• Surestimons nous nos capacités ?

         J’ai fait partie de laboratoires ou d’entreprises où l’on confiait des postes importants à certains ingénieurs, mais seulement après s’être assuré qu’ils avaient les compétences et les connaissances pour l’assumer.
        Mais bien entendu, au début de leur nouvelles fonctions, on les suivait de plus près et on les aidait au besoin, car il fllait un certain temps pour qu’ils aient pris l’expérience de ce nouvel emploi.
        Ils acceptaient et même souhaitaient cette petite tutelle provisoire, car ils étaient prudents et modestes et savaient que l’expérience ne s »’acquiert que peu à peu.
        Il y a 50 ans, on faisait confiance aux professeurs pour enseigner à nos enfants et au médecin pour nous soigner.

        Et je suis étonné de voir aujourd’hui le nombre de personnes qui ont un « sentiment de supériorité »et en particulier veulent élaborer les méthodes pédagogique à la place des enseignants ou soigner leurs famille à la place du médecin, alors qu’ils n’ont pas la compétence pour le faire.
        Et en lisant les réponses aux questions du « grand débat », je m’aperçois que cela est vrai dans bien des domaines.
        Certes il fut faire des propositions, des suggestions, mais il faut en même temps être conscient qu’on ne connait pas bien le dossier et que donc celles-ci ne sont pas forcément faisables.
        Mais je me suis demandé d’où venait cette assurance de certains, et j’ai trouvé quelques articles faisant état d’études sur ce sujet.

       Nous avons parfois trop confiance en nous même et nous sommes alors mauvais juges de nos aptitudes. (Il y a par contre aussi d’autres personnes qui n’ont pas confiance en elles).
        Lorsque nous prenons une décision, certes il nous arrive de raisonner, (c’est le cortex préfrontal qui s’en charge), mais il y a tout un mécanisme de réflexion inconscients qui y participe (une grande partie du cerveau émotionnel, et notamment de l’hippocampe qui a accès aux souvenirs), qui aide à prendre des décisions rapidement.
        Bien entendu ce mécanisme est moins fiable (on l’appelle une « heuristique »), et on se trompe parfois.
        Mais pour peu qu’on ait réussi deux ou trois fois, cela nous convainc d’une certaine compétence, même dans des domaines où nous sommes ignorants. C’est dangereux !
        C’est un sentiment illusoire de compétence et de supériorité intellectuelle.
        Il est exacerbé par le pouvoir, et beaucoup de nos politiques ont ainsi la croyance d’être infaillibles, jusqu’au jour où les faits leur montre qu’ils ont fait fausse route.

       Pourquoi évaluons nous aussi mal nos capacités ?
        Les psychologues ont montré que les personnes à faible QI, ou qui ont une faible instruction sont celles qui préjugent le plus de leusrs capacités. C’est probablement une réaction instinctive de souffrance de leur faible niveau et de désir inconscient d’être plus intelligents ou plus instruits.
        La quantité d’informations disponible joue également.
        Devant un sujet que nous connaissons mal, nous sommes conscient que nous manquons d’information et nous en cherchons; Mais avec la facilité que procure internet, nous sommes très vite à la tête d’une très grande quantité de données (plus ou moins pertinentes d’ailleurs), et nous pensons à un moment donné, avoir assez de connaissances pour traiter la question. Google est le responsable de notre croyance de supériorité intellectuelle.
        Mais quelqu’un d’intelligent poursuit alors son étude, se pose mille questions sur ce qu’il comprend mal, et il découvrira alors la complexité des phénomènes et l’énorme lacune de ses connaissances.
        Bien sûr nous nous surestimons davantage quand nous faisons appel à des connaissances récemment acquises, que lorsque nous nous basons sur une exparience que nous avons mis des années à acquérir.
        Il faut bien connaître un domaine pour ne pas surestimer sre capacités dans ce domaine.
        Un certain égocentrisme joue également.
        Les chercheurs ont montré que nous surestimons nos capacités par rapport à celles des autres et également celle de notre famille et de nos proches.
        L’un de domaines où nous surestimons souvent la situation, c’est celui de notre santé (mais à l’inverse il y a les hypochondriaques).
        Enfin la difficulté des tâches joue également : on se  surestime sur une tâche facile, mais au contraire on se sous-estime sur une tâche difficile.
        La civilisation interviendrait aussi. Les Américains seraient plus vaniteux et sûrs d’eux que les Européens et ceux-ci que les Asiatiques, et en dernier les Africains.
        Mais les psychologues n’ont ps réussi à montrer un lien étroit avec l’estime de soi.

