• Physiologie des huit intelligences d'Edward Gardner

         Nous avons vu avant hier ce qu’étaient les huit « intelligences » selon Howard Gardner. Je voudrais parler aujourd’hui de leur localisation cérébrale.
        En fait quand on entreprend une action, de nombreuses aires sont sollicitées dans le cerveau, car son fonctionnement est extrêmement complexe, et l’action de certains centres implique celle d’autres centres au moins temporairement.
        Cependant on peut mettre en lumière, par l’IRM, une participation plus grande de certains groupes de neurones; je vais traiter aujourd’hui, quatre des intelligences d'E. Gardner.

        L’intelligence logico-mathématique :

        Les calculs mathématiques impliquent en général le cortex préfrontal qui les dirige, les centres du langage et notamment le centre de Broca, la mémoire à long terme, et les mémoires tampons à court terme. Le cervelet peut être impliqué lorsqu’on fait un calcul presque automatiquement selon une procédure apprise (par exemple une multiplication).
        Il semble qu’en ce qui concerne la mémoire, les nombres soient atteints comme les mots. Mais, dans les processus de calcul mental, des résultats intermédiaires sont stockés dans les mémoires tampons à court terme, qui n’ont qu’une capacité limitée (6 à 7 items au maximum), et une durée limitée (quelques minutes au plus). C’est poursquoi, malgré un certain entrainement les capacités des personnes sont limitées.
        On connaît quelques calculateurs prodiges; il semble que leur cerveau ait une conformation particulière qui leur permet de stocker de façon provisoire des calculs intermédiaires dans la mémoire épisodique qui sert habituellement à stocker les souvenirs et à y accéder rapidement via l’hippocampe.
        Les réflexions logiques de raisonnement impliquent surtout le cortex préfrontal, mais d’une part celui-ci fait appel à son expérience en consultant des « cas semblables » en mémoire, pour valider les conséquences des hypothèses faites. Mais il lui arrive aussi de demander au cerveau émotionnel quelles seraient les conséquences émotionnelles de certaines solutions envisagées. Et j'ai déjà montré que notre inconscient était le responsable de beaucoup de nos décisions.
        Enfin une zone particulière du cortex préfrontal recherche les erreurs et émet un signal si une donnée est contestable.

        - L’intelligence spatiale :

        Elle met évidemment en jeu le cerveau occipital, l’arrière du cerveau au dessus de la colonne vertébrale, où sont interprétés les signaux de la vision.
        La synthèse est effectuée notamment dans les centres « quoi » et « où », qui identifient les objets et les cartes spatiales
        La mémoire - et donc l’hippocampe - intervient pour rappeler les informations acquises et c’est le cortex-préfrontal qui les traite, en particulier pour faire par exemple tourner un objet dans l’espace (comme sur certains tests).
        La mémoire associative va rapprocher les diverses perceptions simultanées et successives, (images, sons, odeurs…), pour faire par exemple retrouver un itinéraire
        De plus nous possédons des « neurones grilles » qui s’activent quand nous suivons un itinéraire inconnu et font une cartographie de la zone parcourue en créant des amalgames de points. (voir mon article sur notre GPS dans notre cerveau)
        Le cortex pariétal intervient dans la partie somesthésique, qui remonte les sensations du corps, des muscles et donc notre position dans l’espace.
       
         - L’intelligence verbo-linguistique :

