•     Mon article précédent parlait du « grand débat » national.
 
       J’ai eu la curiosité d’aller voir d’une part le site officiel sur
    https://granddebat.fr/pages/bienvenue-sur-lespace-de-contributions?gclid=CP3Pob_kmuACFUrEGwodUNEANw
        et d’autre part un nouveau site créé par les gilets jaunes :
    https://le-vrai-debat.fr/
        et j’avoue être assez inquiet quant au futur dépouillement. Voici pourquoi.

        Le site officiel comporte deux grand volet : l’un de « contributions » par thèmes et l’autre de questions auxquelles on peut répondre en ligne.

        Les contributions que l’on peut consulter (sur « partagez vos propositions »), sont d’abord une liste de titres qui laissent perplexes (par exemple  « il faut se dépêcher d’agir » !, ou « mes idées »), et on a au départ une très mauvaise impression. Pour un grand nombre, c’est le titre d’un sous-thème. Certains correspondent aux grandes questions posées par monsieur Macron, mais d’autres traitent d’un sujet très restreint (par exemple « stop aux 80 km/h sur route ».
         Mais en cliquant sur la proposition en cause, on trouve des réponses à un questionnaire assez précis, très orienté mais qui traite une partie des questions qui se posent. La plupart répondent en 2 lignes, mais il y a parfois un développement intéressant, des suggestions, et un argumentaire, qui dépasse la simple réponse aux questions.
        Finalement quand on a compris le processus, cette partie du site est assez bien faite et la lecture est intéressante et il y a pas mal de suggestions, malheureusement rarement accompagnée d’une réflexion sur la faisabilité et le financement ou les moyens.
        Le seul gros inconvénient : il y a sur chacun des 4 grands thèmes plusieurs dizaines de milliers de réponses et on n’a évidemment pas le temps de les consulter.
        Donc on passe à coté des plus intéressantes après avoir lu certaines sans intérêt.
        Il y a déjà au total plus de cent questions et à la fin de la consultation probablement de l'ordre de 100 000  participants Ce ne sont pas des réponses par oui ou non. Il faut donc tout lire pour dépouiller au minimum 10 millions de phrases de 3 ou 4 lignes
        Je me pose une grave question : comment le gouvernement et l’administration vont ils dépouiller tout cela car seuls des opérateurs humains pourront saisir le sens et l’importance des réponses. Cela m'étonnerait que le gouvernement puisse mettre les moyens nécessaires.
         Alors ces questionnaires est ce du bidon ? Comment seront élaborées les synthèses des réponses ? On peut les arranger, 
    après la consultation d'un échantillon pour que cela ait l'air vraisemblable,  en les rendant plus proches de ce que l'on veut bien accorder.

        Le questionnaire officiel réduit, plus facile à dépouiller, est par contre lamentable. Sur chaque thème on a une dizaines de questions tout à fait orientées auxquelles on doit répondre par « oui ou « non », ou bien choisir entre quelques réponses très limitatives et orientées.
        Je vais vous donner un exemple par thème :


    Question : Parmi les dépenses de l'Etat et des collectivités territoriales, dans quels domaines faut-il faire avant tout des économies ?
    Plusieurs réponses possibles

    L'éducation et la recherche
    La défense
    La sécurité
    Les transports
    L'environnement
    La politique du logement

       Comment voulez vous répondre à cela ? Les domaines proposés sont ceux les plus indispensables au pays, sauf la santé qui n’est pas citée. Et en quoi consisteraient ces économies. ?

    Question : Et qui doit être en priorité concerné par le financement de la transition écologique ?
    Plusieurs réponses possibles


    Les entreprises
    Les administrations
    Les particuliers
    Tout le monde

        Là encore comment répondre à une question aussi générale : on ne sait même pas de quels domaines de la transition écologique il s’agit !

    Question : Diriez-vous que l'application de la laïcité en France est aujourd'hui:

    Satisfaisante
    A améliorer
    A modifier profondément

       Question tellement générale qu’elle en est idiote. Il y a des aspects bien divers de la laïcité et ils ne sont peut être pas traités de la même façon !

    Question : Quels sont les niveaux de collectivités territoriales auxquels vous êtes le plus attaché ?
    Plusieurs réponses possibles


    La région
    Le département
    La commune
    L’intercommunalité

        La encore question idiote :« attaché «  est sentimental, pas objectif. Et en fait il s’agit surtout des services aux citoyens et les réponses ne sont pas les mêmes selon leur nature.