        En définitive, le sentiment de supériorité est en quelque sorte un biais cognitif inné, très variable selon les personnes (il y a le biais opposé de sentiment d’infériorité). Mais on peut le rattacher à un autre biais de’optimisme excessif nous faisant sous-estimer les difficultés, et à une illusion de contrôle qui nous fait croire que nous maîtrisons une situation, alors que celle-ci est bezucoup plus complexe que nous ne pensons.

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  • Les diverses instances politiques et leur rôle

              C'est la suite de la réflexion d'hier sur nos élus et leur rôle. Ce n'est que mon avis sur la question.

    Les diverses instances politiques et leur rôle :

              Le rôle de la chambre des députés qui vote les lois et contrôle l’action du gouvernement et celui du Sénat, qui est la chambre modératrice des sages, paraissent satisfaisants si ce n’est que certaines lois sont votées par une assistance réduite.
              Le rôle des maires n’est pas contesté, surtout dans les petites villes. Dans les villes plus importantes, le maire est plus « lointain », la concertation moins grande et on peut ne pas être d’accord avec certaines actions, mais son rôle reste essentiel. On peut regretter que l’information sur l’emploi des finances locales soit souvent insuffisante.
              Les communautés de communes ne dépendent pas suffisamment des maires et sont relativement éloignées des citoyens.
              Le rôle du CESE n’est pas connu d’une grande partie des français, pas plus que les conseils régionaux et encore moins celui au niveau européen. On en parle très peu dans les médias, notamment à la télévision, même lorsqu’il donne un avis sur les lois. Son rôle n’est d’ailleurs que consultatif et semble assez critiqué, notamment par la Cour des Comptes. Toutefois il représente un avis des entreprises et des associations.
              Lui donner le droit de véto lui donnerait un certain pouvoir, mais, d’une part tous ses membres sont ils capables d’assumer ce rôle, et d’autre part a t’il beaucoup d’influence par rapport au sénat, aux syndicats et au MEDEF ? N’est il pas plus simple de le supprimer.
              Le rôle des départements et régions et de leurs élus et conseils est actuellement considéré comme faisant partiellement double emploi et entraînant de fortes dépenses.
              Les français sont manifestement mécontents de l’éloignement des services administratifs et de santé et d’aide à la vie courante.
              La décision politique à cout terme et l’organisation de la vie devrait se faire au niveau des communes et ensuite au niveau département, par les préfets d’une part, et les élus locaux députés et sénateurs.
              Le rôle de la région devrait être limité aux investissements à moyen et long terme et ne devrait pas intervenir sur la vie courante. Il suffirait de quelques élus pour diriger cette action et bon nombre de représentants à ce niveau pourraient être supprimés, et remplacés par des experts et techniciens de diverses spécialités pour élaborer des plans d’action faisables et cohérents et d’un coût raisonnable, cela d’autant plus que la réalisation de ces grands investissements est le plus souvent d’une durée supérieure aux mandats politiques, d’où un manque de continuité ou des revirements très coûteux..

               Une remarque d’un ancien : lorsque j’étais en CM2, mon instituteur nous faisait un « cours d’éducation civique ». J’ai appris ce qu’étaient nos assemblées, comment on les élisait, l’importance de voter, le rôle des différents ministères, et même un aperçu simple du budget de l’Etat qui servait d’un exemple de calcul sur les monnaies. C’était fort utile et cela intéressait les élèves. Pourquoi ne pas rétablir cet enseignement civique à l’école primaire et au collège?

    La concertation et les référendums.

              La concertation est tout à fait nécessaire, mais elle peut se faire à certains niveaux par des débats et des réunions publiques.
              De l’information surtout est nécessaire et il manque actuellement des moyens modernes utilisant les outils d’internet.

