•           Nous avons vu hier que le temps de notre vie était réglé par une « horloge circadienne » centrale et des horloges secondaires, situées dans divers organes du corps.
              Si on enferme quelqu’un dans l’obscurité ses habitudes “nuit / jour” se décalent peu à peu : le rythme est plus près de 25 heures que de 24. Cela ne se produit pas dans la vie normale parce que nos horloges sont recalées sur 24 heures par la lumière du jour, suivie de la nuit sans lumière.

     Comment ces horloges fonctionnent elles ?
     

               Dans les années 90, les progrès de la biologie moléculaire et de la génétique ont permis de mieux comprendre le mécanisme de ces horloges circadiennes. Ces cellules contiennent des gènes qui s’expriment tous les jours, leur ADN codant un ARN messager qui va engendrer la production d’acides aminés puis de protéines.
              L’expression de ces gènes et la synthèse des protéines qu'ils codent varient en fonction du temps selon une période de 24 heures : les protéines d'horloge présentent leur pic de concentration à des moments précis de la journée et elles activent ou inhibent les gènes contrôlés par l'horloge, ce qui constitue une boucle de rétroaction, et stabilise ce processus
              Des analyses ont montré que l'expression des gènes suit un rythme non seulement dans les cellules de l'horloge centrale du cerveau, mais aussi dans la plupart des organes périphériques, c’est à dire qu'il existe une horloge centrale, mais aussi de nombreuses horloges dites secondaires.
              Ainsi, la production et la libération de neurotransmetteurs dans le cerveau ou le métabolisme des sucres dans le foie, d’insuline dans le pancréas ou de leptine par les graisses et, plus généralement, toutes les fonctions de tous les organes sont coordonnées pour être synchronisées avec l'alternance cyclique du jour et de la nuit.

     Quelle est l’horloge centrale ? (schéma ci-dessous)

               Au début des années 1970, on observa qu'une destruction des “noyaux suprachiasmatiques” de l'hypothalamus, (ce nom parce qu’ils sont situés juste au-dessus de l'endroit où les nerfs optiques se croisent), perturbe, chez l'animal, les rythmes tant comportementaux (veille- sommeil) qu'hormonaux (la reproduction).

    Nos horloges circadiennes

              Des expériences réalisées sur des cellules isolées ont montré que chaque neurone de ces noyaux suprachiasmatiques est capable de produire et d'entretenir une oscillation circadienne : chacun d'eux est une cellule-horloge autonome, un “pacemaker circadien”.
              On a identifié vers l’an 2000 dans la rétine de l’oeil un pigment activé par la lumière, la “mélanopsine” qui active des neurones qui transmettent leur information aux neurones des centres suprachiasmiques, l’horloge centrale et la recalent sur le jour. Cette horloge transmet ensuite l'information aux horloges secondaires.
              Quand vient l’obscurité, cette horloge émet, comme on l’a vu hier, de la “mélatonine”, produite par la glande pinéale,  qui recalera les horloges secondaires sur la nuit et provoquera le sommeil.

               Comment se fait la synchronisation de toutes ces horloges : d’abord par des signaux entre neurones transmis par le système nerveux végétatif : systhème orthosympathique quand il faut accélérer et parasympatique quand il faut ralentir.
              Un autre mode de synchronisation met en jeu des hormones qui diffusent dans tout l’organisme et agissent sur les neurones qui possèdent des récepteurs appropriés.

               Durant l'année, les conditions de vie sont plus ou moins favorables en termes de température, de lumière, de nourriture disponible. La physiologie de la plupart des espèces est adaptée à ces contraintes environnementales. Certains animaux migrent, d'autres hibernent, pour d'autres encore l'activité métabolique change. L’activité de reproduction est généralement limitée au printemps, la période de l'année la plus favorable à la survie des petits.
             Ces phénomènes adaptatifs nécessitent que les organismes soient capables de détecter et de traduire les variations environnementales en informations nerveuses et moléculaires.
             