        Elle met en jeu les centres du langage, que je vous ai décrits à plusieurs reprises : Broca, Wernicke, dans l’hémisphère gauche, le centre de Geschwind qui rassemble la mémoire des mots, et des centres de l’hémisphère droit, qui analysent l’intonation et l’émotion associée.
        Mais l’utilisation de certains mots va amener l’hippocampe à chercher dans notre mémoire épisodique ou déclarative, notamment dans le temporal lorsqu’il est question d’actions (les verbes par exemple), des souvenirs qui s’y rapportent.
        Et dans l’aire de Geschwind, des groupes de neurones sont associés à des objets analogues, par exemple les outils, les plantes ou les animaux.
        Et plus curieux les aires motrices du cerveau pariétal s’activent quand on évoque des noms qui évoquent des mouvement, comme des outils par exemple.
        Certains souvenirs très forts peuvent relier très fortement les neurones, qui n’ont plus besoin de l’intermédiaire de l’hippocampe pour communiquer. Par ailleurs certains souvenirs à forte charge émotionnelle, sont rappelés par les centres amygdaliens;
        Le cortex préfrontal dirige évidemment les opérations.
        Mais une lecture ou des phrases ont souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.
       
    - L’intelligence musicale-rythmique :

        Elle met en jeu le centre d’interprétation auditif primaire qui analyse les sons, leur force, leur hauteur. Puis dans l’aire associative proche, les rythmes, les timbres, les airs et mélodies.
        Le tronc cérébral qui est le métronome du cerveau intervient car il est directement relié au centre auditif et au thalamus et il donne la possibilité de « battre la mesure ». (certains de ses neurones oscillent à 80 Hz)
        L’hippocampe intervient pour mémoriser et rappeler les mélodies.
        Bien entendu, le cortex préfrontal est le chef d’orchestre.
 Mais une mélodie a souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.


        Je parlerai samedi des 4 autres intelligences

     

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  • Les huit intelligences d'Howard Gardner

              Je vous ai parlé ces dernier jours, de l'intelligence et des tests de qQI, et j'ai dit que ces tests ne représentaient pas toute l'intelligence.
              Un psychologue américain, Howard Gardner (photo ci dessus), a imaginé, en 1983 des théories de l’intelligence multiple, qu’il a publiées dans un livre en France en 1997, en définissant huit sortes d’intelligence.
              Je vais résumer sa théorie et dans le prochain article je parlerai de nouvelles études qui ont cherché à définir quelles parties du cerveau correspondaient à ces intelligences, et qu’a décrites Olivier Houdé professeur à la Sorbonne à Paris.

    - L’intelligence logico-mathématique :

              La personne est douée en résolution de problèmes et en mathématiques. Elle sait  poser les questions nécessaires, raisonne logiquement sur les choses, veut savoir pourquoi et comment les événements arrivent et les mécanismes fonctionnent. Elle sait mettre en ordre et classer les objets, identifier ressemblances et dissemblances.
              En général la personne est attirée par la science.

    - L’intelligence spatiale :

              La personne est créative et sait concevoir, dessiner, lire des graphiques, se représenter les objets dans l’espace en les changeant d’orientation, faire des casse-têtes représentant des images ainsi que des labyrinthes, organiser l’espace, les objets et les surfaces, et a besoin d’images pour comprendre.

    - L’intelligence verbo-linguistique :

              La personne est à l’aise avec le langage et la parole, parle facilement, aime lire, écouter et raconter des histoires, et se les rappelle. Elle sait rédiger et exprimer oralement et par écrit ses idées, sans fautes d’orthographe et possède un vocabulaire étendu.
              En général la personne est attirée par la littérature.

              Ces trois intelligences sont celles des tests de QI, qui, par leurs questions, examinent les connaissances linguistiques d’une personne, sa capacité à manier les nombres et leur logique et la représentation des figures dans l’espace.

    - L’intelligence intra-personnelle :
       
              C’est la capacité de réflexion, la compréhension de soi, des la personnalités des autres, la définition d’objectifs, l’aptitude à établir un modèle mental.
              La personne connait ses facultés d’apprentissage et est capable d’anyser ses forces et faiblesses et de connaître ses limites.

    - L’intelligence interpersonnelle :

              Elle permet les relations et la communication entre les personnes, les relations dans un groupe, l’écoute, la persuasion, la négociation. C’est identifier les émotions, les sentiments, les humeurs, les comportements et les intentions, et réagir de façon appropriée. C’est aussi avoir de l’empathie et de l’altruisme.