              La consultation est possible sans trop de problème au niveau d’une commune sur des sujets simples : « entre un gymnase et une piscine que choisissez vous? ».
              Par contre au niveau des grandes collectivités et à fortiori de l’Etat, je ne pense pas qu’un référendum soit efficace.
              Les sujets sont trop complexes, l’information ne sera jamais complète, beaucoup non familiarisés avec les problèmes correspondants n’auront pas compris et de toutes façons, on ne peut répondre qu’à des questions simples par « oui » ou « non » ou par des choix parmi une liste de solutions. C’est beaucoup trop simpliste vis à vis de la complexité et de l’importance des problèmes.
              Les votants répondront souvent avec d’autres motivations que celles du référendum, (leurs intérêts propres ou le vote contre une politique globale), ou se laisseront fortement influencer par des partis politiques, des syndicats ou des groupes.
              De plus il faut que le questions soient compatibles avec la démocratie.
              D’une part on ne peut admettre certaines questions (comme la révocation d’un député), et d’autre part il faut qu’il y ait un processus rigoureux : nombre minimum de demandes de très nombreux citoyens, accord de la chambre des députés et du sénat.
              L’organisation de référendums au niveau national risque d’être très complexe pour un résultat  faible.

    Laïcité et comportement civique

             Le questionnaire du site internet du Grand débat comportait en outre des questions su la laïcité, les incivilités et l'immigration. Je vais essayer d'y répondre aussi rapidement

              Je connais des musulmans, jeunes ou vieux, cultivés ou analphabètes, pratiquants ou pas. Ils comprennent la laïcité comme la liberté de penser en matière de religion et l’approuvent. Le non-respect de la laïcité est le fait d’intégristes catholiques, juifs ou musulmans. 
             
    Ceux que je connais sont relativement intégrés, certains ont la nationalité française et en sont fiers, mais ils souffrent d’un certain racisme, essentiellement dû à un amalgame avec le terrorisme.          

              Les jeunes qui ont fait des études supérieures en France trouvent un métier et sont totalement intégrés. Ceux qui n’ont pu faire d’études ont du mal à trouver du travail et ont une certaine rancœur.
              En définitive le maintien de la laïcité passe par l’application de la loi actuelle, avec les sanctions contre le racisme, et par l’éducation des jeunes et un soutien des associations qui luttent contre l’illettrisme, ou essaient due faire faire du sport aux jeunes des banlieues, pour qu'ils ne trainent pas dans les rues avec des fréquentations douteuses. Il faut faire aussi plus d'information permanente pour éviter les amalgames et le racisme.

              Les incivilités sont le fait de personnes très diverses, de toutes croyances, et de tous âges. Ils sont le fait de personnes qui n’ont pas été éduquées et manquent de principes et de repères, qui ont eu le plus souvent une scolarité déficiente, ont souvent eu; jeunes; de mauvaises fréquentations et n’ayant pas de métier du fait du chômage, ont recours à des expédients pour vivre. Les plus fréquentes sont raciales et sexistes
              Moins de chômage les limiterait évidemment.
              Pour les jeunes le problème de l’éducation est primordial et il faudrait arriver à trouver une solution pour ceux qui n’arrivent pas à suivre ni filière générale au collège, ni la filière technique.
    ni filière générale au collège, ni la filière technique.
    ni filière générale au collège, ni la filière technique.
              Le rétablissement de l’autorité à l’école est en cours et doit être poursuivi.
              La lutte contre la drogue, les dealers et leurs fournisseurs, devrait être intensifiée.
              Les associations qui essaient de trouver une occupation aux jeunes, notamment sportive, pour leur éviter de traîner dans les rues, devraient être davantage soutenues.
              Il faudrait aussi soutenir les associations qui luttent contre l’illettrisme et essaient d’apprendre aux parents à éduquer leurs enfants, favoriser l’enseignement du fonctionnement de la nation française, de règles élémentaires de droit des personnes et du travai.
              Et évidemment il faut sanctionner ceux qui commettent ces incivilités, parfois aussi les parents d’enfants mineurs, évidemment en fonction de la gravité de la faute, mais peut être avec plus de sanctions financières et de travaux d’intérêt général.
              Il faudrait que tous arrivent à respecter le vieil adage « la liberté de chacun s ‘arrête là où commence celle d’autrui »

    Immigration.