    La durée d'éclairement quotidienne change de façon régulière et reproductible au cours d'une année, et c'est le principal facteur environnemental utilisé pour synchroniser les fonctions biologiques avec les saisons. Ainsi une photopériode courte signale l'hiver et une photopériode longue correspond à l'été. 

     Le prochain article sur ce sujet concernera le sommeil et ses phases.

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  • Le "temps biologique"

         Je voudrais regarder avec vous pourquoi le notion de temps est  très relative pour un être humain : c’est le “temps biologique”

        C'est certainement l’une des premières notions que nous acquérons : le bébé se réveille à heure régulières pour ses six tétées.
        Puis jeune enfant, nous dormons la nuit et le jour est ponctué par nos quatre repas.
        Par la suite, dès que nous connaissons les chiffres, on nous apprend à lire l’heure sur une pendule.
        Enfin dès que nous sommes à la maternelle ou à l’école, les horaires s’imposent à nous.
        Le temps sidéral, le temps “biologique” et la vie de tous les jours sont intimement mêlés.
       
        Et quand on grandit ?

        Il vous est sûrement  arrivé,, comme cela s’est produit parfois pour moi, d’être plongé dans la lecture d'un livre passionnant, et de laisser passer I'heure d'un rendez-vous, une station de bus ou de métro !
        Votre perception du temps avait été déficiente : captivé par la lecture, vous étiez persuadé qu'iI ne s'était passé qu'une ou deux minutes, alors que plus de dix minutes s'étaient écoulées.
        A l’inverse, vous travaillez dans le jardin, vous avez fini votre travail, vous vous reposez et vous vous demandez : “quelle heure est il” et vous pensez “probablement 17h”. En général c’est vrai à 10 ou 15 minutes près.
        Chose plus bizarre, vous vous réveillez habituellement à 7h15 le matin. Mais ce jour là vous devez vous réveiller à 6h car vous partez en voyage en train. Bien sûr vous avez mis votre réveil. Mais vous vous réveillez 10 minutes avant qu’il ne sonne !
        En fait ces différents cas ne relèvent pas tout à fait du même mécanisme, mais il est certain que nous avons en nous une “horloge biologique” et c’est ce que nous allons commencer à regarder aujourd’hui.

        Jetons d’abord un coup d’oeil sur notre organisme.
        Il réagit différemment et s’adapte aux saisons. Nous avons des différences considérables de durée du jour et de la nuit, et nous nous adaptons aux changements entre heure d’hiver et heure d’été.
        La périodicité du cycle féminin est relativement régulière.
        Nous avons sommeil le soir et nous nous réveillons le jour et notre système digestif a également des habitudes diurnes; de nombreuses sécrétions et activités biologiques sont différentes de jour et de nuit.
        Le foie régule la glycémie qui alimente les cellules, le pancrés l’insuline qui agit sur la production de glucose, de graisses et de cétones, et une régulation de la production de leptine par les tissus adipeux est également présente.
        Les poumons respirent et le coeur bat à des rythmes réguliers. La température subit des variations journalières.
        Le thalamus enregistre, coordonne et aiguille nos sensations 40 fois par seconde, avec une interruption tous les 1/80ème de seconde pour bien séparer les informations appartenant à une même sensation..
        Qui bat la mesure de notre corps?
       
        Il semble que la réponse soit complexe et que plusieurs “horloges primaires ” existent dans le cerveau, et que des horloges secondaires régulent l’activité des divers organes (cf. le schéma ci-dessous).

    Le "temps biologique"


        Nous devons différencier les phénomènes à longue durée des phénomènes périodiques de fréquence moyenne (coeur) ou assez grandes (thalamus).


        Les rythmes à grande durée journalière ou plus sont appelés rythmes circadiens. Ils sont recalés par l’environnement et notamment la lumière du jour.
        Je décrirai demain cette horloge des
    périodes longues.
         Nous reparlerons plus tard de l'estimation inconsciente du temps qui s'écoule, plus ou moins court.

