui donne une certaine indépendance.

    Le stade pré-opératoire (de 2 à 7 ans)

               A ce stade, les acquisitions de l’enfant au niveau de la fonction symbolique sont nombreuses (notamment l’acquisition du langage).
              L’enfant peut penser à ses actions sans les réaliser et il devient peu à peu indépendant dans ses actions.

              Il apprend à définir sa pensée par le langage.
              L’enfant est encore décrit comme « égocentrique ». Il a du mal à comprendre que d’autres puissent ne pas avoir les mêmes pensées que lui.
              Il va peu à peu acquérir ce que l’on appelle la  "théorie de l’esprit", c’est à dire avoir une idée de ce que l’autre pense. Des comportements comme garder un secret, mentir, dissimuler vont peu à peu apparaître.

    Le stade opératoire concret (7 – 12 ans)

              A ce stade, l’enfant acquiert une « mobilité croissante au niveau de ses structures mentales » et de ses réflexions. Ses théories de l’esprit deviennent plus subtiles, plus concrètes et plus prédictives.  iI peut envisager d’autres points de vue que les siens.
              
    Peu à peu il peut avoir des représentations mentales, c’est à dire faire certaines actions dans sa tête sans forcément un support concret.

    Le stade formel (12 – 16 ans)

               Il s’agit pour Piaget, du dernier stade. Par la suite, l'adolescent ou l’adulte pourra continuer à acquérir des connaissances mais il ne changera plus radicalement de vision du monde.
              L’adolescent manie des opérations mentales de plus en plus complexes, parce qu’il commence à raisonner sur de l’abstrait, sans être obligé de passer par le concret. Il peut réfléchir sur des notions existentielles : (le bien et le mal, l’infini, la mort etc.).

              Cette théorie reste en partie admise, mais elle est aujourd’hui complété par les neuropsychologues.

              D’abord il semble que chez le bébé, certaines aptitudes sont déjà programmées : par exemple le sens des nombres, le bébé évaluant visuellement une quantité approximative, ou la longueur d’une série d’objets (qu’il confond d’ailleurs avec le nombre jusqu’à ce qu’il apprenne à compter).
              L’adulte, bien que parvenu au stade formel, commet des erreurs de logique et de raisonnement. En fait notre inconscient est sollicité sur toute résolution de problème, avec le concours de la mémoire, et il suggère des solutions rapidement, mais qui sont en quelque sorte des intuitions, basées sur des analogies et comparaisons. Certaines de ces solutions peuvent être satisfaisantes, d’autres erronées.

              Certains psychologues, comme Olivier Houdé, estiment que si l’on veut ne pas céder top facilement à ces suggestions et intuitions, et parvenir à une étude logique, il faut que le cerveau ait une capacité d’inhibition, qui empêche de retenir trop hâtivement une solution basée sur des intuitions notamment à partir de perceptions visuelles, auditives iou tactiles.
              Ce processus demande évidemment un certain temps (quelques dizaines de millisecondes).

              L’IRM permet de voir que pendant ce délai c’est le cortex préfrontal qui est sollicité, et c’est une zone dont les neurones ont pour action d’inhiber une première réponse, qui est celle délivrée par l’automatisme, l’habitude et l’intuition, et d' obliger le cortex préfrontal à reconsidérer la question, à réfléchir et à appliquer une autre stratégie.
              L’enfant naît avec un cortex préfrontal capable de remplir cette mission, mais qui n’est pas mature, et qui doit apprendre ce processus d’inhibition du réflexe initial de ne pas faire confiance absolue aux sensations, et de reconsidérer le problème.
              Cette capacité d’inhibition peut être mise en lumière par des exercices ou des jeux, (par exemple « Jacques a dit » ou le « jeu du balai »). Elle se manifeste aussi lors de l’apprentissage de la lecture, car le cerveau ne différencie pas l’orientation droite ou gauche pour la reconnaissance des visages et objets, alors qu’il devra le faire pour des lettres telles que b et d.
               De nombreux exercices permettent de jauger la capacité d’inhibition des sujets, qui est une forme d'intelligence.

              En définitive, se développer c’est non seulement construire et activer des stratégies cognitives, comme le pensait Piaget, mais c’est aussi apprendre à inhiber des stratégies qui entrent en compétition dans le cerveau, et dont certaines peuvent être erronées;
              
    Le développement de l’enfant passe d’abord par celui de ses sens, d’abord apprendre à manipuler des objets et ensuite faire des opérations plus abstraites, à partir des perceptions, et les mécanismes mis en place par l’apprentissage sont très puissants, de telle sorte qu’ils peuvent induire en erreur le cerveau.

              Il faut donc que le cortex préfrontal apprenne à inhiber ces réflexes intuitifs pour se demander s’ils sont corrects et éventuellement rechercher une autre stratégie. Notre cortex préfrontal va ainsi mettre, peu à peu, depuis la naissance, de l’ordre de 20 ans à devenir mature.

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