              Le problème de l’immigration est difficile en soi et aggravé du fait de la mésentente des pays européens sur ce problème et il comporte trois volets différents :
                        - les personnes ayant une compétence recherchée par la France et qui viennent y travailler; ils sont motivés pour s’intégrer et ne posent guère de problème.
              Il faut évidemment limiter leur nombre en fonction de nos besoins.
                        - les migrants qui cherchent asile du fait des conflits mondiaux. Il est normal de les accueillir pour des raisons humanitaires. Il faudrait arriver à répartir la charge en Europe, en contrôler les frontières, et faire en sorte de les intégrer en leur apprenant la français, en leur apprenant un métier et en envoyant leurs enfants à l’école.
                        - les migrants économiques attirées par un mirage du paradis européen. On ne peut bien évidemment les accueillir tous, même si on les a sauvés au départ d’une noyade.

               Des quotas sont inopérants car on n’est pas maître des flux d’arrivée, ni de la nature des gens qui arrivent, par contre. une simplification des formalités et des délais de décision est souhaitable   
             
    A moyen terme, il faut aider les pays d’où ils viennent, à se développer, à les informer du mirage européen, et à lutter contre les passeurs.

              A court terme on ne peut que faire un tri pour conserver ceux qui sont les cas les plus graves et qui sont capables de s’intégrer et en ont la volonté, essayer alors d’intégrer ceux qui sont acceptés, et de renvoyer impitoyablement ceux qui commettent des délits. 

     

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  • La confiance dans nos représentants

              J'avais dit que je réfléchissais aux questions posées dans le "Grand Débat", et que je publierai quelques article, au cas où vous souhaiteriez discuter.
            J'aime bien la contradiction, car c'est de la comparaison des points de vue que nait l'innovation.

              La confiance dans nos institutions et les hommes et femmes  politiques qui les constituent est actuellement en cause et je pense donc que c'est un sujet à abordèrent réfléchissant leur évolution, et en essayant de répondre aux questions posées dans le site de propositions publiques.
              Je ferai deux articles, l'un sur les représentants de la population et leur mode d'élection, l'autre sur nos institutions et leur rôle.

              Voici quel est mon point de vue :

    La confiance dans la représentativité :

              La situation est très diverse suivant les endroits.
              Dans les petites villes de province et surtout en campagne, les élus locaux sont connus de tous. Ils ont été élus plus en tant qu’homme ou femme, qu’en tant que parti politique.
    Ces élus se dévouent le plus souvent pour la communauté et leurs administrés ont confiance en eux.
              Le député est plus éloigné car son bureau n’est pas sur place et il est une partie du temps à Paris. Il n’a la confiance des administrés que s’il est ancien maire ou s’il a un contact fréquent  avec les communes de sa circonscription
              Les élus aux autres instances et au Sénat sont en général peu connus.

              Dans les grandes agglomérations ou même dans les villes dortoirs de la banlieue des grandes villes, les élus sont peu en contact avec une population plus nombreuse. Ils ont le plus souvent été élus parce que faisant parti d’une mouvance politique. La confiance dans « l’homme » existe donc beaucoup moins. De plus l’administration de la communauté est plus complexe et donc les sujets sont peu discutés par la majorité des habitants.
              Le maire est plus lointain mais reste la personne politique la plus proche, le député n’est connu que s’il a des ancrages locaux, et les autres élus sont la plupart du temps ignorés.et leur rôle est mal connu.
              C’est pour ces localités que les liens sont détendus par manque de dialogue. Il y a un manque de dialogue et de concertation au niveau mairie sur les projets locaux et au niveau national avec le député.

               Le non-cumul des mandats est souhaitable au niveau des sénateurs, mais que les députés appartiennent à un conseil municipal les rapprocheraient du terrain.
              Les propos des élus sur les réseaux sociaux ne sont pas tellement suivis et ce sont des phrases courtes , des « impressions » pas de l’information.
              Il manque au niveau des mairies comme des députés des « blogs », qui contiendraient des articles simples d’information d’une page ou deux, avec schémas et graphiques ou photos, sur des sujets divers, qui donneraient des informations et sur lesquels on pourrait faire des commentaires, qui devraient être lus par l’entourage de la personne politique.
              Le contact avec les associations n’est pas toujours suffisant et c’est une source importante d’échanges. Les syndicats sont par contre au niveau des entreprises.