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  • La mélatonine, hormone du sommeil. 

            Un correspondant a lu mon article du 17 juin 2017, sur notre horloge biologique et les phases de sommeil et l’article du 2 novembre 2016 sur les rêves. Il les trouve difficiles à comprendre.
              Je les ai relus et je suis d’accord avec lui : j’ai voulu trop traiter en un seul article.
               Je vais donc reprendre le sujet en faisant plusieurs articles et en adoptant un autre ordre d’exposition. Je me servirai pour cela des schémas d’un numéro hors-série de « La Recherche », qui est consacré au sommeil et aux rêves

               L’article d’aujourd’hui sera consacré à l’endormissement qui est dù à l’intervention d »’une hormone, la « mélatonine », et l’article suivant à notre horloge biologique. Les suivants aborderont les phases du sommeil, puis ce à quoi sert le sommeil. Enfin on parlera des rêves et des éléments qui peuvent les constituer.

               Voyons d’abord ce que sont les agents chimiques, dont vous avez probablement entendu parler, et qui interviennent dans l’état de veille ou l’arrivée du sommeil.

              Notre alimentation et principalement viandes et poissons, produits laitiers, bananes et légumineuses, etc… apportent à notre organisme un acide aminé appelé le « tryptophane », dont la concentration dans le sang est en général supérieure à celle des autres acides aminés.
              Un centre particulier du tronc cérébral, le « noyau raphé », va transformer le tryptophane en sérotonine, un neurotransmetteur très important pour le cerveau, la « sérotonine », qui intervient dans la régulation de l’humeur : anxiété, stress, dépression, phobies, et dans nos comportements alimentaire, sexuel, ainsi que dans la sensation de douleur.
              La synthèse de la sérotonine ne se fait que lorsque nous sommes éveillés et dans la mesure où nous avons une activité physique suffisante. Plus on bouge dans la journée et plus on fabrique de sérotonine.
              La sérotonine est indirectement liée aussi au sommeil et donc, sans activité physique suffisante, on ne dort pas bien.

    La mélatonine, hormone du sommeil.          Il existe dans le cerveau, une petite glande, située sous le thalamus (voir figure ci contre), appelée « l’épiphyse » (ou autrefois la glande pinéale parce qu’elle a la forme d’une graine de pin).
              Cette glande transforme la sérotonine en une hormone, la « mélatonine », souvent dénommée hormone du sommeil. 
             
    Mais cette synthèse est ralentie par la lumière extérieure que nos yeux voient, et elle est effectuée principalement la nuit, avec un maximum vers 5 heures du matin.

              Il semble que la mélatonine qui diffuse dans le sang , y agisse aussi comme une hormone, et interviendrait dans la glycémie, dans l’appétit, comme antioxydant (et donc anticancéreuse); elle interviendrait aussi pour augmenter la réponse immunitaire notamment des lymphocytes          
              Elle agirait aussi sur notre libido, en la diminuant, surtout chez les femmes.

               Surtout la mélatonine va agir sur les « noyaux suprachiasmatiques de l’hypothalamus » qui régulent notre « horloge biologique (« l’horloge circadienne ») qui va commander toutes les variations de rythme de nos organes et fonctions corporelles, et notamment l’éveil, l’endormissement et le sommeil. 
             
    On a identifié vers l’an 2000 dans la rétine de l’oeil un pigment activé par la lumière, la « mélanopsine » qui active des neurones qui transmettent leur information aux neurones des centres suprachiasmiques, l’horloge centrale et la recalent sur le jour lorsque la lumière revient et est détectée par notre œil..

              Ces données vous feront comprendre que rester devant un écran, (téléphone, tablette…) le soir, en attendant que le sommeil arrive est la meilleure manière de bloquer la sécrétion de mélatonine et, de ce fait, de retarder la venue de sommeil.

               Le fonctionnement de notre système de vie est ainsi recalé sur le jour et la nuit.