       Par contre le site des gilets jaunes est plutôt mieux fait que celui officiel.
        Chaque personne peut poser une question, suggérer une réponse ou une action. Elle la justifie ou la précise en quelques lignes, puis toute personne peut répondre, donner son avis pour ou contre et le justifier en quelques lignes.
        Evidemment les thèmes abordés sont avant tout ceux des gilets jaunes, mais pas uniquement, et certains avis sont parfois très pertinents et avisés.
        Un camembert donne le pourcentage et le nombre de votes contre, pour ou abstentions vis à vis de la proposition faite.
        Bien sûr on a parfois des propositions assez irréalistes, par exemple sur le sous-site :
    https://le-vrai-debat.fr/consultations/transition-ecologique-solidaire-agriculture-alimentation/consultation/consultation-2/opinions/transition-ecologique-et-solidaire-agriculture-alimentation-transport/suppression-de-toutes-les-vaisselles-et-condtionnement-alimentaires-en-plastique
        où on trouve l’idée certes louable, suivante : « suppression de toutes les vaisselles et conditionnement alimentaires en plastique. ».
        Mais certains de ses interlocuteur font remarquer les difficultés et le coût de la mesure de façon pragmatique

        Bref j’ai trouvé aussi cette lecture intéressante, mais là encore il y a des milliers de questions  et plusieurs centaines si on les regroupe, et des dizaines de milliers de commentaires.
        Alors comment dépouiller. ?

        En définitive, je constate que le grand débat intéresse les français et qu’ils essaient d’y participer et les réponses sont extrêmement intéressantes, car elles donnent des points de vues très divers.
        Mais je me demande comment on pourra dépouiller tout cela et la nature des questions ridicules du questionnaire officiel me fait douter de la volonté du gouvernement de vouloir vraiment tenir compte des avis, sauf dans les domaines qui correspondent à ses propres intentions.
        Paradoxalement le débat est mieux préparé par les gilets jaunes que par l’administration.!

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  • Grand débat, gilets jaunes et flash-ball

      Comme je l’avais écrit dans mon article du 15/1, je trouve que les questions posées dans la lettre de M Macron aux français sont du niveau d’un gouvernement et des instances qui dirigent le pays, et que les français qui sont censés y répondre, ne peuvent pas vraiment le faire, car ils n’ont pas une connaissance suffisante des dossiers. Je ne vois pas en particulier un gilet jaune répondre à ces questions de politique générale au niveau de la nation.
        Je pense donc que les discussions vont être plus terre à terre, et que soit elles vont représenter les préoccupations personnelles de chacun (cahiers de doléances), souvent au niveau communal, soit certains essaieront d’élaborer des réponses aux grandes questions, mais évidemment incomplètes et basées soit sur des intuitions et des connaissances partielles, soit à partir de lecture ou de séquences vues à la télé.
        Les réponses risquent donc d’être fort influencées par des tierces personnes et par des informations, plus ou moins exactes, vues sur internet.
        Je suis donc toujours assez sceptique sur les conclusions qui seront tirées au niveau du gouvernement.
       
        Néanmoins j’ai trouvé intéressant ce qui a été dit sur les discussions auxquelles assistaient M. Macron et sur les compte-rendus de divers débats. C’est toujours profitable de confronter les idées, même si cela ne répond pas exactement aux questions posées.
        Je regrette fortement qu’il n’y ait pas de débat organisé au niveau de notre commune. J’ai un peu discuté avec des personnes que je connaissais, mais c’est un échantillon beaucoup trop particulier de population.
        Finalement je pense que répondre à ces questions est aussi important que de voter. En quelque sorte un devoir de citoyen, dans la mesure évidemment où le gouvernement a vraiment l’intention de s’intéresser aux réponses et d’en tenir compte lorsque cela est possible.
        Comme j’ai par ailleurs des connaissances en fonctionnement des entreprises et de l’administration, ainsi qu’en matière de production d’énergie (avec le souci de sauver le plus possible le climat), j’ai finalement décidé de faire une synthèse de ce que j’ai pu recueillir et de l’envoyer aux instances qui régulent les débats.
        Je publierai sur ce blog quelques extraits de ce que je rédigerai, pour recueillir des avis, si certains lecteurs veulent bien me les donner.
        J’ai recueilli notamment un commentaire d’un lecteur qui me parait très sensé; je le cite: « je crois qu'il y a une question qui n'est jamais abordée en politique : on fait le choix de se cacher derrière des chiffres, des statistiques... J'aimerais juste que pour chaque décision prise on se demande si ça va rendre le plus grand nombre un peu plus heureux. La notion du bonheur collectif devrait être aussi importante que celle de l'effort collectif. »