    Les sensibilités politiques mal représentées :

              C’est un sujet devenu important car le clivage droite-gauche est maintenant dépassé et la seule façon d’y remédier est une dose de proportionnelle.
              Il faudrait une meilleure connaissance du dossier pour fixer un chiffre, car il ne faut pas que cela rende le pays ingouvernable comme lors de la IVème république. Les simulations que j‘ai lues (mais sont elles exactes ?) semblent montrer que 15 à 20 % des députés élus à la proportionnelle semblerait satisfaisant.
              Il est certain que les abstentions faussent aussi la représentativité. Les personnes avec lesquelles j’ai discuté ne sont pas hostiles à un vote obligatoire, mais les votes « blancs» devraient alors être comptabilisés, et plus de 50% de blancs devrait invalider la consultation. Par ailleurs on ne voit pas très bien quelles sanctions prendre vis à vis de ceux qui ne voteront encore pas : une amende ?

               Je ne pense pas qu’il faille réduire le nombre de députés. Cela demande une refonte complète des circonscription qui impressionnera défavorablement les électeurs, et augmentera le nombre d’administrés de chaque député et l’en éloignera, à un moment où il faudrait au contraire renforcer les liens. L’économie serait en fait faible vis à vis du budget de l’Etat (les frais généraux de fonctionnement de l’assemblée nationale ne changeraient guère).

               Par contre en dehors des petites villes, le nombre de conseiller municipaux est souvent très élevé, une partie d’entre eux n’ayant pas de rôle au sein du conseil.
              De même le nombre de conseiller généraux pourrait être réduit sous réserve d’une révision de leur rôle, ainsi que le nombre de sénateurs.

    Le programme des élus n’est pas totalement approuvé par leurs électeurs :

              Les élus ont une fâcheuse tendance à croire que puisqu’ils ont été élus, leur programme est approuvé par tous leurs électeurs. C’est une erreur.
             
    Au premier tour, on a un certain choix, mais déjà limité, car certains programmes vous déplaisent et certains candidats ne paraissent pas fiables. Au second tour on vote plutôt contre un programme ou un candidat qui vous plaît moins que l’autre.

              Mais il est possible que l’on ne soit pas d’accord avec une partie des mesures prévues par celui qu’on élit.
              Si celui-ci, persuadé du contraire, applique son programme sans concertation, le mécontentement est tel que l’on va vers une crise.
              Ceci peut être vrai aussi bien au niveau d’une commune, que d’une région ou de l’Etat, et de nombreux exemples le prouvent.

     

     

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  •             Le principe de précaution n'est pas forcément une mauvaise chose, tout dépend comment on le gère.
                On a le choix entre deux stratégies, l'une basée sur l'analyse objective et scientifique des risques incriminés, de leurs causes et de leurs conséquences, mais aussi des conséquences positives qu'ils entraînent; l'autre qui consiste à ne prendre en compte que les risques, et à bannir tout ce qui risque d'arriver de positif.            C'est ce qui est choisi actuellement.
                Si nous avions appliqué cette stratégie au XIXème siècle, il n'y aurait eu que très peu de progrès en santé publique, car toutes les avancées majeures, vaccination, anesthésie, radiologie, chirurgie, nouveaux médicaments..., impliquent des risques. 

    Un principe de précaution mal appliqué !Un principe de précaution mal appliqué !

    D'abord un exemple hors santé publique : 

                  La simple évocation des risques provoqués, en 2010, par le nuage de cendres du volcan islandais Grimsvötn a fait interdire pendant presque une semaine, les vols sur les lignes aériennes, ce qui a provoqué une pagaille monstre et des pertes financières pour les compagnies aériennes.                
                Heureusement, celles ci ont effectué des vols expérimentaux avec des mesures des conséquences sur les réacteurs et sur l'avion, à partir desquels a été bâtie une stratégie, des plans de vols et une levée des interdictions, mais plusieurs États auraient dû le faire dès les premières heures, alors que, fascinés par l'évocation d'un risque, ils n'ont rien fait, d'où la durée des difficultés.