    - L’intelligence corporelle-kinesthésique :

              C’est la faculté de comprendre ce qui se passe dans son corps, notamment ses émotions, de les maîtriser, mais aussi de les exprimer par ses expressions corporelles.
              C’est la tendance à bouger, à être en mouvement avec son corps, à se servir de ses membres, à s’exprimer par gestes et mimiques .
              Certains psychologues y voient aussi la capacité à analyser le fonctionnement des objets et à les réparer, et finalement à une certaine adresse manuelle.

              Ces trois intelligences sont relationnelles. Il existe des tests analogues au QI que l’on appelle QE : quotient émotionnel.

    L’intelligence naturaliste-écologique :
       
              C’est à l’origine la capacité à résoudre des problèmes dans le milieu naturel, à observer et catégoriser faune flore, roches, et le milieu naturel.
              En fait ce n’est pas vraiment une intelligence, mais plus des capacités professionnelle. Les psychologues ont alors parlé de l’habileté à organiser, sélectionner, regrouper, lister, à structurer les idées à poser les question, bref la curiosité intellectuelle et le moyen de la satisfaire. Mais on tombe alors dans le domaine de l’intelligence logico-mathématique.

    L’intelligence musicale-rythmique :

              C’est le plaisir de faire de la musique, des sons ou des rythmes. et le don pour faire de la musique et chanter. Il y a une partie de capacités physiologiques de l’oreille et du cerveau, beaucoup d’apprentissage, une émotion face à la musique et aux sons, et  certain don pour le rythme.


              Les psychologues reprochent à cette théorie sa difficulté de mesure par des tests, car les différentes intelligences y apparaissent comme tropindépendantes les unes des autres.

              Je trouve ces théories intéressantes, mais je trouve qu’elles ne mettent pas l’accent sur trois points importants :

                         - la capacité et le travail d’apprentissage. On ne nait pas intelligent, on le devient. Certains ont seulement plus de potentiel et de rapidité d’apprentissage, et arrivent donc plus facilement à développer leurs intelligences, mais dans tous les cas cela demande beaucoup de travail.
              Sans apprentissage (donc éducation et instruction) et sans un gros travail, on reste d’un niveau intellectuel très bas.

                        - la créativité qui est la capacité de générer des idées ou des solutions nouvelles. C'est une chose importante dans certains métiers, mais aussi dans la vi de tous les jours, pour ne pas être moutonnier.

                       - la capacité de mémorisation. On n’invente rien : on utilise les connaissances et l’expérience que l’on a , et la créativité consiste simplement à rapprocher de façon inhabituelle des notions que l’on a mémorisées.
              Pour moi la capacité de mémorisation, c’est la moitié de l’intelligence.


         
        Notre société attache trop d’importance au QI et les jeunes je le constate souvent chez mes correspondant(e)s sont trop souvent persuadés qu’on nait intelligent ou bête, ce qui, s’ils ont des facilités, les incite à ne rien faire et à se laisser vivre.
              Je pense que cette décomposition en huit intelligences, si artificielle qu’elle paraisse, devrait cependant être prise en compte par les parents et les enseignants.
              Nous avons tous intérêt en effet à connaître nos points forts et nos points faibles, à utiliser nos avantages et à essayer de travailler pour diminuer nos défauts.
              Il est important pour un éducateur, qu’il soit parent ou professeur, d’essayer de connaître les degrés des diverses intelligences des enfants que l’on éduque, à la fois pour les intéresser en les faisant utiliser les intelligences les plus développées, mais aussi en les faisant travailler celles où ils sont moins bons, de façon à essayer d’équilibrer au mieux leurs personnalités.
              Et il ne faut pas oublier que la capacité de mémorisation, c’est au moins la moitié de l’intelligence, car nous ne créons rien, mais nous utilisons des données de notre mémoire.
              Malheureusement on ne fait guère plus d’exercices en classe pour développer notre mémoire et par ailleurs le cannabis attaque l’hippocampe, professeur de la mémoire et handicape les jeunes fumeurs. Des chercheurs américains ont testé des jeuens qui fumaient régulièrement entre 15 et 25 ans et ils ont constaté une baisse de QI de 8 points, ce qui est énorme, pour des personnes autour de la moyenne, entre 85 et 115.