               C’est ce qui explique que notre rythme de vie, et même notre moral, sont très sensibles aux saisons, à la lumière et l’ensoleillement, et au décalage horaire (notamment aux changements heure d’hiver, heure d’été), car il y a un certain conflit entre notre mode de vie et notre horloge biologique.
              Petit renseignement pratique, Les noix et les noisettes sont des sources importantes de mélatonine biodisponible, c'est-à-dire facilement absorbable par l'organisme. La mélatonine est également présente chez une grande variété d'autres végétaux comestibles (maïs, tomates, pommes de terre, oignon, ail, ananas, banane, riz, avoine, orge, gingembre, etc.) mais généralement en quantités nettement inférieures

              Pour vous amuser un peu , après cet exposé trop sérieux, j’ai lu une étude de psychiatres statisticiens suisses, qui ont suivi le sommeils de leurs patients les nuits de pleine lune, et ont constaté qu’ils dorment 20 minutes de moins, mettent une demi-heure de plus à rêver, et leur sommeil total est diminué de 10% tandis que leur sommeil profond réparateur est diminué de moitié !          
              Ce n’est pas l’influence de farfadets ou des loups garous des Alpes, mais seulement de la mélatonine, dont la production serait réduite de moitié par l’éclairage lunaire.
              Personnellement j’en ai déduit que les patients en cause devaient être soignés soit pour avarice, soit pour flemme aigüe, car ils auraient pu fermer les rideaux de leur chambre à coucher, mais ils ne s’en sont peut être pas payés de tels rideaux.
              Je ne me suis encore jamais aperçu que la pleine lune m’empêchait de dormir !
              Par contre j’aime bien la photographier, au petit matin, depuis mon jardin sur le toit.

    La mélatonine, hormone du sommeil.

     

              Dans les deux prochains articles, je parlerai de notre horloge biologique (circadienne)
              Nous aborderons ensuite d'autres sujets pour ne pas vous raser, puis nous reviendrons au sommeil et aux rêves.

      

     

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  •  

          Je n’aime pas Facebook. J’ai bien un compte, comme tout le monde, mais je ne vais jamais sur mon propre site : je n’aime pas raconter ma vie et surtout sous forme de descriptions inutiles de ce que j’ai fait la veille.
          Je ne vais sur facebook que pour avoir des nouvelles de mes petits enfants lorsqu’ils ne sont pas en région parisienne ou de personnes avec lesquelkles je correpond, car c’est un moyen d’échange comme un autre. Mais je préfère les mails dans lesquels on peut mieux exposer ses idées.

          Parlons plutôt des jeunes.

           J'entends souvent des plaintes et des récriminations contre vos “amis”. Ce sont des élèves de votre classe, ou des voisins, des jeunes que vous avez connus au stade ou des enfants d'amis (ou de connaissances) de vos parents. C’est aussi tous ceux que vous avez connu sur les réseaux sociaux, Facebook ou autre, et avec qui vous échangez phrases et photos.

           Et il y a souvent des brouilles dans vos groupes : dispute à propos de broutilles, chapardage d'un ou d'une petit(e) ami(e), médisances ou racontars divers sur les faits et gestes de chacun, jalousie sur ce que possède l'autre et que l'on n'a pas, ou même quelquefois un peu (voire beaucoup), de méchanceté.
          Je constate en effet que les réseaux sociaux sont d’une part l’occasion de valoriser sa petite personne (d’ailleurs on ne sait pas si ce que chacun raconte sur lui même est vrai et n’est pas exagéré, histoire de se faire valoir, mais aussi de se vanter et de rendre les autres jaloux.
          On y trouve aussi souvent des réflexions désagréable sur les autres, voire même méchantes et dans certains cas mensongères.
          Ce n’est guère charitable de la part d’un(e) ami(e)

           Je crois que, de même que vous appelez amour ce qui n'est qu'une amourette, vous appelez ami(e) ce qui n'est qu'un ou une camarade.