      Des exemples concernant les maladies :

                 Vous vous souvenez certainement de l'affaire de la vache folle.Le gouvernement français a interdit les farines animales au lieu de changer leur mode de fabrication, ce qui aurait été aussi efficace et moins coûteux.
                 Pour rassurer le public, il a décidé d'abattre toutes les bêtes d'un troupeau, même de quelques milliers de bêtes, quand une seule était atteinte, mesure coûteuse que la France a été te seul pays à adopter et qui a inquiété au lieu de rassurer. L'erreur bénigne d'un magasin Carrefour mettant en vente ta viande d'un bœuf sain mais ayant appartenu à un troupeau où une vache avait été atteinte ensuite, ce qui aurait été légal dans tous les autres pays, a déclenché une mévente de la viande pendant plusieurs semaines.
                 Cette mesure d'abattage a été très coûteuse et traumatisante, alors que rien ne la justifiait et par la suite aucun des cas de maladie de Creutzfeldt Jakob n'a été clairement imputable en France, à une consommation de viande contaminée.
                La même attitude a été adoptée l'an dernier pour les canards lors de constatations de grippe aviaire dans certaines fermes du sud -ouest., ce qui a entraîné de lourdes pertes au plan économique et des subventions d'argent public. Cet abattage aurait pu être limité, s'il était accompagné de mesures d'isolement et de désinfection. La plupart des canards n'auraient pas été malades., et seules les bêtes atteintes auraient été abattues.

               L'arrêt de la vaccination contre l'hépatite B, en raison d'un hypothétique risque de sclérose en plaques a conduit à de nombreux décès par cancer post-hépatite du foie.                          

    Dangers de pollution :

                 L'opinion publique est persuadée de la primauté du risque du à la pollution, alors qu'il provoque moins 1% de cancers dans la population. Elle le place bien avant le tabac ou l'alcool qui font annuellement 60 000 et 45 000 morts.
                Par contre la pollution est la cause de nombreuses allergies.

                Les canalisations en plomb qui, dans la majorité des cas, n'avaient aucun rapport avec [e saturnisme, (maladie provoquée principalement par les peintures contenant du plomb) ont été remplacées par des canalisations ne disposant pas des mêmes effets bactériostatiques. Des centaines de millions d'euros ont ainsi été dépensées sans aucune assurance de bénéfice sanitaire.

    Les champs électromagnétiques :

                La Directive européenne de 2004 sur la protection contre tes champs électromagnétiques comprend une prescription dont l'application rendrait impossible la pratique d'lRM. Plus d'un milliard d'examens IRM ont pourtant été réalisés sans que le moindre problème soit décelé.
                Face aux protestations des académies de médecine européennes, la Commission européenne a dû revoir cette directive et retarder son application.

                Le seul danger possible, mais non certain, des téléphones portables est leur action sur le cerveau d'enfants qui en feraient un usage intensif sans oreillettes.
               L'éloignement des antennes de téléphonie mobile des centres-villes est une décision  emblé-matique et une démarche trompeuse qui a conduit à augmenter la puissance d'émission des téléphones portables et a en réalité augmenté l'exposition réelle des populations aux ondes électromagnétiques.

    Les rayonnements ionisants.

                Le comportement des pouvoirs publics, vis à vis de personnes qui, ayant reçu des doses faibles de rayonnements ionisants, ont par la suite développé un cancer, est assez étonnant, car on donne pratiquement raison à toutes leurs requêtes, quelques soient les faits.
    Un principe de précaution mal appliqué !           Or toutes les expériences sur animaux comme les statistiques de personnes soignées par irradiation ou des victimes d'Hiroshima de Nagasaki ou de Tchernobyl, montre que si on ne reçoit pas des doses supérieures à 2 sieverts, la probabilité de développer un cancer n'est pas plus grande que pour des gens non irradiés (cancers naturels) et que d'autre part ces cancers interviennent dans les 10 à 15 ans après l'irradiation et en cas d'irradiation totale, sont des leucémies.
                Mais évidemment on ne peut pas affirmer avec certitude que au dessous de 2 sievert l'irradiation ne peut pas provoquer de cancer.
     
               La gestion du risque, avec principe de précaution maximal, postule une relation sans seuil, choix par certains aspects raisonnable, et on applique même cette extrapolation hasardeuse aux faibles doses, par exemple délivrées en radiodiagnostic, alors que des données solides prouvent qu'elle n'est pas pertinente. Le principe de précaution légitime de telles estimations, même si elles sont erronées.
                Cette surestimation du risque des faibles doses n'est nullement « protectrice », car elle peut avoir des conséquences graves en conduisant à renoncer à des examens médicaux utiles, et on a même constaté des phénomènes d'effet bénéfique de rayonnements ionisants à faibles doses, avec une diminution du risque pour de faibles expositions, qui stimulent les défenses naturelles contre les cellules cancéreuses.
                 Des études sur le radon, gaz radioactif qui est émis par les minerais de radium présents dans le granit en Bretagne, montre un effet cancérogène pour le poumon à forte concentration, qui d'ailleurs ne risque pas d'être atteinte en plein air.
                Cette étude est basée sur des interview de malades atteints de cancers. Le tabac représente en la matière un risque près de trente fois plus élevé. 0r aucune étude épidémiologique concernant te radon ne prend correctement ce facteur en considération. Certains travaux surestiment ainsi les risques du radon en lui attribuant des pathologies qui sont en réalité dues au tabagisme.