        Comment ne pas parler aussi des gilets jaunes dans cet article.
        Comme je vous l’avais dit initialement, j’étais d’accord avec beaucoup des revendications initiales et notamment celles des personnes en dificulté, sans travail ou avce des salaires faibles.
        Puis j’avais écrit que je ne comprenais pas l’intérêt de bloquer le fonctionnement de l’économie et de faire des manifestations dont le résultat état d’attirer les casseurs.
        Aujourd’hui mon opinion a évolué.
        Je comprends toujours les revendications initiales, mais je crois que la plupart de ceux qui les avaient faites ne sont plus dans la course.
        Quand on voit ce qui se passe à Paris, et que l’on entend les propos de certains manifestants, on a l’impression que le mouvement a été récupéré par des anarchistes, qui sont contre tout fonctionnement de notre société et qui n’ont d’autre but que de détruire son organisation, à commencer par l’Etat, ses institutions et l’économie, aidés par quelques bandes de casseurs, mais qui ont diminué leurs actions, du fait des mesures plus sévères prises. Certaines entreprises commerciales et magasins sont en situation très difficile à cause de ces manifestations, qui n’ont plus le but initial.

        Ce qui est évidemment très regrettable, ce sont tous les dégâts effectués et surtout les blessés à l’issue des manifestations.
        D’une part il n’est pas étonnant qu’il y ait des blessés parmi les forces de l’ordre quand on voit ce qu’on leur jette dessus. Ce sont des actes volontaires pour infliger des blessures et leurs auteurs s’ils sont pris devraient être condamnés en conséquence.
        Par contre je trouve plus étonnantes les blessures infligées à certains manifestants par les forces de l’ordre, qui résultent d’un très mauvais emploi des moyens de défense dont ils disposent et dela non-observation des consignes de sécurité..

    Grand débat, gilets jaunes et flash-ball    Je me suis aperçu, avec horreur, que n’importe qui pouvait acheter un « flahs-ball ». Il suffit d’une attestation médicale (ou permis de chasse ou licence de tir), d’un justificatif de domicile et d’un justificatif d’identité. Pas de condition d’âge !!!

        C’est une arme d’autodéfense conçue pour tirer des projectiles « sub-létaux », c'est-à-dire théoriquement capables de neutraliser des individus sans tuer. Pour ce faire, les projectiles sont donc conçus pour venir s'écraser violemment contre le corps de la personne touchée, mais sans y pénétrer, ce que ferait la balle d'une arme de poing.
        Elle date des années 90. Elle tire des balles en caoutchouc de 44 mm de diamètre, pesant 28 grammes, recouvertes de feutrine comme une balle de tennis.
    On trouve beaucoup de publicité sur internet, lesquelles comparent l’impact à un « coup de poing vigoureux de boxeur de haut niveau » et en recommandent l’achat en tant « qu’arme dissuasive d’une efficacité redoutable, solution efficace face au sentiment d'insécurité actuel, autorisée chez soi ».  
    Les armureries et même Amazon et C-discount en vendent, prix autour de 500 €;
        La portée est faible, une quinzaine de mètres, car la charge de poudre de lancement est faible mais la précision est très mauvaise, et on risque d’atteindre n’importe où la personne sur laquelle on tire
        Un jour ou l’autre, un gosse empruntera le flash-ball à papa et rendra aveugle un de ses camarades au collège.