          Les copains c'est appréciable; c'est une compagnie, on peut s'amuser, délirer ensemble, discuter de choses et d’autres, notamment sur les réseaux sociaux et organiser des distractions, échanger des livres, des disques, des films; on peut aussi échanger en permanence des choses sans importance par SMS.
          Au sein d'une bande de copains on ne se sent plus seul(e).
          Mais il ne faut pas trop leur demander, à ces copains et copines, et les brouilles proviennent du fait que vous leur attribuez les qualités que vous demandez à l’amitié. Egalement du fait que vous attachez beaucoup trop d'importance à ce qu'ils disent et pensent de vous.

           Cela dit je trouve que même entre simples camarades, vous pourriez être plus charitables les uns envers les autres, moins jaloux et essayer d'aider celui qui est dans la peine au lieu de l'enfoncer un peu plus.
          Je suis quelquefois horrifié de la mentalité de certains copains qui se montrent - (je l'espère inconsciemment, mais je n'en suis pas sûr), vraiment méchants avec certain(e)s de leurs camarades, souvent ceux qui sont faibles et qui souffrent de ces brimades.
          Je pense que ceux qui s'acharnent ainsi sur ceux qui sont timides et tristes et qui paniquent facilement, font preuve de sadisme, et qu'ils mériteraient, qu'un jour où ils ont des ennuis eux mêmes, personne ne se préoccupe d'eux ou même que beaucoup se moquent d'eux, pour qu'ils aient conscience du mal qu'ils font en ayant cette attitude de tortionnaire et de harcèlement.
          Et c'est encore pire quand c'est une "bande" de copains qui s'acharne ainsi sur un(e) élève de leur classe, leur victime. Cela me rappelle les SS allemands pendant la dernière guerre.
          C'est si facile de se donner ainsi l'illusion du pouvoir absolu, puisque la pauvre victime ne peut que souffrir en silence, démunie de tout recours. Pour moi c'est de la lâcheté et de l'inconscience et c'est ainsi que l'on devient un tortionnaire et un être qui n'est pas digne d'être un homme.

           Si vous ne me croyez pas lisez "la mort est mon métier" de Robert Merle. (enfin si vous êtes assez agé(e) et solide pour ne pas faire de cauchemar ensuite).
           Et en raison de souvenirs personnels, je pensais que dans un pensionnat, on était plus "solidaires" les uns des autres, mais des correspondances récentes (les intéressées se reconnaîtront), m'ont montré que j'avais tort et cela m'a déçu !!!

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  •     Une personne a lu mes anciens articles sur l’homosexualité, ils ne lui ont pas plu et elle me l’a fait vertement savoir. Cela ne me choque pas, chacun a droit à ses idées et nous avons donc eu une discussion par mails, ce qui m’inspire quelques réflexions générales pour mon blog.

        Mon interlocuteur n’a probablement pas beaucoup lu sur ce sujet car il croit encore que l’homosexualité est une maladie mentale. Il y a longtemps que cette thèse a été abandonnée par les biologistes.
        Certaines de ses réflexions m’ont amusé : par exemple que pour être aussi tolérant avec les homosexuels, je devais avoir cette tendance sans le savoir. Je peux l’assurer que ce n’est pas le cas, que je n’ai aucun penchant dans ce domaine, mais ce n’est pas une raison suffisante pour être homophobe.
        Pour lui, être homosexuel est contre nature et cela devrait être proscrit. Effectivement dans certains pays on tue les homosexuels, ou au minimum on les mets en prison. Mais dans certaines contrées on tue aussi les enfants roux ou albinos, et en Inde, on avorte quand on est enceinte d’une fille.
        Les intégristes des religions veulent éliminer ceux qui ne pensent pas comme eux. Les personnes ayant une opinion politique marquée méprisent souvent ceux qui n’ont pas les mêmes opinions. Et les racistes méprisent ceux qui n’ont pas la même couleur de peau.