                 Devant les fenêtres d'un laboratoire d'un hôpital, où l'on utilise des marqueurs radioactifs, il existe un petit trottoir sur lequel, en trente ans, on n'a jamais vu marcher qui que ce soit. Lorsque des travaux ont été réalisés récemment dans ce laboratoire, on a fait murer les fenêtres donnant sur ce trottoir, sous prétexte que si quelqu'un venait à passer 35 heures par semaine devant le soupirail (mon Dieu, qu'y ferait il ?) pendant toute l'année, la dose d'irradiation admissible pour le public serait légèrement dépassée.
               Les personnels du service travaillent donc désormais privés de lumière du jour devant un trottoir toujours désert, ce qui n'est bon ni pour la santé, ni pour le moral. 
            Absurdité de l'interprétation idiote du principe de précaution.

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  •           Mon article sur la gestion des risques et les statistiques m'a valu quelques mails me demandant alors ce que je pense du principe de précaution
              Je ferai donc deux articles, aujourd'hui sur la façon en général de l'appliquer et certains de ses inconvénients, et demain je prendrai des exemples concrets.

    Le principe de précaution est il nuisibleLe principe de précaution est il nuisible

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le principe de précaution a été mis dans la constitution en 1958. Est ce une bonne chose ? 
             

                 Pour moi, le principe de précaution, tel qu'il est appliqué actuellement, ne tient pas compte des repères d'une gestion rationnelle, raisonnable et équitable des risques. Il a manifestement amplifié certaines tendances alarmistes de notre société et de l'opinion publique, en leur donnant une légitimité, il favorise les intérêts individuels au détriment des intérêts collectifs, les manipulations, le principe du parapluie cher à l'Administration et la suspicion vis à vis de toutes les situations incertaines et des paroles des politiques et des médias, qui d'ailleurs, en quête de sensationnel, en rajoutent largement sur ce sujet.           

    Une suspicion généralisée encouragée voire provoquée, par les médias. 

                Le risque zéro n'existe pas, et le plus souvent, des accidents peu probables sont dus à des circonstances exceptionnelles et à des imprudences successives.

                Toute chose ou situation nouvelle, toute action ou réalisation, peuvent avoir des conséquences bonnes ou mauvaises, qu'il faut analyser, au plan de la gravité et de la probabilité de réalisation.
                Mais les médias, à la recherche du scoop, ou des individus pour des raisons personnelles, savent qu'inquiéter les gens vis à vis de leur santé est facile, et ils montent en épingle les éventuels effets négatifs, sans pour autant ni regarder le côté positif, ni faire une analyse rationnelle objective.                
               Je vous ai montré dans des articles sur la "perception immédiate émotive" que, pour exciter un groupe ou une foule, il fallait les gaver d'arguments affectifs et les empêcher de réfléchir objectivement, afin de passer directement de l'émotionnel à l'action, sans passer par le rationnel.
                Ainsi, pour la grande majorité des risques, réels ou supposés, la défiance et la crainte l'emportent sans véritable analyse, qu'il s'agisse des installations chimiques, de la drogue, des maladies professionnelles, des déchets radioactifs, chimiques ou encore des antennes relais, et malheureusement les risques peu importants cachent souvent les risques potentiellement plus dangereux, mais moins connus ou moins spectaculaires.

                Plus grave encore, i[ se développe une suspicion sur la transparence de l'information, car à force de raconter n'importe quoi et de nous prendre pour des imbéciles, de passer aussi à coté de vrais dangers, comme le médiator, on finit par douter de tout et donc d'imaginer le pire, si on est pessimiste, ou de négliger le danger, si on est optimiste.                         

    La débauche des intérêts privés aux dépends des intérêts communs.