    Grand débat, gilets jaunes et flash-ballGrand débat, gilets jaunes et flash-ball

       

     

     

     

         Le LBD 40 de la police, incriminé dans les accidents lors des manifestations est un flash-ball beaucoup plus puissant, plus précis et pouvant tirer à 50 m de façon efficace; Il est fait pour être épaulé (il a une crosse et un viseur laser comme un fusil) et on ne doit viser que la poitrine.
        Il est interdit de tirer à moins de 10m et de viser la tête et les parties génitales.
        Théoriquement il est plus précis car le canon est rayé et fait donc tourner la balle pour stabiliser sa trajectoire. (précision 14 cm à 25 m de distance, 23 cm à 40 m).
        La balle tirée n’est pas parfaitement sphérique (c’est un cylindre avec une demi-sphère à l’avant 40 X 46 mm), et est en caoutchouc durci; elle s’écrase donc moins et communique son énergie sur une surface plus réduite. Sa vitesse à la sortie du canon est de 100m/s.
        Surtout l’énergie délivrée lors de l’impact est de 220 joules à 40 m, alors que le flash-ball ne délivre que 150 joules à 10m.
        A cette distance de 10 m, le LBD 40 est très dangereux et au dessous de cette distance il peut être mortel, s’il atteint des parties vitales.

        Je comprends que la police utilise une telle arme si elle est violemment agressée, mais en respectant les consignes de précaution. Par contre je ne comprends pas qu’on tire pour disperser une foule qui s’en va. Des canons à eau seraient aussi dissuasifs et moins dangereux. J’ai vu une vidéo où un homme, qui tournait le dos et partait sans être menaçant, a été touché par une balle de LBD, ce qui est absurde et dangereux.
        J’espère que l’usage des caméras prescrit par le ministre de l’Intérieur, fera mieux respecter les consignes de sécurité.
        Certes il vaut mieux utiliser un LBD qu’une arme à feu, mais il faut en maîtriser l’emploi.
        Et la vente « grand public » de flash-balls, certes moins puissants, m’inquiète d’autant plus, car, là, il n’y a plus de consigne de tir !

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  •            J'ai un de mes fils qui est architecte et nous parlons donc souvent constructions. 
              Savez vous qu'il existe parfois des absurdités en architecture ?
              En voici quelques exemples : à vous de découvrir l'erreur !

    Cherchez l'erreurCherchez l'erreur

    Cherchez l'erreur

     

     

     

     

     

     

    Cherchez l'erreur

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cherchez l'erreur

     

     

    Cherchez l'erreur

    llll

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La prochaine fois où je vais retirer de l'argent au distributeur, j'emmène une échelle ! (ou un hélicoptère LOL)

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  • La gestion des risques.

              Mon article sur la limitation de vitesse à 80km/h m'a valu quelques mails, reposant la question de la validité des statistiques.

                Nos gouvernements ont des réactions curieuses, pour prendre les décisions concernant leurs concitoyens.           
                 Quand une question bien concrète se présente et qu'il faut se décider sur un objectif clair, comme la diminution du nombre de morts sur la route (ce qui est louable), alors ils croient tout savoir, ne font aucune concertation, n'écoutent personne sauf leur intuition, et évidemment, ils se plantent.
                 Mais quand le problème est celui d'un risque peu certain et diffus, auquel ils ne comprennent rien, et auquel les scientifiques ne savent pas répondre de façon sûre, alors là ils tiennent compte de l'opinion publique, pourtant saisie d'une peur irraisonnée et peu logique, et appliquent le principe de précaution, au lieu d'essayer d'étudier les faits et d'informer la population, et évidemment, ils se plantent à nouveau.                    
                  Nos politiques n'ont pas l'air de comprendre les statistiques. Est ce au programme de l'ENA.?

                  Je rappellerai tout d'abord qu'il faut se méfier de nos réflexes intuitifs en matière de statistiques et également de toute affirmation dans ce domaine qui n'est pas accompagnée de chiffres interprétables et des conditions de l'étude.
                  Vous avez une chance sur deux de tirer pile ou face avec une pièce de monnaie (à deux faces bien sûr !). Et donc vous vous attendez sur une série de tirages à avoir autant de piles que de faces. C'est vrai si le nombre de tirages est très grand.

                  Mais vous pouvez avoir six fois de suite "pile", bien que ce soit d'une faible probabilité. Et j'entends souvent dire : maintenant je suis sûr qu'on va enfin avoir "face" car c'est très probable. Eh bien non, vous n'avez toujours qu'une chance sur deux car les tirages sont indépendants !
                  Je vois aussi à l'aéroport des gens inquiets parce qu'il n'y a pas eu d'accident depuis longtemps ou d'autres qui sont plus rassurés parce qu'il y a eu la veille un accident et que donc cela a très peu de chances de se reproduire. Ce sont aussi des erreurs d'intuition dues à l'interprétation intuitive que nous faisons de la très faible probabilité des accidents d'avion.