        Alors pourquoi ne mettrait on pas au banc de la société les gauchers, les végétariens ou ceux qui n’aiment pas le football ? On pourrait aussi éliminer les bruns ou les blonds (on a connu cela sous Hitler et les nazis : les grands ariens blonds voulaient être les maîtres de la planète).
        Ceux qui lisent ce blog savent que je suis loin d’avoir les mêmes idées que Mélenchon ou Marine le Pen, mais je ne méprise pas pour autant leurs électeurs : ils ont le droit à leurs opinions.
        De même je respecte les personnes de toutes les religions et leurs croyances, tant qu’il ne viennent pas vouloir me convertir et qu’ils respectent donc les miennes.
        Je pense qu’il manque dans l’école primaire et dans les collèges, un enseignement : celui de la tolérance. Il y a certes la laïcité, mais c’est beaucoup plus général : c’est respecter l’autre et son cerveau. Chacun a le droit de penser ce qu’il veut tant qu’il n’embête pas son voisin avec ses idées.
        Chacun a donc le droit d’être célibataire ou marié, de rêver à l’amour ou d’être mysogine, et d’avoir l’orientation sexuelle qu’il souhaite, tant qu’il ne veut pas imposer la même attitude aux autres.

        En fait en discutant avec mon interlocuteur, je me suis aperçu qu’il avait de nombreuses raisons d’être homophobe.
        D’abord c’est une minorité peu nombreuse, et donc ils ne sont pas « normaux » (en confondant anormal = non conforme à la norme, et anormal = dérangé du cerveau).
        De même ce n’est pas conforme aux idées qu’il a de l’amour et du mariage qui doivent se faire obligatoirement entre un homme et une femme. Effectivement c’est là aussi le plus courant, la norme, mais pourquoi l’imposer aux autres ? On ne lui demande pas d’aller lui même contre ces principes, mais pourquoi tous les autres seraient ils obligés de faire comme lui.?
        Je crois qu’en outre il est très prude sexuellement et l’acte sexuel entre deux femmes et pire entre deux hommes, le choque profondément, au point qu’il ne veux même pas y penser.
        Pour lui le fait d’être homosexuel est un tare due à une mauvaise éducation des parents. C’est méconnaître les données actuelles sur la physiologie. Certes on ne connaît pas bien les raisons de l’homosexualité, mais on sait que certaines conformations de l’hypothalamus chez les hommes, ou hormonales chez les femmes prédisposent à cette orientation. L’environnement peut ensuite favoriser ou empêcher le développement de la tendance.
        D’autre part il faut se rendre compte que deux personnes qui s’aiment réellement (je ne parle pas d’une simple attirance), ne restent ensemble que parce qu’elles ont des points communs qui scellent leur entente : manière de penser, valeurs, goûts etc… C’est vrai qu’entre personnes du même sexe, cela reste seulement le plus souvent une grande amitié. Mais il n’est pas anormal que parfois ce fusionnement des personnalités dépasse l’amitié, au point de vouloir vivre ensemble.

        Ce qui semble le plus choquer mon interlocuteur, c’est que l’on ait ouvert le mariage aux homosexuels, et pire si le couple peut avoir des enfants.
        Il pense que cela va détruire la notion de famille et changer la société française !.
        Cela me paraît simpliste.
        D’abord il ne s’agit que d’un problème juridique : donner aux couples homosexuels les même droits vis à vis des impôts et la responsabilité parentale partagée qui évite que les enfants soient confiés à l’Assistance publique en cas de mort de leur parent biologique unique.
        Il n’est pas question de mariage religieux.
        Ensuite cela ne bouleversera pas la société : il y a environ 1% de femmes et 1,5% d’hommes homosexuels et tous ne vivent pas en couple.
        En fait il y a moins de 1% des couples constitués de personnes du même sexe, soit environ 150 000, mais parmi les couples hétérosexuels, le quart ne sont pas mariés, soit environ 4 millions, alors que depuis la loi de 2013, seuls 26 000 couples homosexuels se sont mariés.
        Les chiffres de l’INSEE donnent donc environ 16 millions de couples hétérosexuels dont 12 millions mariés et 150 000 couples homosexuels dont 26 000 mariés.
        L’évolution de la société vient donc essentiellement du nombre beaucoup moins grand de mariages hétérosexuels, ainsi que de l’augmentation des divorces (1 divorce pour 1,8 mariage).
        Le problème homosexuel est totalement négligeable.