                 Le principe de précaution est régulièrement le prétexte invoqué lorsque sont en jeu des intérêts particuliers et privés, face à des besoins publics : la construction d'une autoroute, d'une ligne haute tension, du TGV, d'une éolienne, d'une antenne radio, d'un incinérateur, d'une usine...
                Je ne dis pas que ces actions n'induisent pas des nuisances, mais il faudrait en étudier techniquement et objectivement la portée.

                Mais, en brandissant quelques études inquiétantes souvent inexactes et biaisées, surévaluées et non confirmées, comme on en trouve quel que soit le sujet, notamment en cherchant sur internet, les opposants à l'installation accréditent t'idée d'un débat scientifique majeur et exigent que l'on prouve l'absence totale de risque immédiat et futur, exigence évidemment impossible à satisfaire.
                Le principe de précaution est alors invoqué dans sa forme la plus extrême : s'abstenir, démonter ou détruire.                        

    La gestion rationnelle du risque est remplacée par une lutte d'influences.

                 Le principe de précaution p[ace évaluation et gestion du risque dans un cadre non scientifique et non hiérarchisé, aucune différence n'étant faite entre hypothèse et certitude, entre perception des risques et dangerosité réelle objective des facteurs incriminés.

                Tout devient prioritaire : un risque mis en évidence doit être traité comme s'il s'agissait d'un périt majeur. Le risque n'est plus quantifiable et les mesures de santé publique destinées à s'en prémunir ne sont plus évaluables. On est face à une situation émotionnelle et toute démarche rationnelle d'évaluation des bienfaits face aux risques n'est plus comprise.
                Il devient impossible de mesurer en aval l'efficacité des mesures prises, puisque ces risques n'ont pas été mis en évidence.
                Cette situation conduit à un risque sans prix, sans coût, (comme dans le cas des vaccins antigrippaux il y a quelques années), et la gestion rationnelle des risques cède donc peu à peu la place à une lutte d'influences, qui voit s'opposer médias, groupes politiques, administrations, écologistes, industriels, chercheurs, professionnels de santé, et individus soucieux de leurs intérêts.           
                Nous sommes bien loin d'une élaboration collective des stratégies de lutte contre les risques.
                Bien souvent sont ainsi privilégiés des risques totalement hypothétiques, au détriment de dangers bien réels. Les décisions prises peuvent se révéler arbitraires, coûteuses, dépourvues de bénéfice sanitaire, trompeuses, voire dangereuses.

                Les moyens sont affectés aux grandes peurs plutôt qu'aux grands fléaux.

    L'évaluation du risque, quand elle a lieu, est souvent biaisée.

                 Le climat émotionnel qu'on vient de décrire peut en outre influer sur les évaluations, car les scientifiques y sont eux mêmes sensibles, et d'autre part, eux savent que le risque zéro n'existe pas et que toute mesure comporte une incertitude et que le "calcul d'erreur" n'est pas une chose évidente. Ils réalisent donc des estimations du risque qu'ils jugent prudentes, mais qui sont en réalité des surestimations.

                Face à ces chiffres alarmistes, largement relayés par les médias, la population réclame logi-quement aux pouvoirs publics des actions protectrices, et des réglementations plus contraignantes sont donc adoptées et les limites abaissées, générant des coûts parfois considérables, qui confortent le public dans son inquiétude : la diminution des normes n'est pas considérée non comme un seuil de protection prudente en attendant une meilleure connaissance du risque, mais comme la preuve que ce risque était réel et important.
                L'opinion publique demande donc davantage de mesures, et dans ce cercle vicieux, il se crée, entre la réalité du risque et sa perception dans l'opinion, un décalage qui a été aggravé par le principe de précaution, qui donne ainsi au risque, même mineur, une existence qui n'a plus besoin d'être prouvée.

                 Je ne nie pas les risques, je ne condamne pas le principe de précaution, je constate simplement que son application me paraît aberrante, face à des hommes politiques obnubilés par l'opinion publique, l'hyperactivité, une Administration tatillonne et parapluie, et des médias irresponsables et dénués de connaissances scientifiques, à la recherche du sensationnel et de la course à l'information, sans prendre le temps d'en comprendre le sens et d'en évaluer la véracité et la portée.
      
               Demain je vous donnerai des exemples concrets précis.

     

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