                  Autre incompréhension, les calculs mathématiques de corrélation.
                  Quand la statistique montre une forte corrélation entre deux phénomènes, ce n'est qu'un calcul mathématique qui signifie qu'il y a un lien entre les deux phénomènes, mais il peut être très lointain ! Rien n'indique que l'un est la cause de l'autre.

                  Je cite toujours l'exemple de la corrélation entre la mortalité des vieillards et les dépenses de chauffage; il ne faudrait pas en déduire que pour empêcher les vieillards de mourir, il ne faut pas les chauffer ! Sans doute simplement les périodes de fort chauffage sont des périodes de froid pendant lesquelles les personnes âgées sont plus facilement malades étal proportion de morts est plus importante
                  Pour établir qu'un phénomène est la cause de l'autre, en plus de la corrélation mathématique, il faut une explication scientifique ou au moins rationnelle, du mécanisme de la cause à l'effet.,

                  Autre incompréhension : les risques faibles, surtout s'ils sont confrontés à des risques naturels ou provenant d'autres causes.
                 
    Si on vous dit qu'il y a une chance sur 10 millions que vous ayez telle maladie, cela fera dire à certain qu'il ne faut pas s'en soucier, et d'autres auront peur car cela veut dire que sur terre il y à 770 personnes qui ont cette maladie et cela pourrait être vous.

                  En fait il faudrait connaître les conditions exactes épidémiologiques, car peut être certaines précautions permettraient d'éliminer le risque, ou de voir que vous êtes dans un environnement qui rend pratiquement nul le risque encouru.

    La gestion des risques.           J'ai déjà cité l'erreur que l'on fait dans l'évaluation des risques de cancer en fonction d'une quantité ou d'une dose, en extrapolant des droites de régression au dessous de la probabilité naturelle de cancers.
               
    En fait au dessous de ce chiffre on n'a pas plus de chance d'avoir un cancer que si on n'était pas soumis au phénomène. (cf. figure pour le risque face aux rayonnements ionisants)

    Je pense que pour être clair vis à vis de la population qui ne peut rentrer dans les détails des études, on ne devrait mentionner que la différence entre les deux probabilités est nulle quand on atteint la probabilité de cancers naturels.

                Les deux notions les plus difficiles à admettre, c'est qu'en statistiques, on ne peut jamais montrer que le risque est zéro (il y a toujours un nombre plus petit que n'importe quel nombre), et que d'autre part la valeur statistique n'est qu'un calcul moyen et que la réalité peut s'en écarter dans certaines circonstances spécifiques. Et pour les personnes atteintes, le risque est devenu la réalité à 100%.
                 Je prends un exemple : vous êtes loin de tout cours d'eau, de toute conduite importante d'eau et donc le risque d'inondation de votre maison est très faible. Mais il n'est pas nul car des orages où il tombe en une heure 150 litres par m2, cela arrive exceptionnellement.
                 Mais si votre maison est sur une hauteur, ou si elle comporte un rez de chaussée surélevé, le risque est moindre.
                 Par contre, sauf si vous êtes imprudent dans un zoo, le risque, en France, de vous faire mordre par un lion est pratiquement nul (sauf si vus êtes dompteur).

                 Enfin je suis étonné du manque de logique avec lequel on compare les risques.
                 Beaucoup de personnes ont très peur des voyages en avion alors qu'ils utilisent voiture ou moto couramment. Or le taux de mortalité pour 100 millions de passagers X kilomètres est de 16 pour les motos, 0,8 pour les voitures, 0,08 pour les autocars et 0,001 pour l'aviation civile.

                 On s'inquiète pour des risques très faibles alors que la mortalité est principalement due aux cancers (160 770 en 2017 sur 606 000 décès au total) et accidents de circulation sanguine (149 540) et que les accidents domestiques font plus de 20 000 morts (brûlures, chutes, bricolage...) et maladies infectieuses et parasitaires, un peu plus de 11 000 morts;
    on parle beaucoup des 3 456 morts sur la route, mais peu des 10 524 suicides et des 470 000 personnes atteintes de troubles mentaux (statistiques 2014).
    Un rapport intéressant sur la santé en France en 2017 : 
    http://invs.santepubliquefrance.fr/publications/etat_sante_2017/ESP2017_Ouvrage_complet_vdef.pdf           
              On a peur du nucléaire quand les accidents corporels sur les 50 dernières années sont nuls en comparaison de ceux de l'industrie, et la pollution négligeable à coté de celle des usines chimiques. On a peur d'un Tchernobyl dont la probabilité en France est quasi nulle, alors qu'on oublie l'explosion d'AZF à Toulouse ou le drame de Sévéso en Italie.