     

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  • Le Grand Débat : solutions

        Lorsque le « grand débat » a été lancé, j’ai rédigé une réponse, avec 3 documents: « fiscalité », climat » et « institutions ». J’y ai fait des propositions précises, chiffrées et j’ai essayé de compenser les dépenses par des propositions de recettes.
        Pour chaque document, il y avait un résumé en deux pages pour être lu rapidement et le détail en une dizaine de pages et j’ai envoyé le tout à la « Mission Grand Débat ».
        Quelle n’a pas été ma surprise en recevant une lettre qui me convoquait à l’Elysée; alors j’ai mis un complet et une cravate et j’y susi allé, plein de curiosité.
        Nous avons discuté, le Président et moi, une bonne demi-heure et il m’a révélé quelques unes de ses intentions.
        Il va relever légèrement le Smic pour redonner du pouvoir d’achat aux maigres salaires. Il va supprimer la csg supplémentaire infligée aux retraités et indexer les retraites sur l’inflation. Il reconnait qu’ils ont travaillé dur toute leur vie et ont payé les retraites de leurs anciens.
        Il va rétablir l’ISF (plutôt symbolique, car cela ne rapporte pas beaucoup, 3?5 milliards : il n’y a pas beaucoup de riches!).
        Il va surtout supprimer certaines aides illusoires aux entreprises et taxer les GAFA, et renforcer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale; Là on peut gratter 30 à 40 milliards.
        Il va demander à son ministre de l’éducation de diminuer les options au bac et de se centrer sur les matières de base, insister en français sur la connaissance des idées des auteurs et des philosophes, pour favoriser l’habitude des opinions diverses, et que les mathématiques et la physique donnent lieu à des exercices d’applications, concrets et pratiques.
        Il va faire un effort pour former les fonctionnaires, réformer la fonction publique et organiser certaines évolutions de postes avant de supprimer certains d’entre eux. (Il ne fait pas mettre la charrue avant les bœufs!). Les postes supprimés ne seront pas décidés technocratiquement, mais en fonction de l’utilité, et notamment en vue de diminuer le nombre extraordinaire de règlements absurdes ou inapplicables.
        Il va renforcer les mesures pour lutter contre la pauvreté et l’isolement des sans-abris, et améliorer le sort des handicapés.
        Il augmentera les mesures pour le climat, les études pour l’isolation thermique des locaux ancien, notamment les immeubles, la diffusion des voitures électriques, faire payer les pollueurs, compenser les augmentations du prix du pétrole par une baisse automatique des taxes sur les carburants, et soutenir davantage les études de réacteurs de 4ème génération, seul moyen de produire de l’électricité et de l’hydrogène, avec une grande sécurité, et en quantité suffisante et sans polluer la planète avec du CO2. Il fera développer la biomasse et l’hydrolien, notamment dans les cours d’eau, qui ne sont pas intermittents comme l’éolien et le photovoltaïque.
        En matière d’emplois et de chômage, il fera ce qu’il pourra mais ce n’est pas facile : l’Etat n’est pas l’industrie privée. Néanmoins les régions vont concentrer leur action, non sur le politique, mais sur l’économique et l’aménagement du territoire.
        Il va recommander aux politiques que, pour chaque décision prise, on se demande si cela va rendre le plus grand nombre de citoyens un peu plus heureux. La notion du bonheur collectif devrait être aussi importante que celle de l'effort collectif.

        Cela vous a certainement étonné que je sois ainsi reçu par M Macron et qu’il ait de si bonnes intentions.
    Vous avez raison car c’était malheureusement …..


     



    …. un poisson d’avril !

     

    Le Grand Débat : solutions

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