        Le problème des enfants est analogue.
        Il y a peu d’enfants vivant dans des couples homosexuels, mais les statistiques sont très variables entre 25 000 et 40 000, et surtout chez des couples de femmes.
        Il est difficile de dire combien il y a d’enfants en France, car il faudrait définir ce qu’est un enfant. L’INSEE indique qu’il y a environ 14,5 millions de jeunes de moins de 18 ans.
        Mais il faut savoir qu’aujourd’hui environ 45 % des mariages (qui représentent seulement 75% des couples) finissent par un divorce et on considère que plus de 1,6 millions d’enfants vivent aujourd’hui dans des familles recomposées. Et plus de 600 000 personnes cohabitent avec les enfants de leur nouveau conjoint. Près de 8% des familles françaises sont des familles recomposées.
        A coté de ce problème, les enfants de couples homosexuels ne sont qu’une goutte d’eau !

        Les enfants de couples homosexuels sont ils malheureux ? Des études faites par des psychologues montrent que non.
        Il se trouve que j’ai personnellement une certaine expérience. Parmi les personnes de l’entreprise où je travaillais, j’ai connu trois couple homosexuels qui avaient de jeunes enfants. Un couple d’homme dont l’un avait la garde d’un enfant d’un précédent mariage. Deux couples de femmes ayant l’un un enfant (dont l’une était la mère) et l’autre couple deux (dans ce dernier cas chaque femme était la mère biologique d’un enfant).
        J’ai vu régulièrement ces enfants : ils me semblaient bien élevés, bien dans leur peau avaient de bons résultats en classe. D’après les parents les professeurs avaient donné les explications suffisantes pour que leurs camarades ne fassent pas des remarques incongrues sur leur situation familiale.
        Par contre, j’ai eu, sur mes blogs, beaucoup de correspondances avec des enfants de parents divorcés ou de familles recomposées. Ils étaient, à mon avis bien moins heureux (même si, ceux qui m’écrivaient étaient ceux qui avaient des problèmes).
        Je m’inquiète donc beaucoup plus du bonheur des enfants de parents divorcés que de celui de parents homosexuels.

        Finalement , pour moi, l’homophobie ressemble énormément au racisme ou à l’intégrisme religieux : c’est la manifestation de personnes qui n’admettent pas qu’on ait d’autres valeurs, goûts, opinions ou comportements différents des leurs et qui méprisent les gens qui n’ont pas les mêmes manières de vivre qu’eux et veulent les exclure de la société, car ils considèrent comme une gêne, voire comme une offense qu’ils ne soient pas semblables à eux, et notamment s’ils sortent de la « norme ». Les vieux comme moi se rappellent l’attitude des nazis pendant la dernière guerre, qui était tout à fait semblable, mais cela semble oublié aujourd’hui.
        Et le fait qu’il y ait des couples homosexuels, mariés ou non, ne me choque pas, tant qu’ils ne veulent pas me persuader de l’être aussi. Je ne trouve pas cela ni plus anormal, ni plus dérangeant que des couples hétérosexuels non mariés ou les couples divorcés.
       Ceux qui s'opposent au mariage pour tous avec beaucoup de bruit, ne sont pas choqués par les divorces et les unions libres, parce qu'ils ont en général des personnes de leur famille qui sont dans ce cas. Il faudrait leur souhaiter d'avoir des enfants homosexuels, peut être seraient ils alors plus tolérants.

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