                  Finalement, il n'y a qu'une seule chose de certaine : nous mourrons tous un jour ! Soyons patients lol.

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  • La polémique des 80 km/h

              C'est assez curieux de voir qu'en France de petites décisions déclenchent des polémiques.
              La décision de diminuer sur les routes la vitesse de 90 à 80 km/h a déclenché des protestations sans fin et maintenant les gilets jaunes en font une revendication égale à l'augmentation du SMIC ou le rétablissement de l'ISF.
               Il y a des jours où il faudrait réfléchir un peu (y compris au gouvernement;
                  Personnellement, 80 au lieu de  90 km/h ne me gêne pas, je perdrais tout au plus 5 à 15 minutes sur mes parcours.
               Mais, je ne suis pas très favorable à cette limitation parce que je suis sceptique sur ses conséquences, et encore plus sceptique sur les raisons avancées, mais je ne connais pas tout le dossier. Cependant essayons de raisonner un peu.
                Notamment suite aux derniers chiffres en baisse pour la mortalité sur les routes en 2018, tous ceux pour disent que c'est grâce à la limite à 80 km/h ce qui est de la pure malhonnêteté intellectuelle.         

               Je pense qu’on forge trop nos opinions sur des impressions (ou du sensationnel journalistique), et non sur des faits. Or on n’est pas dans le domaine sentimental, mais dans celui technique, d’essayer de connaître la cause des accidents et leurs conséquences pour mieux les éviter par des mesures utiles.
               Par exemple beaucoup d’automobilistes disent que cela ne sert à rien de diminuer la limite de vitesse.
               
    Ce n’est peut être pas aussi efficace qu'on le ditp our diminuer le nombre de morts (je ne sais pas ce qu’il en est pour les endroits concernés par les accidents mortels), mais il est certain que l’impact à 80 kmh est moins important qu’à 90. Pour un piéton ou un cycliste c’est primordial. Des limitations de vitesse en ville sont donc sûrement plus importantes que sur route pour la sécurité.

               Par contre si deux voitures se télescopent de face, 160 ou 180 km/h, (les vitesses s'ajoutent), c’est presque pareil au plan du choc. Là, le seul garde fous serait la glissière centrale !ou les routes séparées.
               A un carrefour, rentrer à 90 km/h plutôt qu’à 60 km/h dans une personne qui débouche transversalement est certainement plus mortel, mais ne faudrait il pas surtout dégager la vue sur ce carrefour?
               Il est évident que les impacts sont moins graves si la vitesse est plus faible.
               
    Et l’efficacité du freinage est plus grande si on part d’une vitesse initiale plus faible et donc la vitesse d'impact est plus faible aussi.

                Que la vitesse augmente les conséquences d’un accident, c’est indéniable. Mais qu’on veuille nous faire croire que la vitesse est la principale cause des accidents en tout lieu et en toutes circonstances est absurde.
                 Les causes possibles d’un accident sont en effet multiples, comm le montrent les deux schémas ci-dessous relatifs aux morts sur les routes.

    La polémique des 80 km/h

    La polémique des 80 km/h

     

                   On fait rarement état de statistiques sur le nombre de morts et de blessés dûs à une absorption de drogue où d’alcool. Même si la vitesse était trop élevée, la cause est alors due à la non maîtrise des facultés du conducteur, et un panneau de limitation n’aurait rien fait.  Quand un automobiliste ivre fauche un piéton ou un cycliste à 150 km/h, ce n’est pas la vitesse qui est fautive, mais son ivresse qui l’a entrainé à rouler ainsi de façon irrationnelle et très dangereuse.

                 Par ailleurs il est absurde de mélanger les statistiques d’autoroutes, de grandes routes, de proche banlieue et de circulation en ville ou dans des villages et lieu-dits.
    De même que les accidents motos, vélos et piétons devraient être traités à part. Les circonstances et lieux sont en général très différents.

                 Et bien d’autres raisons interviennent : l’état mécanique du véhicule, l’état de la route, la visibilité, les conditions météorologiques, la fatigue du conducteur, sa compétence, l’attention qu’il  avait à la surveillance de la route, les erreurs d’autres automobilistes, (motos, vélos, piétons), le fait qu’il ait été surpris….
                 L’attention en conduite sur route doit être permanente. une conversation au téléphone, de la musique avec des paroles qu’on écoute, la conversation avec un autre passager, à fortiori si on regarde ailleurs que devant soi….
                 Tout cela peut se passer autant à 80km/h qu’à 90 et certains vous ditront même qu’ils feront moins attention s’ils roulent moins vite.
                 Et le nombre énorme d'accidents mortels dus à des manœuvres n'est sûrement pas dû à la vitesse, mais à de grandes imprudences.

                 Par ailleurs,  on ne raisonne que sur le nombre de morts. Certes c’est important d’éviter que des gens ne perdent la vie, mais être un blessé grave, c’est aussi un accident très regrettable.
                 On néglige une chose importante : en 20 ans, les voitures grâce aux essais des constructeurs, ont fait d’énormes progrès en cas de chocs : carrosseries déformables, architecture différente, sièges et airbags…. Donc des personnes qui dans le même accident seraient autrefois mortes sont aujourd’hui blessées.
                 Alors je pense que l’on devrait aussi comparer les statistiques (morts + blessés graves), car les conclusions d’efficacités des mesures seraient peut être très différentes et les progrès que l’on attribue à certaines mesures, basés sur les statistiques de mortalité seule, apparaîtraient peut être différemment efficaces.
                 On oublie aussi de comparer les statistiques d’accidents au nombre de km parcourus qui ont énormément augmenté.

    La polémique des 80 km/h

                 Quand j’entends dire par une présidente d’association que mettre une limitation générale à 80km/h épargnerait 400 vies par an, cela me fait douter du bon sens de la personne.
                 Elle se base sur une formule mathématique, établie par un hurluberlu, entre vitesse et nombre de morts, qui mélange toutes les données statistiques.
                 On peut estimer (avec difficulté) la probabilité de mort dans un véhicule, selon la vitesse et l’endroit de l’impact au moment du choc, mais extrapoler cela aux accidents est absurde.
                 D’abord dans beaucoup de cas on ne connaît même pas la vitesse du véhicule avant accident, ni sa vitesse résiduelle après freinage. Il y a une différence énorme de précision entre les paramètres d’un choc dans un labo d’essais et ceux d’un accident réel.

                 Je n’ai jamais vu non plus de statistiques indiquant si ceux qui avaient eu un accident grave avaient l’habitude de dépasser les limites de vitesse ou s’ils roulaient trop vite exceptionnellement.
                 Je pense qu’un panneau limite quelqu’il soit n’empêchera pas certains de rouler plus vite. Mais je pense aussi qu’une personne qui n’a pas l’habitude de rouler vite a plus de chance d’accident à vitesse élevée qu’un conducteur qui en a davantage l’habitude.

                 Il y a beaucoup d’endroits où il n’y a guère de danger à rouler vite. Un bon conducteur est celui qui mesure la vitesse dangereuse à un endroit et un moment donné.
                 Il m’est souvent arrivé de rouler à 70 km/h sur une autoroute par une pluie battante qui limitait considérablement la visibilité, et de voir des gens continuer à rouler à 110 km/h (donc à la limite théoriquement autorisée), et qui à mon avis, risquaient l’accident. Les limitations systématiques de vitesse ont enlevé ce bon sens aux conducteurs.
                 Un autre aspect m’interpelle : les accidents avec les poids lourds sont catastrophiques; et ils n’ont le plus souvent aucun lien avec la vitesse. Leur masse et les incendies qu’ils déclenchent en écrasant les réservoirs d’essence sont des plus graves.

                 Et par ailleurs, on parle beaucoup moins de ce qu’on pourrait faire pour qu’il y ait moins de morts du fait de cancers, de maladies de cœur, de la grippe (18 000 morts il y a 2 ans) ou des accidents domestiques (plus de 20 000 morts par an) alors que les morts sur la route sont de l'ordre de 3600.

     

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